Consoles-Fan
20/08/2018

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Forbidden Siren
Quoi !? Walt Disney ! La petite sir
...heu non pas vraiment !

La plupart des joueurs ne retiennent malheureusement du survival-horror que ses grandes sagas telles que Biohazard, Silent Hill ou Alone in the Dark. Pourtant r

L’APPEL DE LA MER DE SANG
La terre tremblera,
Les âmes des hommes seront corrompues,
Les eaux se teindront de rouge,
Colorées par le sang du roi des dieux

Le premier point fort du titre, c’est un background immersif et complexe. Hanuda, village japonais traditionnel est le centre d’une histoire des plus glauques. Isolé et enfoui au milieu des montagnes, ce lieu baigné de légendes, est secoué en pleine nuit par un tremblement de terre. Une mer rouge sang envahit les terres environnantes et une sirène retentit attirant inexorablement vers elle quiconque l’entendrait. Forbidden Siren propose un scénario riche mais long à se dévoiler, basé sur des croyances locales. Le jeu permet d’incarner tour à tour des habitants survivants plus ou moins conscient du malheur qui se trame autour d’eux.

La petite sirène

L’équipe de développement s’est prise pour Tarantino et nous offre une intrigue qui paraît complètement décousue au départ mais qui, à force de recoupements scénaristiques, prend tout son sens. Le titre se divise en de nombreux chapitres, alternant scènes vidéos et scènes jouables, où se mêlent les destins des différents protagonistes. Tranquillement, le voile se lève sur l’histoire, poussant le joueur à vouloir en savoir toujours plus, d’autant qu’en général, les éclairages ne feront que révéler d’autres parts d’ombre. Au niveau du déroulement scénaristique, Forbidden Siren assure !

Question gameplay, les commandes de base sont des plus classiques, et donc très efficace : s’accroupir, pas latéraux, ouvrir/fermer les portes, allumer/éteindre la torche, vue subjective, position de tir et enfin avec le stick droit le contrôle (partiel) de la caméra. On pourrait relever malgré tout une petite lourdeur : l’interface pour les actions n’est pas optimale puisqu’il faut repasser par un menu via le bouton triangle pour effectuer quoi que ce soit. Rien de dramatique, mais l’action justement s’en trouve parfois un peu hachée. Mais la particularité de Forbidden Siren est ailleurs…

Shibito droit devant !

Si chez Tecmo on avait imaginé piéger les fantômes dans des appareils photos, la nouveauté et l’originalité de Forbiden Siren vient du mode Vision. En effet, au cours de la partie, aucun radar n’est présent à l’écran et le seul moyen de savoir où sont les ennemis c’est donc d’activer cette vision. En pressant L2, l’écran se brouille et en tournant doucement le joystick gauche, on va chercher des fréquences correspondant à chaque ennemi (ou humain) se promenant dans les environs. Dès lors, il sera possible de voir par les yeux de ce personnage et ce sera le seul moyen de deviner l’endroit où il se planque. La contrepartie évidente au cours d’une telle opération est la vulnérabilité du héros. Il faudra donc agir à l’abris. Une fois les emplacements des Shibitos (les ennemis) identifiés commencera une vaste partie de cache-cache. La pression ne tarde pas à monter car le personnage ne bénéficie pas toujours d’une arme pour se défendre, et quelques coups bien placés de la part d’un Shibito peuvent avoir raison du charmant habitant que l’on incarnait. C’est une force du titre mais également le principal soucis. Car si on avance en permanence sous la pression au cours des premières parties, on s’aperçoit bien vite qu’il est quasiment impossible réussir un niveau dès la première fois. Il faut même parfois une dizaine d’essais avant d’y arriver tant la mort est rapide.

Finalement on se lance tête baissée dans le seul but d’appréhender l’environnement et de localiser les ennemis, normalement ou en mode Vision. Puis il va falloir réessayer en alternant des moments un peu bourrin et d’autres proches de l’infiltration comme avancer accroupis la torche éteinte. Mais la peur que l’on ressentait au début s’envole à cause de cette approche calculée, et le mode Vision n’apparaît que comme un simple élément de gameplay alors qu’il avait la vocation à en être la base ! Et une fois le level terminé on se rend compte que la carte à traverser était toute petite et que le niveau de difficulté n’était là que pour le masquer. Forbidden Siren n’en est donc plus un survival-horror puisque la notion même de survie disparaît. Reste une ambiance glauque on ne peut plus accrocheuse. De plus, ne noircissons pas trop le tableau, les premières heures sont excellentes, car mélangeant les effets de surprise d’un Resident Evil, l’impression de vulnérabilité d’un Project Zero et l’atmosphère oppressante d’un Silent Hill.

