Consoles-Fan
19/07/2018

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Clock Tower 3
Tic Tac Tic Tac
Allons chez le coiffeur !

D

Phantasmagorique

Le scénario au rythme atypique, mystique et plein de rebondissements de Clock Tower 3 est d’une noirceur ! Vous êtes Alyssta, une jeune écolière confrontée à son destin. Le scénario n’est pas totalement original, la jeune adolescente douée de pouvoirs héréditaires pour combattre les forces du mal rappellent un peu Mamono Hunter Yoko. Le thème a de toute façon souvent été repris et de toute manière, cela n’empêche pas l’histoire d’être palpitante. Elle est pleine de rebondissements, d’ambiance malsaine et de bons sentiments. Vous êtes une Rooder et lors de votre 15ème anniversaire, vous serez sacrifiée. En gros on va vous retirer le cœur et boire votre sang afin d’accomplir le Rituel de Fusion !

Dans les brouillards de Londres

Les décors sont en 3D temps réel, ce qui a pour désavantage de proposer moins de détail que du bitmap mais qui permet beaucoup plus de jeu de caméra et donc une mise en scène plus soignée. L’aliasing est assez présent mais la réalisation est de bonne facture et rattrape donc le tout. Si Alyssa est plutôt bien modélisée, ses déplacements sont lents (malgré la présence d’un mode 60hz) et peu travaillés : on a l’impression de jouer avec un mannequin. Comme j’aime bien chipoter, je dirai qu’il arrive aussi parfois que le personnage soit mal posé sur le décor, en particulier quand il descend les escaliers. Mais voilà, c’est tout ce que j’ai trouvé à reprocher à ce jeu à l’ambiance si particulière et géniale, avec des décors pleins de mélancolie et une bande-son somptueuse ! De la poésie à l’état pur dans le style dérangé et sombre d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. En jouant à Clock Tower 3, on s’exclame sans arrêt. Aaaah les fous, ils ont fait ça, excellent, quel appoint, quel romantisme, quelle prestance, quelle grandeur, quelle envolée lyrique, quelle créativité…

Alyssa, where are you ?

Mais aussi quelle cruauté : le jeu contient des scènes d’une violence gratuite très limite. Vous serez aussi très mal à l’aise face aux ennemis qui vous poursuivent à la manière du Némésis de Bio Hazard 3, sauf qu’ici, vous n’avez pas d’arme. La seule chose que vous pouvez faire finalement, c’est l’éviter, effectuer une action bien sentie au bon moment grâce à certaines interactivités du décor, lui envoyer un peu d’eau bénite en pleine figure pour l’immobiliser quelques instants ou vous cacher. Lorsque vous êtes caché, vous êtes en vue subjective, histoire de vous pousser le trouillomètre à 261094. Vous ne pouvez rien faire sauf espérer qu’il ne vous voie pas ! Terrible ! En plus, les cachettes ne sont pas si nombreuses que ça !

Après un bref moment de paix profonde, les ennemis vous retrouvent finalement assez rapidement et la chasse à l’homme (ou à l’écolière si vous préférez) reprend. Vous êtes rapidement mis au courant car la musique d’ambiance se coupe nette comme si le musicien avait été dérangé en pleine interprétation. Un bref silence suit et une musique de folle poursuite se met alors en route : fuyez ! Vous n’avez donc pas de temps à perdre. Foncez droit au but. Surtout, ne visitez pas les environs de toute façon peu accueillants. Parfois, les ennemis apparaissent sans prévenir : ce n’est rien, vous ferez juste un bond sur votre chaise, pas de quoi en faire tout un plat ;)

Le déroulement du jeu est comparable à un Bio Hazard avec un système de sauvegarde ponctuel, des énigmes simples et des objets brillants afin que vous ne les oubliiez pas par mégarde. Le plan est très clair et informe bien le joueur sur les éléments que l’on peut trouver dans la pièce. On ne cherche donc pas son chemin pendant des heures. L’usage du plan n’est en plus même pas vraiment obligatoire : on se retrouve très facilement dans le jeu. Les points de sauvegarde se situent sur les lieux de passage les plus fréquents.

