Consoles-Fan
25/05/2018

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Bangai-O
Un shoot pas comme les autres
ou comment Treasure r

S’il y a un genre de jeu dont les bases sont bien

Pourtant au premier abord, aucun doute n’est permis, il s’agit bien d’un shoot’em up, d’ailleurs c’est Treasure qui le fait, alors on connaît bien le genre, hein. Il y a bien le petit personnage (un sorte de mecha au lieu d’un p’tit navion, mais pourquoi pas après tout... on a bien déjà eu des pieuvres et des sorcières sur des balais), il y a bien les myriades d’ennemis qui nous tirent dessus et même les boss de fin.

Seulement le principe du jeu possède des petites spécificités qui rendent la façon de jouer complètement différentes des shoots traditionnels. Et ça tombe bien parce que moi je suis nul aux shoots traditionnels.

Promenons nous dans les niveaux

Première originalité, il ne s’agit pas d’un jeu en scrolling. Votre petit personnage est libre de se déplacer selon son gré dans un grand niveau en 2D qui parfois ressemblerait presque à un niveau de jeu de plateformes. Enfin selon son gré c’est vite dit, il est quand même généralement dirigé par des portes à sens unique et autres culs-de-sac, mais au moins vous n’êtes pas enfermés dans un paysage au défilement permanent. Votre petit robot peut donc se déplacer dans toutes les directions, et également tirer indépendamment dans toutes les directions, les deux actions se faisant par des commandes indépendantes. Vous avez d’ailleurs le choix entre deux configurations de touches, qui changent radicalement le gameplay du jeu. Dans la première vous déplacez le personnage à la croix directionnelle et orientez le tir avec le stick. Il est donc impossible d’effectuer les deux manœuvres à la fois, et donc il est nécessaire de jouer sur l’inertie du joueur pour pouvoir lâcher la commande de direction pour commencer à tirer alors que le mecha descend en chute libre. La seconde configuration est bien plus simple à maîtriser puisqu’elle permet de diriger le perso à la croix et les tirs avec les boutons. Il est alors possible de se déplacer dans une direction tout en tirant dans une autre, et je dois avouer que je trouve cela bien plus agréable. Certains diront que ça rend le jeu plus facile, oui mais bon tout le monde n’est pas maso, hein...

Je tire ou je pointe ?

Seconde originalité du jeu, dans votre petit mecha il n’y a pas un personnage, mais deux. Et suivant celui qui est aux commandes, vous tirerez soit des petits missiles à tête chercheuse, soit des jolis lasers qui rebondissent sur les murs. Vous allez me dire ouais bof le coup des tirs différents c’est pas nouveau, c’est comme dans l’autre shoot où on ramassait des billes rouges, bleues ou mauves pour avoir des tirs dispersés, concentrés ou tout tordus. Oui mais non, là point de power-up à ramasser, vous pouvez à tout moment passer d’un type de tir à l’autre sur la seule pression d’un bouton (ou plutôt d’une gâchette). A vrai dire il est même fréquent que vous soyiez obligés de le faire, puisque certains éléments de décor ne peuvent être détruits ou traversés que par un seul type de projectile. Donc c’est bien beau de tirer dans tous les coins, mais il faut quand même le faire avec le bon perso.

Par les météores de Pégase !

Enfin troisième et dernière spécificité du jeu, les « super attaques ». Encore une fois Treasure a évité les classiques « smart bombs » qu’on ramasse au fil du niveau en quantité limitée et qui nettoient d’un coup tout l’écran. Les attaques spéciales dans Bangai-o prennent la forme de gerbes de missiles ou de laser (suivant le perso en cours) rayonnant dans toutes les directions, mais leur utilisation est soumise à quelques conditions.

Tout d’abord pour pouvoir lancer une telle attaque, il faut avoir auparavant abattu un nombre suffisant d’ennemis. Ce qui est bien avec ce système, c’est que si votre attaque s’est avérée particulièrement meurtrière, elle vous recharge déjà pour en préparer une seconde.

