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09/09/2010

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Key of Heaven
Prenez la clef des champs...
... de bataille !

Bien qu’elle ait déçue les attentes de nombreux joueurs, la Psp a continué à se vendre par poignées lui assurant ainsi le soutient indispensable des éditeurs tiers. Il faut dire que depuis son lancement, la console de Sony peine à proposer des jeux à la hauteur de sa technologie.

Dans le même temps, dans la petite boutique d’à côté, la Nintendo DS que l’on disait grosse, moche et dépassée avant même sa sortie, a surpris tout le monde en s’imposant dans le cœur d’une bonne partie des gamers comme la console sur laquelle ON JOUE ! Sony se devait de réagir et après un passage à vide, que connaissent d’ailleurs toutes les consoles peu après leur mise sur le marché, voilà que débarque enfin toute une série de jeux nouveaux essayant de tirer le meilleur de la Psp. Parmi ces titres plus ou moins attendus, Tokobot, Frantix, Exit et enfin, last but not least, ce “Key of Heaven” ! Avec tout ça, va-t-on enfin ressortir sa Psp de sa house qui raye l’écran ? Ou la Psp est-elle condamnée a demeurer le presse-papier numérique le plus cher de l’histoire des jeux vidéo ?


Comme beaucoup de jeux Psp, ce “Key of Heaven” émerveille dès son générique et en fout plein les mirettes. Et lorsqu’on éteint la console, on voit des tas de petites étoiles ! Les graphismes, tout en 3D temps réel, sont de toute beauté et réellement très proches de ce que l’on trouve sur Ps2, même si ils sont fatalement moins détaillés, taille de l’écran oblige. Cela reste l’un des points forts du jeu ; ce qui facilite grandement l’immersion du joueur.

Idem pour les nombreuses cinématiques et la bande originale, excellente en tout point, qui nous plongent directement au cœur de l’univers médiéval asiatique dans lequel cette aventure prend place. Si vous êtes fans des "Wu Xia Pian", les films de sabres chinois, vous serez aux anges !

Il est d’ailleurs bon de noter qu’il est possible, pour le joueur qui veut s’y croire à fond, d’entendre les voix des personnages en japonais plutôt qu’en anglais (mais sous-titré en russe, vous le croyez ?) Une option toujours bienvenue, à apprécier à sa juste valeur.

"Key of Heaven" se présente comme un jeu d’aventure-action “à la Zelda ”. Mais très vite on se rend compte qu’en réalité, il tient plus du « Beat them All » façon "Dynasty Warrior" que du Rpg d’action classique ! Si vous n’aimez pas la castagne, passez votre chemin ! D’ailleurs, comme dans les "Beat them All", malgré les décors tout en 3D, le joueur ne dispose pas vraiment de liberté dans ses mouvements (mise à part lors des phases dans les villes ) et l’aventure se déroule le plus souvent selon le principe du scrolling horizontal. On avance et on taille en pièces les ennemis très nombreux qui inlassablement envahissent l’écran... Ce parti pris a le mérite de régler un des problèmes récurrents des jeux en 3D, à savoir la gestion des caméras. Ici pas de soucis, une seule vue est possible et ça tombe bien car on en a pas besoin de plus pour aller toujours tout droit !

\"Certains

L’histoire est des plus basiques mais reste efficace : un jeune combattant fougueux et insoumis se retrouve, malgré lui, être l’élu, seul capable de pouvoir sauver le monde de la destruction et du chaos ! Expert en arts martiaux, il doit trouver le moyen de réunir six provinces rivales afin de contrer les ambitions démesurés de l’inévitable gros méchant de service ! C’est classique mais ça fonctionne toujours. D’autant plus que la mise en scène sait maintenir l’intérêt du joueur malgré le côté « déjà vu » de l’histoire et des personnages ...

