Consoles-Fan
24/05/2018

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Headhunter
Un MGS sauce Verhoeven...
Avec un Jack Wade aussi solide que Snake ?

Sorti en novembre 2001, headhunter fut, aux c

L’histoire commence lorsque Jack Wade, se réveille dans une sorte de laboratoire où des bonhommes en combinaison blanche sont en train de lui faire des trucs un peu louche.

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Des bonhommes en combinaison blanche...

Ecoutant sa petite voix intérieure qui lui dit qu’il n’a rien à faire là, Jack se casse vite fait bien fait en traversant un couloir peuplé de méchants gardes visiblement courroucés. Finalement, arrivé au bout d’une rue, exténué, il s’écroule et perd connaissance.

Notre bon vieux Jack se réveille quelque temps plus tard (décidément...), mais cette fois-ci dans une chambre d’hôpital un peu plus accueillante. En regardant la télévision, il apprend que Chistopher Stern, dirigeant d’une organisation de lutte contre le crime organisé dénommé l’ACN (Anti-Crime Network), vient d’être assassiné.

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Jack un peu perdu...

Sur ce, une personne vient lui rendre visite. Elle se présente comme étant son chef. Mais il y a un hic Jack est amnésique... Il ne se souvient de rien.
Il apprend alors qu’il est en fait officiellement mort et qu’il était l’un des deux plus grands chasseurs de prime de l’ACN... Bienveillant, « Chief Hawke » lui remet son pistolet, mais non sans le mettre en garde. S’il est dans ce lit d’hôpital c’est que des gens en ont après lui. Il s’engage donc à l’aider mais dans la limite de ses compétences.
Puis, le réveil du roi attirant foule, il reçoit la visite d’une certaine Angela Stern... Tiens, tiens...Et oui c’est bien la fille de machin Stern fraîchement refroidi... C’est en fait là que la problématique de l’histoire se met en place.
Angela nous apprend qu’un certain Don Fulci grand baron du crime organisé, trafiquant d’organe émérite, aurait fait assassiner son père. Dès lors elle vient ni plus ni moins vous confier la mission d’éliminer ce grand malfrat, et par la même vous donner l’opportunité de mener votre enquête sur votre propre histoire...

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Jack au stand de tir

Une ambiance « verhovienne » ...

Ce qui frappe le plus quand on entre dans Headhunter, c’est la qualité du travail qui a été fourni pour créer une ambiance d’anticipation digne d’un film SF de Verhoeven. Le jeu commence par un journal télévisé animé par deux caricatures de journalistes. Les informations les plus révoltantes ce succèdent et ce, sans émouvoir le moindre du monde, les présentateurs. On découvre par le biais de ce JT excellemment joué par des acteurs réels, les fondements d’une société qui a renié tout enseignement des Lumières...Tant et si bien que par le prisme de ces informations se dessine devant nous les traits d’une société moderne fascisante.

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Un extrait du JT... que du bonheur...

Cette idée est stigmatisée par le système de l’ACN. Cette organisation privée qui permet de lutter contre le crime a supplanté les pouvoirs de police qui dans toute société démocratique incombe à l’Etat... (C’est même là un de ses pouvoirs régaliens avec la défense et la justice). Cet organisme permet à n’importe qui de mener une enquête et d’user de la violence. Pour cela il suffit de passer des tests de capacités via un logiciel de simulation nommé LEILA (Low Enforcement Intelligence and Licence Approval) qui ne prend en considération que des aptitudes physiques... Aucune vérification des connaissances de la loi n’est nécessaire, aucun code moral n’est donné, le « to serve and protect » semble avoir bel et bien vécu...

Weber nous apprend très justement que le recours à la violence légitime est une prérogative dont l’Etat seul détient le monopole... Mais il ne doit pas être trop lu dans le Los Angeles du XXI° s. ^^
L’ACN et ses chasseurs de prime font les gros titres des journaux. Il y à un classement entre les chasseurs. Il y a même un classement de popularité des criminels, et tout est l’occasion de jouer de l’argent dans des paris peu scrupuleux organisé par l’Etat.

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Y en aura pour tout le monde !

La bioéthique semble être une notion toute aussi inconnue... Les anabolisants sont en vente libre, la chirurgie esthétique est une simple hygiène de vie, les organes s’achètent et se vendent via une société qui rappelle furieusement l’entreprise de biotechnologie présente dans le récent Immortel de Bilal.
Ce Los Angeles aurait donc tout à fait sa place dans un Total Recall ou un Starship Troopers... Et il n’y a pas à dire la richesse de cette ambiance et vraiment jouissive. Elle permet une réelle immersion du joueur et donne lieu à des scènes d’anthologies non dénuées d’un humour grinçant très rafraîchissant.