Ensuite l’efficacité de l’attaque varie en fonction du nombre d’ennemis et de projectiles qui vous entourent, et c’est là toute la subtilité du jeu. Car plutôt que de crachouiller ses missiles un à un pour dégommer progressivement tous les adversaires, il peut être beaucoup plus efficace de ne pas tirer, de se laisser encercler par un maximum d’ennemis et de projectiles, et de lancer à ce moment une attaque spéciale sous la forme d’une gerbe pouvant contenir pluieurs centaines de missiles.

A noter d’ailleurs que dans ce genre de cas extrême, l’animation en prend un gros coup et on a droit à un gros ralentissement qui en serait presque esthétique s’il était voulu. Quoi qu’il en soit il ne risque pas de vous pénaliser puisqu’à ce moment là vous vous trouvez au centre d’une barrière de missiles qui vous débarrasseront à coups sûrs de toute menace voisine. Encore une fois le jeu prend un aspect stratégique, et il ne s’agit plus seulement de tirer sur tout ce qui bouge, il faut aussi savoir jouer avec le feu pour obtenir un maximum d’efficacité.

En plus, on en a pour son argent...

Le syndrôme du shoot’em up, c’est que si on est un peu habile on arrive à la toute fin du jeu en 30 minutes. Surtout si on utilise des crédits infinis. Et là encore Bangai-o se démarque de la masse, car il propose pas loin de 50 niveaux différents. Enfin 50 niveaux c’est un peu exagéré, parce que les premiers sont plus comparables à un tutorial tellement ils sont faciles. Et même quand on arrive aux choses sérieuses, les niveaux peuvent être de longueur très variable, allant de l’immense labyrinthe à explorer au seul boss tout seul dans sa pièce que l’on dégomme en 30 secondes en surenchérissant à ses super-attaques par une super-contre-attaque, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’un des deux se prenne tous les missiles de l’autre dans la tête et meure illico. Mais bon dans l’ensemble, vous en aurez bien pour plusieurs heures avant d’arriver au dernier niveau.

Ha oui mais on n’a pas encore parlé de plein de trucs

En effet certains points n’ont pas encore été évoqués, notamment parce qu’il n’y a pas grand chose à dire dessus. Faisons donc le tour vite fait :

- les graphismes n’ont à vrai dire rien de particulièrement excitant. C’est de la 2D assez basique et pas particulièrement fine, les décors utilisent des motifs très classiques et les sprites des personnages comme des projectiles sont minuscules. En revanche on pourra être impressionné par le nombre d’objets bougeant simultanément à l’écran, pas tant pour le côté technique que pour la compréhension générale et la jouabilité impeccable malgré tout ce monde.

- le scénario est une énorme farce. Il est évident qu’il est prévu pour être pris au second degré, puisqu’au fil des niveaux se déroule une histoire sans queue ni tête, avec des personnages absurdes et souvent ridicules, le tout assaisonné par une traduction exécrable et parfois inintelligible.

Bref c’est sûrement pas pour son scénario qu’il faut acheter ce jeu, mais bon le jour où ce sera le cas dans un shoot 2D, faites moi signe.

- la bande son ne présente rien de particulièrement marquant. D’ailleurs je l’ai déjà oubliée.

Conclusion

Bangai-o est pour moi l’exemple même du jeu bien conçu : ce n’est pas un exploit technique, esthétique et encore moins scénaristique. Le principe du jeu est extrêmement simple et se comprend en quelques secondes. Et pourtant la mayonnaise prend tellement bien, le gameplay offre une telle variété et un tel plaisir de jeu, que l’on reste complètement scotché du début à la fin. Alors je lui mets une bonne note. Hé oui c’est comme ça.

Les plus :
- Un gameplay très agréable et original
- Une véritable composante stratégique
- Un grand choix de niveaux
- Une difficulté croissante et bien dosée

Les moins :
- techniquement pas époustouflant
- un doux parfum de portenawak (mais est-ce vraiment un défaut ?)
- certains niveaux un peu trop expéditifs, bien que parfois jouissifs

Alx


NOTE : 09/10