Consoles-Fan

Accueil du site > Rythm’n Game > Electroplankton > Electroplankton

Electroplankton

Composer...

samedi 7 juillet 2007, par Shitan

Chaque g

Un artiste pas comme les autres

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit paragraphe sur Toshio Iwai s’impose. Né dans la province d’Aichi en 1962, il s’intéresse très rapidement aux nouvelles technologies et en particulier celles liant l’image et le son. Fan incontesté de Super Mario Bros. pour lequel il avouera trouver la meilleur synthèse entre les graphismes et la musique, il créé à son tour un jeu de shoot’em up mais musical, nommé Otocky qui sort sur Famicom en 1987. Il faut attendre 1996 pour que l’artiste retourne dans le domaine du jeu vidéo en créant cette fois-ci SimTunes, un jeu dessin où chaque couleur est associé à une note. Enfin, sa dernière création en date est Electroplankton sur Nintendo DS. A noté qu’il est aussi présent dans de nombreuses expositions à travers le monde.

Passons maintenant à la critique du soft en lui-même.

L’aquarium musical

Prenant pour cadre la vie aquatique et ses fameux planctons, le « jeu » nous propose de laisser aller notre inspiration et de composer nos propres mélodies, avec dix « instruments » spécifiques.

01 - Tracy :

Ce premier plankton dégage une musique mystérieuse au fur et à mesure que l’on trace un trait. Il le parcourt à la vitesse à laquelle vous l’avez tracé. En jouant sur les pauses et les accélérations, on arrive à créer de très jolies mélodies, très rythmées. Le nombre important de variations offertes par ce premier instrument incite le joueur à y revenir assez souvent.

02 - Hanenbow :

Changement de registre, puisque qu’Hanenbow n’est autre qu’un clavecin déguisé. Une feuille envoie un plankton en l’air et ce dernier retombe sur une plante en émettant un son plus ou moins cristallin. Petite subtilité : vous pouvez changer l’angle d’inclinaison de chaque feuille présente à l’écran, y compris celle qui lance les planktons. La gamme de sons qui en résulte est infinie. Probablement l’instrument qui permet le plus la création. Incontournable.

03 - Luminaria :

Gros coup de cœur pour celui-là. Composé de quatre planktons, il s’agit de les faire progresser selon un parcours prédéfini (mais modifiable à tout moment), pour créer des sons plus ou moins forts. On peut ici construire une véritable « partition » à force d’expérimentations, et jouer un morceau de bout en bout. Facile d’accès et passionnant, il s’agit probablement du plankton le plus intéressant d’un point de vue composition classique.

04 - Sun-Animalcule :

Bizarre est le mot qui convient le mieux à ce plankton. Le principe est bête comme chou : il suffit de poser votre stylet à n’importe quel endroit de l’écran pour créer une bulle qui émettra un son au bout d’un moment. A chaque son émis, elle grossit au point d’exploser au bout d’un moment. Un peu confus, il est assez dur de créer quelque chose qui tient la route. Néanmoins, il résume bien l’état d’esprit de « musique éphémère » d’Electroplankton.

05 - Rec-Rec :

L’enregistreur par excellence. Sur un rythme défini, il est possible d’enregistrer des sons selon quatre planktons différents, selon la durée souhaitée. Malheureusement, le micro de la Nintendo DS ne se prête pas très bien à l’exercice et il est difficile d’obtenir quelque chose de net. Il vaut mieux privilégier un micro externe, pour une meilleure qualité et ainsi profiter du potentiel de la bébête.

06 - Nanocarp :

Un plankton bien docile puisqu’il réagit au son. En tapant dans les mains selon un rythme précis, il est possible de les réorganiser, et en parlant dans le micro, ils émettent un son (en fonction de la tonalité de la voix) qui se répercute sur leurs voisins qui émettent à leur tour des sons. Idéal pour se prendre pour un chef d’orchestre devant sa console.

07 - Lumiloop :

Un plankton très « ambient ». Cinq cercles n’attendent que vous pour être tourné le plus vite possible. Plus la vitesse augmente, plus le son qui est produit se modifie. Evidemment, il est possible d’en faire tourner plusieurs en même temps, pour obtenir encore plus de notes. Très relaxant, il s’agit d’un morceau de choix pour les amateurs de « zen ».

