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Suikoden IV

Konami coule le navire...

lundi 16 octobre 2006, par Shitan

S

L’appel du large

L’univers de Suikoden IV prend place au sein d’un ensemble d’îles appartenant à différentes nations. Les principales sont l’île de Razril, qui fait partie du Royaume de Gaien, l’île d’Obel, l’île de Nay, l’île d’Illuvia, et de Na-Nal. Vous commencez votre aventure au service des chevaliers de Gaien, à Razril. Vous êtes en formation, avec votre meilleur ami Snowe, pour apprendre à commander un navire. Ce dernier se révèle à plusieurs reprises incapable d’assumer ce poste, sa peur reprenant constamment le dessus sur son courage. Une fois l’épreuve passée, vous êtes conviés à une fête célébrant la fin de votre formation. Cependant, les choses se gâtent quand le pirate Brandeau attaque votre base. Vous décidez alors de répliquer et vous l’affrontez. Vaincu, il décide de vous anéantir en utilisant une rune spéciale, la rune de la Punition, qui une fois son porteur décédé, trouve un hôte en la personne de Glen, votre commandant. Ce dernier va de plus en plus mal depuis qu’il a reçu l’artefact maudit. Lors d’une autre attaque sur Razril, il se sacrifie en utilisant son immense puissance pour détruire la flotte de navires ennemis. Trouvant lui aussi la mort après cela, c’est vous qui recevez la marque de la rune, nouveau porteur condamné. Pour ne rien arranger, vous êtes accusé du meurtre du commandant, perdez la confiance de votre meilleur ami et êtes exilé hors de Razril. Ainsi débute cette nouvelle histoire de la saga, qui reconnaissons-le, est très loin d’égaler celles des anciens épisodes. Le souffle épique si propre à cette série est absent, le scénario est aussi plat et ennuyeux qu’un voyage sur une mer d’huile, et le nombre de rebondissements se compte sur les doigts d’une seule main. De plus, les cuts-scenes sont trop éloignées les unes des autres à cause d’incessants va-et-vient en bateau d’une lenteur affligeante et bourrés de combats aléatoires soporifiques. On perd le fil de l’histoire et l’on commence à s’ennuyer ferme au bout de quelques heures de jeu. Heureusement, la célèbre quête des 108 étoiles (108 personnages à recruter pour vous former une véritable petite armée et dont au moins la moitié est jouable lors des affrontements), véritable marque de fabrique de Suikoden, relance quelque peu l’intérêt, et le système de combat reste intéressant. Tiens, parlons-en.

Combats

Comme dans chaque épisode, on distingue trois types de combats bien différents. Premièrement, les combats classiques. Par équipe de quatre (contre 6 auparavant), vous réalisez des attaques, utilisez les runes pour avoir accès à la magie et réalisez même des combos grâce aux affinités entre certains de vos personnages. Cependant, bien que les éléments affichés lors des joutes soient en nombre limité, le jeu trouve le moyen de saccader quand des effets de lumières font leur apparition. De même, la trop grande facilité des combats incite le joueur à plutôt utiliser la commande « auto » pour laisser la console se charger du reste. On est donc plus passif qu’actif, et c’est clairement regrettable.

Deuxième type d’affrontements, les duels. A certains moments précis de l’histoire, vous serez amenés à vous battre en un contre un. Lors de ces phases, vous devez choisir entre plusieurs types d’actions : attaquer, se défendre et faire un coup spécial. Il faut en outre faire attention à ce que vous dit votre adversaire, car cela va déterminer d’une part le type d’attaque qu’il va effectuer, et d’autre part, cela vous donnera l’indice nécessaire pour choisir la commande à même de contrer son assaut. Ces phases sont dynamiques, relativement bien mises en scènes, et relèvent quelque peu l’intérêt.

Enfin, vous devrez également prendre part à des batailles navales d’envergure. Aux commandes de plusieurs navires répartis sur une zone déterminée, vous devrez repousser vos assaillants. A vous de composer l’équipage en fonction des spécificités de vos personnages : prendre un mage qui excelle dans la magie de feu ou bien privilégier la défense avec un canonnier affilié à la rune de terre ? A vous de choisir, sachant que telle magie est plus forte que telle autre. Les déplacements se font comme dans un Tactical-RPG, par cases. On peut néanmoins regretter le manque de dynamisme lors des passes d’armes entre deux vaisseaux, mais ces phases restent néanmoins le point fort de ce Suikoden.

PlayStation 2-1 = PS One ?

A la vue de certains lieux, on peut raisonnablement se poser la question de savoir si le jeu a été développé à partir d’un kit PS One. Les décors sont vastes, mais vides, il y a peu de monde dans les rues, et les couleurs sont ternes. Ne parlons pas des déplacements en bateau au cours desquels on doit supporter un brouillard digne d’une Nintendo 64 à ses débuts. Mais tout n’est pas noir : l’animation du héros est assez bonne, certains décors sont assez jolis bien que cela reste rare, et les cinématiques utilisant le moteur du jeu sortent du lot. Un bilan technique que l’on pourrait qualifier de moyen.

On ne peut pas dire que le titre fasse également des étincelles, musicalement parlant. La musique de l’introduction est étrange, beaucoup trop festive par rapport aux évènements relatés, celle des affrontements tape rapidement sur les nerfs, et on oublie bien vite les mélodies accompagnants les différents lieux à visiter. On est très loin de l’excellent travail réalisé par Miki Hagishino sur le second opus. Dommage.

Bof

C’est peut-être le terme qui correspond le mieux à ce Suikoden. Doté de bonnes idées très mal exploitées, d’un scénario qui aurait pu s’avérer intéressant s’il avait été développé, mais criblé par une technique complètement dépassée, une durée de vie ridicule n’excédant pas la vingtaine d’heures et d’une musique ennuyeuse au possible, il fait figure de vilain petit canard dans l’histoire de la série. Si néanmoins, vous désirez tenter l’aventure, ne le faites qu’à condition de le trouver à petit prix. La seule et unique erreur de cette si belle saga qu’est Suikoden.

P.-S.


- D

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