Toi t ’as une tronche photoréaliste…

Si le jeu ne peut être posé en exemple en matière de modélisation 3D ou en débauche d’effets technico-spéciaux (©Boodshit ;)), le rendu photoréaliste, notamment au niveau des visages, et l’image un peu crade (on dirait un filtre à la Silent Hill) donnent un cachet très esthétique à l’ensemble. Le brouillard présent partout y contribue et on peut tirer un coup de chapeau aux développeurs pour avoir su retranscrire une telle ambiance visuelle même lors des phases de jeu en plein jour. Le choix de couleurs y est pour beaucoup puisque c’est une palette de teintes grisâtres et foncées qui rappellent qu’on est pas là pour rigoler ! Les différents protagonistes à incarner ne sont pas toujours des plus charismatiques, mais rentrent parfaitement dans cette idée de gens ordinaires pris dans une aventure extraordinaire. Votre voisin n’a pas forcément la classe, mais si vous êtes attaqué un jour par des zombies, c’est peut-être lui et sa carabine qui viendront vous sauver. Bref, même s’il rappelle parfois Silent Hill, Forbidden Siren est identifiable au premier coup d’œil.

L’environnement sonore quant à lui passe du très bon au très médiocre. Si les bruitages et les grognements des Shibitos sont réussis, le doublage français casse franchement l’ambiance. Une VO sous-titrée aurait été la bienvenue d’autant que le jeu se passe dans un village japonais traditionnel. Le bruit de la sirène est réellement envoûtant et profond. Elle donne vraiment l’impression de venir d’au delà de la mer de sang !

Vite, mon verdict car la sirène m’appelle !

Avec la peur qui disparaît au fil du jeu et l’envie de survivre du joueur quasi inexistante, Forbidden Siren ne rentre plus tout à fait dans la catégorie des survival-horror. Personnellement, j’ai su passer outre ces défauts pour profiter à fond de l’atmosphère, de l’ambiance et du scénario. Mais c’est la déception et la frustration qui dominent lorsqu’on éteint la console. N’aurait-il pas mieux valu que Sony nous ponde un jeu plus simple mais plus intense ? Forbidden Siren reste comme un jeu au potentiel pas complètement exploité, et qui donne envie d’une suite plus aboutie !

Technique/esthétique : 85%
Un parti pris esthétique assez glauque mais très réussi et très immersif.

Jouabilité : 67%
Malgré quelques lourdeurs d’interface, tout a été bien pensé. Le mode Vision est une belle trouvaille !

Son : 60%
Les doublages français plombent la note car ils cassent franchement l’ambiance…dommage le reste était fort réussi.

Plaisir/Fun : 60%
Ici, constat mitigé. Le début est excellent mais rapidement le titre s’essouffle. On progresse avec d’autres motivations que l’envie et le plaisir de se faire peur, c’est tout de même regrettable pour un survival-horror. Par contre c’est trippant de progresser dans une telle ambiance.

Durée de vie : 60%
J’ai été surpris de voir le temps mis à traverser cette aventure. Une quinzaine d’heure, c’est supérieure à la moyenne du genre. Mais recommencer plusieurs fois les mêmes niveaux ne doit pas y être étranger, d’où la note un peu plus rude.

Intérêt : 80%
Le jeu est excellent sur bien des points et il faut saluer cette volonté de se démarquer dans un genre qui tourne un peu en rond. Il serait à mon avis dommage de s’en priver, à la seule condition de savoir dépasser tous ses défauts.

Note Générale : 68%
Si Forbidden Siren amène de nombreuses bonnes idées au genre survival-horror, il s’en exclut en même temps. Soyez prêt à faire des concessions en matière de gameplay pour plonger dans une ambiance glauque et morbide à souhait, bien soutenue par un scénario riche et bien amené !


NOTE : 06/10