Le musicien c’est vous !
Difficile de parler de Daigasso Band Brothers et de commencer un test en parlant directement des nombreuses possibilités offertes par le jeu. Pourquoi ? La réponse est simple, le jeu devient de plus en plus jouissif et passionnant au fur et à mesure de votre progression. Avant de décrire le jeu, mieux vaut pour moi aborder des points simples afin de vous transmettre l’envie de jouer ou non. La première chose que l’on remarque en débutant le jeu, c’est la « qualité » de la musique. Dans Daigasso Band Brothers il est hors de question d’écouter de la musique chantée qui va vous déchirer les oreilles... En effet, le jeu ne propose que des mélodies au format Midi ! Si vous êtes allergique à ce type de format, autant vous dire que vous passerez à côté de la richesse du titre et cela sera tant pis pour vous ! Maintenant, libre à vous de voir un peu plus loin et de vous investir malgré le symptôme du son qui fait « bip bip bip ».
La seconde donnée à prendre en compte dans Daigasso Band Brothers est sûrement le choix musical qui vous est proposé. Presque 40 musiques seront à votre disposition et comme beaucoup de jeux de musiques, les styles musicaux principaux sont représentés. De la J-pop aux grands classiques internationaux comme Smoke on the water de Deep Purple, du bon thème de série animée comme Ready Steady Go ! (l’opening de l’anime Full Metal Alchemist) aux magnifiques variations classiques d’Antonio Vivaldi, et enfin, pour finir, vous pourrez prendre votre pied en jouant les plus grands thèmes de Nintendo comme des Medley de Kirby, Mario ou encore Zelda. En bref, il y en a pour tous les goûts et on ne peut pas reprocher au jeu d’avoir un panel musical étroit.
Nous arrivons maintenant à l’intérêt de cet énième jeu musical. Je vous rassure de suite encore une fois, l’intérêt est bien au rendez-vous. Si dans des jeux comme Taiko no Tatsujin, Donkey Konga ou encore Guitar Hero, vous avez le bonheur de jouer d’un instrument par le biais du « controller » qui vous est fourni, dans Daigasso Band Brothers, l’instrument est représenté par vous ou plutôt vos petits doigts. Là où le jeu fait fort, c’est dans le fait que chaque chanson pourra être jouée différemment, avec un instrument de prédilection. Pour vous donner une idée, un medley de Zelda pourra très bien être joué au xylophone, à la flûte, au violon, etc. En gros, vous aurez souvent 8 instruments différents pour chaque chanson, chacun correspondant à une difficulté (et bien entendu une série de touche à appuyer différentes). Si vous avez bien suivi, cela veut dire environ 40 musiques multipliées par 8 instruments donc 320 véritables productions au final... Et encore, je vous cache des choses.
Un principe simple mais efficace
L’interface du jeu est ultra simpliste et il ne vous faudra que quelques minutes pour vous repérer dans les options et surtout comprendre le concept même du jeu. Il n’y a pas vraiment de mode story mais le mode single player se divise en deux parties. Il faut surtout comprendre que la progression du jeu se déroule par étape. Lors de votre première partie seulement deux boutons seront utilisés pour effectuer une musique (une des directions de la croix et un des boutons principaux). Cela n’a rien de compliqué mais cela va vite se corser. Lors de cette première phase, aucun score n’est enregistré pour vos chansons, il faudra en effet rentrer dans le mode « recording ticket ». Au sein de ce mode solo, votre but sera de passer 3 chansons à la suite. Une bombe en haut de l’écran prend en compte vos erreurs et celle-ci commence à 100%. Plus vous faîtes d’erreurs, plus celle-ci diminue. Le but est simple, il vous faudra accomplir les 3 chansons en n’atteignant jamais le score de 0%, sinon c’est la fin et vous allez devoir recommencer. Ce « recording ticket » se divise en 5 parties correspondant chacune à un niveau de difficulté. Pour être plus explicite, vous allez devoir enchaîner 3 chansons de niveau 1, puis 3 de niveau 2, etc, pour finir par des chansons de niveaux 5. Durant ce mode, tous les boutons vont correspondre à un son (cela nous fait 8 sons différents) et les triggers seront utilisés pour les sessions de batterie (certainement les plus difficiles à mes yeux).
