Consoles-Fan
19/08/2018

Auteur
A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

A Lire Egalement

  

2998 articles en ligne

 
Metal Gear Solid : The Twin Snakes
Le serpent fait son grand retour...
sous forme d’un remake exclusif.

En 1998, Konami sort Metal Gear Solid sur Playstation, malgr


Avec Metal Gear The Twin Snakes, Konami nous propose plus qu’un remake, puisqu’en fait le jeu est une fusion entre le scénario et l’univers du premier opus allié au gameplay et moteur graphique du second. A cela il faut ajouter que toutes les cinématiques ont été corrigées afin de nous offrir un spectacle digne du légendaire Solid Snake. Cependant, on peut se demander si ce simple remake pourra contenter les fanatiques du premier épisode, qui ont parcouru le jeu dans tout les sens et fini l’aventure avec les meilleurs rankings possibles, à savoir :
 Hound en easy
 Doberman en normal
 Fox en hard
 Big Boss en extrême

La particularité de Metal Gear Solid réside dans la combinaison entre l’aventure jouable et un scénario complexe émaillé de cinématiques spectaculaires. Ceux qui ont adoré le premier épisode ne pourront que se réjouir de retrouver le même scénario à la fois complexe et toujours saupoudré d’auto dérision. MGSTTS comprend donc un certain nombre de cinématiques ainsi que des dialogues par codec comme c’était le cas dans le jeu original. Ceci explique d’ailleurs la présence de deux disques pour le jeu. Les dialogues originaux par radio n’ont apparemment pas été modifiés, le premier gros changement vient des voix digitalisées qui ont été totalement réenregistrées pour l’occasion. Au premier abord cela peut paraître sympathique mais malheureusement, certains changements ne plairont pas forcément aux puristes. Je pense notamment à Nastasha Romanenko qui a perdu son accent russe ou Mei Ling qui parle elle aussi un anglais parfait. Ensuite, ce sont les cinématiques qui ont bénéficiées d’un lifting et de ce côté là on peut dire que c’est plutôt réussi. C’est Ryuhei Kitamura qui s’est chargé de cette conversion en nous offrant à la fois de nouveaux plans de caméra mais également des scènes spectaculaires qui vous laisseront pantois. Très largement inspirées de Matrix et de la mode "John Woo", certaines scènes apparaîtront comme ridicules aux yeux de certains, mais si on se place dans l’optique d’un grand spectacle on ne peut que s’émerveiller devant les chorégraphies réalisées (je pense notamment à la scène avec Revolver Ocelot, le Ninja et Snake qui m’a tout bonnement collée à mon siège). Cette refonte des cinématiques a permis également une mise en lumière plus importante de certains points du scénario.