En parlant de « déjà vu », on retrouve tout les éléments inhérents au genre « aventure-action » à la sauce "Wu Xia Pian" à savoir les villages tranquilles pour se refaire une santé et leurs villageois qui ont toujours perdu quelque chose, le vieux sage qui radote, la belle ingénue qui sait se battre et qui ne manque pas de caractère, les temples sacrés et les caisses à fracasser qui renferment une babiole, ici, un yen ou un ravioli vapeur, sans oublier naturellement les boss de sous et de fins de niveau qui ponctuent régulièrement l’aventure... Une routine somme toute plutôt agréable !

Un des soucis récurrent sur Psp concerne les temps de chargement et "Key of Heaven" n’échappe malheureusement pas à la règle. C’est pénible, surtout lors des passages de dialogues qui sont déjà, pour certains, suffisemment interminables !

L’action primant avant tout, un soin particulier a été apporté aux combats avec notamment des superbes animations et des effets de lumière apocalyptiques !

Et pour éviter que le joueur ne se lasse à force d’appuyer toujours sur le même bouton comme un forcené pour écrabouiller ses ennemis, un système plutôt original et bien pensé a été mis au point.

Le principe est simple (à condition d’ être sobre !)Il suffit de combiner plusieurs attaques en les assignant aux boutons de son choix afin de construire des combos de la mort qui tue. Pour cela il faut, en premier lieu, obtenir des parchemins spéciaux afin de les remplir par des "coups" récupérés sous formes de Runes sur le corps des ennemis ou trouver dans des coffres.

Une fois le parchemin rempli des coups et des attaques choisies, on peut enfin s’en servir et tester son efficacité. Sachant qu’il y a plusieurs sortes de parchemin correspondant à des attaques spécifiques ou liés aux éléments Feu, Air, Terre, Eau, Bois et Métal et que certains ennemis y sont plus ou moins sensibles....

Alors au départ le joueur n’a pas beaucoup de liberté dans ses choix de combos car il ne dispose que de parchemins qui imposent des enchaînements précis. Ce n’est que plus loin dans le jeu qu’il peut obtenir des parchemins vierges où il pourra laisser aller sa créativité en expérimentant les enchaînements les plus dingues et dévastateurs !

Le système de combats apporte un vrai plus au jeu mais attention, il ne révèle son potentiel qu’au bout de plusieurs heures passées à faire progresser et monter en puissance son personnage.

Surtout qu’avec un personnage ne disposant que de peu d’enchaînement, la difficulté du jeu devient vite plutôt corsée. Il est d’ailleurs probable que les moins acharnés ou les réfractaires au système de combos du jeu laisseront tomber l’aventure en route. Ce qu’on peut facilement comprendre car se faire massacrer toutes les deux secondes, par le premier pixel venu peut passablement décourager et énerver le joueur habitués à se débarrasser des gêneurs en une pression du bouton A ! ( genre moi )

Surtout que si dans les villages il est possible d’acheter des épées ou des armures afin d’upgrader son personnage, le prix de ces objets est tel que là encore, vous serez obligé de ferrailler pendant des heures pour obtenir la somme demandée !

D’autre part, il est vraiment dommage qu’on ne puisse ni cibler son ennemi ni parer ses coups ! Surtout que bien souvent il y en a trois ou quatre en même temps qui vous tombent dessus et que dans ces conditions, on ne peut affiner aucune autre stratégie que celle du bourrinage et du petit bonheur la chance (ou encore celle, très classe, de la fuite !) Ce qui ne va pas du tout dans le sens du système de gestion et de « customisation » mis en place.

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, le jeu est plutôt linéaire et peut être un peu trop « scripté ». Par exemple, on vous demande de vous rendre dans un lieu précis pour rencontrer le grand « stratégaire » ou je ne sais qui ; vous vous y rendez mais rien ne se passe... Vous êtes pourtant au bon endroit, mais le problème est que vous êtes allé trop vite ! Vous n’êtes pas passé par un des passages obligés dont l’enchaînement provoque l’évènement ! Du genre, vous avez oublié de dire au revoir à votre mamie en partant de chez vous. Vous êtes donc obligé d’y retourner, de faire la bise à mamie, et de revenir... C’est énervant, nan ? Surtout que mamie ne lave pas son dentier et sa bouche pue la mort. Pourquoi tant de haine alors qu’un tube de Steradent arrangerait tout ?

