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Killer7

Un contexte tendu...

jeudi 16 juin 2005, par Kao_san

Kobayashi, Mikami, Capcom, Suda 51, Gamecube......

Est-ce un coup marketing de Capcom, qui avait finalement réussi à nous vendre le jeu bien avant sa sortie, ou un vrai jeu d’auteur(s) ? Et puis qui parle ici ? C’est dans ma tête je crois, je sais plus très bien d’ailleurs. Je suis bizarre depuis que j’ai joué à ce jeu, il y a des moments dans la journée dont je ne me rappelle pas. Mes voisins ont dit m’avoir vu la nuit, un magnum à la main en train de courir le long de ma rue. Je leur ai dit que c’était pas moi, « vraiment ! » m’ont ils répondu. Je sais encore qui je suis bordel ! En plus je flippe, ces derniers temps on retrouve dans mon quartier des cadavres à la pelle et des douilles de magnum partout, le mec est sûrement dangereux ! C’est comme l’autre jour, en pleine soirée, d’un coup le trou noir, et après, je me retrouve assis devant mon écran en train de jouer à Killer7 avec ma personnalité préférée, celle de gamer.

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Mask de Smith ne fait pas dans la dentelle, arm

Killer7 est arrivé, accompagné de son cd bonus contenant un clip avec plusieurs thèmes du jeu et trois trailers (E3 2004/TGS 2004/E3 2005). La fourre est superbe, blanche de base, égayée de légers imprimés de diverses couleurs avec, apposés comme une claque rétinienne, deux logos « Killer7 » en gras et noir avec en leur milieu le logo Capcom blanc entouré de noir. Les éditeurs japonais nous ont maintes fois prouvé leur talent à créer des fourres de games recherchées et souvent artistiques, Killer7 ne déroge pas à la règle.

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un exemple d’architecture de niveau

La boite contient deux mini-disques de jeu, car les cinématiques sont nombreuses et demandent de la place (réalisées en anime ou dans le moteur du jeu, les cut-scenes sont magnifiques). Il y a aussi énormément de NPC (non playable characters) qui font des interventions accompagnés de leurs voix digit’.

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Ceux l

Les menus de base (new game/load game/options) sont en anglais. Les options sont, quand à elles, en japonais et contiennent entre autre l’inversion de la visée (première option) et le choix du canal musical (stéréo ou mono). Le tout est bien sûr présenté de manière décalée avec des rires malsains se manifestant lors des choix à l’écran.

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Voici le menu, pas difficile de s’y retrouver.

Le début du jeux nous laisse le choix entre un mode lent (easy) et un mode rapide (normal voire hard). Le mode easy permet une visée automatique sur le point faible des ennemis, qui sont un poil plus lents. Le mode hard quand à lui laisse une visée libre. Ensuite une petite cinématique débute. Stylisée à mort, on dirait de l’anime japonais (ce qui explique d’autant plus l’excellent choix de l’ anime pour les cut-scenes principales). C’est beau et simple, mais c’est surtout innovant et très bien réalisé. Les voix des cinématiques sont en anglais, le reste du jeu (sauf les choix des directions in-game) est en japonais. Après la cinématique vous pouvez choisir entre un court tutorial assez léger ou l’aventure directe.

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Con Smith nous fait une visite guid

En ce qui concerne le gameplay, la liberté de mouvement est inexistante, vous pouvez choisir des directions différentes aux intersections des chemins possibles, mais impossible de se balader ou l’on veut. On avance en laissant le bouton « A » appuyé, on fait un demi tour en pressant sur « B », et le « Z » permet de tourner la caméra pour la placer devant ou derrière le personnage. La plupart des ennemis sont invisibles, un ricanement nous prévient de leur attaque imminente. Dès que la suspicion d’un ennemi alentour se fait sentir, il faut passer en vue à la première personne (laisser « R » appuyé), puis il est nécessaire de scanner les alentours pour faire apparaître les ennemis (on appuie un coup sur le « L » et un scan se fait à l’écran pendant 2 secondes, laissant apparaître la ou les cibles à abattre). Une fois l’ennemi repéré, il faut le shooter à l’aide du bouton « A ». Il est possible de le démembrer ou de lui faire sauter la tête pour le faire tomber et le ralentir. Autre possibilité, presque chaque ennemi possède sur son corps un point plus clair que les autres (une sorte de virus qui les rongent), à l’aide du scan, qui va fixer la cible directement sur ce point (en easy, mais préférez lui le mode normal/hard, beaucoup plus attrayant), vous shooter l’ennemi d’une seule balle et celui-ci disparaît dans une explosion stylisée d’hémoglobine. Il faut d’ailleurs récupérer des litres de sang pour vous permettant de les transformer en power up pour vos personnages, ou de les utiliser pour vous remettre de la vie ou déclencher des aptitudes spéciales (avec le bouton "Y", en mode visée pour certains ou en mode normal pour d’autres). Ces aptitudes spéciales vous permettront de blaster du monstre plus facilement et de vous sortir des passages épineux. Elles serviront également à résoudre des énigmes.

