Consoles-Fan
24/02/2018

Auteur
  

2901 articles en ligne

 
Breakdown
Have A Break, .....
Have A Kit-Kat

Quand Namco s’aventure sur un terrain dangereux ou beaucoup ont gliss

On peut dire que je l’ai attendu impatiemment ce rejeton de chez Namco, des teasers impressionnants, des scènes d’actions très inspirées de la trilogie des frères Wachowski et des protagonistes charismatiques. L’ensemble paraissait au premier abord très affriolant avec des combats à mains nues en vue subjective mais c’était sans oublier que d’autres développeurs s’étaient déjà essayés à ce concept et ils y avaient laissés quelques dents. On avait pu goûter en 1996 à Heretic suivi plus tard d’Hexen d’ID Software sur PC, puis plus récemment à Maken X d’Atlus (un Ovni vidéoludique déjà testé par Davy1 sur Cfan).

Car Breakdown n’est pas vraiment un FPS, même s’il s’en apparente lorsque l’on visionne les screenshots. Certes le jeu se déroule à la première personne mais c’est simplement par soucis d’immersion totale du joueur, on a vraiment l’impression de voir par les yeux de cet avatar de polygones. Pour amplifier cette impression de fusion avec le héros du jeu, les développeurs ont choisis d’afficher constamment à l’écran les mains du surhomme que l’on contrôle. Il est vraiment amusant de voir les mouvements réalistes et détaillés de ce personnage lorsqu’il se saisit d’un hamburger et qu’il l’ingurgite avec férocité ou lorsqu’il mitraille un militaire de coups à la fois vifs et puissants. Breakdown pourrait être classifié dans la catégorie des jeux de « combats à la première personne » car même s’il subsiste encore des affrontements à l’arme à feu, le soft est plutôt axé sur le combat à mains nues.

Tout commence dans un complexe grisâtre, laboratoire à l’origine d’expériences inquiétantes. L’homme que nous allons devoir diriger, Derrick Cole, cobaye à l’insu de son plein gré, va se réveiller dans une cellule exiguë avec une profonde amnésie. A peine émergé de son sommeil, un groupe de soldats va tenter de l’assassiner, il sera miraculeusement sauvé par Alex, une jeune femme disposant d’impressionnantes capacités physique. Le début d’une histoire ou la science fiction va rapidement s’imposer avec invasion de mutants et profusion de super pouvoirs.

Contrairement à ce que l’on peut voir dans les FPS, ici l’histoire est prédominante. Breakdown est scripté du début à la fin, les cutscenes conçues avec le moteur du jeu sont nombreuses, elles peuvent être impressionnantes voire intrigantes, mais toujours assez intéressantes pour que l’envie de zapper ne ronge pas le joueur. Globalement même si l’on passe son temps à déambuler dans des couloirs ou le mot liberté n’est qu’un lointain souvenir, la linéarité ne prend pas le dessus, on a toujours envie d’aller plus loin, de connaître la suite. Il y’a un je ne sais quoi qui ma scotché à ma manette, peut être l’envie de découvrir une réponse ou d’apprendre de nouvelles techniques de combats ou encore ce caractère vindicatif qui s’empare de moi lorsque je croise un certain personnage au cheveux blanc à la très forte personnalité. Personnellement j’ai accroché et ce n’est pas aussi fréquent qu’on pourrait le croire.

L’immersion est décidemment l’atout principal de Breakdown, rien que l’évacuation massive par la bouche de notre héros au début de l’histoire met tout de suite dans l’ambiance (vous comprendrez en jouant), on s’y croirait. Mais les affrontements reste ce qu’il y’a de plus surprenant, je peux vous assurer que vous allez en voir de toutes les couleurs, les coups que l’on reçoit font virevolter la caméra dans tout les sens, au point de perdre toute orientation. Déconcertant quand un ennemi doté d’un corps invisible vous surprend dans votre promenade par un joli uppercut. Personnellement je trouve ce détail réaliste et marrant, on a vraiment l’impression de se faire passer à tabac lors des heurts avec les entités qui cherchent à nous nuire. Je sens que les personnes qui avaient déjà envie de vomir devant Doom auront certainement le mal de mer avec les incessants mouvements de caméras de Breakdown.

L’immersion est aussi due en grande partie à la très bonne mise en scène, entre les hallucination passagères mais toujours trippantes de Derrick, les fusillades d’hélicoptères, et les phases de « chat » ou l’on se trouve être la souris, il est difficile de rester impassible. Il faut malgré tout aimer les phases de marche dans les couloirs, car ces phases de jeux, bien que supportables, abondent. Surprenante aussi est la manière dont notre coéquipière Alex nous parle, je dis « nous » car il semble réellement que celle-ci parle au joueur, elle nous ordonne de nous planquer contre un mur, de baisser d’un ton ou de ne pas bouger. On s’y croirait.

Avant de vous lancer dans l’aventure, je vous conseille vivement de changer la configuration des sticks analogiques vraiment mal étudiée, à moins que vous ne soyez adeptes du lancé de manettes.
Derrick Cole possède de nombreuses attaques à mains nues, une main correspondant à une gâchette, et avec un peu de timing il est possible de déclencher quelques jolies combinaisons. Il est chaudement recommandé de connaître quelques combos, car les nombreux ennemis n’hésitent pas à vous frapper simultanément, se qui se révèle fort peu confortable vu qu’il est alors impossible de riposter. Cela peut paraître frustrant, surtout avec des ennemis immoraux qui n’hésitent pas à vous affliger des blessures au sol et des angles de vision qui n’aident pas à se remettre sur pieds. Notre héros est aussi capable d’utiliser des armes à feux, mais malheureusement la visée devient alors pratiquement assistée à 100%, ce n’est toutefois pas vraiment un problème puisqu’elle se révèlent être inopérantes. En progressant Cole acquerra de nouvelles aptitudes que je ne vous divulguerais pas, mais je peux vous avouer qu’elles sont assez jouissives.

Techniquement je suis assez mitigé, surtout lorsque je pense que ce titre est dédié exclusivement à la Xbox. Les textures sont pauvres, dénuées de bump mapping, les polygones ne foisonnent pas non plus. La prédominance du gris est à rendre dépressif, et le clipping de certains paysages est digne de la PSOne. L’avantage c’est qu’à l’apparition d’effets spéciaux fort sympathiques on se retrouve ébahit, mais globalement ça ne casse pas trois pattes à un canard. Seule les animations valent le détour, chaque manipulation d’objet est détaillée à l’extrême. Amusant au début, cela devient vite stressant à la fin, car le temps que notre héros se saisisse d’un chargeur et qu’il l’inspecte ensuite dans tout les sens on a le temps de se prendre une dizaine de paires de claques. Par contre j’ai été agréablement surpris par l’excellente gestion du 5.1 qui permet d’anticiper la venue des flux ennemis, un aspect qui permet de se plonger un peu plus dans ce milieu immersif qu’est le monde de Breakdown.

Contrôler Derrick Cole c’est d’abord une expérience, c’est intervenir indûment et indiscrètement dans sa vie, c’est à la fois agréable et étrange, surtout si l’on joue dans de bonne condition, sans personne pour se faire importuner. Dommage que quelques détails viennent gâcher ce tableau ma fois attrayant, une réalisation bâclée, une IA à la ramasse avec des ennemis qui sont assignés à une zone prédéfinie, des combats parfois fouillis, des armes à feux à l’utilité discutable et une durée de vie assez juste (moins d’une dizaine d’heure). Un jeu que je conseille néanmoins d’essayer.

Vertigo


NOTE : 07/10