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Doomsday

Glasgow

mercredi 9 avril 2008, par Hellboy

Courses-poursuites effr

Back to eighties

La résurgence du cinéma des années soixante-dix au cœur de plusieurs productions actuelles, a mis la puce à l’oreille de Neil Marshall. Celui-ci s’est dit que mixer les piliers fondateurs des années quatre-vingt, c’est-à-dire New York 1997, Mad Max 2, Aliens..., aboutirait certainement à une œuvre hybride tranchant la norme des films européens frileux : une gageure exceptionnelle.

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Eden Sinclair se la joue Snake Plissken.

D’ailleurs, ce métrage prend une branlée monumentale au box-office américain, un signe, non pas de la qualité du public, mais de la difficulté pour ce dernier d’adhérer à des concepts expérimentaux. On comprend en parti le score ridicule du diptyque Grindhouse de Tarantino/Rodriguez au pays de la bannière étoilée, forgé autour de principes similaires, à savoir réinvestir le champ de la composition iconoclaste. Qu’importe, le réalisateur du frontal The Descent tente le coup. Pourvu d’un budget limité, l’anglais se lance dans l’aventure d’offrir aux fans un vrai film référence/hommage aux bandes fondatrices de son enfance (c’est lui qui le dit). Une ambition louable, cependant entachée de faiblesses impardonnables.

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours...

Après, une ouverture maîtrisée d’un bout à l’autre et un retour sanglant à l’intérieur de la zone contaminée, notre joie retombe aussi vite qu’elle est montée. Outre des grossières incohérences scénaristiques (le train prêt à partir, des chevaliers atrabilaires et attentistes...), on assiste à une parodie sans âme des succès référents.

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Eden rencontre pour la premi

Ainsi, le créateur de Dog Soldiers s’amuse à ridiculiser ses méchants si bien que l’empathie, ressentie envers les personnages, s’estompe au regard d’un chef de bande hystérique et pénible au bout de trois minutes, des répliques ineptes ou à la vue d’un Malcolm McDowell cachetonnant afin de régler son dernier tiers d’impôt. Lamentable. Les bads guys sont des pantins désarticulés, là où justement, Humungus et The Duke inspirés aux spectateurs des sensations complexes et profondes : peur, haine, fascination... Il ne reste rien de ces qualités balayées par un caractérisation gauche et second degré.

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Les guerri

Quelques caracters design sauvent l’ensemble, on pense aux fabuleuses guerrières de l’armée destroy dont une amazone en chef aux qualités respiratoires très prononcées. Ceci nous amène à aborder le sujet qui fâche : Eden Sinclair. Version féminine de Snake Plissken, elle ne parvient jamais à imposer une attitude badass à son rôle. Rhona Mitra (l’actrice : une des nombreuses Lara Croft) ne compose jamais une grande figure anti-héroïque de sa gent. Certes, sa félinité apparue lors du stupéfiant Highwaymen imprègne toujours l’écran et son mutisme séducteur esquisse un personnage frondeur. Mais rien n’y fait. On a toujours l’impression qu’elle taxe des clopes et non qu’elle revendique une déviance subversive. Alors oui, ça charcle sévère et ça fait des flammes.

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Eden ne rechigne jamais

D’innombrables têtes tranchées, membres amputés, et autres cadavres jalonnent le parcours du commando. La course poursuite finale tisse une mise en scène ambitieuse car innovante et vraiment surprenante : deux gugus prennent d’assaut un bolide lancé à 200 Km/h. De nombreux véhicules et autres baraquements (voire château fort) finissent en charpies. Dommage, puisque le problème persiste, on colle toujours plus à l’ambiance de Beowulf incarné par notre Christophe Lambert national que du mythique Excalibur. La psychologie des individus est taillée à la serpe, les résolutions des enjeux narratifs tombent à plat (typique du pamphlet politique vain)... on se sent mal à l’aise devant une idée de départ (revisiter les bombes des années Reagan) ambitieuse, sincère mais trop souvent grotesque et asservie à la mode sur-découpage de l’action. Un résultat qui nous fait tomber de haut. On espère juste que ce semi ratage de Marshall relève de l’anicroche et que le bonhomme nous revienne rapidement en forme, paré à tout décalquer radicalement sur son chemin. Pour patienter, Cyborg et Waterworld sont disponibles en DVD : les ingrédients indispensables d’une soirée ciné de fin du monde réussite entre potes. Voilà bien, l’essentiel.

Bonus Pin-up : Rhona Mitra

P.-S.

R

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