Autre petit défaut, la sensation pénible d’être trimballé en étant obligé de faire des allers et retour inutiles, surtout lors des passages se déroulant dans les villes. dont certaines sont réellement gigantesques !

Heureusement que l’on peut sauver à n’importe quel moment, ce qui est, il faut le dire, devenu pratiquement indispensable pour un jeu sur portable, ou souvent on ne progresse que par petites sessions de jeu car interrompu par la sonnerie qui annonce la reprise des cours (ou la fin pour certains !), le « a table ! je-te-l’ai-déjà-dit-dix-fois-ne-m’oblige-pas-à-me-répèter-sinon-ça-va-barder » de sa mère ou de qui vous voulez, sans oublier que paraît-il, il y en a qui joue dans le métro et qu’il faut bien descendre de la rame un jour et arrêter de jouer. J’aimerai d’ailleurs bien voir la tronche du mec qui joue avec sa Psp dans le métro... Qu’il m’envoie sa photo (avant et après- je parle du vol, bien sûr)

A la finale, voici un « petit » jeu d’action qui demeure très sympathique malgré des baisses de rythmes dans sa narration. Il reprend les codes des jeux d’ « aventure-action » en se concentrant avant tout sur l’action. Il regorge de combats dynamiques aux animations spectaculaires et de vilains méchants que l’on prend plaisir à terrasser. Malgré les quelques critiques avancées, il n’a pas vraiment de gros défauts rédhibitoires. Le jeu est beau (la profondeur de champs est assez hallucinante et les environnement très dépaysants), l’ambiance médiévale asiatique bien retranscrite (ça nous change du traditionnel univers Héroïc fantasy auquel on échappe généralement pas) et les personnages sont très attachants- d’ailleurs leur personnalité comme leur look ont fait l’objet d’un soin particulier... Malheureusement l’aspect répétitif de l’ensemble peut lasser. D’autant plus que pour pleinement apprécier le titre, le joueur devra s’impliquer et « entraîner » son personnage afin de le rendre suffisamment costaud pour espérer progresser dans l’aventure.

Sur consoles de salon, soyons clair, ce jeu serait passé inaperçu à cause de sa faible personnalité et surtout à cause de la trop grande concurrence. Mais sur Psp, la donne est différente et il devrait trouver son public, en attendant les gros morceaux que sont "Valkyrie Profile : Lenneth" et "Monster Hunter Freedom".

Alors ce n’est pas encore le « Killer App » que les joueurs attendent avec impatience (comme les titres cités plus haut- enfin on croise les doigts !) Ce n’est clairement pas pour ce jeu que les joueurs qui n’ont pas encore de Psp, se laisseront convaincre d’en acheter une. Mais on moins, voici un titre original et accrocheur qui fait honneur aux spécificités de la machine et que l’on ne pourrait voir tourner sur aucune autre portable... Cela redonne espoir quant à l’avenir de la console. Ce n’est pas encore ça, mais on se rapproche.

Pour réellement s’imposer, Sony doit impérativement se servir des spécificités de sa console pour proposer aux joueurs des expériences de jeu, si ce n’est nouvelles, tout du moins prenantes et surprenantes. Tous les possesseurs de Psp attendent maintenant un jeu qui combinerait des graphismes époustouflants avec un gameplay original et une profondeur de jeu inégalée... Un vrai hit, quoi !


NOTE : 06/10


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  Forum de l'article

    > Key of Heaven
    31 octobre 2007
    je trouve cet article vraiment très bien fait (avec de l’humour). J’ai acheté le jeu et je l’ai fini en quelques heures il n’est pas très compliqué mais j’adore le refaire encore et encore. Ah oui on peut se protéger en appuyant sur la touche carré mais avant il faut s’être bien fait amocher (ça met beaucoup de temps)