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Kevin Smith, le caract

Pour avancer dans le jeu, il faudra switcher entre les personnages, ce que vous pouvez faire à tout moment, en accèdant au menu des items (choisissez "Smith"). Ce menu vous permet en sélectionnant "blood" de vous remettre de la vie, ou en choisissant "Items" de pouvoir vous équiper de ceux que vous aurez récupérés. Pour avoir votre équipe au complet, il faudra aussi réveiller deux de vos équipiers, qui ne sont pas accessibles dès le départ du jeu (pour cela, dégommez un nombre donné de monstres).

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un "Heaven smile", avec encore une partie de ses dents,

Si au court de votre progression vous passez de vie à trépas avec l’un de vos 7 personnages, prenez le contrôle de Garcian Smith, l’homme à la valise, et partez rechercher la dépouille de votre équipier, restée fraîchement emballée dans un petit sac. Vous pourrez alors réanimer la dépouille dans une des chambres qui servent de quartier général à cette équipe de tueurs (c’est aussi dans ces chambres que vous allez ramener le sang récolté). Dernières précisions, la croix directionnelle sert à switcher entre les ennemis en vue à la première personne, et le bouton "X" affiche la carte (qui sera plus ou moins détaillée selon le choix du mode de difficulté du jeu). Le bouton "C" (le petit jaune) sert à recharger les armes.

Le jeu est découpé en stage, avec à chaque fois une cible à abattre ou à maîtriser. Le "Heaven smile" est le groupe que vous combattez, et ils se servent de mutants pour leurs sales besognes. Si ces monstres arrivent à vous toucher, ils exploseront et vous feront perdre de la vitalité. Vous ne manquez heureusement pas de ressources pour les combattre.

Dans votre équipe, vous pouvez compter sur :

Dan Smith : Style et charisme de l’inspecteur Harry, il peut éradiquer les ennemis avec une puissance de feu impressionnante (3 cliks sur le bouttons "Y" en mode visée, et vous locker l’ennemi pour lui envoyer la sauce).

Kaede Smith : La femme fatale du groupe. Elle possède un gun à lunette (en mode visée enclenchez-le avec "Y"), et elle n’hésitera pas à se couper les veines, pour faire pleuvoir son sang sur les ennemis ou résoudre certaines énigmes (toujours "Y" en vue à la troisième personne).

Coyote Smith : Ce gars-là crochète les cadenas comme personne, et son physique lui permet de sauter plus haut que les autres.

Garcian Smith : Le négociateur, équipé d’un silencieux, il ira rechercher votre dépouille mortelle sur le terrain en vue de vous ressusciter.

Mask de Smith : Look de catcheur et tête à casser des rochers, il balance des grenades de plusieurs sortes. Ce gars est idéal pour faire péter une porte ou un mur secret découvert pas Con Smith.

Con Smith : Le petit jeune, rapide est nerveux il shoote avec deux guns. Il est non voyant, mais possède une ouïe très fine. Utilisez-le pour découvrir des passages secret.

Kevin Smith : Le découpeur de la bande, armé de couteaux il est très habile pour les lancer sur les "Heaven smile". Il peut se rendre invisible et prendre les ennemis à revers.

Le dernier, et pas le moins important, celui que tous appellent respectueusement "maître", j’ai nommé Harman Smith. Paraplégique et scotché à son fauteuil, il bénéficie d’un fusil à lunette installé au dos de sa chaise roulante. Il a une classe et un charisme fabuleux, vous allez pleurer quand vous le découvrirez à la fin du premier stage, lors de la première confrontation avec un boss. C’est lui qui dirige les personnalités des autres tueurs.

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La bande de r

Toute cette équipe va jouer le rôle de régulateur, dans un contexte géo-politique extrèmement tendu.

