Consoles-Fan
21/05/2018

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Onimusha 3 : Demon Siege
Les visiteurs 4
sans Jacouille

Disponible depuis fin f

La première chose dont on peut être sûr, c’est que Capcom reste fidèle à sa réputation du "faisons une suite avec quelques nouveautés, mais pas trop pour ne pas prendre de risques". La nouveauté principale de cet épisode est bien entendu l’apparition de Jean Reno. Si certains pensent que sa contribution tombe comme un cheveu sur la soupe, ce dernier aura au moins le mérite de faire rire les adeptes du second degré. Par souci d’authenticité et pour justifier sa présence, les programmeurs font parler Jacques (Jean Reno) en français (tout du moins au début et à la fin du jeu). Ces passages courts mais intenses plongeront à coup sûr les joueurs dans un océan de consternation tant la prestation de l’acteur français est médiocre. Heureusement, la fée Ako va arranger rapidement tout ça en donnant un cours accéléré de japonais à tous les français. Cette initiative de Capcom rendra les dialogues plus attractifs mais il n’en reste pas moins qu’une sérieuse appréhension me gagne en ce qui concerne la future version française.

Mise à part la prestation très remarquée de notre ami Jean, Onimusha 3 ne s’arrête pas là sur le plan des clichés et du même coup passe vraiment pour un produit formaté destiné au marché japonais. Tout d’abord, on notera la quasi habitude des étrangers (en général) de croire que tout les français s’appellent Jacques, Philippe ou Henri. De plus, le jeu se déroule en grande partie en France et rien ne sera épargné au joueur gaulois. Tout d’abord, Paris est merveilleusement boisé (première nouvelle). Le Champ de Mars est entouré d’une forêt de même que le parvis de Notre Dame !!! Les seules échoppes que l’on voit à Paris sont des Cafés, et bien évidemment, ami japonais, il ne faudra pas oublier lors de ton prochain séjour dans la capitale de visiter le fameux zoo de Boulogne de réputation internationale. Certes tout n’est pas négatif, les voitures de police sont fidèlement reproduites, de même que les uniformes de l’armée ou bien encore le fameux fusil d’assaut FA-Mas. Cependant, certains risquent de sourire en découvrant leur pays vu par les japonais. Passons donc sur l’aspect kitch du jeu qui finalement n’offusquera que le français moyen et chauvin et penchons nous rapidement sur le scénario du jeu. Là encore, on navigue entre conservatisme et grand rocambolesque. Tout ceci heureusement saupoudré d’une mise en scène splendide. En premier lieu, le gamer blasé ne manquera pas de s’extasier devant l’introduction du jeu (qui fait le tour du net actuellement) en images de synthèse. Pour être honnête il y’avait longtemps qu’on n’avait pas vu une introduction de cette qualité. La finesse du rendu est tout à fait étonnante et accompagne merveilleusement une mise en scène hollywoodienne. Samanosuke vole, pourfend, saute, pourfend encore, esquive, tranche en petits morceaux tout ce qui passe et tout ceci à grand renfort de mouvements ninja. En un mot cette introduction est culte. L’histoire en elle-même tient sur un post-it (on commence à avoir l’habitude chez Capcom). Oda Nobunaga a trouvé un nouveau moyen de pourrir la vie de Samanosuke en l’envoyant à Paris en 2004. Comme il risque de s’ennuyer, Nobunaga charge des démons de lui tenir compagnie. On se retrouve donc projeté dans un Paris assiégé que le courageux Godefroy le Hardi / agent spécial Jacques Blanc (rayer la mention inutile) tente de sauvegarder. Bref coup d’oeil à notre Samurai au physique de Pop Star, magistral jeu d’acteur de Jean Reno et voilà que ce dernier se retrouve projeté en plein XVI ème siècle sans avoir pris le temps d’emporter son Guide du routard. Avec une introduction aussi éblouissante, le studio Robot a également dû sérieusement entamer le budget CG de Capcom. Du coup les cut scenes suivantes sont réalisées avec le moteur du jeu qui se révèle extrêmement performant. Il faut saluer ici le travail de Capcom qui nous offre un travail vraiment propre. Le chara design est à la fois convaincant et les environnements en temps réel splendides et variés. Il est certain que Onimusha 3 vous fera voir du pays, en plaçant son action dans des dizaines de lieux différents et le tout ponctué d’effets graphiques saisissants. Que ce soit la lumière feutrée de Notre Dame, la grisaille de l’hiver nippon, la lumière des flammes consumant le château de Nobunaga à Kyôto ou tout simplement les placements de caméra toujours justes font de cet épisode un chef d’oeuvre graphique. En contre partie, il faudra tout de même noter la relative difficulté d’immersion du joueur qui est sans cesse plongé dans un anachronisme déstabilisant. Ainsi vous trouverez une remise pleine de machines à laver dans un village ou encore une énorme Harley Davidson garée bien sagement sur un quai tout ceci bien entendu en l’an de grâce 1582. Du côté de l’animation, l’ajout de décors en temps réel apporte une réelle innovation puisque le joueur sera plus impliqué dans l’action. Par exemple, vous devrez parfois observer le décor pour trouver un passage secret ou simplement avancer dans l’aventure. Tout ceci est servi par une ambiance sonore très immersive et en dolby prologic, s’il vous plaît. Si pour le moment, Capcom a réalisé un travail vraiment intéressant en dehors de quelques gaffes, il n’en est pas de même pour ce qui suit et qui fait qu’à mon sens cet épisode reste le moins bon de la série. En premier lieu, c’est au niveau de l’histoire que Capcom a buté. Malgré sa réputation de concepteur pantouflard, il faut reconnaître que cette fois-ci ce dernier a pris des risques scénaristiques dont il n’a pas su garder le contrôle. Tout d’abord le voyage dans le temps, ce problème qui passionne l’homme depuis qu’il a résolu celui de voler est extrêmement difficile à aborder de manière crédible. Capcom en utilisant ce procédé nous livre des passages tout à fait intéressants mais il le fait au détriment de toute vraisemblance. En partant du postulat que chaque action passée se répercute sur l’avenir, les programmeurs ont considéré qu’aucune action étrangère future n’influera sur le cours de l’action passée. Je vais prendre un exemple simple, à un moment donné Jacques doit planter une sorte de lierre afin que Samanosuke 4 siècles plus tard puisse l’utiliser pour grimper. Cependant, on ne prend absolument pas en compte l’éventualité qu’un élément perturbateur vienne stopper la pousse de la plante. J’ai conscience que peu de gens vont se poser ce genre de questions en jouant, mais il n’en reste pas moins que le scénario devient rudement incohérent à partir du moment où on y pense.

