Consoles-Fan
15/08/2018

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Shining Force
La l
Le retour du remake de la vengeance...

Shining Force est sorti en 1991 sur Megadrive. A l’epoque le choc est grand. Le grand public occidental d


La sortie de Shining Force sur GBA, renommé pour l’occasion "Résurrection du Dark Dragon", est à bien des égards un véritable événement. Tout d’abord, il s’agit d’accueillir le créateur d’un genre à part entière, ou du moins le premier représentant du genre en occident. Voilà donc une très bonne occasion de découvrir ou de redécouvrir un monument de l’histoire vidéo-ludique.

Mais plus encore on peut parler d’événement, car Shining Force, non content d’arriver dans nos contrées dans une version entièrement traduite en français (ce qui n’était pas le cas de l’original), se paye le luxe de se pointer en exclusivité internationale en Europe avant le reste du monde ! Oui vous avez bien lu... Un RPG nippon en France avant les US et le Japon et en plus en français !! On croit rêver... Les mystères du marketing, surtout chez Dieu Sega étant impénétrables, on ne saura probablement jamais quelles sont les motivations réelles de cette exclusivité, simple commodité de logistique ou réelle prise de position quasi idéologique sur l’avenir du marché du RPG en Europe ? Je vous laisse méditer sur cette question... Enfin quoi qu’il en soit, savourons notre plaisir et jetons nous corps et âmes, avant le reste du monde (MOUAH AH AH AH... pour une fois...) sur ce que nous propose ce Shining Force.

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Le h

Il était une fois l’histoire de Dark Dragon

Tout commence alors que le héros, que par pur commodité on va appeler Aalok (normalement c’est Max mais Max c’est moche, Aalok c’est mieux et dans mon jeu il s’appelait comme ça ^^) [1]. ...donc, ah oui, Aalok est en train de s’entraîner avec son maître d’arme, un certain Varios généralissime de Guardiana, alors qu’un messager tout affolé vient mander la présence de son maître auprès du Roi. Quelques événements s’enchaînent et on apprend très rapidement les bases de l’histoire. Aalok a en fait été retrouvé échoué sur le bord d’une plage (ché pas vous mais ça me rappelle un certain Zelda GB) il y a de cela un an... Mais il est amnésique (rigolez pas c’était presque original comme concept à l’époque). Grand guerrier, le roi de Guardiana, après s’être entretenu avec ses plus fidèles conseillers, lui confie sa première mission. Il doit aller surveiller la porte des anciens où l’on dit avoir vu des troupes de Runefaust, le royaume ennemi. Ce lieu est très symbolique. La légende raconte que mille ans se sont écoulés depuis que Dark dragon l’ennemi des Dieux a été scellé derrière ces grandes portes. Mais l’on dit aussi que l’heure de sa résurrection ne saurait tarder...

Ballade / Village / Bataille

Voilà en gros le gameplay est résumé dans cet intertitre... On commence dans le royaume de Guardiana où l’on doit réunir sa petite équipe. Hop un petit tour à la taverne, on entre chez les gens, on fouille dans les livres, on parle de la pluie et du beau temps avec tous les passants. On va s’acheter des armes et des feuilles de guérison (+20PV)... Puis après avoir rencontré les bonnes personnes, on se retrouve sur une carte un petit peu à la Zelda adventure of Link, où l’on dispose d’un soupçon de liberté... On peut alors faire zigzaguer le personnage en restant appuyé sur "B" (pour aller plus vite). La plupart du temps il n’y a que le prochain village qui est accessible, mais des fois il y a une petite demeure perdue, un coin de décor où l’on peut rencontrer des alliés potentiels ou même des items...Cette phase est donc en temps de jeu très marginale mais elle peut déboucher sur de précieuses découvertes. Finalement ce cycle se conclu par une bataille rangée contre les méchants... Voilà en gros l’organisation de chaque chapitre du jeu (il y en a huit).

