Consoles-Fan
18/01/2018

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Illbleed
D
Troubles psychiques

Apr

Illbleed est un parc d’attraction géré par un milliardaire aux moeurs plutôt étranges. Ce dernier est passionné par tout ce qui fait peur mais lorsqu’il n’y a plus moyen de dissocier le réel de la fiction, un malaise profond finit par s’installer.

Gardez votre sang froid

Le principe d’Illbleed est assez long à expliquer car au fil du jeu, vous rencontrerez bien des univers et des jouabilités différentes. Le but du jeu est de parcourir différents mondes et d’en sortir vivant. Cela vous rapportera de l’argent qui vous sera utile mais j’y reviendrai un peu plus loin.

Dans chaque immense décor à visiter, vous devez trouver un "horror monitor" qui vous permettra de désamorcer les différents pièges. N’importe quel objet, n’importe quel élément du décor peut représenter un danger pour vous et comme tout est en 3d temps réel : pas moyen de deviner ce qui peut se passer. Bien sûr, certains éléments font figure d’indice et vos capteurs sont là pour réagir et vous mettre sur la voie mais il est clair qu’ici, la 3d apporte un véritable plus au niveau de l’immersion.

Bouh !

Si vous oubliez de désamorcer un piège, il se déclenchera à votre passage vous surprenant peut-être en tant que joueur, mais aussi vous privant d’une partie de votre barre d’énergie vitale, augmentant votre rythme cardiaque. Vos blessures sont représentées également par une barre d’énergie qui diminuera d’elle-même (ainsi que votre rythme cardiaque) si vous ne courrez plus. Trop de blessures fera baisser dangereusement votre rythme cardiaque. Une autre jauge représentant votre cerveau est utilisée par le "horror monitor" lorsque vous le déclencher mais aussi lorsque vous désamorcez des pièges !

L’horror monitor est également très utile pour repérer les armes cachées dans le décor ! Qui dit "armes" dit "combat", ils seront aléatoires (tout comme les pièges d’ailleurs) et relativement difficiles. Il vous sera d’ailleurs possible d’utiliser un bouton d’esquive ou de fuir le combat en appelant un hélicoptère lorsque vous ne vous en sortez pas ! Bien entendu, appeler l’hélicoptère ne se fait pas instantanément et vous vous retrouvez en position de vulnérabilité ! Les ennemis font d’ailleurs partie des pièges à désamorcer. Si vous le désamorcez, le combat aura quand même lieu mais c’est vous qui surprendrez l’ennemi, une occasion de lui asséner quelques coups.

Dépensez vos sous !

A vous de surveiller ces barres attentivement afin de ne pas vous retrouver dans une situation fébrile, voire mortelle ! Pour ce faire, vous avez à disposition un magasin dans le parc qui vous fournira pour votre coeur des cd de relaxations ou des livres érotiques (si jamais votre rythme cardiaque n’était pas assez rapide), des compresses stériles et autres coagulants pour réduire votre barre de blessure. A noter que la taille de cette barre vous fait perdre constamment un peu de vie toute proportion gardée. Vous trouvez également de la nourriture pour augmenter votre jauge de vie ainsi que des seringues permettant de rétablir votre jauge "cerveau". Bien entendu, je n’ai cité ici qu’une partie des items disponibles, ils sont beaucoup trop nombreux pour commencer à tout énumérer dans un test mais j’ai cité ici toutes les fonctions possibles de ravitaillement, chaque objet ayant un pouvoir réparateur différent.

Toute la malice de ce jeu réside bien entendu dans la gestion attentive de ces barres tout en étant à l’affût de tout ce qu’il pourrait vous arriver. Vous ne pouvez pas récupérer de la vie pendant les combats, donc, soyez vraiment très prudents : les points de sauvegarde se font rare ! Mouhahahahahahahahahahaha !

N’ayez pas peur, ce n’est qu’un jeu !

Si vous avez le malheur de déclencher des pièges, surtout, gardez votre sang froid, ne vous énervez pas, les programmeurs n’attendent que cela ! Si l’angoisse s’installe et que vous commencez à faire n’importe quoi, l’effet boule de neige est immédiat et vous courrez tout droit à votre perte.

La force phénoménale d’Illbleed réside, je pense, en cette phrase : "tout peut arriver !" De plus, au point de vue des items, on est pas comme dans Resident Evil ou les objets à récupérer brillent dans le décor ! Cela vous force à tout visiter, tout fouiller et être à chaque instant à la merci d’un piège ! Vous vous rappelez de Resident Evil et le passage avec le doberman qui fracasse la fenêtre ? Illbleed, c’est exactement ça, mais pendant tout le jeu !

Eteignez la lumière...

Illbleed demande une grande concentration, ce qui implique que vous avez constamment les nerfs à vif : vous êtes parfaitement mis en condition pour sursauter à tout moment !

Illbleed est un mélange de fantastique et de burlesque qui nous rappelle les univers décalés créés par Tim Burton. On retrouve également quelques traits d’humour comme par exemple le tribunal des jouets qui se nomme Alcatoyz. Vous aurez aussi l’occasion de rencontrer un méchant hérisson bleu, gardien des enfers, qui s’appelle Zodyk... Pour ceux qui croiraient encore à une simple coïncidence, sachez que le fait de tirer sur Zodyk lui fait perdre ses anneaux et c’est seulement à partir de ce moment là qu’il devient vulnérable. (Nd Shiryu : ça me rappelle vaguement un truc, merde :) )

Le jeu est divisé en 6 stages, il ne s’agit donc pas vraiment d’un jeu continu puisqu’il s’agit de remporter différentes épreuves. Cependant les mondes d’Illbleed sont très vastes et les plans sont réellement les bienvenus si vous ne voulez pas vous perdre. Par ailleurs, les stages vous proposent des environnements et des systèmes de jeu très différents. Sans doute là aussi un des points qualitatifs fondamentaux d’Illbleed ! Si vous terminez le stage dans les temps et avec toutes les caractéristiques requises, vous recevrez votre argent. Pour chaque caractéristique non respectée et décidée à l’avance dans le contrat, vous aurez une amende qui vous sera déduite de votre récompense. Par exemple, vous n’avez pas désamorcé suffisamment de piège ou votre rythme cardiaque est trop élevé.