Et sinon ça se joue ?

Eh oui c’est vrai Headhunter de par sa richesse ferait presque oublier qu’il est avant tout un jeu... Alors parlons un peu gameplay... À sa sortie de l’hôpital Jack se rend chez Angela Stern. Cette visite permet de diriger Jack dans une maison pour une phase de fouille / conversation d’un grand classicisme. Jack peut attraper des objets lockés par des petits triangles rouges, il peut parler à Angela, regarder des tableaux, faire des roulades... Et là c’est vrai que faire des galipettes dans un salon, ça fait tout de suite moins sérieux mais bon on lui pardonne.

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Pan t’es mort

Il peut aussi se plaquer contre un mur en appuyant sur un bouton (ce qui permet de ne pas avoir de mauvaise surprise comme dans MGS où il faut plaquer le personnage contre une paroie au risque de « déraper »). Bon se plaquer contre les murs du salon c’est moyennement crédible, mais c’est pas grave on lui pardonne aussi. Angela lui donne quelques informations puis elle vous fait un très joli cadeau : une moto.
Le jeu commence alors réellement. Il est découpé en plusieurs chapitres (en gros quatre) qui sont eux même subdivisés en trois parties. Juste après avoir quitté Angela, Jack doit passer les tests de Leila pour obtenir son premier permis de chasseur de prime le C.

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La moto, la plage... La vie...

Pour se faire, il doit d’abord accumuler un capital point / moto. C’est à dire ? Et bien lorsque Jack sillonne les rues de Los Angeles, il a un compteur de point en bas à droite de l’écran. Dès que l’on commence à atteindre une certaine vitesse le compteur se met à tourner et les points s’engrangent. Mais attention ! Au moindre choc le compteur perd des points. Et ce qui paraît être très facile à atteindre pour le permis C sera presque inhumain pour le AAA... La maniabilité est assez pointilleuse (elle rappelle le scooter des neiges de D2) car elle prend vraiment en compte le système analogique, alors un conseil : démarrez doucement...

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C’est pas comme

Pour le permis C, il suffit de faire quelques centaines de points et le tour est joué. Jack peut ainsi se rendre dans le bâtiment qui héberge Leila. Là il est accueillit par une secrétaire acariâtre absolument délicieuse... Puis il s’installe dans le simulateur. On participe alors à des missions en 3D fil de fer du plus bel effet que l’on doit remplir dans des temps impartis pour valider le permis.
Ceci fait, et parfois c’est loin d’être évident, Jack obtient son permis ce qui lui permet de se procurer des armes, des informations et surtout de mener son enquête en toute légalité. La première d’entre elle le met alors sur les traces d’un certain Greywolf...

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Greywolf en personne !

Dans ces missions vous aurez de l’action, mais aussi un peu de réflexion, quelques énigmes vous demanderont alors de réfléchir, mais rien de bien méchant.
Voilà ce qui concerne le découpage de la mise en scène du jeu. Mais il y a quelques digressions à ce système qui rendent moins répétitif le déroulement de l’action « Moto / LEILA / Mission ». À un moment donné vous aurez même l’occasion d’incarner une autre personne que Jack, mais je vous laisse le soin de le découvrir par vous même.

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TIens tiens mais c’est ...

Un jeu d’infiltraction

C’est par ce néologisme que l’on pourrait résumer le style de jeu qu’incarne Headhunter. Il a l’aspect d’un jeu d’infiltration. Il a le goût d’un jeu d’infiltration. Il en a la couleur, la maniablité, mais non c’est un jeu d’infiltraction ! !
Je m’explique, Jack peut donc s’accroupir, faire des roulades, se coller aux murs, se pencher au coin du mur pour regarder dans le couloir. Il peut envoyer une douille pour faire un bruit qui leurre ses ennemis. Il peut se glisser derrière l’un d’entre eux et lui briser le cou.

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Le carr

Cette action pourtant très savoureuse à réussir est d’ailleurs l’un des points noirs du jeu. En effet pour l’exécuter il faut appuyer sur le même bouton que celui qui permet de lancer le leurre. Il faut être très bien placé derrière le garde pour enclencher le cassage de nuque. Ce qui n’est pas tout le temps le cas...On assiste alors à une action surréaliste qui voit Jack lancer le leurre sur le garde.
1°effet : pathétique, 2°effet : mort immédiate...

