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I Am Legend

Les nuits

mardi 22 janvier 2008, par Hellboy

Moribond

Entre crainte et espoir

Deuxième remake d’un film adapté d’un roman éponyme de Richard Matheson (remarquable écrivain et scénariste pour La Quatrième Dimension), I Am Legend disposait d’un potentiel artistique très évocateur auprès des geeks surtout au regard des récents projets inaboutis rattachés à l’œuvre dont une interprétation de Schwarzenegger sous la houlette de Ridley Scott (arlésienne douloureuse du début de mes années 90, snif).

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Robert Neville tente de sauver le monde au centre d’un New York ravag

Malheureusement, les choses prennent une tournure amère lorsque le nom de Lawrence Francis est évoqué aux commandes du film. Clippeur de J-Lo et tâcheron responsable du pitoyable Constantine (Fumer, c’est mal. La Guerre, ce n’est pas bien. Et autres conneries cosmiques), l’entreprise de talent s’annonce plus que difficile même si l’instigateur séminale s’appelle Will Smith, acteur relativement impliqué depuis sa démarche créatrice sur Ali du brillant Michael Mann. Tout n’est donc pas perdu.

Cache bien son jeu

D’ailleurs, si l’on scinde I Am Legend en deux actes, la première partie rassure quant aux qualités graphiques nécessaires à la cohérence de l’ensemble et donne à voir une production design classieuse (anéantie par la deuxième apparition des monstres) rare pour le blockbuster moderne. On ne ressert pas aux spectateurs gavés des fêtes de fin d’année les sempiternelles canons des productions multi millionnaires qui consistent à décadrer l’action et à sur découper chaque plan. Ici, on nous propose des longs et jolis plans dévoilant une mégalopole anéantie par une pandémie épargnant jusque là un homme. L’exposition, fondée sur un scope puissant et ajustée grâce à un montage anti épileptique, suggère dès lors un malaise profond et bien réel, une vision poignante de l’extinction d’une civilisation. Cette appréciable gestion de l’espace renforce alors l’empathie générée par la sobre prestation du héros solitaire. Affûté comme un marine et déterminé à sauver le monde, Will Smith se la joue en nuance et fait profil bas lors de la première altercation avec les infectés. La relation étroite que le personnage entretient avec son chien est touchante et ne tombe jamais au cœur des affres du larmoyant. Une posture à l’égard des émotions recherchées chez le spectateur fort appréciable.

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La nuit, le r

Cependant, quelques reproches à l’encontre de la caractérisation de Robert Neville demeurent pertinents, on suit un homme mi docteur/mi marine, adepte de la muscu, du golf, qui conduit une mustang de milliardaire, qui possède une maison au centre de New York et qui drague dans les vidéos club. Dure la vie de dernier homme peuplant la Terre. Seul l’appel lancé au jour le jour dépeint son sentiment durable de solitude. Un peu léger surtout lorque l’on reprend sa situation à l’intérieur du bouquin. Si la critique est tenace, c’est que ce long métrage gomme une partie de la trouble personnalité du héros en proie à l’onanisme et à la folie pourtant présente lors du film original. Le docteur devient sous ses nouveaux traits, un monolithe chiant car sans failles. Son unique pétage de plomb survient bien tard et s’inscrit au centre d’un gros problème scénaristique lié au twist supposé relancer l’histoire. Alors qu’il l’achève. Rageant.

Plus un naufrage qu’un apocalypse

La seconde partie emprunte une voie bizarroïde ponctuée par les délires de gugus déchirées à la marijuana ou autres substances légales (l’alcool). Outre la morale neuneu déclinée à partir d’une chanson de Bob Marley, on se coltine une scène ridicule où le héros se lance dans une pâle imitation de Shrek afin de retrouver une once d’humanité (je vomis). Ben, il est mal barré le monde si on le reconstruit sur les élucubrations d’un ogre vert péteur ( !!!). Suite à cette bouffonnerie, on se dit que la thématique sombre du film ne peut que reprendre le dessus.

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Le meilleur alli

Monumental erreur, le pire surgit avec une fable ultra chrétienne pulvérisant les velléités scientifiques du début du film, genre : « Seul dieu peut sauver le monde. » (je revomis). La fin devient donc un moment grave où tout part en sucette. On se dit que des créationnistes hardcore peuvent débarquer à tout moment armé d’une bible révisionniste. Heureusement, on passe juste à coté du drame. Mais le mal est fait. I Am Legend ne résiste pas à l’imbécillité chronique des exécutifs auréolés d’une bondieuserie dangereuse voire criminelle. Si les dévots gangrènent de plus en plus la création culturelle (Narnia et autres grenouilles de bénitier) sans une remise en cause profonde des médias mués sur le sujet, les ayatollahs de tout poil ont de beaux jours devant eux. A bon entendeur.

P.-S.

R

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