Au secouuuuuuuuurs !

En parcourant les différents stages, vous pourrez sauver quelques visiteurs du parc et également jouer avec eux à partir du prochain stage. Inutile de vous dire que chaque protagoniste possède des caractéristiques qui lui sont propres. Ces caractéristiques peuvent être modifiées moyennant quelques pièces sonnantes et trébuchantes ainsi qu’un cerveau artificiel ou autre plasma artificiel que vous retrouverez lors de votre quête. Il y a donc un petit côté RPG qui se profile. Vous passerez alors sur le billard pour vous faire greffer tout cela, c’est sympa !

Illbleed reprend sans s’en cacher des principes fondamentaux de certains films d’horreur comme "oulalalala je suis perdu dans les bois et il fait noir" ou encore des scènes inspirées largement du film Tremors (les dents de la terre) puisqu’il vous faudra sauter sur les toits des voitures sans toucher le sol à moins que vous ne souhaitiez vous faire digérer par un énorme vers de terre pas vraiment prêt à négocier !

Les programmeurs ont pété les plombs

Dans Illbleed, vous pouvez vous battre contre des morceaux de porc, poulet ou boeuf, vous pouvez également faire une omelette et vous faire arrêter par la police pour meurtre d’ovule de poule ! (Je vous rappelle que ce n’est pas Ra-Oh qui a écrit ce test, moi, je ne suis pas un alcoolique ! -nd Shiryu : moi non plus-) Il y a également une épreuve où vous devrez sauter à la corde !

Les programmeurs n’ont pas non plus lésiné sur les clins d’oeil envers Blue Stinger puisque la boisson revitalisante du jeu n’est autre que la boisson que l’on pouvait déjà consommer dans Blue Stinger, les gardes ont comme sonnerie sur leur portable le thème principal de Blue Stinger et un des derniers boss se prénomme Bull Stinger !

Et vous pensiez qu’il n’y avait pas plus scabreux que Conker’s Bad Fur Day ?

Des toilettes qui débordent aux flatulences incontrôlables d’un postérieur de cochon, de la sexy doll qui ressemble à une poupée gonflable aux magazines spécialisés contenant beaucoup plus de photos que de texte, il y en a vraiment pour tous les goûts dans Illbleed.

Mais alors quoi, ce jeu il est parfait ?

Vous m’attendiez au tournant, et vous aviez raison ! Illbleed n’est malheureusement pas parfait. Tout d’abord, graphiquement, c’est pas la folie côté nombre de polygones ! Heureusement, un mapping de très bonne qualité relève le niveau, enfin, la plupart du temps. Il est vrai que parfois c’est même plutôt limite. Le deuxième stage et son passage dans le bois m’a franchement fait pitié.

Il est vrai que le jeu possède des effets d’éclairage très réussis sur les personnages mais ces derniers donne l’impression qu’ils marchent avec des cailloux dans les chaussures. De plus, les personnages sont plutôt moches mais il est vrai que comme le concept du jeu est de bien observer les décors, eh bien on leur pardonnera cette faute de goût pour une fois.

Le doublage de Blue Stinger était plutôt foireux et ça, ils l’ont bien compris, voilà que les lèvres ne bougent même plus, au moins ça règle tous les problèmes !

Je dois aussi révéler la présence d’un brouillard auquel on finit par s’habituer, il n’y a de toute façon pas trop le choix de faire autrement.

La réalisation d’Illbleed est en fait très moyenne avec des passages franchement moches et des passages vraiment bien fichus : le stage du boss final n’est pas là pour me contredire. Il faudrait en fait que les programmeurs de Crazy Games rencontrent les programmeurs de Capcom. Les idées d’Illbleed avec la réalisation d’un Code Veronica, voilà sans doute la recette du jeu ultime. Au cas ou vous ne l’auriez pas encore compris, je me suis éclaté sur ce jeu et j’espère que vous en ferez autant. Et puis, si vous n’osez pas y jouer en japonais, sachez que la version américaine du jeu est déjà disponible.

Graphismes : 68%
Une réalisation trop souvent pauvre relevée heureusement par un mapping de qualité.

Animation : 65%
Apparemment, chez Crazy Games, on ne connaît pas la motion capture. Deux trois ralentissements pendant certains combats. Le jeu tourne en 30 images/seconde.

Jouabilité : 80%
La jouabilité se révèle parfois ardue, c’est pas pour les petits joueurs. Cependant, la bonne note obtenue s’explique par la grande variété et les riches possibilités qu’elle offre.

Bande Son : 92%
Les bruitages sont stressants et utiles à la fois puisqu’ils vous indiquent par exemple votre rythme cardiaque. Certains bruitages semblent s’échapper tout droit de films d’Hitchcock. La musique sait être effrayante quand il le faut et se décline en de nombreux genres musicaux. Elle est en tous cas digne des meilleurs films d’horreur.

Intérêt : 93%
Vous aimez les univers fantastiques et un peu délirants à la Tim Burton ? Alors foncez !

Note Globale : 81%
En espérant qu’Illbleed ouvre la voie vers un nouveau genre de jeu.


NOTE : 08/10