Une fois que vous aurez fini ce mode, vous allez débloquer quelques musiques mais surtout avoir accès au mode Pro. Ce mode Pro fonctionne de la même manière que le mode précédent mais la difficulté y est encore plus corsée. Vous allez encore devoir vous taper une session de « recording ticket » mais cette fois-ci, les triggers sont considérés comme des octaves. Cela laisse donc une possibilité de 24 sons différents et autant vous dire que la difficulté devient vite très élevée surtout lorsque l’on sait que les fautes sont beaucoup plus sanctionnées. Si vous arrivez à finir ce mode, le « gold ticket » est votre dernier défi ! Un dernier défi, oui mais pas des moindres, puisque sur 3 chansons successives seulement, trois fautes seront autorisées. Pour ma part je n’ai même pas réussi à terminer le « recording ticket » du mode Pro.
Vous l’avez compris, Daigasso Band Brothers propose donc énormément de possibilités malgré un son au format midi très cheap ! Mis à part les challenges, vous pourrez toujours effectuer n’importe quelle chanson en mode libre pour obtenir et améliorer votre score. Comme tout jeu de musique, le score est calculé selon votre performance. Si vous appuyez au bon moment sur le bouton vous serez gratifié d’un « excellent », un « good » pour un petit décalage, un « bad » pour une piètre performance et enfin un « miss » pour une note oubliée. Dans certaines parties d’une chanson, vous allez aussi devoir appuyez sur l’écran tactile de votre DS pour qu’un ensemble de sons se jouent automatiquement. Il devient donc vite difficile de tout coordonner sans faire de fautes. Daigasso Band Brothers propose donc une marge de progression énorme et un choix de musiques gigantesque à partir du moment où l’on comprend que le mode classique et le mode Pro sont biens différents et que chaque instrument a sa propre particularité.
Vous croyez que c’est tout ?
Daigasso Band Brothers regorge encore de bonnes idées. Mis à part les modes exposés ci-dessus, sachez que le mode multiplayer est jouissif au possible puisqu’il vous permet de jouer jusqu’à 8 joueurs pour une session musicale inoubliable. En gros, chacun des joueurs va pouvoir choisir un instrument et chacun des « players » jouera la partie du morceau qui le concerne. Parfois, cela s’apparente à de vraies cacophonies mais avec un peu d’entraînement, le résultat est là. Le seul problème est qu’il est difficile de trouver 7 potes pour jouer avec vous et au final, vous allez sous exploiter les capacités du jeu.
Pour finir en beauté, Daigasso Band Brothers propose aussi un mode éditeur afin de composer vos morceaux et les inclure à la setlist déjà bien approvisionnée. Si ma mémoire est bonne vous pourrez enregistrer jusqu’à 8 morceaux. J’ai à peine tester le mode edit, mais ayant eu des échos de certaines personnes, il est apparement assez complet et simple d’utilisation après un léger temps d’adaptation tout de même. De plus, il est possible de trouver des partitions de vos morceaux préférés directement sur des sites. Bref, de quoi ravir les amateurs de sons « bip bip bip ».
Pour ma part, je trouve qu’il ne subsiste que très peu d’ombres au tableau de Daigasso Band Brothers. C’est un excellent rhythm game pour peu que l’on se donne la peine de l’exploiter correctement et en profondeur. Les aspects négatifs restent certainement le côté un peu austère du jeu (il est vrai que ce n’est pas spécialement joli pour les mirettes) et la compression des chansons au format Midi. Si vous arrivez à faire abstraction de ces deux points, vous comprendrez très rapidement que Daigasso Band Brothers c’est de l’or en barre pour tous ceux qui aiment les challenges corsés et qui apprécient jouer de divers instruments. Amateurs de musique, vous voilà prévenu ! Moi j’y retourne en vitesse.