Consoles-Fan
21/02/2018

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World Soccer Winning Eleven 6 Final Evolution
Prenez crampons, shorts, maillots...
...et suivez-moi !

D’apr

Si vous faîtes partie de ceux qui ne comprennent rien à tous ces jeux qui changent de nom comme de pays, sachez que la série des World Soccer Winning Eleven est rebaptisé dans nos contrées Pro Evolution Soccer (ISS Pro Evolution sur PSone). Vous y voyez plus clair ? Ok, alors on va compliquer un peu…

Konami et sa série fétiche, c’est un peu EA Sports et ses FIFA ou Capcom et ses Street Fighters. En effet, des mises à jour et améliorations sortent environ tous les 6 mois. Sans remonter trop loin dans, le temps, plaçons-nous printemps 2001 : Winning Eleven 5 arrive sur PS2. Le titre est très attendu puisque c’est le premier de la série sur 128 bits. Le jeu est bien accueilli mais moins acclamé que ses prédécesseurs sur PSone. Il va être adapté en Europe sous le nom de Pro Evolution Soccer, et cette localisation apportera de nombreuses modifications de gameplay, la rendant encore plus indispensable que l’original. Puis c’est WE 6 qui sort chez les nippons, poussant encore plus loin le réalisme de la série. L’adaptation pour les territoires PAL sera donc PES 2, qui apportera à son tour son lot d’améliorations. Loin de s’arrêter, les gars de KCET (Konami Computer Entertainement Tokyo) se remettent au boulot et nous gratifient d’un WE6 Final Evolution bien supérieur en de nombreux points à PES2. Pour la première fois, la série fait un petit tour sur une autre plateforme, et c’est la Gamecube qui a l’honneur de ce portage.

Donc, si vous avez bien suivi, World Soccer Winning Eleven 6 Final Evolution, que j’appellerais WE6FE par soucis d’usure des touches de mon clavier, se situe chronologiquement entre PES 2 et WE 7 (lequel sera boosté dans PES 3, puis ce dernier adapté en WE 7 International).

Confiné sur son territoire d’origine

Mais si la série de Konami a depuis longtemps les faveurs des nippons, lui permettant d’exploser les charts, le reste du monde n’a que récemment compris qu’il n’y avait pas que FIFA dans la vie. Du coup, les fans ont longtemps attendu une adaptation européenne de cette version Gamecube. Mais rien n’est venu ni ne viendra… Heureusement que l’import existe !

Thierry et Jean-Mimi au Japon

La première chose qui séduit avec Winning Eleven 6 FE, ce sont ses commentaires. Pratiquants régulier de PES, oubliez les commentaires mous, surfaits ou surjoué. C’est une vraie bouffée d’exotisme que d’entendre Jon Kabira et Tetsuo Nakanishi s’exciter au moindre passement de jambes ou percée dans la défense adverse ! ! Si ça se trouve, leurs interventions sont aussi niaises que celles de nos Thierry et Jean-Mimi nationaux, mais qu’importe. Pour nous autres occidentaux, la seule présence de ces commentaires justifie l’achat d’une version import plutôt que son adaptation européenne ! De toute façon, sur GC, il n’y a pas le choix…

Deuxième élément sonore qui identifie au premier abord WE6FE, des thèmes musicaux qui rivalisent de dance attitude. Loin des morceaux en vogue des jeux EA Sports, c’est une symphonie de beats et de sons synthétiques ultra répétitifs qui enchante les esgourdes. Ce qui pourrait être une sous compilation d’électro de supermarché devient culte tant cela correspond à des moments d’extase balle au pied. Il suffit de planter un but pour comprendre comment un morceau musical, bien qu’intrinsèquement supra nullissime, peut faire frissonner un joueur. Et l’entendre même hors contexte provoque un vrai plaisir rien que pour les souvenirs d’un filet qui tremble. Pour faire plus simple, la musique est minable mais le jeu tellement bon qu’il la transcende !
L’environnement sonore des stades est de son côté plutôt réussi, les différentes équipes disposent même de leur propre public. Ainsi, la France est soutenue par des « Allez les Bleus ! » et les argentins par des « Argentina ! Argentina ! ».

Beau de loin mais loin d’être beau ? ? ? ?