Village

Plus sérieusement la partie village est l’endroit où l’on peut sauvegarder (dans les églises), où l’on peut faire quelques emplettes (uniquement armes, artefacts et quelques items (guérison, antidote...). C’est aussi là que la plupart du temps l’histoire avance, on rencontre les bonnes personnes au bon endroit pour déclencher des petites scènes scriptées. Mais le principal intérêt des villages est surtout la recherche et la rencontre d’alliés potentiels. Au cours de l’avancée du jeu, l’équipe s’étoffe ainsi de nouveaux protagonistes. On commence classiquement avec un guérisseur, un mage, un archer, un paladin et un centaure. Puis on se retrouve en compagnie d’un loup-garou (Zylo TROP Classe !!!!), de harpies, d’un moine guerrier, d’un ninja, un samouraï et bien d’autres...

Batailles.

Venons en au principal intérêt du jeu : les combats. Pour présenter simplement le concept aux profanes du TRPG, on pourrait parler d’une sorte de gros jeu d’échec. L’action se déroule au tour par tour, jusque là rien de dépaysant, et sur un décor que l’on peut assimiler à un vaste échiquier qui change à chaque combat...Le joueur dispose de plusieurs "pièces" qui ont des facultés toutes différentes. Chacune d’entre elles peut à chaque tour effectuer un déplacement et une action. Le nombre de cases sur lesquelles la "pièce" peut se déplacer varie d’un personnage à un autre. Un mage est plutôt lent, un centaure plutôt rapide, mais il devient lent en montagne (comprenez que plus un personnage est rapide plus il peut se déplacer sur un grand nombre de cases)... Tandis qu’un personnage ailé se déplacera en toutes circonstances et ne sera pratiquement jamais gêné par un décor. Finalement, le déplacement effectué on peut lancer une action, quatre choix sont alors possible : magie, attaque, objet et défense. Un paladin attaque un ennemi contigu, alors qu’un archer ou un mage peut attaquer à distance. Une technique de jeu assez simple se met alors en place, mettre les plus robustes guerriers de la Shining Force en première ligne et laisser les plus faibles d’entre eux disposant d’attaque à distance en arrière. Bon c’est un peu simpliste et parfois cela ne marche pas du tout. Mais c’est une bonne base pour commencer sans trop d’encombre.

Les combats sont l’occasion de lancer de petites séquences animés très réussies visuellement, on est très loin des attaques d’un FFT qui se déroulent directement sur l’aire de jeu. Là on se retrouve sur un plan trois-quarts à la Golden Sun avec l’ennemi à gauche de face et le personnage joué à droite de dos, l’attaque se lance automatiquement et là il y a plusieurs possibilité. Soit l’attaque se déroule normalement, soit l’attaque est doublée soit c’est un coup critique destructeur, soit, et c’est assez rageant, l’ennemi évite...

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Mais qui se cache derri

Euh dans TRPG ya RPG non ?

On y vient... Tous les personnages voient leur compétences gérées par un système de caractéristiques très classique. Attaque, défense, vitesse, initiative, résistance à la magie, etc.... Rien ne manque à l’appel. Ces compétences obéissent au sempiternel système d’expérience. Au début du jeu vos perso sont level 1 (ceux rencontrés dans le jeu on un niveau proportionnel à l’avancement de l’histoire), tous les 100pts d’expérience ils passent un level (« joyeux level up ! » ^^ ), ce qui est le moment où, fébrile, on assiste à l’augmentation de telle ou telle compétence. Il est à noter que le personnage qui achève un ennemi est très avantagé puisqu’il touche généralement 48 pts d’expérience. Les autres attaques donnent un nombre de points d’expérience en gros proportionnel aux dégats infligés ce qui peut varier entre 1 et 20 (un ennemi a rarement plus de 20 points de vie).

