Consoles-Fan
14/08/2018

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Densha de GO ! Shinkansen
Le retour de la vengeance...
...des cheminots !!

Vous pensiez que c’

Si vous êtes en train de lire cet article, c’est que vous éprouvez un certain intérêt vis à vis des trains (à moins que vous ne soyez tombé là par hasard, simplement intrigué par le titre étrange de ce jeu...). Quoi qu’il en soit, je suis certain que vous étiez déçu de ne pas conduire des trains rapides comme l’éclair ou comme notre TGV lorsque vous vous êtes essayé aux épisodes précédents. Qu’à cela ne tienne, Taito vous propose mieux que le TGV, en « la personne » du Shinkansen. Je dois vous l’avouer, je suis littéralement fasciné par ce train et lors de mon voyage au Japon j’ai pris en photo tous les modèles présents dans la gare (non môssieur, je ne suis pas fou !), avant de m’embarquer moi-même à bord du petit dernier : Le shinkansen série 700 répondant au doux nom de Hikari... Puisque nous sommes dans le prologue et que le sujet me passionne (et vous aussi j’en suis certain...), je vous propose un cours succin sur ce fleuron des transports japonais. La première ligne du Shinkansen ( qui signifie : « nouveau train » ) fut inaugurée entre Tokyo et Osaka, en 1964, c’est à dire l’année des Jeux Olympiques. Baptisée la "Nouvelle ligne du Tokaïdo" ( du nom de l’ancienne route Impériale entre Tokyo et Kyôto ), elle fut prolongée vers le sud du Japon en 1972 et 1975, puis vers le nord en 1982. Ce train à grande vitesse remporta le record du monde de vitesse en Novembre 1968, à la fantastique allure de...163 Km/h ! Avec l’arrivée du TGV français, son principal concurrent, sa vitesse fut progressivement augmentée pour atteindre aujourd’hui 300 Km/h. La technologie du matériel utilisé a été également largement modernisée. Les premières voitures de la série ont été remplacées par les nouvelles rames des séries 100 ( 1985 ), 300 ( 1992 ), puis 500 (1997 ) et enfin 700 ( 1999 ), ces dernières se rapprochant du confort des cabines d’avion de classe affaire. Mais la grande particularité du Shinkansen c’est sa fréquence. A la vitesse du TGV, il allie les horaires du RER ! Plus de 230 liaisons entre Tokyo et Osaka, déplaçant ainsi 300 000 personnes tous les jours. Et ce sont 140 millions de Japonais qui empruntent le "Bullet Train" chaque année, soit plus que la population du pays (125 millions d’habitants environ). Mais l’avenir du Shinkansen est toujours devant lui. Les premiers essais du train à lévitation magnétique laissent entrevoir des trajets à 500 Km/h d’ici 10 ans. Il faudra alors une heure pour relier Tokyo à Osaka. Bon après ce passionnant intermède je vais tout de même vous parler de ce qui nous intéresse, c’est à dire le simulateur conçu par Taito. Le jeu s’ouvre sur des vidéos réelles des différents Shinkansen jouables. Après ces quelques minutes d’émotion (en ce qui me concerne en tout cas...), la désormais célèbre voix intervient et lance le classique « Densha de Gooo ! ». Le menu très agréable visuellement est totalement bilingue (japonais/anglais) et les repérages seront relativement faciles. Pour ce qui est de l’énumération des différentes sections reportez vous aux tests des autres moutures car ces dernières sont presque identiques dans leur disposition et seul le contenu varie (heureusement ! ). Lançons nous donc directement dans le mode opération, pour voir ce que le jeu à dans le ventre. Vous avez le choix entre cinq trains différents qui symbolisent chacun une époque différente. Ainsi vous pourrez opter pour le Nozomi série 0, mis en service en 1964 et dont l’avant copié du fuselage du DC8 rappelle étrangement un avion. Par ordre chronologique, on trouve ensuite les séries 100 et 300. Puis on trouve le plus rapide, le Nozomi série 500 à la vitesse de croisière de 300 km/h et au design proche d’une fusée. Enfin dernier né des usines de la Japan Railway le Hikari série 700 ressemblant très étrangement à un dauphin. Le choix du train détermine votre itinéraire car bien évidemment tous n’opèrent pas dans la même région du Japon. De plus en fonction de la série, les performances seront plus ou moins élevées et l’intérieur du cockpit changera du tout au tout. Une fois que vous avez choisi votre bolide, le jeu vous communique votre itinéraire ainsi que les horaires à respecter. Les formalités d’usage terminées, vous pouvez démarrer. Graphiquement, on ne constate pas de grosses différences avec les autres moutures et ce n’est décidément pas le point fort de la série (quoi que sur PC, les graphismes sont nettement meilleurs). Rassurez vous tout de même, ce n’est absolument pas catastrophique et le souci du détail des environnements nous apporte une pleine satisfaction malgré une modélisation des décors parfois moyenne. Les trains sont en revanche très bien réalisés bien que le nombre de leurs rames soit inférieur à la réalité. Sur le quai, les passagers sont toujours en 2D et on ne les voit même pas monter dans le train. Une fois le départ annoncé, on observe quelques petits changements par rapport aux autres versions. En premier lieu des petits bonshommes joyeux sont apparus en haut à droite de l’écran. Ils symbolisent en fait l’humeur de vos passagers qui auront tôt fait de s’énerver si votre pilotage est un peu trop « sportif ». Ne l’oublions pas, vous ne pilotez plus une patache de la Yamanote Line mais un Shinkansen dont la vitesse moyenne frise le 300 km/h. Les parcours en général d’une centaine de kilomètres seront d’ailleurs bien vite avalés par votre fier « destrier ». Les programmeurs ont recréé à l’identique les cabines de pilotage des différents trains et vous pourrez à loisir consulter différentes informations. De plus, ils ont intégré le système de l’ATC (Auto Train Control) aux différents Shinkansen alors que cette option n’équipe en réalité que le dernier Hikari 700. Nous leur pardonnerons cette petite entorse car ce procédé vous sera bien utile, pour freiner en urgence à l’approche d’une gare par exemple. Il se déclenchera également si vous dépassez la vitesse autorisée par le code ferroviaire. En contre partie, le déclenchement de l’ATC provoquera, s’il intervient trop souvent, le mécontentement de vos passagers. En ce qui concerne la fluidité, le soft possède une vitesse de défilement importante et la sensation de vitesse est très bien rendue (d’autant plus lorsque l’on croise un autre train en sens inverse). Les trois vues disponibles sont un plus non négligeable, mais vous n’en utiliserez qu’une pour jouer étant donné que les deux autres n’offrent pas une bonne visibilité. La maniabilité est comme toujours exemplaire pour peu que vous possédiez la manette adéquate. Néanmoins, vous n’aurez aucune excuse en achetant ce jeu puisque Taito propose un bundle très attractif comprenant le jeu et la manette numérique, réplique de celle du Shinkansen. L’essayer c’est l’adopter ; d’autant que le compteur de vitesse intégré vous sera drôlement utile pour votre parcours. Enfin, dernier point positif, la manette spéciale est totalement compatible avec les autres Densha de Go ! Le contrôle du train en lui-même est un jeu d’enfant (surtout pour un cheminot tel que moi...). La manette de gauche contrôle les freins et celle de droite les vitesses. Là où cela se complique c’est lors des brusques limitations de vitesse ou des entrées en gare qui demandent une dextérité particulière. Côté son, on a le droit à une musique entraînante mais pas inoubliable, qui se fond dans l’ensemble sans vraiment attirer l’attention. En revanche, l’environnement sonore est toujours aussi sympa, avec la voie du contrôleur qui fait des annonces au micro. La section « Omake » mérite à elle seule un long détour, car comme d’habitude, Densha de GO ! regorge de petits plus à débloquer. On trouvera donc les classiques galeries d’images, les modèles 3d à visionner sous toutes les coutures, la section visite touristique nous proposant un panorama du Japon...etc. Mais la section la plus intéressante est sans nul doute la section vidéo, dans laquelle on retrouve les films de fin mais également des reportages très intéressant sur la fabrication des Shinkansen, leur genèse, les différentes technologies employées... Bref, autant dire une mine d’informations pour le passionné.