Techniquement, le jeu n’est qu’un bête portage Playstation 2. KCET n’a pas tiré profit des capacité de la Gamecube, à part peut-être un jeu à quatre plus fluide et des ralentissements (déjà rares sur PS2) quasi inexistants. Les joueurs se reconnaissent très facilement et chacun a bénéficié d’un vrai soin quant à ses proportions physiques. Un travail d’orfèvre ! Les stades sont jolis et les tribunes agrémentés de banderoles dans la langue du pays ! Les français ont droit à des « Crème de la victoire » mémorables ! ! ! Le public est par contre très sommaire : des bitmaps flous avec deux étapes d’animation c’est léger. Malgré tout quelques drapeaux et fumigènes le rendent plus vivant.

Plusieurs vues sont mises à disposition pendant le jeu. Certaines sont fun mais injouables, la plus pratique étant bien entendu la caméra de côté. Mais il y a deux raisons à la placer loin du terrain. D’abord afin de mieux visualiser le positionnement de ses joueurs, même si le « plan » du terrain en bas de l’écran est là pour ça ; ensuite parce que trop près de la pelouse le côté jeu vidéo ressort beaucoup trop. Et les animations sont tellement réalistes qu’il serait dommage de les gâcher. Avec une vue assez haute et éloignée, c’est presque à un vrai match de foot auquel on assiste. Je suis sûr qu’il est possible de feinter quelqu’un regardant par dessus votre épaule.

Tel Hayao Myazaki, Winning Eleven le roi de l’animation !

Les animations des sportifs sont un vrai régal ! La fluidité des mouvements est tout simplement exceptionnelle, mais sans comparaison avec le réalisme qu’elles dégagent. Et si le passement de jambes ou la reprise de volée sont visuellement parfaits, c’est lorsqu’on voit les joueurs lancer les bras avec dédain quand ils n’ont pas la touche ou suivre la balle du regard que l’on pleure ! D’ailleurs ces gestes, au delà de leur aspect esthétique prennent une réelle place dans le gameplay. Si un attaquant est hors-jeu, le défenseur va lever le bras pour le signaler et ralentir sa course, mais si l’attaquant redescend à ce moment là et réceptionne une passe (à condition qu’il n’ait pas fait action de jeu lorsqu’il était en position de hors-jeu sans quoi il sera tout de même sanctionné…mais bon tout ça c’est la règle officielle ^_^), le défenseur devra se relancer et sera généralement en retard.

De plus les fous furieux de KCET ont personnalisés les anim en fonction de chaque joueur. Ainsi, le touché de balle de Zidane est bien plus doux que celui de tous les autres footballeurs, ou c’est encore Roberto Carlos qui prend sa course d’élan pour les coups francs avec les mêmes petites foulées. Le jeu est bourré de détails dans cette veine et ils remettent n’importe quel autre jeu de foot à sa place. Il y a Winning Eleven et il y a les autres, tous les autres !

Une jouabilité royale pour réussir face à une IA soigneusement calibrée !

Mais le réalisme de ces gestes n’aurait aucun intérêt si le gameplay pour les exécuter n’était pas aux petits oignons. Car la force de WE6FE, c’est que quiconque prendra le pad s’amusera. Le gamer occasionnel n’utilisera que les fonctions de base alors que le pro multipliera les combos de boutons…bien sûr aucune chance pour un débutant de battre un habitué ! Et le plus fou c’est que malgré la quantité de combinaisons à mémoriser, tout s’intègre très facilement et progressivement. En fait chacun va enrichir son propre jeu au fur et à mesure, et ce sans même sans rendre compte.

Dans ce but, il est d’ailleurs plutôt intéressant d’alterner tant que faire ce peut parties contre le COM et contre des humains. Car ne jouer qu’en multi ne permettra jamais de réussir de beaux matchs face à l’ordi et inversement. L’intelligence artificielle est balèze, notamment en 5 étoiles ou en Extreme pour la Master League, où elle va faire des boulettes, jouer différemment en fonction de l’équipe dirigée, s’adapter à votre jeu, mais tout ceci de manière un peu trop stéréotypée. Disons qu’après des dizaines d’heures de jeu, on se rend compte des réflexes de la machine. De l’improvisation organisée, si je peux m’exprimer ainsi. Mais attention, on toujours largement au dessus de la masse des autres jeux de foot ! En réalité, rien ne vaut l’improvisation humaine : la pression trop longue sur le bouton, le doigt qui glisse, l’erreur de jugement hallucinante, la tactique complètement improbable…

Bref, lorsqu’on a le pad dans la main, c’est du bonheur. Tout répond à la perfection mais on peut cependant regretter que comme pour le volet technique, rien n’est été fait spécifiquement pour la manette Gamecube. Le turbo en R aurait pu être analogique afin de contrôler la vitesse de la course sans recourir à un bouton de course secondaire (le Z) ; l’adaptation au joystick est réussi mais là aussi il aurait été intéressant d’exploiter les atouts d’un stick par rapport à une croix, le C-stick qui gère les passes manuelles n’est pas hyper bien calibré… Rien de rédhibitoire, c’est toujours génial mais ça aurait simplement pu être encore meilleur !

