Consoles-Fan
20/04/2018

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XIII
porte-malheur ou
porte-bonheur ?

Je ne lis pas de BD. Je suis un type s

Adapter XIII en jeu vidéo, il fallait oser, même si le cell shading est devenu aujourd’hui monnaie courante afin de respecter l’univers 2D de la bande dessinée. Se limiter à cette règle simple et connue de tous aurait été une simple erreur, et ce, même si XIII peut se targuer d’être le premier FPS en cell-shading. Là-aussi il a bien fallu oser lorsque l’on connaît la clientèle de ce genre de titres, exigeante en réalisme et en tripes à la mode de Caen.

Premièrement, il faut un habillage original, moins rigide qu’une bande-dessinée mais plus qu’un dessin animé. Pour nous en mettre plein les mirettes, les programmeurs ont choisi de déverser un flot continu d’images, de dialogues, d’onomatopées dans un visuel équilibré aboutissant à un synopsys bourré d’indices que les auteurs vous lancent en pleine figure sans trop d’explications mais qui paraissent comme une évidence telle qu’autre chose que le silence aurait été grossièrement redondant. Et lorsque le silence peut enfin s’effacer, ce sont les philactères, la bande-son et les dialogues de grande qualité qui prennent le relais.

Ensuite, il faut une trame scénaristique boostée par de nombreux dialogues si l’on veut croire que l’on joue à l’intérieure d’une BD. Un simple jeu d’action enfilant les stages l’un derrière l’autre, sans véritable variance dans le gameplay, sans évolution narrative, aurait fait de XIII un jeu insipide incapable de nous empêcher d’appuyer sur le bouton off de la console lorsque les heures de jeu commencent à peser sur notre état mental. Car XIII ne se résume pas à un simple FPS « pan je tue, pan t’es mort », il va vous faire vivre une aventure où le héros se comporte comme tel : il tue les méchants, pas les gentils ! Cela peut paraître un peu gnan-gnan vis-à-vis des productions actuelles qui nous demandent de massacrer sans réfléchir, mais c’est tellement plus subtil ! Vous voilà donc placé dans des péripéties qui vous permettront tour à tour d’utiliser vos armes ou seulement vos poings et éventuellement d’autres éléments du décor. Ceux-ci, ainsi que les différents items, armes, munitions, trousses de secours, clés… doivent être récupérés en alignant le point de visée sur ces derniers s’ils se trouvent dans les décors. J’aurais préféré un système moins prise de tête. Frôler l’objet aurait à mon avis suffit. C’est d’ailleurs cette optique qui a été choisie pour détrousser les cadavres. Pour utiliser un objet, vous devez d’abord le sélectionner puis enclencher le bouton « action ». Cela ne rend pas la récupération de point de vie très aisée. Il vaut donc mieux sortir sa trousse de secours en période calme mais ce n’est bien entendu jamais pendant ces périodes qu’on en a besoin ! Le bon côté des choses est qu’il est possible de les stocker contrairement à un FPS classique qui exige de vous une consommation immédiate (et sans discussion). Chaque médaille a son revers.

Vous devrez prendre des otages afin de ne pas vous faire tirer dessus et d’éviter de tuer des employés de banque ou encore prendrez bien soin de n’assommer que les gentils agents du FBI. Il ne faut pas les tuer sinon gare à leurs homologues chinois ;) Ces chers Chinois du FBI qui risquent de me tomber dessus si je vous fais la révélation suivante. Tant pis, je me lance : les agents du FBI jouent à des jeux Ubi Soft pendant les heures de boulot ! Du moins des sauveurs d’écran tournent sur quasi chacun d’eux. Malheureusement, lorsqu’on essaie de découvrir quelles seront les sorties prévues pour 2014, on n’obtient qu’un vulgaire Game Over. Si ça c’est pas de l’investigation !
Tous ces cas de figure donnent à votre personnage une profondeur intéressante qui permet une empathie immédiate. On a même l’impression que XIII, qui semble perdu, amoindri psychologiquement et finalement juste prêt au combat et envieux de retrouver la mémoire, serait prêt à englober par intérim, le temps d’un jeu, votre personnalité. XIII et vous même vous retrouvez liés puisque tout comme lui, vous désirez ardemment découvrir ce qui se cache derrière le meurtre du président (et par la même occasion retrouver votre identité), derrière cette conspiration dont XIII semble porter le lourd tribu.

Nous l’avons vu, les missions sont très variées, formant un équilibre parfait : on n’a jamais le temps de se lasser ! Vous devrez parfois protéger des personnages clé de l’histoire, vous infiltrer et tuer les soldats à l’aide de couteaux afin de rester silencieux pour ne pas alerter d’autres soldats qui déclencheraient l’alarme. Si vous supprimez certains contrevenants, il faudra penser à cacher les corps afin qu’un garde qui fait sa ronde de routine n’aille pas sonner l’alarme. Vous devrez même subir un assaut mémorable et intensif alors que vous êtes retranché dans un chalet qui vous servira peut-être de dernière demeure ou encore vous évader d’un asile ! Il faudra en tous cas récupérer certains objets et d’autres clés, vous servir de votre grappin, crocheter des serrures ainsi que repérer dans les décors certains passages parfois très bien camouflés. Observez-les bien car les programmeurs ont été parfois très vicieux.

