Consoles-Fan
19/07/2018

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Beyond Good And Evil
Le jeu de l’année
Qui peut s’en passer ?

En choisissant tout d’abord un titre nietzschéen pour son dernier jeu, Michel Ancel voulait sans doute ouvrir le monde du jeu vidéo à la philosophie en nous faisant vivre une aventure palpitante qui nous positionnerait dans un choix entre le bien et le mal, sans connaître sa véritable identité et sans vraiment savoir donc ce qui est bien ou mal puisque tout est relatif.

Mais je ne voudrais pas trop vous en dire, ce serait vous révéler de grandes lignes scénaristiques. Je me retrouve face au même ennui lorsque je veux vous parler du jeu en lui-même car il serait vraiment triste que vous lisiez ce test avant de jouer à Beyond Good And Evil. Voilà un jeu qui se découvre derrière une console, pas derrière un test : quel gâchis ! Je souhaite vivement que vous reveniez lire ce test après que vous l’ayez terminé. Mais pour les autres qui ne peuvent résister à la tentation, je tâcherai d’être le plus laconique possible afin que vous conserviez un plaisir maximum à la découverte de ce chef d’œuvre, sans doute un des jeux les plus ambitieux jamais créés avec un univers créatif, un monde en soi, une bande-son hors du commun. Qu’il est compliqué de vous parler du gameplay de Beyond Good And Evil. Il y a tellement d’idées qui se bousculent dans ce jeu que tout raconter de manière cohérente sans faire de grandes révélations est une véritable torture. Je suis partagé entre l’excitation de vous raconter mon expérience et la crainte de vous en dire trop. Enfin, si vous êtes encore occupé à me lire, c’est que vous voulez vraiment jouer avec le feu…

Dites cheese

Vous êtes Jade, une reporter armée d’un appareil photo et d’un bâton de combat. Elle vit chez son Oncle Pey’j (un cochon à la Porco Rosso mais en plus trapu et rondouillard) dans un phare sur l’île d’Hyllis où l’argent fait la loi. Mais Jade, elle, n’a pas beaucoup d’argent, elle trouve donc un petit boulot qui consiste à envoyer à un institut scientifique des photos de la faune de la région afin d’effectuer une sorte de recensement. L’institut paye bien et vous engrangez rapidement un capital. Lorsque votre pellicule est remplie, l’institut vous la change et en profite pour vous offrir quelques objets de confort. Par exemple, votre appareil va être doté d’un nouveau zoom, ou vous allez recevoir des perles très précieuses puisqu’elles constituent le seul moyen d’upgrader vos véhicules et d’accéder ainsi à de nouveaux endroits.

En vérité, ce double-système de monnaie permet aux programmeurs de sectionner l’évolution de l’aventure car les perles vous permettent d’évoluer dans l’aventure alors que vous utiliserez l’argent, présent en abondance grâce à la présence d’une faune diversifiée et de nombreux minerais à récupérer, afin d’acheter par exemple de la nourriture. Avec une seule monnaie d’échange, l’intégralité du monde vous serait révélée trop rapidement. Les programmeurs ont fait le choix d’une avancée scénaristique linéaire mais cette progression est de grande qualité et elle reste assez déguisée grâce à la présence de dongeons secondaires qui peuvent être accessibles à divers moments du jeu, histoire de créer plusieurs jonctions dans le déroulement de l’aventure.

Les graphismes de Beyond Good And Evil sont verts dominant. Osé mais esthétique. Les effets spéciaux sont classieux mais c’est vraiment le design de l’univers créatif qui est largement plus séduisant que toute cette poudre aux yeux. Enfin, pour ceux qui aiment ça, les effets d’eau sont splendides et la transparence a été utilisée à outrance dans les niveaux.

Jade se déplace à pied et se bat comme une furie avec un système de lock très efficace mais très inspiré de Zelda. Le maniement de Jade est tel que le lock est presque un luxe. Lorsqu’il ne s’agit pas de phases d’actions, ce sont des énigmes simples qu’il faudra résoudre ou encore participer à de longues phases d’infiltration. Dans certains cas, vous pouvez vous faire repérer mais vous devrez vous débarrasser de vos ennemis qui vous donneront pas mal de fil à retordre, alors vous réfléchirez à deux fois avant de danser le Sirtaki devant les gardes austères des mystérieuses sections Alpha.

Les programmeurs ont mis au point un gameplay vraiment très intéressant puisqu’en plus du fait de guider Jade, vous pouvez demander à un des personnages secondaires qui vous accompagne d’exécuter certaines actions. Avec un bon timing, vous pouvez développer de véritables techniques utiles pour vous débarrasser de certains boss. Une technique consiste à faire sortir de certaines plantes de grosses boules. Un ralenti vous laisse quelques secondes pour ajuster une splendide cible sur un ennemi ou un obstacle à éliminer. Vous frappez alors la boule en plein vol avec votre bâton de combat dans la direction déterminée par la cible, tel un coup de batte de baseball. Le gameplay est si diversifié qu’on a l’impression de suivre un tutorial pendant tout le jeu, distillé naturellement au goutte à goutte.

Le Zelda Killer

Beyond Good And Evil marche sur les platte-bandes de Zelda. Le jeu d’Ubi Soft les piétine même. Beyond Good And Evil est subdivisé en donjons, dans un monde riche, avec pas mal de petits à côté comme des séquences de shoot-them-up sur air comme sur eau, des courses ou encore des poursuites après des voleurs ! Mais à la différence du Windwaker de Nintendo, Beyond Good And Evil est un vrai plaisir du début jusqu’à la fin, y compris dans les séances de déplacement sur l’eau qui ne sont pas trop longues, elles au moins !

Beyond Good And Evil est malgré tout tourné vers le grand public car il y a un système de check point, qui vous replace assez proche de l’endroit où vous avez échoué. Contre certains boss, vous ne devrez même pas toujours l’affronter à nouveau depuis le début. Mais mine de rien, Ubi Soft nous propose le meilleur combat final scénarisé jamais vu. Le dernier boss est inoubliable. Si vous ne jouez qu’à un jeu cette année, faites que ce soit Beyond Good And Evil.

Graphismes : 98%
Un univers créatif, superbe et cohérent que l’on doit au génie de Michel Ancel.

Animation : 80%
Si les mouvements des personnages sont excellents, il faut noter quelques rares baisses de framerate.

Jouabilité : 97%
Un gameplay ultravarié

Bande Son : 97%
Une bande-son incroyable que l’on doit en partie à une belle fourchette d’acteurs. C’est Emma Decaunes qui a fait la voix française de Jade.

Intérêt : 99%
Suprême.

Note Globale : 97%
Divin.


NOTE : 09/10