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Lost Planet - Extreme Condition

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mercredi 12 mars 2008, par Hellboy

Lanc

Une réserve filmique

La plupart des critiques, à l’époque du lancement de ce soft sur Xbox 360, s’est focalisée autour d’images référentielles renvoyant directement à la franchise Starship Troopers et au cauchemar ultime The Thing (de master Carpenter). C’était bien vite balayer négligemment la véritable nature de Lost Planet. Alcôve dorée du septième art, ce jeu renvoie à pléthore de créations artistiques passant de la SF, au fantastique jusqu’au western. A l’instar de l’autre méga hit made in Capcom : Devil May Cry 4, on emprunte ici des chemins tracés par des rouleaux compresseurs hollywoodiens et des productions plus modestes.

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Des jolis d

LP convoque ainsi Matrix Revolutions dont les APU servent de calque aux méchas utilisés par votre avatar, The Empire Strikes Back dont la bataille de la planète Hoth illustre des territoires glaciales comme décors d’affrontements technologiques futuristes, Screamers (le génial Planète Hurlante) dont le bestiaire met à rude épreuve les guerriers les plus acharnés et moult films bornés par ce lignage. Un patchwork sacrément évocateur qui suffit à faire fantasmer les geeks peu avares en sublimation de leur désir à piloter des androïdes sur-armés et à diriger un combattant revanchard. « J’ai connu mieux, mais pas beaucoup ».

La genèse du conflit

Ces digressions symboliques mettent en scène un jeune héros répondant au nom de Wayne. Soldat facétieux mais courageux, ce dernier prend poste sur une exo planète (E.D.N III) congelée et colonisée autrefois par des humains avant qu’ils ne réveillent des créatures gigantesques et agressives. Cette menace entachant donc sérieusement la croissance d’une communauté humaine sur ces terres enneigées, la population décide de retourner sur notre planète bleue. Cependant, des scientifiques découvrent très vite une capacité corporelle des insectes pouvant accentuer à nouveau leurs desseins. Des forces militaires sont donc détachées vers des points névralgiques de cet astre afin de tirer profit en abondance dans ces richesses.

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Les VS sont tr

Seulement voilà, les Akrids (les vilains monstres) ne l’entendent de cette oreille et l’exploitation de cette ressource devient vite un bourbier digne de la guerre en Irak. Ultime chance pour nos congénères du futur : utiliser un moyen de persuasion efficace dénommé VS. Ces Vital Suits ou robots géants protègent les militaires et facilitent l’extraction de la matière première en éradiquant à la chaîne des hordes d’insectes. D’ailleurs, l’introduction du jeu s’ouvre sur un combat titanesque entre des humains à pieds et un colosse venu des abysses de l’enfer surnommé Œil Vert. Le courroux de celui-ci est sans aucune mesure et seul le sacrifice du père épargne le fils d’une mort brutale. Rendu amnésique suite à cette rixe, Wayne tente de se reconstruire une identité. Il sera guidé par les personnages étranges qui l’ont recueillis après son périple mortifère. Ces soubassements scénaristiques auguraient un bon présage surtout qu’ils étaient encadrés par des monuments du cinéma d’action et d’aventure contemporain.

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Les Akrids et les check points poss

Las, on tombe vite à l’intérieur des affres de la vacuité scénographique et de la personnification indigente. En effet, les cinématiques liant l’histoire sont d’une pauvreté rare (le complot avec les pirates, la fille incomprise...), si bien qu’elles maculent un jeu pas toujours gâté au niveau de l’animation globale, loin s’en faut. Mais, le crime de lèse-majesté demeure l’incapacité récurrente de se projeter à travers des personnages dépourvus de charisme. Assujetti par le syndrome éphèbe plombant déjà Devil May Cry 4, Lost Planet se construit autour d’un héros « flamby » et de protagonistes secondaires affligeants par leur aspect creux et dénué d’âme. Très dur donc se plonger au cœur de la bête même si le soft à d’autres atouts, des atouts de poids.

C’était le bon temps

Malgré de nombreux défauts sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, on est obligé d’avouer que Lost Planet - Extreme Condition remporte la palme du jeu pardonner avec le cœur. A ceux pour qui compte la succession ininterrompue de frag à l’encontre d’extraterrestres belliqueux et le gameplay sans fioriture épuré de la gestion accrue des compétences, ce jeu est taillé pour vous. Loin de moi l’idée d’encourager un schproum, mais au-delà des critiques (souvent justifiées) à l’encontre de cet actionner pur jus, on doit reconnaître qu’il force l’adhésion sur une console en manque de titre chiadé et bigger than life. Hormis le récent DMC 4 et quelques autres hits, la Playstation 3 fait encore pale figure à coté du nombre impressionnant de titres classieux sur 360.

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Les personnages principaux ont peu de charismes.