Au niveau de la progression elle-même les mécaniques ont elles aussi plus ou moins changées puisqu’en fait le titre utilise le gameplay du second opus. Cette initiative possède à la fois des avantages et des inconvénients. Souvent d’ailleurs ce qui apparaît comme un avantage dans certaines situations détruira inévitablement l’intérêt à un autre moment. Prenons par exemple, la grande nouveauté à savoir la visée à la première personne. Celle-ci permet pendant les combats d’être plus précis, de ne pas gaspiller de munitions et de gagner du temps. Je pense par exemple au combat contre Ocelot. Avant il fallait courir tout autour de la salle en tirant à l’aveuglette en espérant le toucher maintenant on peut ajuster son tir tout en se camouflant derrière un pilier. Mais cette ajout pousse aussi à la facilité, par exemple le vétéran connaît l’emplacement de chaque caméra ou presque, avant on ne pouvait que les aveugler avec des grenades, maintenant il suffit de se mettre hors de leur portée d’ajuster son tir et la voie est libre. De même les ajouts issus de Sons of Liberty tombent souvent comme un cheveu sur la soupe. Les dog tags par exemple qui faisait partie intégrante des bonus de Metal Gear Solid 2, ne sont ici que des gadgets sans valeur, les ramasser n’apportera rien au joueur. De plus la position des gardes, ne prête pas forcément à une attaque surprise et finalement leur acquisition est moins naturelle dans cet épisode. Au rayon des armes on notera l’apparition des fléchettes tranquillisantes qui elles aussi ne sont finalement qu’un ajout qui pousse à la facilité. En effet, pourquoi se fatiguer à s’infiltrer alors qu’on peut endormir les gardes tranquillement et traverser la pièce sans risque. Leur utilisation est d’autant plus tentante qu’elle permet d’obtenir le meilleur ranking très facilement puisqu’on aura tué aucun garde. D’autre part, il faut signaler encore une fois l’incohérence visà vis du scénario. Par exemple si vous battez Sniper Wolf avec le PSG-1 tranquillisant, cette dernière se retrouvera tout de même criblée de balles lors de la cinématique. Bref, j’ai conscience que ce ne sont que des détails et que ceci ne dérangera que les habitués de la série, mais il fallait tout de même le noter car cela trahi en quelque sorte le gameplay original. Pourtant ces nouveautés n’ont pas que des côtés négatifs, le fait de cacher les corps dans les placards rend le jeu plus réaliste, de même que menacer les gardes en les prenant par surprise. Pour revenir à la partie infiltration elle-même, le titre n’a pas bougé d’un pouce, il est vrai que depuis Splinter Cell le joueur devient exigeant en matière d’infiltration mais ici, ce n’est pas vraiment de la simulation pure et dure mais plutôt un énorme film dans lequel le spectateur intervient. Les cinématiques superbes sont d’ailleurs là pour nous en convaincre. Vous évoluerez donc de manière furtive, mais votre progression se fera en général sans trop de difficultés (à moins de jouer en mode extrême sans radar). Même au niveau de difficulté le plus élevé, seuls les boss seront un véritable problème car Metal Gear Solid contient des mécanismes classiques tels que la présence de boss tout au long de l’aventure. Les vaincre demandera une certaine stratégie ou une arme particulière, totalement irréalistes, ces combats souvent titanesques seront l’occasion là encore de cinématiques spectaculaires (celles du dernier boss figurant en bonne place au classement ). Malheureusement, ces vidéos revues à la hausse font aussi place à la déception lors de certains affrontements. Le combat avec le ninja par exemple que tout le monde pourrait craindre, se révèle finalement bien plat et simplifié. En ce qui concerne Snake lui-même, les développeurs se sont contentés encore une fois d’appliquer la recette "Sons of Liberty" sans aucun changement. Alors que l’on voit Sam Fisher (Splinter Cell) faire des grand écarts entre des murs ou Billy Bishop (Spy Fiction) sauter et s’accrocher un peu partout, Solid Snake se contente de mouvements plutôt old school. Ne cherchez pas il n’y a absolument aucune nouveauté Snake se bat à mains nues avec les mêmes enchaînements, utilise les mêmes mécanismes d’infiltration et c’est bien dommage. Pour cette adaptation les deux équipes de Konami à l’origine des épisodes précédents avaient la possibilité d’innover mais malheureusement elles ont préféré jouer la carte de la facilité et du risque 0. Si ce Metal Gear reste très appréciable dans son maniement, on sent quand même qu’il manque quelque chose et qu’un habillage graphique aussi joli soit-il ne fait pas tout. Malgré le manque d’innovation flagrant sur le personnage de Snake, la sauce prend quand même grâce à une intelligence artificielle plutôt convenable au départ et qui semble avoir été améliorée. Il ne sera donc pas question de foncer comme un goret et de mitrailler à tout va où les gardes vous traqueront ce qui ne pardonne pas dans les niveaux de difficultés élevés. La grosse déception que j’ai eu dans Sons of Liberty venait du manque de variété à la fois dans le scénario, mais aussi dans les rencontres et les relations entre personnages. Heureusement The Twin Snakes reprend la mécanique du premier épisode et vous en aurez pour votre argent. Ainsi notre héros va se promener à travers des conduits d’aération, un étage en marbre, affronter un télépathe, un char d’assaut et même faire copain-copain avec un otaku ! C’était ça la magie de l’épisode Psone, que l’on retrouve intacte ici, le jeu ne souffre pas de temps morts et sa refonte a permis de corriger certaines incohérences passées. Certes le jeu ne sera pas plus long qu’avant et paraîtra encore plus court à ceux qui l’ont déjà parcouru, mais ici chaque cinématique compte de même que les conversations par codec. On n’a absolument pas l’impression comme c’est le cas pour Metal Gear Solid 2 que celles ci sont là pour gonfler la durée de vie. Bien que les vétérans parcourront très rapidement les niveaux car ils savent où se situe telle arme ou telle pièce, ils bénéficieront néanmoins d’une aventure presque neuve car interprétée sous un nouvel angle. A l’époque Metal Gear Solid était ce qui se faisait de mieux dans le genre sur Psone. Sur Game Cube ce n’est plus aussi vrai mais le jeu reste quand même très réussi. Si celui-ci reprend grosso modo le moteur de Sons of Liberty, il faut quand même noter une plus grande finesse dans la modélisation. Il est inutile de dire que le charisme des différents protagonistes est resté intact et se voit même renforcé grâce à une modélisation faciale bien supérieur à ce qui se faisait six ans auparavant. Maintenant Snake possède un nez, des yeux expressifs et son visage peut exprimer différentes émotions. Tout son équipement est lui aussi modélisé en 3D et possède un relief à l’image de son pistolet Socom. Les effets de lumière et de particule sont eux aussi bien supérieurs avec une neige plus fine et réaliste ou des jets de sang qui font apparaître le ninja plus dangereux qu’auparavant. Bien sûr il arrivera que certaines textures soient plus ou moins "floutées" afin de ne pas trop faire souffrir la console mais en général le visuel est plutôt convaincant.

