Consoles-Fan
28/02/2020

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Shenmue
A qui venge son p
...il n’est rien d’impossible. (Corneille)

Pour son premier jeu produit

Retour au moment du lancement de la Dreamcast au Japon. Un jeu de l’AM2 est prévu pour la console à spirale, des rumeurs annoncent d’ailleurs un certain Virtua Fighter RPG ; mais rien ne filtre à part un titre provisoire "Project Berkley". Finalement, Shenmue sera dévoilé avec fracas le 20 Décembre 1998 lors d’une conférence évènement à Yokohama. Avec le potentiel inégalé à l’époque de la Dreamcast, Yu Suzuki comptait bien laisser libre cours à son imagination pour nous confectionner un jeu annoncé comme hors du commun. Shenmue était présenté comme le précurseur d’un nouveau genre de jeu : le F.R.E.E (Full Reactive Eyes Entertainment). Sous cette appellation, se cache un système où le personnage dispose d’une grande liberté et où de nombreux détails sont pris en compte afin de retranscrire au mieux la réalité. C’est alors à la fin de l’année 1999, que le public japonais a pu goûter au jeu de Suzuki-San.

Le scénario de Shenmue nous renvoie en 1986, vous incarnez Ryo Hazuki, qui cherchera à venger le meurtre de son père par un homme mystérieux appelé Lan Di. Shenmue vous place donc dans une trame de recherche et d’investigation dans une ville japonaise, qui grouille de vie. Vous arpentez alors les rues à la recherche du moindre indice, grâce à l’aide des passants et des commerçants. Le soucis de réalisme est véritablement flagrant. Lors de la première heure de jeu, on peut apercevoir les allées et venues des gens, rythmées par leur travail et diverses occupations. Et bien sûr, vous aurez une grande diversité d’individus devant vous : de l’alcoolique au timide, en passant aussi par les gros loubards de service ou encore le Père Noël au moment des fêtes. Le réalisme est vraiment un point très important dans Shenmue. Il est vrai que l’on peut encore être impressionné aujourd’hui en voyant tous les paramètres pris en compte. Les conditions climatiques et leurs variations criantes de vérité, sont vraiment marquantes (notez d’ailleurs qu’avec un simple appel vous pourrez connaître les prévisions météo). La gestion du temps ajoute une quatrième dimension au jeu. Ici, il n’est plus question d’aller où l’on souhaite à n’importe quelle heure : Ryo, adolescent très discipliné, rentre d’ailleurs chez lui tous les soirs à 23 heures. Ainsi, on pourrait croire que le réalisme restreint un peu la liberté du joueur. Certains se plaindront tout de même du fait que Shenmue n’offre pas une liberté totale au joueur. Certes, vous ne pouvez pas aller voir de prostituées, frapper les passants, mais pour ça vous n’avez qu’à vous tourner vers GTAIII. Donc, soyons clair sur un point, le réalisme prime ici face à la liberté, mais cette dernière reste tout de même incomparable face à celle offerte par d’autres jeux du genre.

Au départ, on se sent submergé par toutes les choses que l’on peut observer autour de Ryo. Le nombre imposant d’action pouvant être effectuées et de personnes arpentant les rues est énorme. Cependant, certains joueurs souhaitant se détacher un peu de la trame principale risque de s’ennuyer ferme. Même, si vous pouvez vous amuser dans une salle d’arcade (avec Space Harrier, ou Hang On notamment) ou encore vous entraîner au combat, il faut dire que Shenmue n’offre pas vraiment énormément de divertissements pour notre héros. Soit, après tout, Ryo n’a pas que ça à faire !

Shenmue est véritablement impressionnant au point de vue graphique. Yu Suzuki a poussé le soucis du détail très loin, et encore aujourd’hui on peut être ébahi devant la qualité superbe des textures. On peut tout de même noter quelques imperfections, comme des déplacements un peu raides des personnages ou encore des ralentissements (justifiés avec le nombre parfois important de personnages à l’écran). Du point de vue sonore, le tout est d’assez bonne qualité avec des voix anglaises de bonne facture et des musiques assez sympatoches composées par le compositeur d’Actraiser sur Super Famicom.

La difficulté de Shenmue n’est pas vraiment très élevée. Généralement, il ne s’avère pas trop compliqué d’obtenir quelques renseignements. De plus, n’oublions pas la force des phases de combats et de Q.T.E (Quick Time Event), qui apportent beaucoup de fun. Le Q.T.E qui consiste à appuyer sur une touche affichée à l’écran permet d’obtenir quelques séquences palpitantes et intuitives. Mais comme pour les combats, un échec ne reste pas fatal puisque vous aurez juste à recommencer la séquence. Quoi qu’il en soit, la durée de vie du soft reste vraiment conséquente. Il faudra compter une bonne vingtaine d’heures de jeu pour parvenir à la fin sans couac, sans compter bien sur les nombreuses heures passées pour certains à errer sans but ou à jouer aux fléchettes.

En bref, Shenmue est un jeu que tout joueur se doit de posséder sur Dreamcast. Il constitue une expérience originale et marquante. Certains n’accrocheront peut-être pas au déroulement du jeu, d’autres reprocheront l’impossibilité de pouvoir vraiment tout faire avec le héros ; mais Shenmue reste un jeu a essayé absolument. Sans conteste, un pilier de la ludothèque Dreamcast.

Graphismes : 9/10 Tout bonnement excellents. A la sortie du jeu, ceux-ci m’avaient carrément scotchés. Encore maintenant, ils restent véritablement impressionnants comparés à ce que l’on peut voir sur Dreamcast.

Son : 9/10 Pas de soucis ici encore. C’est un véritable plaisir pour les oreilles.

Jouabilité : 7/10 Le déplacement du personnage pose quelques petits problèmes au début, mais rien de grave. Les phases de combats sont très jouables. Dommage toutefois que le jeu soit en anglais, ce qui pourrait décourager ceux qui sont totalement étrangers à la langue de Shakespeare.

Intérêt : 9/10 Shenmue est véritablement une réussite. Parler de révolution serait peut-être trop fort, mais le jeu de Yu Suzuki a bel et bien apporté des innovations notables et intéressantes. Un jeu certes admirable face à ce qui se fait encore en ce moment, mais qui ne mérite pas la note ultime à cause de quelques bémols. Espérons enfin qu’un jour le troisième volet sorte pour pouvoir clore cette saga.



- Classification PEGI : 12+
- D
NOTE : 09/10