Si Lost Planet ne réajuste pas encore la donne, il participe à promouvoir un éventail plus large d’énormes machineries vidéo ludiques sur cette plate-forme Next Gen. Cela étant dit, bien que l’on est droit à des mises en scène spectaculaires, la qualité de l’animation pêche pas mal et on assiste parfois à des amas épouvantables de pixels lors d’enchaînements continus d’explosions ou de déformations de décors. Par exemple, l’attaque du papillon inspiré de Mothra débouche dans sa phase finale vers une bouillie informe où l’on ne sait plus très bien ce que devient notre personnage. On reçoit de plein fouet des kilo tonnes de monolithes blancs que notre esprit s’efforce d’imaginer en tant que neige soulevée par les ailes de l’ennemi. Le pire survient lorsque cette faute de goût accentue les carences du gameplay. Censé tout défourailler à 300 à l’heure, on se retrouve à élaborer des tactiques aléatoires d’éliminations des boss. Pas de quoi se taper la tête contre les murs, mais on aurait préféré venir à bout des boss de manière plus instinctive : justement, dans l’esprit arcade du soft.

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Le grappin peut

En revanche, cela a un impact souvent direct sur la lenteur du héros à se mouvoir lors d’attaques puissantes des boss et devient franchement pénible quand notre personnage se fait ballotter successivement par des tirs incessants sans pouvoir se rétablir sur ses jambes (le boss de la caverne est représentatif de ce challenge). Ne soyons pas trop sévère car les combats contre les boss proposent les perspectives les plus jubilatoires de l’ensemble. Des patterns bien pensés à leurs attaques ravageuses, ces gros (euphémisme) saligauds s’exposent lors de joutes dynamiques qui alternent entre la prise de risque afin d’éviter les assauts meurtriers et les passages de bourrinages complets où on exulte à exterminer leurs sales tronches. Au fur et à mesure les niveaux deviennent de plus en plus coriaces. Un fait appréciable qui entretient une durée de vie plutôt courte. En effet, les nombreuses armes à disposition ainsi que les sources d’énergie thermiques atténuent la pérennité de Lost Planet. L’IA catastrophique des pirates amplifie ce phénomène d’obsolescence. Toujours aux mêmes endroits aux mêmes moments (putain, je le ressort tout le temps cet argument. Les créateurs : faites des efforts.), nos rivaux servent plus souvent de cible de choix que de combattants retors et adroits. Reproche similaire envers les Akrids aussi patauds et vifs que Steven Seagal sous champignons hallucinogènes.

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Dans Lost Planet, les Akrids ne sont pas uniquement vos adversaires. Des pirates cherchent aussi

Néanmoins, le plaisir de jouer ne réside pas là. Il se trouve dans la façon d’approcher ceux qui nous barrent la route. Ainsi le jeu nous permet d’incarner une attitude de bourrin ultime où l’on progresse à grand coup de shotgun dans la gueule et à salves de RPG sur les décors. Extreme Condition est fait pour ça : octroyer un sentiment de puissance face à la menace qui nous encercle de toutes parts. Pas de chichis ni de fioritures, l’essentiel est de fracasser la globalité des ennemis devant nous. Cette sensation est gonflée par l’utilisation de mechas au design superbe. Très gourmands en énergie, ils dégagent une vigueur au combat hors normes ce qui a pour but d’immerger différemment le joueur. La jouabilité se modifie que l’on soit dans le cockpit de ces machines ou à pieds et alloue un aspect plus ludique et créatif dans l’approche des phases de jeu. On passe d’une sensation de protection à un sentiment de semi faiblesse lorsque l’on doit soulever des gatlings ou des lance roquettes et trucider tout ce qui bouge.

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Gros morceaux du soft, les boss ne vous laissent pas une minute de r

En plus de cet équipement, cette dernière version permet de débloquer des nouveaux persos. Pour se faire, rien de plus facile : dégommer des artefacts répartis et cachés au creux de chaque niveau. Pas transcendante, cette initiative allonge le temps de jeu de part une recherche méticuleuse de ces objets. Enfin, Lost Planet aligne un mode multi joueurs de bonne facture, sans casser trois pattes à un canard. Plutôt convenu, il se révèle tout de même captivant surtout qu’arpenter les maps en solo ou en groupe distille des impressions convaincantes : de peur, de solidarité, de concurrence... Dés lors, on se doit encore d’hésiter. Les foirages techniques récurrents et l’histoire inconséquente scellent-ils le sort de Lost Planet, le reléguant aux confins des abîmes consacrés aux nanards ? Simplement : non. La vision old school du soft en marge des productions actuelles peut faire craquer le joueur avide d’élargir sa ludothèque PS3 ainsi que l’adepte du bourrinage hardcore non stop. Avis donc aux nostalgiques du gameplay arcade style qui n’ont pas la 360, et pour les autres, l’essentiel dépend de l’état de votre porte-monnaie et de l’envie à craquer pour un jeu pourvu d’une durée de vie assez limitée. On vous aura prévenus.

P.-S.

Editeur : Capcom

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