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Bloodborne

Boogie

mardi 19 mai 2015, par Davy1

Qu’est-ce que j’aime dans les jeux vidéo ? Vous voyez les pingouins qui font des batailles d’oreille en arrière-plan dans Parodius ? C’est un bon résumé. Autant dire que mon univers se situe à 100 millions d’années lumière de Bloodborne, et inversément.

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When Lovercraft meets Van Helsing

Je me suis donc lancé dans l’aventure avec réticence. Aussi par défi car je lisais partout que le jeu était vraiment très difficile. Le jeu est effectivement difficile mais l’est-il vraiment plus qu’un autre. Bloodborne ne serait-il pas un jeu dont les options auraient été réglées sur "very hard" et qu’il ne serait simplement pas possible de modifier contrairement à la plupart des jeux. Je n’ai pas eu l’impression par exemple que le jeu soit plus difficile qu’un Bayonetta en mode Apothéose par exemple.

Mais il faut aussi vous dire que je me suis bien préparé au vu de la réputation du jeu. J’ai rapidement ralenti ma progression au profit du farming. Cette tactique contraignante est aussi très payante puisque je n’ai jamais eu vraiment de soucis en terme de progression.

Donc, pour vous parler un peu de mon expérience personnelle sur Bloodborne, sachez que les boss ne m’ont pas vraiment posé de problème. J’ai du en recommencer un au début du jeu plusieurs fois mais une fois que l’on comprend le fonctionnement du jeu, les boss d’après, je n’ai pas eu grand problème et la plupart du temps, je les ai éliminés lors de la première rencontre. Parfois une deuxième visite était nécessaire, mais guère plus. J’ai du recommencer un boss peut-être 5 fois mais c’est le maximum. Je n’ai pas eu cette chance dans Bayonetta... Sans doute avais-je bien farmé et boosté mon personnage.

En revanche, c’est pendant les phases intermédiaires que je me suis mis le plus à pester. Tomber dans le vide. Perdre bêtement parce qu’on ne surveillait pas sa barre d’énergie. Et pire, refaire la même bêtise alors que de nombreuses echos du sang à récupérer sont en jeu. Je me souviens avoir perdu plus de 100.000 echos du sang au total lors d’une soirée de jeu... La rage.

02 Pour le reste, on comprend assez vite comment Bloodborne fonctionne. Il faut ouvrir des portes qui vous feront faire de sacrés raccourcis et qui vous ramèneront à une lanterne, le point de passage vers une zone de tranquilité et d’upgrade : le rêve du chasseur. Il faut en général parcourir de longues distances avant de débloquer cette porte ou l’ascenseur qui vous ramènera rapidement à la lanterne. Il n’y a donc pas énormément de lanternes dans certaines zones du jeu. C’est plutôt stressant et il faut progresser absolument et bien nettoyer une zone avant de retrouver la tranquilité. Une lanterne permet ainsi de servir de relais pour plusieurs zones à la fois. Certes, le jeu n’est pas très généreux et quand il l’est, c’est de la pur moquerie. Certaines lanternes sont à la limite inutiles ou trop peu espacées l’une de l’autre. Pour le reste, prenez bien le temps d’explorer les zones, ne soyez pas pressé, vous serez récompensé par de nombreux items souvent utiles. Sachez aussi que l’habit ne fait pas le moine. Les ennemis les plus imposants ou les plus effrayants ne sont pas toujours les plus dangereux. Ces derniers peuvent frapper très fort mais ils sont aussi très lents.

On pourrait croire que Bloodborne est sans concession mais ce n’est pas toujours le cas. Il est assez généreux en fiole de sang qui vous sert à vous remettre de la vie, les empoisonnements se font de manière progressive alors que cela pourrait se faire de manière immédiate : ici, vous êtes prévenu avec une barre qui se remplit : c’est sympa. D’un côté, les développeurs ont été vicieux, d’un autre, ils vous tendent parfois la main très ouvertement. Par exemple, les boss ou les ennemis vraiment très difficiles et véloces ne réapparaissent plus. Les autres reviennent à l’infini, du moins à chaque fois que vous faites un tour dans le rêve du chasseur. C’est pelant mais en même temps c’est pratique pour farmer et vous découvrirez bien assez vite que quasiment tous les ennemis peuvent être contournés en courant. Certains passages sont délicats mais grâce au système d’embranchement expliqué plus haut, une fois passé, vous ne serez plus obligé d’y repasser par après si vous ne le souhaitez pas. En fait, Bloodborne n’est pas difficile si vous prenez le temps de comprendre Bloodborne, si vous prenez le temps de rassembler les pièces du puzzle.

Qui fait le malin tombe dans le ravin

L’important, c’est surtout de ne pas penser que vous êtes le plus fort. C’est ce qui vous perdra dans Bloodborne. Si vous foncez tête baissée, c’est là que vous perdrez vos échos du sang (l’argent du jeu). Il vaut mieux jouer la carte de sécurité, circuler en endroit connu et progresser quand vous vous sentez assez fort, c’est à dire quand les ennemis de la zone précédente deviennent vraiment faciles à battre. En tous cas, le jeu vous pousse à affronter généralement de nouveau l’ennemi qui vous a tué. Ce dernier absorbe généralement vos échos du sang. Parfois, c’est un autre ennemi. Parfois, vous les retrouverez par terre dans la zone environnante.

