Consoles-Fan
12/12/2018

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The Suffering
Souffrez, Monsieur, qu’on vous salue
C’est l

Ces derniers temps, Midway est en grande forme. Ils deviennent m

Les psychopates sont de retour

Les premiers instants en compagnie du jeu sont assez glauques. L’histoire débute en prison, il fait sombre et les décors se limitent à des murs en béton et autres barreaux métalliques. Pour sûr, l’environnement n’a rien de rassurant car The suffering exploite les grands classiques du film d’horreur. De larges traînées de sang tapissent murs, sols et plafonds en guise de vestige de combats, que dis-je, de massacres. Les pièces sont d’ailleurs laissées dans un état désolant. De nombreux évènements et plutôt gores interviennent dans votre progression. Jamais un jeu n’a présenté la mort d’une manière aussi vivante ;) Et c’est efficace, on ne s’ennuie vraiment pas tant il y a moultes détails à découvrir. Il faut dire que le héros du jeu, un latino aux favoris très touffus, est au bord du pétage de plomb. Les programmeurs nous servent de solides hallucinations jouables en cours de partie pour illustrer cette douce folie qui doit bien trouver son explication quelquepart ! L’effet est assez similaire aux délires psychiques d’Eternal Darkness. En tous cas, The Suffering possède une ambiance hors-pair renforcée par des flashbacks très courts en images de synthèse et rien que pour ça, il mérite qu’on y prête vraiment attention.

Les ennemis effilés sont constitués de métal et de chaire, un peu comme dans Bujingai. Ils ont un look vraiment inquiétant et leur dextérité n’a pas de quoi nous rassurer car certains d’entre eux peuvent même se déplacer au plafond. J’adore leur comportement. Les ennemis ne viennent pas seulement vers vous comme des enragés, ils peuvent s’ils le souhaitent érafler vigoureusement le mur à l’aide de leurs griffes en approchant d’un pas nonchalant. On se croirait presque dans un Freddy !

Pour tuer les ennemis qui jaillissent parfois de nulle part, plusieurs armes seront à votre disposition mais il n’y a rien de tel que de se transformer en horrible monstre. « Hulk » sommeille en vous, mais c’est vous qui décidez quand vous vous transformez. Il suffit d’appuyer sur Y quand votre jauge de furie est pleine. Les coups se donnent à l’aide de la gachette de droite. Les déplacements se gèrent avec la double analogique. Un choix étrange ? Pas tant que cela car The Suffering vous laisse le choix de la vue subjective et à la troisième personne. Ce système permet au joueur de passer de l’un à l’autre sans broncher. Evidemment, en vue intérieure, on ressent moins les problèmes de caméra : celle-ci n’est en effet absolument pas gérée. A vous de faire tout le boulot de réalisateur avec le stick analogique droit. Il est aussi plus simple de viser un ennemi. En effet, il n’y a pas de lock, alors le champs de vision permet tout de même de s’en passer. Mais ne craigniez rien, le système de visée n’est pas trop capricieux et on fait bien souvent mouche. D’ailleurs on retrouve assez bien les éléments classiques de tout bon FPS qui se repecte. Pour ramasser des munitions ou de la vie, il n’est pas nécessaire de checker comme dans Bio Hazard : passer à proximité est suffisant. Vous ne les ramasserez pas si votre stock est déjà plein. Pensez tout de même à ouvrir les armoires, elles renferment de nombreux trésors.

Fantasia dans le monde carcéral

Vous assisterez à de froides exécutions à la chaise électrique ou au gaz (que vous déclencherez peut-être), votre chemise de corps sera immaculée de sang ainsi que votre peau et votre arme lorsque vous combattez. L’ennemi vous éclabousse en effet joyeusement de ses tripes ? J’ai rarement vu autant de violence dans un jeu, qu’elle soit physique ou verbale. Clairement, ce titre est à réserver à un public averti, j’en veux pour preuve le langage châtié qui y est employé. Les dialogues sont essentiellement constitués de jurons. Cependant si Midway verse facilement dans la vulgarité, ils n’ont pas choisi la voie de la facilité car le jeu des acteurs est vraiment très convaincants. Un des ennemis s’exprime calmement mais son débit est coupé par une respiration bruyante : malsain à souhait. On sent de toute manière que la bande-son a été extrêmement bien travaillée même si certains dialogues restent confus. Mais cette confusion a peut-être été voulue et rejoint la logique du jeu et sa mise-en-scène très décalée.

Les décors de ce jeu sont glauques, sombres mais vraiment d’une qualité étonnante. Il sont répétitifs : normal, on est en prison. En d’autres temps, j’aurais sanctionné gravement ce manque de recherche, mais les concepteurs ont tellement bien fait leur boulot que l’on se retrouve plutôt à un environnement riche et dont il est difficile à dire du mal. De plus, il y a aussi quelques scènes en extérieur.

Les textures sont bourrées de détails et souvent animés. La gestion de la lumière et des ombres est fantastique. Les éclaboussures de sang sont incroyablement bien gérées. Elles tapissent les murs et épousent les formes magistralement qu’il s’agisse de votre corps ou des barreaux d’un grillage. Bref, le moteur physique de ce jeu est une pure merveille et nettement au-dessus de la moyenne.

The Suffering est une très belle réussite qui aurait encore pu être meilleur si Midway avait parfait son gameplay. Mais c’est déjà très bien comme ça vu qu’il n’y avait vraiment plus que ce point à améliorer. Même la conception artistique est servie par une mise-en-scène magistrale. Les amateurs de sensations fortes vont apprécier.

Graphismes : 92%
Des décors très glauques mais vraiment superbes et à forte personnalité.

Animation : 92%
Hyperfluide.

Jouabilité : 84%
Un petit temps d’adaptation est nécessaire.

Bande Son : 93%
Bien au-delà de la musique, The Suffering possède une ambiance très marquée.

Intérêt : 91%
The Suffering est la surprise du moment. Midway est vraiment en grande forme.

Note Globale : 88%
Avec un gameplay un peu mieux adapté, The Suffering aurait eu son 9/10


NOTE : 08/10