Les stages sont parfois ouverts, parfois très étriqués. Certaines bulles apparaissent sur votre écran en pleine partie. Elles vous renseignent parfois sur les environnements immédiats, l’emplacement de gardes, ou vous félicitent de votre compétence au tir lorsque vous exécutez un ennemi d’une balle dans la tête.

Venons-en aux armes justement, elles sont diversifiées mais n’innovent pas vraiment. On retrouve les grands classiques dont le sniper qui vous promet d’excellentes séances furtives. Les armes sont utilisables via les deux gâchettes. La deuxième gâchette enclenche en fait la seconde fonction de l’arme : grenade, coup de crosse, zoom… Par contre, XIII se déplacera plus ou moins rapidement en fonction de la lourdeur de l’arme qu’il maniera. D’ailleurs la gestion des armes est assez réaliste : il faut plus de temps à une fléchette pour atteindre sa cible qu’à une balle de revolver. XIII pourra aussi se servir de mitrailleuses (avec munitions illimitées) sur pied abandonnées dans les décors.

XIII apprendra au fil de la partie diverses compétences comme la possibilité de tenir deux armes à la fois, il peut aussi acquérir un sixième sens illustré par quelques onomatopées « tap tap » qui vous révèlent l’emplacement et le mouvement de divers soldats sans même vous les montrer. Il y a bien d’autres aptitudes à acquérir mais je ne vais pas tout vous servir sur un plateau d’argent.

Je suis serré, c’est XIII et trois ici

Le comportement des ennemis est vraiment excellent. Ils n’hésitent pas à s’emparer des armes et des munitions de leurs frères d’armes tombés bravement au combat. Parfois ils vont donner l’alarme au moindre doute. Ils peuvent aussi se dissimuler derrière des décors. Ces derniers sont très réussis, sans grande recherche d’effets spéciaux afin de préserver l’effet BD mais en contrepartie, XIII bénéficie d’un framerate impeccable. En fait, les effets que l’on remarque sont des effets que l’on retrouve typiquement dans les jeux en 2D comme les zooms très présents sur les onomatopées ou encore des plans transparents en rotation pour générer de la poussière. Mais rien ne vient choquer l’harmonie du jeu !

La bande-son est en tous cas d’une qualité exceptionnelle. Ubi Soft semble avoir compris qu’il ne fallait pas négliger ce point qui compte pour une grande partie de la qualité de l’atmosphère. Trépidante, parfois inspirée de James Bond, elle vient parfaitement se calquer à l’action. Rajouter à cela un jeu d’acteurs très convaincants et de nombreux dialogues et vous obtenez une ambiance d’enfer. Dans la version anglaise, David Duchovny joue le rôle de XIII. Dans la version française, il s’agit de Daniel Beretta qui double au cinéma Gary Oldman et Arnold Schwarzenegger. Les concepteurs se sont même fait plaisir en enregistrant une chanson grotesque que certains des soldats chantent sous le feu des projecteurs ou devant leur miroir. Vous pouvez assister jusqu’au bout au concert gratuit ou y mettre fin prématurément. Délirant !

Le mode story se suffit à lui-même mais que direz-vous lorsque vous apprendrez que vous pouvez vous affronter à plusieurs sur le Live ou avec plusieurs XBox ou encore à 4 sur une même Xbox pour des parties de deathmatch, team deathmatch, sabotage et capture the flag. Plusieurs niveaux sont disponibles et les paramètres de points et de temps sont configurables, laissant pas mal de possibilités.

N’achetez pas XIII pour sa licence ou parce que c’est le premier FPS en cell-shading. Achetez-le car c’est un jeu formidable !

Graphismes : 91%
Du cell shading avec des textures très détaillées et des effets spéciaux très typés 2D.

Animation : 90%
Un excellent niveau de framerate.

Jouabilité : 90%
Viser les objets pour les prendre peut déconcerter mais on s’y fait très rapidement.

Bande Son : 97%
En faisant appel à des acteurs professionnels, Ubi Soft s’est donné les moyens d’obtenir un résultat rarement atteint dans le monde des jeux vidéo.

Intérêt : 98%
Le meilleur FPS depuis Goldeneye.

Note Globale : 95%
Intéressant, varié et bourré d’idées, XIII ne surfe pas simplement sur sa licence ni sur son originalité graphique : sans ses artifices, XIII resterait un jeu d’exception. Et bonne nouvelle : visiblement, il y a une suite de prévue ;)


Egalement disponible sur Gamecube et PS2.
NOTE : 09/10