Aussi il est très important de bien partager ces précieux points d’expérience. La tentation est en effet très grande de booster au maximum trois ou quatre perso... Mais au bout d’un moment leur expérience plafonne (si l’ennemi est jugé trop faible par rapport au personnages qui vient de le tuer, il lui lâchera très peu d’expérience, ce qui fait un manque à gagner important). Et lorsque on se dit "tiens si je m’occupais d’un autre guerrier" et bien il est souvent trop tard, son attaque faisant « un » de dégât, il obtient 1 pt d’expérience... Et il est bon à jeter à la poubelle. Aussi il faut veiller à un bon équilibre des membres de votre équipe. D’où une utilisation intelligente des items qui augmentent une compétence, très rares ils sont utilisables une fois par le joueur pour augmenter de un ou deux points une caractéristique...à user avec parcimonie (« c’est qui Parcimonie ? ^^ » ) et intelligence.

Il en va de même avec de nombreux artefacts achetables ou lâchés par un ennemi. Cela va de la simple bague, au gant métallique en passant par l’amulette maudite [2], ils peuvent être équipés sur un personnage afin là aussi d’augmenter leur performance. Chaque personnage peut équiper quatre objets donc si l’on compte l’arme que 90% portent, il reste trois emplacements pour les artefacts... là aussi il faut bien répartir ces précieux objets.

Dernier élément et non des moindres, à partir du level 10, il est possible de changer la classe du personnage. Cela a plusieurs effets. Le premier est esthétique, chaque protagoniste voit ainsi son apparence changer dans un style beaucoup plus classe, le second donne de nouvelle compétences notamment au niveau du choix de l’équipement. Maintenant cette transformation peut avoir un deuxième effet Kiss Cool assez négatif. En effet, le joueur repart du level 1 et remet beaucoup de temps à voir ses caractéristiques à nouveau augmenter lors d’un changement de level. A vous de gérer ce changement de classe et de trouver le moment le plus opportun, juste un conseil concernant les mages essayez de mener cette opération le plus tard possible si vous voulez obtenir rapidement tous les sorts ^^ .

Un remake pour de vrai

Sega nous annonçait fièrement que le jeu jouirait d’une refonte graphique totale. Il va sans dire que nous étions très sceptiques, et que nous attendions de voir... Mais le résultat est là, et fera taire tous les détracteurs anti-Sega (et ils sont nombreux car c’est super fashion en ce moment de gerber sur Dieu-Sega). La partie graphique est donc de très haute facture. Tous les personnages ont été redessinés et affichent un look SD (Super Deformer) très agréable à l’œil. Le charac design dans l’ensemble, si l’on excepte le héros un peu fade, est tout simplement fabuleux, c’est une véritable galerie d’icones au charisme démesuré (Earnest, Hanzou, Musashi, Balbaroy, Gort, Zylo, Zuika, etc.).

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Zuika ou la classe

Graphiquement cela donne un résultat bien plus fin que la version Dreamcast ( cf. Sega Smash Pack vol.1) qui est pourtant déjà bien meilleur que la version Megadrive. C’est très coloré, les combats affichent des sprites plus gros que ceux de Golden sun et sont l’occasion de nombreux effets spéciaux très réussis (surtout vers la fin). Quelques décors restent parfois un peu trop cubique, mais bon ce sont des vestiges inhérents à la version Megadrive. En tout cas un gros effort a été fait, ça se voit et c’est assez rare pour le signaler ! Du côté musical, les musiques originales sans être transcendées par le faible processeur sonore de la machine, sont agréablement reprises. Certains thèmes sont vraiment inoubliables, et d’autres un peu barbants ( la musique du village :/ ), les musiques des combats (il y en deux selon la classe du personnage) s’en sortent plutôt pas mal.

Et sinon quoi de neuf ?