Maintenant, plus de spoiler, ni de divulgation à propos du jeu. une dernière phrase pour vous dire que le scénario est très intéressant et comporte des complexités, et que le tout est mature et sans concession.

Graphiquement c’est comme annoncé, un cell shading magnifique et épuré tient lieu de ce qui pourrait être un manga-like. Le travail est plus artistique que technique (la technique tient très bien la route, rassurez vous !). Les personnages sont charismatiques et revêtiront des costumes différents lors des changements de mission. Les couleurs d’ensemble sont très bien choisies, l’architecture des niveaux aussi. On n’évite pas un peu d’aliasing, qui ne pourra pas être arrangé par un mode progressive scan absent du jeu. L’ensemble artistique est somptueux, et le passage entre jeu et cut-scenes en anime nous conforte dans l’impression de participer activement à un manga des plus violents, possédant en plus un scénario digne des meilleures productions noires et post-apocalyptiques japonaises. Et à ce niveau je vous dit OUI, cet objet ludique est un jeu d’auteur(s). Une bombe qui ravira les amateurs de jeux matures, les fans de manga, les fans de Capcom, et tout ceux qui apprécient les jeux différents ou décalés.

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En haut

Musique maestro ! Elle est electro, parfois techno, mais toujours réalisée façon "cyber ambiance". Elle accompagne le jeu de manière agréable et souligne magnifiquement les traits dessinés des niveaux. Il y a aussi des morceaux d’ambient, joués au piano ou à la guitare. Le mastering est également de très bonne facture, pas besoin de mettre fort pour profiter de la qualité du sons. Un mode stéréo bien foutu permettra de profiter de la musique avec des effets spatiaux sur les cotés pour les possesseurs d’une installation 5.1.

La version japonaise n’est pas aussi compliquée à jouer que prévu, avec un peu de réflexion on arrive à avancer en utilisant les aptitudes des différents personnages. Si en plus vous comprenez l’anglais, le scénario ne vous échappera pas. Le reste n’est qu’une simple assimilation des possibilités de gameplay, en grande partie détaillées dans ce test. Les non japonisant passeront au travers de certains textes et infos. Mais pour ceux qui désirent profiter du jeu avant tout le monde en bénéficiant en plus d’une boite magnifique (la version US ne sera pas aussi belle, l’Euro on en parle même pas), vous pouvez y aller tranquille, ce n’est pas ce jeu qui vous posera de gros problèmes.

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Dan Smith

Le gameplay est simplifié, nerveux et bien rythmé. C’est un véritable plaisir que d’avancer et de découvrir ce jeu complet et artistique, qui prend à revers les habitudes des joueurs, leur permettant en contre partie de se focaliser sur d’autres points de gameplay et sur une immersion version manga. Il est possible d’upgrader les personnages, ce qui débloquera des contres au corps à corps, des coups au sol et des aptitudes supplémentaires (il y a d’autres points upgradables, comme le speed par exemple). Ceci fini de compléter le jeu, en lui donnant un léger aspect RPG non négligeable.

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Garcian Smith, le n

Les personnes "open minded" et habituées de jeux imports différents vont adorer ce jeu. Les autres diront que c’est une merde, comme Viewtiful Joe en son temps par exemple. Quoi qu’il en soit cette production est une ode à la violence souvent décrite dans les films HK, avec un scénario intelligent et adulte, et une patte artistique très présente et travaillée (je dirais aussi pensée et réfléchie, très riche en définitive).

Graphismes : 9/10

Epurés mais pas bâclés. Conceptuels et artistiques, c’est un des plus beau cell-shading vus sur console (qui en plus se permet le luxe de proposer un rendu différent des autres soft en cell-shading). Les effets de lumière et autres sont peu présents (mais pas inexistants), on ne le ressent pourtant pas comme un manque. On peut critiquer ou réagir sur les graphismes et le style adopté, mais n’est-ce pas la vocation de l’art que de susciter des réactions ? Quoi qu’il en soit, on peut surtout respecter le travail des artistes. La réalisation des scènes en anime est, elle aussi, somptueuse. Le jeu ne se prive pas non plus d’un coté gore totalement assumé. Le choix des couleurs et leurs appositions sur les traits noir de construction des décors renforce encore l’aspect BD et l’identité exclusive de ce jeu. La classe et le style s’applique à tout les point de cette production hors norme. Les producteurs ont contourné la nouvelle législation japonaise (qui date quand même de quelques mois) concernant la censure des actes de violence dans les jeux vidéo entre autre, et cela avec brio !

