Consoles-Fan
20/08/2018

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Shinseiki Evangelion
Le r
pour les fans de la s

Salut ! C’est Hikari Shinji ! Mon nom vous est peut

Après cette introduction tout à fait passionnante de notre ami, laissez moi vous dévoiler plus en détails ce que renferme ce Evangelion 2 : Shinseiki Evangelions. Les développeurs de chez Alfa System ont placé le jeu dans la continuité de la série (d’où l’adjonction du chiffre 2). En fait il va permettre aux fans d’assouvir tout les fantasmes que la série n’aura pas su combler. N’étant pas familier de l’anime mais suivant tout de même le manga, j’ai une connaissance parcellaire de l’univers d’Eva pardonnez moi par avance mon ignorance. Quoi qu’il en soit, vous aurez pour votre première partie à diriger Shinji dans sa vie de tout les jours, et vous serez amené à effectuer tout un tas d’activités. Sur cet aspect le jeu se présente un peu comme les Sims. En plus de cela des phases en digital comic viendront ponctuer votre progression et illustrer vos dialogues avec les divers protagonistes. Enfin vous aurez bien évidemment à combattre les anges à bord de votre Eva favorite dans des phases en tactical action. Bien évidemment le gros morceau du jeu réside dans la simulation de vie, dans laquelle le jeu vous laisse une très grande liberté. Vous devrez donc vous lever le matin, prendre votre petit déjeuner, passer au WC si besoin est, aller en cours ou bien les sécher et glander au konbini du coin (ça ne regarde que vous). Pour le moment rien de follement excitant puisque vous n’avez pas besoin de votre ps2 pour faire tout ça. Mais si on vous dit que vous allez pouvoir tenter d’abuser de votre voisine rousse toujours en rogne ou bien de la petite timide en marinière, ça devient tout de suite plus amusant, surtout quand on est otaku et qu’on ne sort jamais de sa chambre. En effet, Evangelion : le jeu est un pur produit formaté pour les fans, sentant à plein nez l’otaku™ et ne s’en cachant pas le moins du monde. Cette petite galette va vous permettre de réécrire totalement l’histoire à votre guise si toute fois vous parvenez à faire les bons choix. Les pervers pourront par exemple draguer Rei ou bien Asuka qui vous envoie dormir dans un placard tandis qu’elle récupère votre chambre. Bon je ne vais pas lister toutes les possibilités, car c’est finalement bien plus amusant de les découvrir tout seul d’autant qu’elles sont assez nombreuses. Bref, le jeu vous offre une liberté d’action importante et on dénombre pas moins de 12 fins différentes tout en sachant qu’on peut refaire le jeu en incarnant d’autres personnages. Je passe sur les phases en digital comics qui sont assez classiques avec un jeu de questions réponses. Totalement liés à la "simulation de vie" ces dialogues vont en fait vous servir à tisser des liens avec les personnages et faire grimper votre barre d’AT afin d’être performant au combat. A tout instant vous pourrez accéder à un menu récapitulant vos affinités avec les personnages qui sont définies selon trois critères, Amour, Amitié et le dernier dont je n’ai pas vraiment d’idée. Ce sera à vous de choisir vos réponses afin de plaire ou non à votre interlocuteur. Comme le jeu se veut un peu réaliste il arrivera parfois que vous n’ayez rien à faire pendant plusieurs jours. Par rien à faire, j’entends aucun ange à affronter, mais lorsque ce sera le cas une sonnerie retentira et après quelques explications il faudra combattre. Au début vous serez seul et assez assisté par Misato, par la suite vous pourrez vous faire épauler par d’autres Eva et bien entendu les anges seront de plus en plus coriaces. Le déroulement des combats avait des allures spectaculaires sur les premières images mais il n’en est rien. Vous vous déplacez à travers un Tôkyô simulé un peu à la manière du VR mode de Metal Gear Solid (en clair ça ne rend pas terrible du tout). Votre Eva est représentée par un curseur et vous devrez vous déplacer jusqu’à l’ange qui vous à dérangé pendant votre émission favorite. En fonction des armes sélectionnées votre rang d’action sera plus ou moins étendu, une barre d’action vous permet d’attaquer, le but du jeu étant de tuer l’ange avant qu’il ne vous tue. A chaque fois qu’une action est effectuée, une cinématique se déclenche (ce sont celles que l’on voyait sur les previews), les combats se résument finalement à appuyer sur un bouton avant l’adversaire tout en veillant à ne pas vous faire occire. Très honnêtement, j’ai trouvé cette partie très ennuyeuse, voir même laborieuse et dénuée de tout aspect stratégique, c’est dommage car des combats en 3D temps réel auraient été beaucoup plus excitants.

