Il en fallu du temps à Sega et à Red pour nous pondre cet épisode. Plus de deux ans de développement auront été nécessaires pour planter de nouveaux personnages, un nouvel univers et surtout, un système de jeu entièrement repensé. Cette fois, c’est sur Dreamcast que ça se passe et un moteur 3D a été programmé pour l’occasion. Autre nouveauté : tout se déroule à Paris et non plus au Japon ; de ce fait, ce sont 5 nouvelles héroïnes qui vous accompagneront pendant votre périple. Laissez moi vous présenter Coquelicot, Glycine, Lobelia, Hanabi et Erika.
Alors que le Japon semble tiré d’affaire, la menace frappe notre bel hexagone. Oogami se rend donc à Paris pour y découvrir sa nouvelle équipe de charme. Il rencontrera très vite Erica Fontaine, véritable leader du groupe (à la manière de Sakura) mais aussi nonne et danseuse de french cancan à ses heures perdues (mais où vont-ils chercher tout ça ???).

Le système de jeu ne semble pas avoir changé à première vue, puisqu’il s’agit toujours de jongler entre des phases digico et des combats stratégiques. On ne change pas une équipe qui gagne ! Et pourtant, Sega prend de gros risques avec cet épisode. La première équipe de filles s’est faite une place auprès du public alors pourquoi ce changement radical ? C’est l’occasion pour le studio de repenser tout le jeu car qui dit nouveaux personnages et nouvelle console, dit aussi nouveau character design et améliorations techniques. Heureusement pour nous, nous avons affaire à des génies. C’est certainement l’un des plus beaux jeux de la Dreamcast, le scénario est en béton armé, et les dessins animés qui entrecoupent le jeu sont beau à en mourir.
Le système de combat a subi une véritable refonte et nous propose un univers entièrement en 3D temps réel. Oubliez la 2D isométrique des deux précédents opus et ses déplacements par cases, il n’y a rien de tout cela ici. Vous avez une totale liberté dans vos déplacements et actions. Une jauge détermine le nombre de "points d’action" dont vous disposez et celle-ci se vide en fonction de votre manière de jouer. Vous pouvez très bien attaquer deux ennemis différents en un seul tour ou porter plusieurs coups, c’est vous qui décidez...

Les robots sont modelés avec un souci du détail que l’on aimerait voir plus souvent dans les productions actuelles et reflètent bien la personnalité des personnages qui les utilisent. Celui de Lobelia par exemple (la rebelle) possède des griffes dignes d’un Freddy Krueger.
En plus des animes, des phases en 3D très dynamiques ponctuent le jeu ici et là pendant les combats. Les ennemis sont aussi beaucoup plus travaillés et délirants (un lapin géant ou encore un homme calamar sont au rendez-vous). Mais ce qui donne un charme fou à ce troisième Sakura Taisen, c’est sans aucun doute le lieu choisi par les scénaristes pour cette aventure trépidante. Paris est fidèlement reproduit et de hauts lieux touristiques très bien représentés sont à l’honneur. De la tour Eiffel au musée du Louvre, en passant par Notre-Dame, vous ferez la visite complète des plus beaux monuments de la capitale. Ce côté très réaliste mêlé à la destruction massive de Paris par les ennemis donne une atmosphère très particulière au jeu. Voir la tour Eiffel flamber ou l’arc de triomphe se transformer en arme de guerre ne vous laissera pas indifférent.
La durée de vie du jeu est, comme d’habitude, excellente même si on en redemande toujours plus. La possiblité de finir avec votre fille favorite est toujours présente ainsi que les mini jeux désormais classiques dans la série.
Mais un Sakura Taisen n’en serait pas un si la splendide Sakura ne faisait pas d’apparition. Je vous rassure, elle sera là au bon moment et ramènera sa bonne humeur et ses copines avec elle.
Ce jeu est une bombe intergalactique... Son charme, les émotions qu’il dégage et son univers poignant ne peuvent pas vous laisser de marbre. Si vous ne deviez posséder qu’un seul jeu dans votre ludothèque, ce serait celui-ci pour sûr !