Un contenu on ne peut plus riche

Les modes de jeu de WE6FE ne sont pas en reste. En match simple, coupe ou championnat ce sont tous les plus grands clubs du monde et les meilleures sélections nationales qui sont disponibles. Certaines sont d’ailleurs à débloquer mais je vous laisse la surprise quant à leur identité ! Le nombre d’équipes est inférieur à l’offre pléthorique d’un FIFA, mais largement suffisant. Chaque type de compétition est paramétrable selon les envies de chacun : matchs aller-retour, forme physique des joueurs, durée du match, rigueur de l’arbitre…de l’habituel certes, mais du tout bon. Au cours du match ensuite, la tactique de l’équipe est modifiable à souhait et permet de s’aligner au mieux sur l’adversaire.

Mais le meilleur reste la Master League. Il s’agit de prendre les rênes d’une équipe assez minable en troisième division et de la faire progresser jusqu’au titre de première division. Le challenge est particulièrement relevé mais permet d’obtenir de nombreux joueurs cachés qui pourront étoffer l’effectif. La Master League est un mangeur de vie sociale extraordinaire, puisqu’au delà de l’enchaînement de matchs il conviendra de farfouiller dans les techniques et le positionnement de la ligne de défense ou le comportement d’un milieu offensif afin de parfaire le jeu collectif de sa Dream Team. Il sera ensuite possible de s’affronter entre équipes personnalisées via les cartes mémoires.

L’entraînement est également obligatoire pour quiconque voudrait maîtriser tous les aspects de WE6FE. Tout y est abordé : le jeu de passes, les coups-francs, les dribbles…réussir tous les challenges proposés n’est pas à la portée du premier gamer venu.

Enfin, le jeu offre mode éditeur permettant de satisfaire les plus exigeant des fans ! Remettre à jour les effectifs par exemple (long et fastidieux quand même), mais surtout redonner leur identité à la plupart des footballeurs. En effet le jeu n’a pas la licence FIFA, mais celle de la FIFPRO au sein de laquelle tous les joueurs ne sont pas représentés. Les noms des clubs ayant aussi été modifiés, c’est là qu’il faudra transformer l’équipe de Navarre en Real Madrid ! Et c’est également dans cet éditeur qu’il est possible de jouer les Dr. Frankenstein en créant des sportifs de toutes pièces avec, tant qu’à faire, des statistiques de bourrin !

Et voilà ! Demi-volée en pleine lucarne !

On pourrait chipoter sur pas mal de chose avec ce World Soccer Winning Eleven 6 Final Evolution, notamment dans son optimisation pour la GC, mais les faits sont là, jamais un autre jeu de foot ne procurera autant de plaisir…jusqu’au prochain de la série ;).

Technique/esthétique : 92%
Le jeu est très propre, des joueurs identifiables rapidement, une fluidité divine. C’est superbe malgré quelques ralentissements, et un léger manque de détail. Quant au nombre et au réalisme des mouvements des joueurs, c’est hallucinant !

Jouabilité : 90%
Extraordinaire, tout simplement ! Et ce même si KCET n’a pas plus tenu compte des spécificités du pad Gamecube.

Son : 95%
Des commentaires géniaux, des bruitages sur le terrain très réalistes, des musiques qui entrent dans mon panthéon personnel.

Plaisir/Fun : 99%
Parfait n’existe pas, alors le 100% non plus…

Durée de vie : 95%
Impossible de le lâcher, sinon pour aller pisser.

Intérêt : 95%
Le meilleur jeu de foot sur Gamecube, à des milliards de kilomètres des autres.

Note Générale : 94%
Je suis littéralement tombé amoureux du jeu ! PES 3 (sur PS2 par contre) est encore plus riche et abouti, mais je trouve ce WE6FE un poil plus fun…


Disponible
NOTE : 09/10