Mais n’allez pas croire qu’il s’agit d’un Bio Hazard juste parce que Capcom est aux commandes. Il arrive fréquemment que votre route soit bloquée par des esprits damnés à hanter un lieu pour l’éternité. Ils sont à la recherche d’un objet sentimental leur ayant appartenu de leur vivant. Une fois l’objet restitué au spectre, il s’en ira, libéré de son joug et la voie sera libre. Vous découvrirez des drames ayant touché d’innocentes familles qui viennent se greffer à l’histoire. Il est aussi utile de savoir qu’il vous est possible d’avancer à 4 pattes. Cela vous permet de passer dans certains interstices.

Tout comme dans Illblled ou Eternal Darkness, la notion de peur, de santé psychique, est mise en avant. Cette jauge augmente donc à chaque fois que vous avez la frousse : par exemple lorsque vous croisez un ennemi d’un peu trop près. Cette jauge diminue automatiquement lorsque vous vous isolez et vous vous calmez. Mais vous pouvez aussi renifler des senteurs apaisantes à la lavande pour vous calmer. Si votre jauge est remplie, vous êtes pris de panique et le prochain coup qui vous sera porté vous sera fatal.

Clock Tower 3 se déroule de manière plutôt classique et relativement linéaire (on ne vous ballade pas sans arrêt dans les mêmes pièces). La plupart du temps, on découvre un nouvel objet qui nous permet de progresser... Classique ! Cependant, la révélation progressive du scénario, le personnage vulnérable, attachant et l’ambiance totalement malsaine qui se dégage de ce titre aux allures doucereuses tant au niveau musical que dans la sérénité de ces décors, tient le joueur en haleine. Tout y est horriblement parfait, pourtant, on le sait bien, tout peut arriver à chaque instant et le calme de tout à l’heure peut basculer dans une torpeur infernale. Chaque chapitre est clôturé par un combat de boss vraiment très intéressant car s’il se déroule à chaque fois de manière similaire, chaque boss possède des paramètres qui lui sont propres : rapidité dans le déplacement, fréquence des coups et leurs portées... Cela oblige le joueur a développer de nouvelles techniques et à réagir en fonction de chaque cas de figure. Les combats de boss sont les seuls moments du jeu où vous êtes véritablement armé, en l’occurrence d’un arc à flèches. C’est donc aussi le seul moment où vous pourrez vous débarrasser définitivement de votre poursuivant jusqu’alors invulnérable. Sa barre de vie est plus ou moins grande en fonction du nombre de ses victimes et donc de la taille de sa condamnation. Une fois battu, vous débuterez un nouveau chapitre et rencontrerez un nouvel ennemi qui vous pourchassera inlassablement jusqu’au moment où vous lui infligerez le jugement final !

Clock Tower 3 est mon coup de cœur du moment. Si vous avez aimé Illbleed ou encore Eternal Darkness, vous risquez d’apprécier la gestion de la peur de Clock Tower 3. Si vous ne connaissez pas, il est temps d’être un peu plus curieux.

Graphismes : 77%
Clock Tower 3 a une réalisation classique, par contre d’un point de vue architectural et créatif, Clock Tower 3 frappe assez fort.

Animation : 70%
La motion capture est vieillote et pas toujours convaincante mais il faut vraiment privilégier le fond plutôt que la forme.

Jouabilité : 88%
Un gameplay très inspiré mais évolué de Bio Hazard.

Bande Son : 94%
Fantastique, elle vous collera à l’écran et jouera souvent avec vos nerfs.

Intérêt : 93%
Clock Tower 3 doit figurer dans votre ludothèque, tout simplement parce que Capcom prend des risques avec brio et qu’il va falloir vous aussi que vous en preniez pour sortir de la routine.

Note Globale : 87%
Clock Tower 3 est un titre passionnant mais un peu court. il vous étonnera par son ambiance et son originalité.


NOTE : 08/10