Densha de Go ! Shinkansen, propose beaucoup moins de trains et de parcours que ses homologues, mais à défaut de quantité, Taito nous propose de la qualité voir même du mythique. Piloter l’éternel rival du TGV est une expérience tout simplement grisante et cette mouture est de loin ma préférée. Vendu en bundle à moins de 6000 yens, les férus de trains ou de jeux originaux se doivent de l’essayer.

Graphismes : 6.5 / 10

Objectivement, on ne peut pas dire que les graphismes soient transcendants, mais en même temps les tracés sont assez détaillés et les trains bien modélisés. Enfin, le jeu a tout de même un certain âge ce qui l’excuse en grande partie.

Son : 7.0 / 10

La musique est entraînante sans être inoubliable, elle se fond dans l’ensemble et c’est plutôt du côté de l’environnement sonore que Densha de GO ! Shinkansen récupère des points positifs.

Jouabilité : 5.0 / 10 (sans manette), 8.5 / 10 (avec manette)

De deux choses l’une soit vous avez tout le matériel nécessaire pour « piloter » ce petit bijou de technologie nippone et la jouabilité est donc excellente ou bien vous jouez à la manette et vous perdez du coup 70 % de l’intérêt du jeu.

Animation : 7.0 / 10

La vitesse est bien rendu et on a vraiment l’impression de piloter à 250 km/h. En revanche les environnements sont totalement statiques.

Intérêt : 8.0 / 10

Ce dernier point est totalement subjectif. Il correspond aux personnes très curieuses de nature, aux passionnés de trains, aux adorateurs du Shinkansen et au niponophiles. Les autres peuvent retrancher au moins deux points à la note.


NOTE : 07/10