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Qui va à la chasse perd sa place

D’un point de vue technique, Bloodborne est loin d’être irréprochable. Il y a en effet pas mal de soucis de conception. Mais vous aurez remarqué que ce n’est pas le premier point que j’ai abordé. C’est même le dernier. Parce que je n’aurais pas voulu résumer Bloodborne à une simple considération technique. Certains choix sont néanmoins discutables et je m’en vais vous les exposer à présent.

Il est vrai que la gestion des collisions est très alléatoire : par exemple, lorsqu’on frappe un objet, on frappe plutôt une zone et l’ensemble des objets réagissent en se cassant généralement. Assez basique mais c’est tout de même bien de l’avoir fait. Si ce point s’arrêtait juste à un problème d’interaction avec les décors et n’aurait pas d’incidence sur le gameplay, je n’en aurais pas fait toute une histoire, mais voir certains boss frapper à travers un mur me fait carrément sourciller. On croit être protéger mais les ennemis ont visiblement des armes spéciales... Certains puristes viendront peut-être me dire que cela fait des règles à apprendre de Bloodborne, mais pour moi, cela relève de la foutaise. D’autant que les règles arrangent ceux qui les font puisqu’en général, vos propres coups sont stoppés par des éléments du décors : veillez donc à vous battre dans des endroits dégagés et si possible n’attaquez qu’un ennemi à la fois.

Pourtant, sous d’autres aspects, c’est bien sur ces règles que Bloodborne base ses forces. Il faut apprendre à cerner son ennemi. Une fois que c’est fait, vous le maîtriserez et vous progresserez jusqu’au prochain ennemi retord. Le jeu est vicieux puisqu’il vous incite à frapper vos ennemis afin que vous récupériez de la vie. Parfois, frapper un ennemi déjà mort peut vous aider à en récupérer un peu plus. Mais dans l’ensemble, les ennemis lacheront assez de fioles pour vous remettre de la vie, encore faut-il en avoir le temps dans une mélée. Une petite roulade et une petite fuite en arrière peut vous permettre de souffler, le temps d’augmenter votre barre de vie et de recharger un coup puissant.

Toujours au niveau de la réalisation, le jeu propose des espaces très vastes et sombres aussi bien modélisés qu’aliasés mais rien de catastrophique. Cela implique néanmoins des temps de chargement assez longs mais heureusement peu nombreux ou la plupart du temps dissimulés derrière des ouvertures de portes ou des cinématiques. Certains points sont à redire comme les roues des calèches qui ne sont pas tout à fait rondes mais encore polygonales. Le bump mapping est lui irréprochable. En revanche, j’aurais aimé un framerate plus stable quitte à se contenter de 30 images par seconde.

Il faut cependant reconnaître que le monde de Bloodborne est vaste et ne nécessite pas de chargement tant qu’on ne retourne pas... dans le rêve du chasseur. La prouesse tecnique est donc tout de même là.

Dans Bloodborne, vous pourrez vous créer un personnage qui vous ressemble. Il y a un éditeur assez complet et poussé : un effort toutefois mis à mal par le fait que le costume très couvrant est plus charismatique que le personnage qui est aussi attachant qu’une serviette hygiénique usagée.

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Il n’y a pas de pause pipi possible dans Bloodborne puisqu’on ne peut pas faire de pause dans le jeu. Ca m’a un peu gêné. Le mieux est de quitter le jeu si vous avez une urgence, quelle qu’elle soit.

On ne peut pas toujours locker un ennemi que l’on voit pourtant à l’écran sous prétexte que la console a décidé que vous ne pouviez pas le voir, non, non, ce n’est pas possible. Par contre, le système d’approche furtive est vraiment très bien faite. Si vous approchez dans le dos d’un ennemi tout doucement, vous pourrez tirer de l’effet de surprise un avantage certain lors de l’affrontement.

Le jeu recèle d’autres bonnes idées comme les petits monstres qui vous lachent des bonus intéressants mais qu’il faut vite éliminer avant qu’ils ne disparaissent dans le sol. Pensez aussi à parler aux fenêtres et aux portes, vous serez récompensés !

Je regrette le manque de musique dans le jeu, sous prétexte d’ambiance. Mais pourquoi ne pas avoir laissé le choix au joueur. Les bruitages en revanche sont réussis et pèsent lourd dans l’ambiance générale.

Bloodborne reste une expérience en tous cas intéressante et enrichissante. La PS4 tient enfin sa killer applisation. Il était plus que temps.

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Graphismes : 93%
Un univers créatif et du mapping de très grande qualité avec de jolis effets en particulier sur les surfaces humides.

Animation : 85%
Pas toujours parfait mais la note est tout de même positive au vu de la taille de l’univers que doit gérer la PS4.

Jouabilité : 82%
Certains choix qui restent obscure même le jeu terminé et que je n’arrive pas à faire rentrer dans la case "génie"

Bande Son : 72%
Je regrette essentiellement pour ma part un manque d’ambiance musicale. Certes, les bruitages pèsent énormément mais pour ma part, cela m’a manqué.

Intérêt : 96%
Un rythme de jeu qui a tendance à saouler le joueur. Mais on finit par dessaouler et revenir au combat. Punitif, Bloodborne ne demande finalement qu’une chose, être dominé par un hardcore-gamer : peut-être vous.

Note Globale : 93%
Même si Bloodborne n’a rien avoir avec mon univers de jeu, il reste un titre qui réussit sur bien des points : le jeu propose un challenge fort et une durée de vie qui mérite largement un petit investissement.

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