Consoles-Fan
26/02/2018

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True Crime : Streets of L.A.
Kang, Nick fait des siennes...
Ca ressemble

Le succ

True Crime nous invite à rentrer dans la peau d’un flic. Jusque là rien de bien extraordinaire et de nombreux jeux proposent ce concept... Mais Nick Kang est un croisement entre l’inspecteur Harry pour les méthodes expéditives, Jet Li pour le style et d’Eddie Murphy (le pauvre !!) pour les blagues vaseuses. Mis au frais pour indiscipline, il est rappelé pour déjouer une sombre histoire dans laquelle nagent tout plein d’individus louches. La mafia russe s’est alliée avec un cartel chinois pour blanchir de l’argent sale avec la complicité d’un gang de strip-teaseuses et bien sûr un super méchant (nord coréen) tire les ficelles. Comme nous naviguons déjà en plein « nanard » policier, les scénaristes ont rajouté une équipière de choc à Nick, pour lui donner la réplique (les réflexions macho seront bien évidemment de la partie). Vous l’avez compris l’humour n’est pas ce qui fait la force de True Crime et les scénaristes ont du sûrement faire appel au « génialissime » Titoff pour écrire les dialogues... C’est d’autant plus dommage que les cinématiques qui ponctuent les différentes missions sont très bien réalisés et ne manquent pas de pêche. Au premier abord, le héros n’est pas dépourvu d’un certain charisme, mais celui-ci s’envole à la moindre parole prononcée. Le reste de la mise en scène est très classique et se calque sur les classiques séries télé américaines. Le jeu des acteurs (en anglais) est très bon mais les traductions en sous-titres laissent parfois à désirer. Au final, en jouant à True Crime on a un peu l’impression de regarder un épisode d’une bonne vieille série policière avec ses clichés habituels (le vieux flic sage, la patronne sympa, l’agent du FBI méprisant...).

L’histoire ne se veut pas linéaire mais finalement la sensation de liberté est bien moins présente que dans un Gta au sens ou des cinématiques nombreuses ponctuent chaque mission. Ainsi pour garder une cohérence scénaristique, les parcours parallèles que vous serez amené à emprunter, vous serons dictés par un certain nombre de paramètres et non par votre volonté seule. Le jeu propose une histoire principale découpée en épisodes qui sont eux-mêmes divisés en missions. Entre ces missions vous aurez la possibilité de faire régner l’ordre dans L.A. et de résoudre des affaires dites secondaires. Si vous vous la jouez à la cow-boy et tuez systématiquement les fauteurs de troubles, une barre de « mauvais flic » se remplira, vous empêchant à un moment donné d’emprunter l’itinéraire principal du scénario. De même lorsque vous effectuez une mission, l’échec n’est pas sanctionné par un « try again » et vous pourrez avancer dans l’histoire quand bien même vous vous seriez fait battre par un boss. Néanmoins, là encore le scénario bifurquera sur un « itinéraire » annexe. De plus, en agissant ainsi vous n’aurez pas la possibilité de débloquer les bonus accessibles en fin de stages. Là encore, il n’appartient qu’à vous de gérer votre progression tout en sachant que chaque itinéraire amène une fin différente. Quoi qu’il en soit, si vous voulez terminer le jeu dans tous les sens vous devrez faire les 3 types de parties décrits plus haut. Les missions, quant à elles sont relativement courtes et se déclinent en plusieurs catégories. Lorsque vous êtes en extérieur, la plupart du temps, on vous demandera d’effectuer un trajet, en temps limité ou non, à bord de votre voiture. C’est pendant ces missions que vous aurez la possibilité de vous promener à travers « la cité des anges » et d’effectuer les quêtes annexes que le jeu propose. Cependant ne vous attendez pas à un niveau digne de Gta puisque les seuls quêtes présentes tout au long du jeu sont les crimes et délits aléatoires et la collecte des « Dogg Bones ». Ces derniers, au nombre de 30, vous permettront de débloquer, « Tha Doggfather », Snoop Dogg en tant que personnage jouable. En dehors de cela, il n’y a rien d’autre de vraiment croustillant à se mettre sous la dent. on se retrouve donc plus dans le schéma de Getaway qui ne proposait pas non plus une multitude de quêtes secondaires. Le problème est que cette absence de mini-scénarii annexes limitent l’intérêt du jeu à long terme. Lors de vos promenades, vous passerez également devant des boutiques, qui vous permettront, grâce aux points que les missions vous auront rapportés, de récupérer de nouvelles techniques (de conduite, de combat et de tir). Cet aspect « upgrade » va donc inciter le joueur à se comporter de la manière la plus parfaite possible, tout en sachant que le manque de techniques lui sera fatal dans les dernières missions. Ici, les possibilités sont assez nombreuses et les challenges pour les obtenir relativement amusants.

