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Berserk

Pour tout savoir (ou presque)

jeudi 20 janvier 2005, par Aalok

Berserk... Plus encore qu’un simple manga, ce nom


Berserk une œuvre complète.

Avant de s’attacher à l’histoire propre de Guts (ou Gatsu selon les traductions) il est important de savoir que l’œuvre Berserk (Kenpû Denki en japonais) n’est pas exclusive à un seul média. En effet, la création de Kentaro Miura, même si elle a commencé en 1989 sous la forme du manga (prébublié chez Young animal), fut très vite déclinée sur d’autres supports (Dessin animé, jeux vidéos, art book).

À ce jour, on peut faire état d’un manga non achevé au Japon publié au rythme de deux tomes par an et qui en est au 27° (edit : 29 en novembre 2005), ainsi que d’une série animé de 25 épisodes diffusés au Japon en 1998 (exactement entre le 7 octobre 1997 et le 29 septembre 1998). En France 6 tomes du manga ont été edités chez Dynamic qui abandonna ensuite le projet à l’été 2003, Glenat reprit le flambeau en septembre 2004 et vient d’éditer le 4° tome (edit le 10° en novembre 2005) (pour la petite anecdote sachez que le premier tome en est à sa troisième publication française, l’editeur samourai ayant en son temps lancé une edition sans même en avoir les droits, il y en a qui n’ont peur de rien ^^). Du côté de l’anime sept DVD regroupant les 25 épisodes de la série en VOSTF sont sortis chez Dynamic Vision.

Il est à noter qu’il existe aussi deux jeux vidéos sortis respectivemment sur Dreamcast et sur PS2 : Sword of the Berserk Guts Rage développé par ASCII et Berserk Sennen Teikoku no Taka Hen Seima no Senki no Shô developpé par Sammy. Le premier est sorti aux USA, au Japon (dans une très belle version avec la jaquette dessinée par Kentaro), et partout en Europe, exceptée en France (pour de sombres raisons dont je vous épargne les détails). Concernant le second opus, il n’est toujours pas sorti des frontières du Japon mais est facilemment trouvable en import (edit : dans un très beau coffret que vous pouvez admirer dans l’article spécial goodies de Kenji-Kun). Ils sont donc trouvables pour qui se donne un peu de mal. Ce qui est souhaitable car ces jeux ne sont en aucun cas des gadgets pour otaku milliardaire, bien au contraire, ils ont toute leur place dans l’œuvre générale Berserk.

Du manga à l’anime

Pour faire simple, on peut dire, comme c’est souvent le cas, que l’anime est en fait la version expurgée du manga. Cependant, l’histoire débute, et ce quelque soit la version, par le combat qu’un Chevalier Noir mène contre des démons. Il s’agit de Guts, déjà en état de Berserker, qui se bat avec une haine exacerbée contre un ennemi démoniaque multiple. Dans l’anime cette histoire est présentée de manière succincte lors du premier épisode. On y voit alors Guts combattre un démon très reptilien, dans une scène, à ne pas mettre devant tous les yeux, mêlant puissance et cynisme.

Le manga, lui, va beaucoup plus loin. Les trois premiers tomes sont en effet totalement consacrés, si l’on excepte quelques flash-back, à la lutte de Guts contre un monde maléfique bien plus identifiable. La problématique de l’animé est de présenter comment Guts est devenu un Berserker. En ce sens, dès le 2° épisode un très long flash-back (de 24 épisodes !) s’emploie à nous amener inexorablement à la raison de ce changement d’état... ce qui fonctionne très bien puisque le dernier épisode est réellement traumatisant.

De son côté le manga donne beaucoup plus d’information dès le début, ce qui peut nuire à l’effet de surprise. Mais son ambiance paraît plus travaillée et bien plus sombre que la série, alors que Puck un petit elfe, absent de la version anime rajoute paradoxalement à cet univers très sombre une petite touche d’humour rafraîchissante (edit : à propos du manga reportez vous en fin de page à la critique de chaque tome qui depuis le numéro 10 nuance mon avis sur le sujet).

Aussi je ne saurai que conseiller de voir dans un premier temps l’anime puis de lire le manga. Ce dernier étant plus complet, il comblera les fans de l’anime, alors que la démarche inverse me semble plus délicate.

Berserk, une histoire violemment humaine

L’histoire de Guts prend place dans un monde médiéval fantastique très sombre de type européen. Cet univers est le cadre d’une lutte acharnée entre deux royaumes pour la domination d’un territoire. C’est dans ce contexte guerrier, somme toute assez classique, que Guts, qui fut élevé à la dure par un mercenaire répondant au nom de Gambino, devint lui même soldat à la solde du plus offrant. Dès lors ce mode de vie l’oblige à mener de nombreuses batailles, où le maniement de son épée se fait de plus en plus remarquer.