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En fran

Non content de nous servir un jeu plus beau que l’original et en français (je sais je me répète, mais c’est quand même remarquable !), Sega nous a aussi réservé des petites surprises. La première d’entre elles, et non des moindres, est la présence de trois nouveaux personnages. Dans un premier temps (trois chapitres), ils seront jouables lors de prologues en fin de chapitre, eux aussi inédits. C’est alors l’occasion de jouer de manière un peu différente. On dispose de la fille du roi de Runefaust (Mademoiselle Narsha) et de deux personnages monstrueusement forts et énigmatiques aux designs exceptionnels (Mawlock et Zuika). Il faut alors protéger Narsha et attaquer avec les deux autres. Ces passages sont assez rafraîchissant et l’occasion de relever de véritable défi !

Puis passés ces trois prologues ces joueurs seront, pour votre plus grand bonheur, intégrés à votre équipe. Ce qui ne manquera pas de vous poser des cas de consciences. Et oui ne pouvant faire jouer que douze personnages en même temps (sur un total de trente et un disponible), vous vivrez sûrement des moments de grande solitude lorsque il vous faudra constituer une équipe avant une bataille...Des choix cornéliens se présenteront et les décisions seront souvent frustrantes...

Mais plus encore, ce remake de Amusement vision nous propose aussi un système de carte inédit du plus grand intérêt. Ce mode de jeu est lié à Mawlock qui possède le pouvoir d’utiliser les cartes. Mais bon dans un premier temps il faut tout d’abord les trouver. Les premières vous sont données par les personnages de votre équipe que vous rencontrez dans votre quartier général. Là c’est l’occasion de parler avec eux pour en apprendre un peu plus sur leur personnalité, mais c’est surtout le meilleur moyen d’obtenir ces précieuses cartes. Puis tout au cours du jeu, il ne faudra pas hésiter à marteler le bouton « A » dans tous les coins et recoins des décors, fouiller tous les livres, parler et reparler à tous les PNJ, ne pas ignorer les animaux domestiques, mais aussi tuer l’ennemi final d’une bataille avec le bon personnage...

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Le ma

Autant dire qu’il est absolument impossible de trouver toutes les cartes lors de la première partie, du moins sans tricher (ce qui implique un fort potentiel de durée vie). Enfin lorsque vous posséderez quelques cartes et que Malwock fera parti de votre équipe, ce dernier pourra utiliser leur pouvoir. Ce qui fait que Malwock, déjà bon guerrier, devient capable d’utiliser quatre pouvoirs qui peuvent aller de l’augmentation de quinze points de défense pour un joueur, à la guérison de tous les personnages en passant par le « clonage » d’un membre de l’équipe... Bien utilisé ces pouvoirs peuvent vous conférer un avantage indéniable dans la bataille...

La genèse du genre dans sa plus belle parure.

Ce remake est donc l’occasion de découvrir ou de redécouvrir un jeu rentré directement à sa sorti au panthéon des œuvres vidéo ludiques. Certes treize ans se sont écoulés, certes le gameplay est un peu archaïque (disons « classique »), mais la magie opère toujours. Et pour ceux qui connaissent par cœur l’œuvre originale les nouveautés qui sont loin du gadget les rassasieront. Quant aux autres, ils n’ont pas le droit de passer à côté d’un chef d’œuvre pareil...Oui je sais nombre d’entre vous l’ont en émulation sur leur PC et le feront « un jour », avec les vieux FF, les DQ... Mais l’effort qu’a fourni Sega est vraiment louable et se doit d’être remercié en achetant ce petit bijou. Pour ma part je n’attends qu’une seule chose : le remake du deuxième opus...


Editeur : THQ

Developpeur : Amusement vision

Date de sortie europ

[1] En fait Max c’est nul pour un héros de jeu vidéo, c’est tout. Mais sinon c’est très bien comme nom ^^ (note ajoutée suite à une plainte du collectif de défense des Max).

[2] Le mot "maudit" n’est pas trop fort puisque à chaque fois que j’ai voulu attaquer avec un perso qui portait un objet maudit le jeu s’est mis à planter ( ?!!)

NOTE : 08/10