Consoles-Fan
21/08/2018

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Silent Hill 3
Des monstres hideux, du sang, des tripes...
...et bon app


Un parc d’attractions désaffecté, des lapins géants sanguinolents, des créatures repoussantes, un scénario torturée au possible grâce auquel on sombre rapidement dans un étrange malaise, décidément la team de Konami est composé de scénaristes fourmillant d’imagination. Silent Hill 3 s’éloigne des deux premiers épisodes compte tenu du fait que c’est la première fois que vous incarnez une héroïne. Prénommée Heather, notre frêle jeune fille, n’a rien d’une princesse de conte de fées. En faisant ses courses dans un centre commercial, elle se retrouve soudain happée dans une dimension parallèle à l’atmosphère apocalyptique. Armée de sa lampe de poche et de son couteau, Heather va donc devoir faire le ménage, si elle veut rentrer chez elle pour essayer tranquillement son nouveau pantalon. En 1999, Konami avait créé l’évènement en venant empiéter sur le domaine de chasse réservé de Capcom, le survival horror. L’univers de Silent Hill, très particulier avait captivé les joueurs qui découvrait alors, un survival plus élaboré au niveau des énigmes et misant plutôt sur une ambiance oppressante que sur une surenchère d’effets de surprise. Silent Hill 2, tout en gardant la bourgade du même nom comme trame de fond, nous livrait une histoire matinée de fantômes et de souvenirs perdus tout aussi passionnante Là où le deuxième opus distillait l’angoisse en crescendo, Silent Hill 3 nous plonge d’emblée dans l’horreur dans un monde inspirée de mythes païens et de mysticisme obscur. A la différence de Resident Evil, la série Silent Hill possède un scénario et un vrai, pas de ceux qui tiennent sur un post-it et que l’on rédige en 2 minutes. Le jeu de Konami fait appel à la fois aux classiques du genre pour surprendre le joueur (hémoglobine, monstres hideux), mais aussi laisse une grande place à l’effet psychologique en masquant volontairement de nombreux pans de l’histoire et en exploitant notre ancestrale peur du noir. L’ajout de références mythologiques et théologiques, un gros emprunt au mythe de Cthulhu de Lovecraft ou bien des inspirations biblico-païennes sont autant de d’éléments de cohérence ajoutés au récit.

Pour appuyer cette ambiance si travaillée, il fallait bien évidemment des graphismes à la hauteur. Le pari est tout à fait réussi et on retrouve tout d’abord le même grain présent dans Silent Hill 2 et qui conférait au jeu une atmosphère si particulière. En ce qui concerne le design à proprement parler, les environnement sombres transpirent le macabre et le malsain, ils fourmillent de détails glauques, qui font passer les autres jeux du genre pour du Disney. Le rendu du sang qui suinte des murs se situe à mi-chemin entre des couleurs d’excréments et de rouille, et on s’étonne rapidement du caractère presque « vivant » des décors qui semblent nous observer. Le noir est un élément de surprise très important et votre lampe de poche sera souvent votre seule source de lumière dans cette aventure lugubre où vous serez seul face à la mort Silent Hill est l’antichambre de l’Enfer et vous aller vite vous en rendre compte... Un soin particulier a également été apporté aux cinématiques en temps réel qui mettent en lumière certains points de l’histoire. Ces vidéos sont gérées par le moteur 3d du jeu, très performant. Les personnages humains que vous rencontrerez, serons bien loin de vous donner du réconfort et se sera plutôt avec une appréhension nouvelle que vous les quitterez, en effet leur caractère ambigu voir carrément psychotique aura tôt fait de faire basculer la raison d’Heather déjà bien éprouvée par cette journée de shopping ratée. Je me souviens encore de la paranoïa qui m’avait gagné lorsque dans le premier Silent Hill je visitais les pièces de la vieille école. Ce sentiment inconfortable était du à un autre moteur essentiel de la série : le son. Fruit d’un travail méticuleux, et primordiale dans ce type de jeu, la bande son génère dans Silent Hill l’angoisse presque à elle seule. Si la musique est présente c’est surtout une autre trouvaille de génie qui contribue au malaise : Le Silence. Lorsque dans la plupart des jeux la musique meuble et accentue l’ambiance, dans Silent Hill, le néant nous envahit. Et cette impression de vide oppressant ponctuée de multiple gargouillements, hurlements et grattements vient troubler notre progression. A cela, il faudra ajouter les grésillements de la radio qui font monter un peu plus la pression. Du côté de l’animation, Heather est un peu rigide mais c’est le lot de tous les Silent Hill et honnêtement cet aspect est rattrapé par la démarche gauche des monstres qui colle parfaitement à leur physionomie difforme. La maniabilité est excellente bien qu’elle diffère de Resident Evil, de plus Silent Hill fait beaucoup plus appel aux combats à l’arme blanche (batte en fer, tuyau, couteau...) qui renforcent le fait que l’on risque de mourir à chaque tournant. En revanche, le soft ne brille pas par sa durée de vie ni par sa difficulté puisqu’une dizaine d’heures suffiront pour en voir le bout. Néanmoins, plusieurs fins sont disponibles et de nombreuses tenues et quelques armes bonus sont à débloquer ce qui pourra vous encourager à replonger dans le jeu. En tous cas si vous trouvez que Resident Evil commence à tourner en rond et que vous aimez vous faire peur, il est évident que Silent Hill est une série à ne pas manquer et ce troisième épisode qui pour ma part m’a un tout petit peu moins captivé que les deux premiers est doté d’atouts vraiment convaincants qui en font Le survival de référence en attendant le très sollicité Siren.

Graphismes : 8.5 / 10

Les textures et les couleurs utilisées sont particulièrement originales et leur côté malsain renforce l’ambiance du soft

Son : 9.0 / 10

Jamais à ma connaissance, la bande son n’a joué un rôle si prépondérant dans l’atmosphère d’un jeu. C’est tout bonnement impressionnant.

Jouabilité : 7.5 / 10

Les caméras sont parfois mal placées dans certains affrontements et les menus ne sont pas très ergonomiques mais rien de gênant n’est à noter et la progression se fait de façon très aisée dans l’ensemble.

Animation : 8.0 / 10

L’héroïne est parfois un peu rigide dans ses déplacements mais les monstres sont tellement bien rendus et les cinématiques si travaillées qu’on ne peut s’empêcher de dire bravo !

Intérêt : 8.0 / 10

Silent Hill est un must en matière de survival et dépasse à de nombreux points de vue, la référence qu’est Resident Evil. Bien que la durée de vie ne soit pas titanesque, les fins multiples, les différents niveaux de difficultés et les divers bonus à débloquer vous occuperont quelques temps.


NOTE : 08/10