Cependant, suite à quelques événements que je vous laisse le soin de découvrir par vous même, il devra oublier son mode de vie solitaire et intégrer une armée de mercenaire, La Troupe des Faucons, qu’un certain Griffith mène d’une main de fer.

La véritable histoire commence en fait à ce moment là. Elle devient le théâtre de combats sanglants, d’une violence qui pourrait choquer les plus sensibles. Mais à l’instar d’un Ken, cette violence n’a rien de gratuite. Tout au contraire, elle est intelligente, humaine... Elle montre simplement des hommes qui se battent pour donner sens à leur vie. L’agitation du champ de bataille permet d’oublier toutes les questions existentielles angoissantes, il s’agit de survivre rien de plus. Et cet instinct de survie exacerbé devient une réponse tautologique, absolue...Alors pourquoi atténuer les images ? Tuer autrui leur donne l’étrange et grisante sensation d’exister encore plus que d’accoutumé... Comment leur en vouloir ? Comment les juger ? Ce ne sont que des hommes...

La quête de sens

Au sein de cette troupe de mercenaire, chaque protagoniste semble être animé d’un but très simple : servir Griffith, afin de l’aider à réaliser son rêve. Ses quelques lieutenants (Rickets, Pippin, Carcus, Judo) et ses nombreux soldats ont ainsi trouvé un sens révélé, qui comble leur désir... Ils n’ont pas de choix à formuler, pas d’angoisse à subir. Débarrassé d’un encombrant libre arbitre, ils n’ont qu’à servir Griffith pour l’aider dans sa quête de pouvoir... L’abandon de toute liberté individuelle déresponsabilise tous les acteurs gravitant autour de Griffith. La Troupe des Faucons peut ainsi être identifiée à une sorte de peuple autonome qui jouit d’un droit éminent d’independance, mais mettant à son service toutes les indivudalités qui la composent, dans un processus de servitude volontaire dévoué corps et âmes à une seule idée : le désir de Griffith. Elle fait de tous ses acolytes de simples pantins, mais là où notre conscience est un peu violentée c’est que l’on est face à des marionettes heureuses de l’être. Prête à se sacrifier pour la collectivité sans qu’auncune raison objective ne puisse justifier ce choix. C’est ainsi que romantisme et barbarie peuvent faire bon ménage, dansant ensemble au clair de lune... Mais deux des acteurs principaux de l’histoire ne s’inscrivent pas dans cette logique... Il s’agit de Gatsu et de Casca.

Un ménage à trois tourmenté

Guts, Casca et Griffith sont ainsi les acteurs d’une relation à trois d’une rare intensité. Griffith en est le centre névralgique. Considéré par de nombreux fans de la série comme étant le véritable héros, ce dernier a un but simple : devenir le plus puissant possible pour jouer un rôle politique majeur dans l’édification du monde qui l’entoure (cette quête de pouvoir est représentée par la graine de Béhérit source de toutes les ambitions...). En ce sens Guts, son plus fort guerrier, et Casca (son bras droit) qui a un réel sens du commandement, sont autant de personnes qui lui sont nécessaires pour réaliser son rêve.

Dès lors Griffith, d’une grande beauté physique et habile combattant, se présente aussi comme un personnage très sûr de lui, calculateur, insensible, prêt à tout pour arriver à ses fins... l’exemple même de la personne qui peut inspirer fascination ou rejet au spectateur/lecteur... Ses hommes le suivent sans se poser de question et sans attendre quoi que ce soit en retour. Il leur donne un but à atteindre et c’est déjà bien assez. Ce qui n’est pas le cas de Casca et Guts.

Casca apparaît dans l’histoire comme étant secrètement amoureuse de Griffith. Elle accepte donc sa position de simple exécutante pour être proche de lui. Réaliser le rêve de Griffith devient une grande partie du sien, mais il demeure incomplet, car elle ne peut s’empêcher de secrètement le désirer. Ce qui amène un déséquilibre relationnel que le spectateur/lecteur ressent fortement. Guts lui veut devenir l’ami de Griffith. Pour cela il accepte aussi d’être son exécutant. Mais il comprend vite que pour obtenir sa considération, il doit devenir son égal. Dès lors s’instaure un dilème : si Guts reste il ne pourra jamais devenir l’ami de Griffith mais il l’aidera à concrétiser son rêve, alors que s’il s’en va, il pourra être son egal, mais il prend le risque de faire echouer Griffith dans sa quête et par la même de rompre toute relation... Face à cette situation Casca paraît encore plus démunie que Guts. Car contrairement à elle ce dernier a quelqu’un d’autre dans sa vie : son épée.

