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Control

Ian

vendredi 28 septembre 2007, par Hellboy

Les biopics autour des symboles du monde de la musique se voient rarement port

Le temps de l’insouciance

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Ian Curtis vient de la rue anglaise

Depuis 1977, date où il intègre la rédaction du magazine « Oor », Anton Corbijn n’a de cesse de rendre hommage aux personnalités de la nébuleuse rock’n roll. Immergé dans ce chaotique microcosme, ce photographe magnifie chaque rencontre avec ces dieux de la scène à travers de magnifiques clichés léchés dans un noir et blanc hypnotique. De David Bowie en passant par Nirvana, U2 et régulièrement Dépêche Mode, cette artisan de la pellicule retranscrit par son médium les exultations, les drames et les excès d’un autre moyen d’expression : la musique. Dans Control, son premier pas dans le septième art, cet artiste hollandais s’attache à dépeindre Joy Division durant sa courte existence.

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Joy Division se forme sur les cendres de Warsaw

Plus précisément, il raconte le parcours de ce groupe par le prisme du destin de son singulier leader : le chanteur Ian Curtis. En regardant ce métrage, ne vous attendez donc pas à voir une reconstitution minutieuse des représentations de Joy Division. Le film se focalise sur les joies et les déboires de Curtis avec la vie, ponctuée en filigrane par de magiques instants live. Marié très jeune avec Deborah, Ian dichotomise son temps entre un emploi à la bourse du travail (une sorte d’ANPE made in England) et son groupe de musique, d’abord Warsaw puis Joy Division (les membres restent les mêmes). L’ascension fulgurante de ces derniers aura un impact considérable sur sa santé physique et sur son intégrité mentale. Mais, une idole est née.

Le temps des contradictions

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Le groupe grandit de concert en concert

Ce qui frappe les spectateurs dès les premières images de Control est le manque de profondeur de champ du film. Hormis lors des scènes d’intérieur, les paysages et les décors se flouent et disparaissent pour laisser la totalité de l’espace aux véritables héros du film, les personnages dont Ian Curtis en particulier. Il traîne sa dégaine nonchalante de géant (au sens propre comme au figuré), d’un bout à l’autre du métrage, soumise à une symbiose entre l’essence fantomatique maladive et l’archétype du dandy égaré poly-toxicomane. Cependant, on n’entrevoit jamais une scission brutale entre l’histoire de Curtis et celle du groupe, on navigue finement entre les deux grâce à un subtil équilibre partagé des recoupements narratifs autour des différents protagonistes concernés (souvent Ian et le reste du groupe).

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La rencontre de Ian avec Annick bouleversera profond

Ces rapports sont soutenus à travers la véracité historique que Corbijn insuffle au métrage du fait de sa proche collaboration avec Joy Division à l’époque. Il en découle des acteurs investis dans le juste de par les précieuses indications fournies par le réal sur le ton et les attitudes à aborder (surtout sur scène). Que dire alors. Encore des dithyrambes. Et bien non. Les défauts récurrents de la mise en scène handicapent profondément cette œuvre qui n’arrive pas assez à dépasser sa construction en diaporama. Les manques en terme de cadrage, découpage et prise de vue s’avèrent vite soporifique pour le spectateur. En effet, le rythme peu soutenu freine les émotions et atténue les envolées poétiques intrinsèques à ce genre de fiction. Le classieux noir et blanc proche du cinéma américain des années 30 et 40 arrive peu de fois à transcender la monotonie des cadres cinématographiques. Et au bout de deux heures non stop, c’est vraiment trop long.

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Le vrai talent de Joy Division : des shows envo

Pourtant, dans l’ensemble, Control tire régulièrement vers le haut en comparaison avec l’actualité des sorties même s’il n’en partage que très peu les notes d’intention (faire de la tune). Élégant dans son propos et parfois dans sa conception, Control réussit vraiment à rendre un bel hommage à ces protagonistes sélénites qui font aujourd’hui figure d’icône pour toute la nouvelle vague de rockeur émergente voire installée. Une tentative ambivalente où se mêle défauts et qualités, tout l’esprit du rock en somme.

P.-S.

R

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