Après les missions en extérieur, passons à celles en intérieur, qui sont directement héritées de Getaway. La plupart du temps, il s’agit de combats à mains nues contre un ou plusieurs adversaires plus ou moins coriaces. Les confrontations se déroulent à la manière d’un beat ’em all classique et vous aurez alors à votre disposition toute une palette de coups pour venir à bout de votre adversaire. Malheureusement, les combats ne sont pas aussi rythmés que dans un Shenmue et se ressemblent tous. Seule la possibilité de détruire le décor apportera un peu de diversité à l’ensemble. Vous devrez aussi à maintes reprises défendre votre peau dans des gunfights endiablés. Les programmeurs ont intégré un système de visée très similaire à Matrix, qui rendent ces phases extrêmement faciles et parfois un peu ennuyeuses. Enfin, air du temps oblige, vous aurez droit aux classiques scènes d’infiltration dans les QG ennemis. Malheureusement, celles-ci ne sont pas du tout bien réalisées et pêchent en raison de nombreux facteurs. Tout d’abord le maniabilité assez approximative du jeu passe tout à fait bien lors des différentes missions mais se révèle catastrophique lors de ces épisodes qui demandent doigté et précision. « Heureusement », les ennemis ne sont pas bien rusés et il sera très facile de les neutraliser sans éveiller les soupçons même en attaquant de face. Dans ce cas vous pourrez utiliser un pistolet à fléchettes (inutile), un atemi pour assommer le méchant ou un brisage de nuque « sympa » qui vous fera perdre des points. C’est ici qu’on remarque la limite du concept bon/mauvais. En effet, contrairement à KOTOR, dans lequel être méchant ou gentil avait des avantages spécifiques, ici être méchant ne vous apportera que des ennuis et finalement on sera méchant par pur sadisme et gentil car on se sent obligé de grappiller des points. Enfin, la caméra lors de ces phases n’est justement pas très en phase avec l’action et on sera sans cesse contraint de la diriger manuellement. Finalement, le jeu laisse une sensation brouillonne et les multiples techniques à votre disposition ne serons d’aucun intérêt car le bourrinage est bien plus efficace.

Techniquement, les développeurs ont fait du bon travail et Los Angeles est vaste et bien modélisée (bien que forcément allégée de rues ou quartiers). La distance d’affichage est raisonnable et les véhicules ainsi que les passants sont assez détaillés. En fait l’extérieur est bien plus réussi que dans Gta, au sens ou la ville est réelle et gagne donc en cohérence. Les piétons manquent cependant d’un peu de diversité et on retombe toujours sur les mêmes quel que soit le quartier (le cadre, le gangster, l’ouvrier...). En intérieur, on a droit à une diversité très appréciable et la possibilité d’interagir avec le décor est des plus intéressante. Les effets spéciaux sont plutôt bien réalisés, surtout lors des phases en voiture sous la pluie ou de nuit. Les cinématiques en temps réel sont le point fort du jeu, malgré le peu de charisme du personnage. Le frame rate est correct mais des baisses sont à déplorer lors des phases d’exploration. En effet, la richesse des décors fait souffrir une Ps2 plus toute jeune techniquement et je pense que cet aspect (peu gênant du reste) n’est pas présent dans la mouture Xbox. En dehors de cela l’animation est élevée et les véhicules que l’on conduit ne manquent pas de pêche même si un temps d’adaptation sera nécessaire pour les maîtriser. Enfin, je gardais le meilleur pour la fin, la bande son de True Crime est proprement fantastique, pour peu que vous aimiez le rap Us. Toutes les grosses pointures West Coast signent une musique hors du commun qui colle parfaitement avec l’ambiance. On retrouvera donc entre autres, Suga Free, Warren G, Snoop Dogg, Dr Dre, Boo Ya Tribe ou encore Eazy E. Aux nombreux titres rap viennent se greffer quelques sons punks et rock d’assez bonne facture et tout ceci relève le niveau d’un environnement sonore assez quelconque.

Au final, True Crime n’est pas le hit annoncé mais reste un jeu agréable à parcourir. Très proche de Getaway dans son concept, True Crime en gomme néanmoins pas mal de défauts et c’est bien dommage que les programmeurs ne se soient pas penchés plus longuement sur certains aspects du titre qui laissent une impression d’inachevé. Tout ceci fait que la durée de vie reste tout de même très courte (environ 4 heures pour finir la trame la plus complète et environ 2h30 pour le scénario le plus rapide) et l’intérêt à long terme est limité. Je ne saurais donc que trop conseiller un essai préalable de ce jeu qui ne risque de passionner que les accros du genre.

Graphismes : 7.5 / 10

La ville est bien modélisée, les cinématiques sont très réussies, cependant on note un certain nombre de bugs de collisions qui auraient pu être évités et qui gâchent un peu l’ensemble.

Son : 9.5 / 10

Dommage que les bruitages ne soient pas fantastiques... Heureusement la bande son de True Crime est « monstrueuse » et s’intègre magnifiquement bien dans l’univers du jeu.

Jouabilité : 6.5 / 10

Dans l’ensemble, la jouabilité est correcte et tend même vers une certaine richesse (cf. les upgrades nombreux) mais certains passages (notamment les phases d’infiltration) ont vraiment un goût d’inachevé.

Animation : 7.0 / 10

Les mouvements du personnage sont bien réalisés lors des combats et les promenades en extérieur bénéficient d’une vitesse élevée. Néanmoins, on note de-ci de-là des ralentissement dus à l’importance des éléments à gérer.

Intérêt : 5.0 / 10

Certes le jeu est dans son ensemble bien au dessus de la moyenne, mais il souffre également d’un grand nombre de lacunes qui jouent en sa défaveur. Une fois la quête principale bouclée, on tourne vite en rond et finalement le jeu n’offre rien de bien palpitant à se mettre sous la dent si ce n’est les quelques plus cités plus haut.


NOTE : 06/10