08 - Marine-Snow :

Ce plankton n’est ni plus ni moins qu’un piano. On retrouve chacune des touches du célèbre instrument, classées du plus grave au plus aigu. Tosho Iwai ayant décidé de compliquer un peu les choses, histoire de rendre le tout plus aléatoire, à chaque fois que l’on touche un plankton, ce dernier échange sa place avec un autre. Amusant et pleinement dans l’optique du soft.

09 - Beatness :

On savait le créateur d’Electroplankton fan de Nintendo et du plombier italien le plus connu du monde, il le prouve avec cet instrument. Il s’agit de cinq planktons au corps formés de losanges qui produisent des sons tous droits tirés du jeu. En rythme sur un sample de la musique, on laisse sa fibre de joueur prendre le dessus et on se revoit à l’époque de la NES. A noter que l’on peut aussi choisir d’autres rythmes, eux aussi issus de célèbres classiques de Nintendo. Le favori des retro-gamers.

10 - Volvoice :

On a tous plus ou moins touché un jour à un déformateur de voix pour rire. Et bien Volvoice, c’est pareil. Il suffit de toucher ce plankton pour que démarre l’enregistrement, puis de changer la forme de ce dernier afin de déformer sa voix. Peu mélodique, il s’agit du plankton le plus rigolo du lot.

Maintenant que les présentations sont faites, passons à l’essence même du jeu, à savoir la composition éphémère. Toshio Iwai a en effet conçu Electroplankton pour que la musique soit appréciée avec les images, et durant l’instant présent. Pour que chaque session de jeu soit différente de la précédente, il a supprimé toute fonction d’enregistrement. Chaque morceau que vous jouez, chaque note qui se dégage est alors unique. Une façon de voir la musique comme quelque chose de libre, le mode concert (la DS joue aléatoirement des morceaux) étant la preuve la plus éclatante. On adhère ou pas, mais au moins, l’artiste est allé au bout de sa démarche.

Néanmoins, pour les plus mélomanes qui ne supporteraient pas de voir leurs compositions s’échapper sans en garder une trace, il existe un moyen pour sauvegarder ses musiques. Il suffit de relier la Nintendo DS à son PC via un câble avec deux prises jack, l’une se branchant dans le port micro de la console, l’autre dans celui du PC et d’installer le logiciel Audacity. Une fois ce dernier ouvert, une simple pression sur le bouton d’enregistrement et l’on peut composer tout en étant assurer d’avoir une trace sonore (exportable en wav ou en mp3) à la fin de son morceau.

De quoi contenter tout le monde, en somme.

L’osmose technique

Electroplankton n’est pas impressionnant sur le plan graphique. C’est sobre, en 2D, avec peu de couleurs et un nombre d’animations limitées. Néanmoins, le jeu arrive à charmer le joueur car ses graphismes sont en parfaite adéquation avec l’univers aquatique et musical du jeu : les planktons évoluent gracieusement, tout en dégageant des couleurs douces et agréables à l’œil.

Au niveau sonore, on est surpris par l’extrême qualité des samples utilisés. On croyait la DS mauvaise avec un processeur sonore de faible qualité, on se trompait sur toute la ligne. Les sons sont clairs, limpides et d’excellente qualité. C’est un vrai bonheur pour les sens que de voir l’association de la musique et des images. Du tout bon (comme Jacques).

Œuvre d’art interactive

C’est comme cela que se définit Electroplankton. Il ne s’agit nullement d’un jeu vidéo au sens traditionnel du terme, puisque toutes les composantes habituelles sont absentes. On est en face d’une œuvre d’art, que chacun peut modeler à sa guise et s’approprier comme il le souhaite. Toshio Iwai est un vrai génie et Electroplankton en est la plus belle des preuves. Si vous vous sentez l’âme créatrice ou que vous avez simplement envie de vous détendre, n’hésitez pas. Une expérience unique dont on ne sort pas indifférent.

P.-S.


- D

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette