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The Dresden Dolls

In all this world

samedi 10 juin 2006, par Takeru

Alors qu’ils sont en tourn

Amanda Palmer et Brian Viglione forment le groupe “The Dresden Dolls”. Amanda assurant le clavier et la voix, Brian est à la batterie et de rares fois la guitare. La rencontre de ces deux artistes est un hasard des salles de concerts : Amanda enchaînait les spectacles de rue, Brian jouait dans différents groupes de métal. L’alchimie entre les deux artistes se fait, mais n’était pas évidente au début. Mais comment définir le punk cabaret des dresden dolls ? Des chansons aux textes souvent grinçants mais non dépourvus d’humour. Une atmosphère qui se refuse de la "mode" gothique (selon les DD même), mais fortement inspiré du cabaret allemand de l’entre deux guerres. Toutes leurs compositions : aussi bien visuels que sonores, sont bâtis sur des oppositions. La colère et l’amour qui unit le duo, la fureur et le calme entre les compositions... C’est un groupe qui se vit. Voir un concert des Dresden Dolls n’a que très peu de chance de vous laisser indemne. Ainsi, cela mena Trent Reznor a les choisir comme première partie de sa tournée. Il faut le voir pour y croire, pour ressentir cette complicité qui unit le batteur et la pianiste. Les chansons sont égayés de différents jeux scéniques entres les deux compères : voir Brian s’acharner sur sa batterie à en perdre une baguette et enchaîner sur un jeu de mime étonnant avec celle qui lui reste est quelque chose d’intriguant. Saisir les différents regards, les différents gestes qui unissent le duo sur scène est fascinant.

Amanda, cette chanteuse à la voix grave, profonde. Au physique peu sexy avec des bras de campagnarde, et pourtant, elle est si pleine de charme ! Brian, ce batteur au visage expressif, aux gestes mécaniques... Le duo de Boston a un potentiel scénique incroyable. Et d’ailleurs, pour terminer sur leur univers de scène, il faut savoir que la participation des fans, de la “brigade”, est très important pour le show. Et aux États-Unis, se sont mêmes des écoles qui y participent. Ainsi, la salle avant l’entrée en scène du groupe est envahie d’échassiers, de mimes, de courtes scènes de cabaret. Tout cela contribue à renforcer l’univers baroque des Dresden Dolls.

“Life is no cabaret, We’re inviting you anyway”. Comme l’a écrit un quotidien français de grandes plumes (hum, le gratuit parisien “metro”), c’est un univers sombre mais non pessimiste. Et sur le coup, ils n’ont vraiment pas tort. Par le biais de deux albums studios : le premier éponyme et le second nommé “Yes, Virginia...”, sortis sous le label RoadRunner, on obtient deux facettes du groupe qui se complètent pour aller dans la même direction. “Yes, Virginia...” fait référence à la lettre de la jeune Virginia dans le New York Sun de 1897 où la jeune fille a un doute sur l’existence du père Noël et le journaliste aura une réponse très représentative du sens du monde selon les Dresden Dolls. Un besoin de rejet du l’univers “réel”, qui n’est qu’un réel parmi d’autres, avec l’obligation d’en être acteur.

“Mrs. O” est une ballade sur le thème d’une vieille femme negationiste : refusant de croire en l’existence d’Hitler, “Mandy Does to the Med School” sur un avortement sauvage, “Sex Changes” est un titre explosif sur un personnage subissant une crise d’identitée, “Girl Anachronism” est une chanson complètement hystérique sur la crise de nerf d’une femme ou encore “Coin-Operated Boy”, un air comme celle d’une vieille boite à musique, qui revient sans cesse... La cruauté du réel toujours en opposition au besoin de trouver du bonheur pour l’homme. La réputation du groupe s’est aussi faite avec de nombreuses reprises : du “War Pigs” de Black Sabbath à Amsterdam de Brel qu’Amanda interprète aussi bien en anglais (la version de Bowie) qu’en français pratiquement sans accent. Sur les interprétations en français on a aussi “tout les garçons et les filles de mon âge” de Françoise Hardy, ou encore “Je ne veux pas travailler” de Pink Martini. Des reprises de Hallelujah de Léonard Cohen et même un très ironique “Baby One More Time” sont incluent dans leur répertoire... Le mieux pour vous faire votre idée c’est d’écouter sur ce site réunissant tout les enregistrements de la brigade (autorisés par le groupe) : http://www.thedirtybusinessbrigade.net/. Mais je ne saurais trop vous encouragez à acheter leur album si le groupe vous intéresse : se serait trop bête de passer à coté du tonitruant “Necessary Evil” avec la qualité d’un bon enregistrement.

Mais je ne saurais trop vous encouragez à acheter leur album si le groupe vous intéresse : se serait trop bête de passer à coté du tonitruant “Necessary Evil” avec la qualité d’un bon enregistrement.

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Bataclan (Mai 2006)
Avec le groupe Devotchka.

Que dire d’autres ? J’ai l’impression d’avoir fait un tour, sûrement trop rapide, mais exhaustif du groupe. Mais il est vrai que c’est un fan qui vous en fait part, donc je ne peux pas continuer sur cette lancée sans dire à quel point ce groupe peut vous toucher profondément. Les concerts sont sublimes (un dvd (de piètre qualité malheureusement) est disponible sous le nom de “Paradise”) : je ne vais pas vous faire perdre votre temps à vous dire que les critiques du groupes sont à 99% positives, que de nombreux artistes encensent le groupe (Prohom par exemple). Mais je peux vous assurer qu’ils sont capables de vous toucher profondément, pour peu que vous le leur permettez. Le son du piano en lassera peut-être certains à la longue, mais il est difficile de rester de marbre à la vision de ce duo capable de tirer les larmes comme de faire éclater de rire. Pendant qu’Amanda chansonne, Brian rigole. Une créativité sur scène, sur CD, à toute épreuve. Un sens artistique omniprésent. Bien plus en avant de toutes volontés commerciales : le groupe le prouve en permettant la diffusion d’enregistrement. Cependant, l’argent donné pour l’album n’ira pas dans les poches de Sony BMG, ou Universal : c’est toujours ça... Situé entre rage et amour, le groupe barré et sexy, le groupe sombre et souriant, mélancolique et explosif mérite vraiment de l’attention.

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