En second lieu, le prétexte de la fée Ako, traducteur universel de profession était bien trouvé puisqu’elle justifiait la rapidité à laquelle Jacques et tous les français apprennent le Japonais. D’un autre côté, on trouve également quelques bizarreries. Par exemple lorsque Jacques arrive dans la salle aux esclaves du Mont St Michel, tout le monde parle et comprend le japonais alors que la fée Ako n’est pas là. Un autre problème se situe au niveau de l’intelligence artificielle des ennemis et des équipiers qui vous accompagnent à certains moments. Ce défaut d’IA qui apparaît presqu’au tout début est récurrent. On le trouve en tout premier lieu dans la visite des égoûts avec Michelle. Cette dernière contrôlée par l’ordinateur a une fâcheuse tendance à lancer des grenades à tout va (après tout c’est son problème...). Mais la chose désagréable est qu’elle va constamment vous bloquer le passage lorsque vous voudrez aller quelque part. Admettons que vous vouliez faire demi tour, Michelle se trouvera devant vous. Dans un jeu classique de type Beyond Good and Evil le personnage qui vous accompagne avancera pour vous céder le passage. Et bien pas dans Onimusha 3, ici votre équipier restera statique et vous serez contraint de le pousser jusqu’à ce qu’enfin vous puissiez passer. Dans les scènes de combat, on retrouve également cette absence d’intelligence de votre équipier. Puisque celui-ci aura pour habitude de rester planté comme un piquet pendant que vous lutterez contre une dizaine de monstres. Encore mieux, il prendra parfois l’initiative de vous aider et attaquera dans 90 % des cas le même ennemi que vous, alors que les adversaires ne manquent pas. Ce qui peut être tout à fait pardonnable dans un jeu à petit budget ou à faible prétention ne l’est pas dans un jeu tel qu’Onimusha 3. Ce problème se retrouve aussi du côté des ennemis qui sont parfois totalement scriptés. Combien de fois suis-je passé sans combattre car je n’étais pas dans la zone d’action d’un ennemi.