C’est assez agaçant que les gars de chez Amuze ne se soit pas rendu compte de ce bug de maniabilité. Enfin ça rend encore plus jouissif le moment où l’on réussi cette action. D’autant plus que ce genre d’approche furtive, mise à part sur l’extrême fin du jeu, n’a pas de réelle pertinence. L’option bourrinage se révèle tout aussi, voir plus efficace que l’infiltration style ninja en jean. Jack dégaine avec la gâchette de droite puis il tire avec A. Il suffit bien souvent de zigzaguer entre les tirs ennemis tout en bourrinant sur ce bouton pour faire le ménage.

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LEILA system

Les fans de MGS vont donc crier au crime de haute trahison ou regarder avec dédain un gameplay aussi archaïque... Ils auront sûrement raison. Mais voilà quand on n’est pas fan de MGS on peut voir les choses différemment. Car si comme moi vous êtes exaspéré par la difficulté du jeu de Konami ou par le stress qu’engendre un Splinter Cell, si vous êtes simplement de nature un peu impatiente, alors Headhunter sera pour vous une véritable révélation.
Vous aimez vous la jouer furtif ? Vous cacher derrière une caisse, envoyer un leurre, puis casser le cou d’un garde par derrière. Pas de problème vous pouvez le faire. Vous en avez marre de galérer sur un passage, vous voulez passer en force ? Pas de problème ça passe... ^^ Voilà Headhunter est LE jeu qui permet de réconcilier les fans d’infiltration et d’action. C’est dit !

La Dreamcast dans ses plus beaux atouts.

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Les ombres sont plut

Le tout est servi par une réalisation de très haut standing pouvant soutenir la comparaison avec MGS2 sans rougir. Les textures sont très travaillées, les modélisations sans faire péter les millions de polygones sont ce qui se fait de mieux sur la machine.
Il y a des effets de fumée de toute beauté très rarement vu sur Dc (on les voit aussi dans Shenmue 2). C’est tellement bien fait qu’on en vient à faire des « burn » juste pour le plaisir... Bon ça fait ramer un peu la console mais c’est bon ^^ .

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Un zoli "burn"...

En extérieur les voitures et les bâtiments sont un peu modélisées à la truelle mais cela n’est pas vraiment gênant. Ce qui compte ce sont les intérieurs où se déroulent les missions et là ça tient très bien la route. La scène sur un toit, sous une pluie battante, énorme clin d’œil à la première scène de MGS2, est en ce sens édifiante car la comparaison ne se fait pas au détriment du jeu de Sega.

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Lara t’es o

Le level design est excellent que cela soit pour ce qui concerne l’architecture des niveaux ou l’emplacement des ennemis. En règle générale l’animation est très fluide, et donne lui à des scènes d’action bien nerveuse. Les musiques bien que discrètes et peu nombreuses accompagnent très bien l’action et contribuent à renforcer le sentiment d’immersion du à l’ambiance générale.

Le MGS-Killer ?

Non. Tout simplement non. Tout d’abord si vous m’avez bien lu vous aurez compris qu’en définitive ces deux jeux ne sont pas à mettre dans la même catégorie. Le gameplay même s’il est comparable est en fait très différent ! De plus si MGS2 bénéficie d’une production sans faille, on ne peut pas dire la même chose pour Headhunter. On sent parfois que le jeu a été fini à la limite du débugage...
On peut ainsi voir quelques bugs d’affichages et quelques ralentissements mais ce sont surtout les cinématiques synthèses très nombreuses qui sont souvent très mal compressées ce qui donne lieu à des ballets de pixels assez disgracieux...

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Ouais j’me la pete et alors !?

La possibilité de sillonner les rues de Los angeles sur la moto d’Angela donne une impression de liberté dans un premier temps assez grisante, mais cela devient très vite frustrant car à contrario d’un GTA ou d’un Shenmue il n’y AUCUNE intéractivité possible avec les décors non prédéfinis dans le scénario et les PNJ se comptent sur les doigts d’une main de manchot...

Finalement, grâce à son ambiance de série B cynique à souhait, sa critique corrosive d’un système politique qui a bien des égards peut donner matière à réfléchir, son gameplay instinctif, sa variété de mode de jeu, son scénario classique mais efficace, Headhunter, sans être le jeu du siècle, peut se targuer d’être très agréable à jouer... Et à bien des égards, dans ce que certain appelle le désert vidéoludique actuel, trouver une petite perle de créativité ne peut qu’enthousiasmer.

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Et bient

Editeur : Sega
Developpeur : Amuze
Date de sortie europ
NOTE : 08/10