L’épée de Gatsu occupe dans sa vie une place sans commune mesure avec ses autres relations. Elle est à la fois la mère qu’il n’a jamais eu, la meilleur amie à qui il peut se confier, la femme qu’il peut cherir dans ses bras... Et plus encore la source de sa liberté, le sens de son existence. Une image remarquable, dans le troisième tome du manga, montre Guts en train de dormir en serrant son épée comme un enfant tiendrait sa peluche...Cette épée c’est l’objet dans lequel l’enfant Guts, qui n’a pas eu le droit d’exister, a projeté ses rêves, son innocence déchue. Lorsque son épée danse autour de lui, en cet instant là, il sait pourquoi il existe, jouant à la guerre comme d’autres joueraient aux poupées.

Une réalisation au service de l’histoire

Autant être franc, en ce qui concerne l’anime, l’animation n’a rien d’exeptionelle. Disons qu’elle est dans la moyenne des productions de la fin des années 90, mais contrairement à ce que l’on a pu lire dans Les Dossiers du Manga (journal de soutient à l’éditeur Kaze), elle est loin d’être catastrophique et bien supèrieur à celle des Chroniques de la Guere de Lodoss (gnark gnark... il fallait bien le dire ! ... « Parn ta gueule ! Retourne à ta niche ! ! »).

L’anime réalisé par TAKAHASHI Naohito (Marmalade boy, To heart (sic !) ) et animé par MATSUBARA Tokuhiro ((Ushio, Tora, Slow Step) s’en sort donc avec les honneurs, mais ne transcende pas le genre. Cependant ce léger défaut est compensé par une très grande qualité du dessin, un charac design excellent assuré par UMAKOSHI Yoshihiko (Marmalade boy, Street figther 2)à faire rougir YUKI Nobuteru (au hasard...), ainsi que par de très belles planches très stylées qui ponctuent de nombreuses scènes de bataille. Tout cela est en plus accompagné par une bande sonore absolument fabuleuse dont je ne saurai que trop vous conseiller l’achat...Les compositions de HIRASAWA Susurnu (Detonator Orgun, Millenium actress et recemment la nouvelle série de Kon Satoshi : Paranoïa agent) soutiennent parfaitement l’action de la série en créant une ambiance générale très travaillée. Elles savent être obscures et martiales pour les scènes de combat, fantastiques et rythmées quand les démons usent de leurs maléfices, ou même plus légères, avec un petit côté buccolique, lors des rares moments de calme où les émotions des personnages peuvent s’exprimer. Le single Forces justifie à lui seul l’achat de la B.O. : un monument de musique japanime. À n’en point douter, l’un des gros points fort de l’anime.

Seule le générique de début est assez...hmm...comment dire...surprenant...de l’anglais baragouiné par un japonais sur une face B de Sum 41 ça fait toujours bizarre (pour être gentil).

En ce qui concerne le manga, si l’on dénote quelques planches un peu limite dans les premières pages, tout s’arrange très vite, pour atteindre une qualité de dessin vraiment impressionant dans les tomes suivant. L’ambiance y est très sombre, le crayonné précis et épuré est agréable à l’œil. Il n’y a pas de fioriture inutile pas de traits parasites... Alors que les combats regorgent de détails, les mouvements sont très bien rendus, la puissance des coups perceptibles...Je peux vous assurer que lorsque Guts à la main droite totalement brisée dans le tome 3 on a mal avec lui...

Les jeux vidéo Berserk

En quelques mots je me dois de vous présenter ces jeux vidéos. Consacrons nous d’abord au premier d’entre eux sorti exclusivemment sur Dreamcast le 16 Décembre 1999 au japon.

Il est en effet indispensable à tous fans de Berserk qui se respecte...et ce pour plusieurs raisons. Techniquement il supporte toujours la comparaison avec la moyenne des jeux actuels. Les textures détaillées représentent très bien l’univers de la série, les personnages clés sont parfaitement modélisés et leur animation n’est pas en reste.

Les musiques signées Hirasawa y sont somptueuses, du même accabis que celles de l’anime, elles sont donc indispensables pour toute personne ayant aimé les compostions de la série (on y trouve même Forces II une nouvelle version du single de l’anime !! le titre original de cette OST est Millenium Falcon Lost Child Chapter ).

l’animation est sans faille, et le gameplay d’une très grande richesse, qui nous permet de diriger Guts et sa Dragon Slayer, est absolument jouissif. En fait, d’un point de vu technique, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit de la meilleur adaptation vidéo ludique d’un manga.