Animation : 8/10

En simplifiant les déplacements, on simplifie les mouvements et les animations, on évite également bon nombre de bugs. Les personnages se déplacent toujours selon un trajet pré-défini (comme sur un rail), on peut ensuite jouer avec les boutons "A" et "B" pour aller de l’avant ou en arrière, ou pour tourner autour des boss etc... Les divers mouvements des personnages ne sont pas très étoffés, et il semblent parfois un peu rigides, mais rien de bien méchant, tout rentre dans le moule "Killer7". Les ennemis sont bien animés, et la localisation des dégâts permet de faire sauter des bras, des jambes ou des têtes. La palette de leurs mouvements est plus conséquente que pour les personnages que vous dirigez, normal, le spectacle se passe devant les guns ! Si vous les amputer d’une jambe il continueront à se rapprocher de vous en rampant, et ma foi c’est fort bien fait tout ça ! Pas beaucoup d’animations dans les décors non plus (juste ce qu’il faut pour insuffler un peu de vie à certains niveaux), là encore tout est dans l’esprit manga.

Jouabilité : 9/10

100% jouable, 100% simple, pour un jeu import ça fait du bien. Rassurez-vous, le jeu est plein de finesse tout de même malgré cette simplicité apparente. Le problème que vous pourrez rencontrer se trouve dans des moments chauds ou vous vous trouverez en face de plusieurs ennemis, pour réagir vite si vous êtes acculé il faut faire un demi tour, avancer et se retourner à nouveau pour les shooter. C’est pas le top, et souvent on le fait trop tard (il peut arriver en plus que le perso recharge automatiquement ses armes lorsque celles-ci sont vides, ce qui fait perdre du temps pour réagir vite). Il va falloir apprendre à anticiper certains de vos mouvements. La vue FPS est très bien réalisée et la maniabilité est top, pas de problème pour viser juste ou pour locker les points sensibles des ennemis.

Bande Son : 8/10

La musique et l’ambiance sont très bien intégrées et collent parfaitement au produit. C’est de l’electro-tech, matinée de son trancy avec parfois des moments légèrement industriel ou des compos ambient à la guitare ou au piano, accompagnés d’une boite à rythme. Le compositeur n’a pas le talent d’un Sakuraba, ni l’inspiration de certains producteur techno japonais (refaite vous un petit REZ si la mémoire vous manque). La musique est tout de même très agréable et de bonne facture, et permet une meilleure immersion dans le monde dépeint à l’intérieur du soft, tout en lui donnant un petit coté speed quand il y en a besoin, ou calme quand l’ambiance doit prévaloir et que l’on se promène dans les couloirs.

Intérêt : 10/10

Les phases de shoot ne sont là que pour servir un scénario très intéressant, mis en avant par les cut-scenes principales en anime. Un public mature saura apprécier cette approche du jeu. Les énigmes sont logiques et dans l’esprit du concept. La mise en scène donne envie d’en voir plus et d’avancer dans les niveaux. Pour ceux qui sauront saisir toute l’essence et les références dont s’inspire le jeu, ce sera du pur bonheur que de s’identifier à ces tueurs sans scrupule. Le gros plus du gameplay consiste dans le fait que vous pouvez incarnez 7 tueurs différents, possédant chacun leur style, armes et une aptitude particulière. Vous pouvez en changer quand cela vous chante, et il sera nécessaire de le faire pour utiliser leurs aptitudes en vue de débloquer certaines situations. Le jeu sait nous tenir en haleine et le coté FPS est dynamique. Comment définir ce titre ? Et bien c’est un FPS- action-aventure-rpg-manga like ! Ou plus simplement un jeu d’auteur décalé, qui ne se prive pas d’amener le joueur sur un chemin différent et éclectique, dans le fond comme sur la forme.

Note Globale : 9/10

Les joueurs formatés aux jeux commerciaux et n’attendant d’un soft qu’une débauche d’effets graphiques passeront à coté d’un titre comme celui-ci, les autres, adeptes de jeu conceptuel (ou simplement différents), de manga ou d’action made in HK pourront sans doute être séduits par ce qu’il propose. Les joueurs old shool et les otakus trouveront à coup sûr leur bonheur ! Un très bon soft en définitive, qui mérite amplement le détour et qui va puiser dans ce que le jeu vidéo peut proposer de meilleur, en toute simplicité ! En prime, des bonus à débloquer en fin de partie, pour un replay value plus consistant.

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