Le tournant qu’a pris la série m’a aussi beaucoup déçu, Onimusha 3 est devenu un énorme beat em all alors que justement l’attrait des épisodes précédents était de marier action et exploration. Pour ajouter un peu de variété, les développeurs nous offrent des passages avec Michelle armée d’un fusil d’assaut. Du coup, l’ambiance médiévale japonaise déjà bien entamée par le scénario, finiT par se consumer dans ces moments de bourrinage en règle dénués du moindre intérêt. Armée de son bon gros FA-Mas des familles, le joueur se contentera de se tenir à distance des monstres et de mitrailler à tout va. Si les apparitions de Michelle sont les plus consternantes niveau gameplay, le reste des combats ne s’avère pas des plus savoureux. Que Capcom veuille transformer Onimusha en beat ’em all n’est pas problématique en soi, si on assiste à une refonte totale du gameplay. Malheureusement, ce n’est pas le cas. On nous ressert donc la même jouabilité vieillotte à la Resident Evil, saupoudrée d’un système de ciblage des plus approximatifs. Le problème du lock n’est pas constant mais intervient lors d’affrontements massifs. En effet le personnage se dirige automatiquement vers une cible mais ce n’est pas forcément celle que l’on souhaite. Du coup, on se fait régulièrement corriger par des ennemis stupides à cause d’un système de lock qui l’est encore plus. C’est encore plus rageant de la part d’un éditeur à l’origine de Devil May Cry. Bref, Samanosuke comme Jacques manquent franchement d’agilité et cela rend de nombreux passages extrêmement frustrants. Mis à part les combats, la progression se fait toujours à coup de puzzles simplistes et de clefs à mettre dans la bonne serrure et de ce côté là il faut avouer que si la formule n’est pas désagréable elle ne provoquera pas de méningite chez le joueur. En ce qui concerne la durée de vie, celle-ci est quasiment identique aux volets précédents avec une moyenne de 7-8 h pour la première fois. C’est sans compter les bonus et mini games à débloquer qui sous réserve qu’ils vous intéressent pourront ajouter de l’intérêt au jeu. De la même manière des costumes secrets, ainsi que la possibilité d’utiliser l’armement du premier épisode peut inciter à recommencer une partie. Finalement, Onimusha 3 n’est pas un mauvais jeu mais il est loin d’être le hit annoncé. Une fois la claque graphique passée, on découvre un gameplay approximatif et sans grande saveur ainsi qu’un esprit velléitaire propre à Capcom qui commence à agacer. Il ne reste plus qu’à prier pour que le 4ème épisode (fortement sous entendu) redore le blason de la série. Graphismes : 9.0 / 10

Tout bonnement, splendides du début à la fin que ce soit la richesse des décors, l’introduction dores et déjà culte ou tout simplement la mise en scène toujours juste.

Son : 8.0 / 10

Sublime performance de notre Jean Reno national qui nous prouve qu’on ne s’improvise pas doubleur de jeu vidéo. Par la suite les prestations des protagonistes convainquent et sont accompagnées par une ambiance sonore ébouriffante et immersive.

Jouabilité : 6.0 / 10

Une honte, non seulement Capcom n’ose pas innover mais il parvient même à régresser en nous offrant une IA lamentable et un gameplay approximatif et vieillot qui ne convient pas du tout à l’orientation plus axée sur l’action. Ce fossé est d’autant plus grand quand on s’est essayé à Bujingai avant...

Animation : 6.5 / 10

Les combats deviennent vite lassants à cause d’un trop petit nombre de combos pas spectaculaires pour un sou. Par ailleurs si le frame rate est correcte durant la progression, on observe des baisses fréquentes lors d’affrontements massifs ou contre certains boss.

Intérêt : 6.0 / 10

Une histoire rocambolesque, un produit trop axé sur le marché japonais et un gameplay pas spécialement au top. Onimusha 3 n’est pas le hit annoncé, il reste un jeu d’action juste plaisant, à la durée de vie acceptable mais n’offre en aucun cas une amélioration par rapport au deuxième épisode. Pour ma part le plus mauvais épisode des trois.


NOTE : 06/10