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Casshern

Si Casshern ne le fait pas

jeudi 9 août 2007, par Lorki

Sorti en Avril 2004 au Japon, Casshern est un film adapt

Au terme de cinquante années de guerre acharnée, la Grande Asie Unifiée l’emporta sur la Fédération Européenne. Cette victoire eut pour conséquence une annexion de la quasi-totalité du territoire eurasiatique par les forces de l’union asiatique. Cependant, certains territoires demeuraient des zones sensibles pour la Grande Asie Unifiée, puisque leurs habitants marquaient de façon très violente leur rejet de la politique ultra-nationaliste imposée par le gouvernement. Dans ce climat de tension permanente, l’armée proposa au docteur Azuma de financer ses expériences sur des cellules dites cellules différenciées permettant de guérir des personnes malades ou blessées avec une efficacité redoutable. Alors que l’expérience en restait au point mort, le destin ou plutôt la volonté divine (premières minutes du film, éclair, tout ça tout ça...) a voulu qu’un incident se produise au QG de l’Armée, entrainant alors la synthèse de cellules différenciées et la création d’êtres aux pouvoirs immenses. Ces êtres, appelés vulgairement mutants, lanceront alors une guerre sans merci contre l’ensemble de l’humanité et n’hésiteront pas à sortir l’artillerie lourde pour assouvir leur soif de vengeance. On serait presque tenté de dire que Casshern nous place dans un monde futuriste. En fait, on a surtout l’impression d’être dans un monde tentaculaire (référence aux immenses bâtiments et aux foules représentées en début de film, non sans rappeler l’introduction d’un Final Fantasy XII) où la technologie semble avancée mais absolument pas maitrisée puisqu’elle fait des ravages terribles au sein de la population (mutations génétiques engendrées par la pollution, etc...). Un monde au style particulier également. On retrouve dans certains véhicules ou bâtiments un style proche de la Russie des années 20-30. Un monde totalement exotique donc ; voire même plus que ça. L’arrière de la jaquette y fait figurer une citation que j’approuve totalement. Celle-ci tirée d’une critique d’un magazine dit “on a l’impression d’assister à un rêve éveillé”. En effet, et si il y a bien quelque chose qui me marque le plus en regardant Casshern, c’est le soin remarquable qui est apporté à l’esthétique globale du film. Non pas pour en faire une douceur pour nos yeux, avec des décors somptueux ou enchanteurs, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Ici, l’on se retrouve dans des environnements plutôt sombres, où les teintes de couleurs alternent savamment entre le chaud et le froid et vice versa, où le flou laisse toujours planer une part de mystère sur cet environnement, un peu comme dans un songe. Cela laisse relativement admiratif de l’effet obtenu lorsque l’on sait que le budget du film est à peu près équivalent à 5% de celui du troisième épisode de Star Wars. Casshern alterne également entre le calme olympien et des scènes exutoires, au rythme effréné. Tantôt de l’émotion, une émotion forte, dans des scènes encore une fois se rapprochant à des sortes de rêves éveillés, de moments d’apparente sérénité mais aussi de souffrance terrible. Tantôt de l’action, avec des batailles incroyables et terriblement jouissives par leur rythme déchainé et leur esthétique superbe. On notera d’ailleurs l’inspiration manga dans certaines scènes de combat avec les assauts des protagonistes accompagnées à l’occasion d’effets spéciaux familiers aux animes. Casshern, c’est aussi un scénario plutôt bien ficelé, où les détails ont une importance non négligeable pour la compréhension de chaque évènement du film. On reprochera tout de même aux auteurs d’avoir littéralement pas fait preuve de demi-mesure par moments (référence à l’armada que peuvent déployer quatre types isolés dans un qg... trouvé par hasard au passage). Les personnages de Casshern sont dans l’ensemble plutôt attachants et dégagent un charisme certain pour quelques uns d’entre eux. Le jeu d’acteur est heureusement bien loin de la naïveté des productions nipponnes habituelles (nous avons fait référence dernièrement au tristement célèbre Tokyo Friends). Acteurs que l’on retrouve par ailleurs dans le DVD Bonus, dans des interviews réalisées à l’occasion de projections du film en avant-première ou pendant le tournage. On regrettera par ailleurs que ce même DVD Bonus soit relativement avare en contenu : interviews, commentaires du réalisateur sur une partie du film tournée sur 8mm et scènes coupées avec commentaires. Il aurait été appréciable d’avoir au moins les bandes annonces du film ou même quelques infos sur le manga original à partir duquel fut adapté le film. Le plus regrettable avec Casshern est certainement que le film veut nous faire passer son lot de messages, mais le fait affreusement mal. La dénonciation des dangers de la pollution est presque risible. La critique de la guerre menée au profit d’intérêts personnels semble quant à elle se perdre au milieu des scènes d’action pour se laisser déguiser au final par un habillage moralisateur et grandiloquent un peu puant que l’on met juste pour faire beau, à la manière de la cerise sur un gâteau. Dommage, d’autant plus qu’il semble que ces écarts auraient pu être évités. Ils laissent en tout cas l’impression d’être devant un film relativement bancal reposant essentiellement sur une direction artistique de haute volée et la renommée d’une licence à succès. Enfin, évoquons l’adaptation française, qui est purement et simplement navrante, que ce soit au niveau des voix ou encore des sous-titres. Heureusement les allergiques des VO se consoleront avec le format DTS de cette dernière. Concluons tel le film sur une note douce et agréable, en évoquant la bande originale du film. Dans l’ensemble, les thèmes musicaux se font assez discrets. Des thèmes très doux et mélodieux, très souvent joués au piano, et qui embrassent également cette impression de songe éveillé. La bande originale se termine comme je le disais juste avant sur une très belle chanson : “Dareka no Negai ga Kanau Koro”, interprétée par Utada Hikaru, qui n’est autre que la femme du réalisateur du film Kazuaki Kiriya (le hasard fait parfois bien les choses...). Arrivé directement en tête du classement Oricon au Japon (société fournissant les classements de référence dans l’industrie de la musique), c’est très clairement un morceau que je vous recommande même si vous ne cherchez pas absolument à vous procurer cet OST.

P.-S.

Disponible en DVD (Audio : Fran

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