L’animation et plus particulièrement celle des cinématiques est hors du commun, en fait je crois même que c’est la première fois que je suis resté plusieurs fois comme un benêt devant ma TV. Arborant un sourire béat je ne pouvais que me régaler devant les prouesses des divers personnages. Les combats très inspirés du cinéma de HK et des films d’action actuels sont générés en temps réel par le moteur graphique de la Game Cube sans aucun ralentissement. A cela, il faut noter également des effets de reflets plutôt efficaces comme ceux appliqués sur le ninja pendant sa tuerie. On peut neanmoins regretter que le jeu ne tourne pas à 60 images/secondes de manière constante et que le framerate ralentisse légèrement lors de certaines séquences gourmandes en effets visuels.

Niveau son, le jeu tourne en Dolby Pro Logic II avec un effet Surround, pour une sensation "cinéma" encore renforcée. Les acteurs présents dans l’épisode Playstation sont de retour et tout les dialogues parviennent à être convaincants ce qui est plutôt rare dans les jeux vidéo. On pourra peut être se plaindre de Solid Snake qui en fait un des tonnes avec sa voix de "macho qui n’a pas peur de personne" mais il faut avouer que malgré ce parti pris, son jeu ne détonne pas du reste des personnages. J’ai trouvé que le plus réussi était Liquid Snake et son accent British totalement en phase avec le personnage, son jeu parvient à la fois à distiller une sophistication et une cruauté qui dépeint tout à fait ce méchant charismatique. L’environnement sonore est aussi convaincant avec des fusillades crédibles et des musiques qui se font tantôt discrètes tantôt épiques selon la situation. Enfin, on retrouve avec plaisir le superbe thème de fin The Best Is Yet To Come. Si vous m’avez lu jusque là, vous vous dites que finalement le bilan est plutôt mitigé et que le jeu souffre de pas mal de lacunes. Certes le contenu de MGSTTS relève de la plaisanterie avec finalement une absence totale de bonus exclusifs, alors qu’il n’était finalement pas difficile d’intégrer Gray Fox ou bien Meryl en personnage bonus ou bien de donner plus qu’un seul costume secret à Snake. Ce jeu s’adresse évidemment en priorité aux joueurs qui ne connaissent pas Metal Gear Solid. De ce point de vue il est clair que ce Twin Snakes est une excellente adaptation. En revanche, les vétérans lui trouveront certainement de nombreux côtés désagréables principalement au niveau d’un gameplay pas forcément bien pensé ou mis à jour. La manette Game Cube avec son design très spécial ne facilitant pas les choses. Pourtant le titre dispose d’un scénario extraordinaire, d’une mise en scène de qualité qui font que l’on passe certes seulement quelques heures en compagnie de Solid Snake, mais ces heures là finalement sont vraiment très agréables. Metal Gear Solid : The Twin Snakes est comme Resident Evil Rebirth, un remake de qualité qui mérite que l’on s’y attarde.

Graphismes : 8.0 / 10

Plutôt impressionnants surtout lorsqu’on connaît l’épisode original, des chara design de grande classe et des environnements variés.

Son : 8.0 / 10

Les acteurs sont très convaincants même si certains ont changé. La musique est bien intégrée à l’ensemble et ne plombe pas l’ambiance feutrée du soft. La synchronisation des voix avec les lèvres est en général correcte.

Jouabilité : 7.0 / 10

La maniabilité est très bonne mais n’a pas évoluée d’un pouce, du coup on est moins impressionné qu’il y’a 6 ans. La manette Game Cube ne s’en sort pas trop mal mais son manque de touches est problématique et entraîne une configuration parfois bizarre. Enfin la sensibilité du stick en visée FP demande un temps d’adaptation.

Animation : 7.5 / 10

De nombreux effets de particules et de lumières alliés à une motion capture grandiose. On observe quelques ralentissement lors de certaines fusillades ou de scènes gourmandes graphiquement mais il n’y a rien de vraiment problématique.

Intérêt : 6.5 / 10

Trop peu de nouveautés pour les habitués et une durée de vie correcte mais pas titanesque compte tenu du grand nombre de CG. Le VR Training a été retiré au profit d’une quête des Dog Tag à l’intérêt très relatif. C’est dommage, que Konami n’ait pas fait preuve de plus d’originalité pour ce portage.


NOTE : 07/10