Tout ceci nous amène directement au problème du gameplay en général et pas seulement durant les combats. En effet, quelque soit la situation dans laquelle vous vous trouvez les touches sont sensiblement les mêmes et leur agencement n’est pas vraiment bénéfique. Toute action s’effectue avec le bouton rond qui amène l’ouverture d’un menu à 4 choix. En situation normale vous pourrez trouvez les items, le statut du personnage, les affinités qu’il entretient avec telle ou telle personne et enfin la touche annuler. Si vous pouvez interagir avec le décor, le menu des items sera effacé au profit de l’action à faire (par exemple allumer la lumière), il en va de même pour dialoguer. Ce passage par le menu enlève toute fluidité au gameplay et s’il a le mérité de cacher justement certaines imprécisions, il rend la moindre action un peu laborieuse. Combien de fois vous vous retrouverez dans le mauvais menu tout ça parce que le héros n’est pas correctement aligné pour effectuer tel ou tel action... En ce qui concerne les phases de déplacement en 3D, il faut aussi noter une lacune évidente de l’intelligence artificielle qui vous barrera purement et simplement la route par moment. Je pense notamment à ce cher konbini ou je tentais en vain de me payer une bière, je me suis rabattu sur un collier, un manga et un café mais quelle ne fut pas ma surprise au moment de me payer ! Misato taillait une bavette avec le vendeur et m’empêchait de payer mes emplettes, il a fallu que je remette tout dans le rayon, que je sorte du magasin et que je rentre à nouveau l’instant d’après afin d’accéder au comptoir. Toujours au niveau de l’aventure 3D, on notera une bonne interaction avec le décor puisque Shinji peut effectuer un nombre d’actions assez important mais encore une fois limité. Par exemple, Asuka refuse vos avances dans l’après-midi (la garce ne sait pas ce qu’elle rate !) et vous décidez de la réveiller en pleine nuit pour vous venger, et bien ne vous donnez pas tant de mal puisque c’est impossible. Si vous allumez la lumière dans sa chambre la peste continuera à dormir comme si de rien n’était et absolument aucune option ne permet de la réveiller, c’est un exemple parmi d’autres qui montre que l’interaction présentée comme exceptionnelle trouve tout de même des limites. A mettre également aux côtés des points négatifs, l’animation des personnages extrêmement rigide. Les protagonistes ne se déplacent absolument pas de façon naturelle, même si cela ne saute pas aux yeux la course de Shinji ne sonne pas vraiment juste et ses déplacements ne sont par ailleurs pas des plus précis. Ceci est également valable pour les autres personnages du jeu, mais cela se remarque moins car ils ne courent pas. Lors des dialogues en digital comic, on retrouve une animation classique avec des personnages qui changent d’expression et un mouvement de lèvres synchronisé avec les voix. En parlant des voix, licence oblige, ce sont les acteurs de l’anime qui incarnent les personnages de la série ce que ne manquera pas de saluer le fan de la première heure. En revanche au niveau des musiques et du fond sonore en général c’est beaucoup moins bien pour ne pas dire très moyen. La musique de fond est très rébarbative, les bruitages pendant les combats sont plutôt quelconques et heureusement que les voix sont donc de qualité. Au chapitre graphisme, c’est encore une fois un bilan en demi teinte avec du bon et du beaucoup moins bon. Au chapitre du bon on note les phases en digico qui sont semblables au graphisme original (encore heureux me direz vous), avec des couleur vives et des expressions réussies. Au niveau du moyen, citons la modélisation 3D, avec des environnement exigus qui ne dépassent pas 3-4 pièces. La salle de classe est par exemple constamment vide et seul les personnages principaux de la série sont visibles, les décors de fond ne sont pas spécialement détaillés et le nombre de polygones affichés à l’écran est loin d’être faramineux. Le jeu n’est pas laid non plus, mais on est quand même loin de ce que peut afficher la ps2 et le graphisme se rapproche plus des premières productions Dreamcast. Enfin le "meilleur" pour la fin, avec les combats parfaitement lamentables graphiquement, entre la carte en 3D moche et les cut scenes pas impressionnantes pour un sou, on se félicite que le jeu ne soit pas plus axé sur cette partie ou il aurait pu devenir un vrai cauchemar.

Bandai enchaîne les adaptations de manga avec beaucoup plus de ratages que de réussites, ce Shinseiki Evangelions même s’il n’est pas un hit inoubliable comblera à coup sûr les fans de Eva par sa richesse. Bien qu’il semble avoir été développé à la va vite par moment, l’ensemble reste tout de même au dessus de la moyenne. L’intérêt sera évidemment décuplé pour les personnes lisant le japonais couramment. Pour les autres (comme moi), le jeu reste une curiosité intéressante qui mélange de manière efficace le digital comic et la simulation de vie avec l’univers d’Evangelion.

Graphismes : 6.5 / 10

Très inégaux avec un chara design et des décors 3D moyens et peu détaillés, des combats tout simplement sans vie et des phases en digico de bonne qualité.

Son : 6.5 / 10

Un jeu Evangelion avec de vrai morceaux d’acteurs originaux dedans, c’est une excellente nouvelle encore faut-il que le reste de la bande son suive ce qui n’est pas le cas ici.

Jouabilité : 7.0 / 10

Certains petits problèmes d’IA et un gameplay un peu plombé par le recours systématique à des menus contextuels. Le jeu est tout à fait maniable mais aurait gagné en fluidité avec un autre système.

Animation : 7.0 / 10

Les personnages sont très rigides et n’ont pas une démarche très naturelle mais bon en dehors de ça le jeu est plutôt fluide et comme on est pas face à un jeu d’action ce n’est pas très gênant.

Intérêt : 8.0 / 10

La richesse semble tout à fait énorme pour qui se donne la peine d’exploiter le jeu à fond et sous réserve que l’on maîtrise très bien le japonais. Le problème est que le système d’AT et l’intelligence artificielle parfois limitée obligent le joueur à effectuer des choix qui ne relèvent pas forcément de sa volonté. Apparemment une douzaine de scénario (j’en ai débloqué 3 pour ma part) sont au programme dont un super secrèt qui sera révélé par les programmeurs sur le site officiel du jeu. Pour ceux qui n’ont qu’une connaissance parcellaire de la langue, le jeu reste tout de même intéressant par son "melting pot" de genres plutôt réussi.


NOTE : 07/10