Mais ce dernier va encore plus loin...En effet le jeu représente en fait une histoire plus ou moins parallèle de l’oeuvre originale se situant après la fin de l’anime. Oui, vous avez bien lu, le jeu s’inscrit directement dans l’histoire de Berserk, proposant une sorte d’épisode Gaiden. On retrouve donc Gatsu en état de Berseker, en compagnie de Casca qui semble ne pas avoir tous ses esprits et de Puck (l’elfe du manga qu’on retrouve avec plaisir). Le jeu est donc un Beat’em all très violent très légérement matiné aventure, entrecoupé de nombreuses et longues cinématiques faites avec le moteur du jeu, qui font avancer l’histoire... Certaines mettent en scène un petit QTE qui semblent avoir directement inspiré le très grand Shenmue. Et quelle histoire ! En tout point passionnante... La Mandragore (fleur que vous pouvez voir sur la jaquette de l’OST) est au centre de l’intrigue, tout à la fois porteuse de destruction et possible espoir de guerison pour notre Casca fort diminuée... On y rencontre le Chevalier Squelette absent de l’anime et surtout Zoddo sous sa forme de démon ailé... Le combat qui le met en scène vaut d’ailleurs à lui seul l’achat du jeu, mais le reste est tout aussi accrocheur.

Concernant l’opus sorti sur PS2, je serai beaucoup plus avare en information et pour cause je ne VEUX pas le faire.

Il a l’air de reprendre à peu de chose près le moteur et le gameplay de la mouture dreamcast (Edit : après de nombreux témoignages concordant, il s’avérerait que le moteur PS2 soit quand même un cran au dessus de la mouture DC), mais le gros problème est qu’il s’inscrit directement dans l’histoire du manga, a priori entre les tomes 21 et 27... Ne connaissant l’histoire de Berserk qu’à travers ce qui a été publié officielement en France, je m’interdis de toucher à ce jeu qui doit déborder de spoil en tout genre... Néanmoins je vous laisse quand même admirer quelques images qui augurent du meilleur... Allez plus que 3 ans à tenir avant que je puisse le commencer : / Mais vais-je vraiment réussir à tenir... Glenat dépêche toi !!

Une oeuvre controversée

Certains verront en cette œuvre une fresque de massacre, une apologie de la barbarie...Ils n’auront pas forcement tort, les morts anonymes, il est vrai, jonchent souvent le sol que foule Guts, leurs corps sont éventrés, déchiquetés. Guts apparaît bien souvent comme un personnage antipathique, cynique et égoïste, il n’en est pas moins infiniment, naturellement humain. Il ne se bat pas pour l’Amour, pour la Justice, pour la veuve et l’orphelin, seulement pour lui même, pour vivre, pour survivre, en chaque instant il tente de donner un sens à tout ce qui l’entoure... Son comportement ne répond alors qu’à ses exigences du moment. Ainsi, une scène nous montrera un homme prêt à tout pour sauver autrui, puis celle qui suit un dément aux yeux exorbités en train de torturer un ennemi... Guts est donc l’anti Seya, l’anti San Goku, ou même l’anti Kenshin et surtout l’ANTI Parn, il est faillible, cruel, egoïste... Alors que de son côté, Griffith apparaît comme un manipulateur doté d’une rare intelligence, au service d’une seule personne : lui-même.

Dès lors comment en vouloir à l’un ou à l’autre. Être humain, cela ne veut pas forcément dire être humaniste... D’autant plus que cet univers ne semble pas avoir connu notre XVIII° siècle... Chacun défend donc sa logique avec une extrème cohérence. Gatsu fait danser son épée et Griffith vise le pouvoir. On pourra penser qu’ils sont foux, ignobles, mais ils n’en demeurent pas moins des hommes, et eux au moins ils savent pourquoi ils sont là...(Il est d’ailleurs très intéressant de constater que c’est dans un univers sans norme morale et sociale, où le relativisme et loi du plus fort dominent, que Guts cherche à jouir d’une forme de liberté pourtant apanage des systèmes de pensés universalistes... [1]). Maintenant le relativisme ne justifie pas tout, à vous de voir, comprendre leur système de pensée ne signifie pas forcemment y adhérer... Une oeuvre magistrale bénéficiant d’une réalisation et d’un propos parfaitement maitrisé qui, à n’en point douter, ne pourra vous laisser indifférent.

P.-S.

MANGA :

Mangaka : Miura Kentaro

Japon : Pr

Notes

[1] Note : Pour de plus amples explications je vous invite à vous reporter à la critique du tome 10

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