Consoles-Fan
24/02/2018

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Driv3r
Sur l’autoroute
de la m

Attendu comme le messie cens

En un mot comme en cent

Bien que proche par le concept, deux différences essentielles les différencient, à l’époque Driver bénéficiait d’une réalisation bien plus ambitieuse que la 2D de GTA, et l’autre grosse opposition des titres était liée aux personnages que ceux-ci vous permettaient d’incarner (flic contre gangster).

Les années ont passé et si la série de Rockstar s’est vue élevée au rang de mythe par de nombreux joueurs (pas tous !!!) sur la planète de par ses constantes évolutions et ses apports. Il n’en va pas de même pour Driver tombé en désuétude depuis la très médiocre séquelle qu’a connu la PSONE. C’est donc en fanfare qu’Atari nous avait annoncé le grand retour sur console de Tanner le « flic dans la mafia » vidéo ludique.

Seulement c’est bien beau de faire des promesses et des annonces aguicheuses mais quand le résultat est de cet acabit mieux vaut jouer profil bas. Un principe éprouvé.

L’agent Tanner que vous incarnerez ici est un pseudo espion infiltré au sein de la pègre, si ses méthodes ne sont pas vraiment celles d’un flic conventionnel c’est pour mieux laisser place à notre instinct bestial et notre besoin de défoulement. Le principal apport de ce troisième volet et à l’image de GTA la possibilité de quitter son véhicule pour effectuer une partie des missions à pieds ainsi que pour emprunter de nouveaux moyens de déplacements. Les dits véhicules sont nombreux et variés puisque pas moins d’une cinquantaine sont présents, de la voiture de sport en passant par la moto ou le bateau, le gameplay sera adapté aux spécificités de ces derniers. Bien évidement ceux-ci sont présents pour vous servir au mieux dans vos missions. Ces dernières vous feront voir du pays, vous débuterez aux USA et plus particulièrement à Miami pour ensuite venir faire une halte en France (Nice) et enfin en guise d’épilogue ce sera la belle ville d’Istanbul qui vous accueillera. Le jeu bénéficie d’un scénario suffisamment riche et bien construit, décomposé en chapitre eux même découpés en missions relativement bien conçues. Celles ci pourront vous amener à poursuivre un camion déversant des produits toxiques ou même à provoquer la destruction d’infrastructures en cour d’achèvement ou autres poursuites. Un global sans originalité mais plutôt bien mis en scène.

La valeur du jeu ne pouvant pas se résumer à ces quelques facteurs, allons jeter un œil au coté technique qui soyons clair est loin d’être aussi glorieux que nous pouvions le souhaiter... Des graphismes très...

...en dessous de ce que nous attendions ! L’ensemble n’est en effet pas vraiment beau, si les véhicules bénéficient dans leur grande majorité d’une modélisation plus que correcte appuyé par la qualité des déformations physiques que chaque choque engendrera le reste du titre ne bénéficie cependant pas des mêmes soins. Les villes sont relativement vastes mais déambuler dans leurs divers embranchements ne provoquera que peu de plaisir visuel tant la qualité de l’environnement y est médiocre, les textures pauvres en couleurs ne servent pas au mieux des architectures sans saveurs. Ceux-ci nous font comprendre que la 3D peut être vraiment anguleuse et pleine d’arrêtes...

Les intérieurs des divers bâtiments sont de la même veine et ici encore les développeurs n’ont, semble t il, eu que peu de temps ou de talent pour travailler sur les divers éléments. Alors il est vrai que les cités parcourues sont immenses mais est ce là un motif suffisant pour pondre des décors sans saveur, comme ces innombrables rues ou seuls les intersections entre textures nous laissent entrevoir les divers bâtiments. L’environnement est d’ailleurs si peu intéressant que même les passants numériques semblent avoir déserté le jeu.

Finalement mis à part les véhicules seuls les cut scènes (vraiment magnifiques) font honneur au support. Toujours présentes pour servir au mieux le scénario, la qualité de réalisation des divers protagonistes ne pourra pas y être mise en défaut, ce sentiment de quasi perfection se trouvant appuyé par un doublage de haute volé. Pour soutenir ces graphismes de seconde catégorie, l’animation a subit les mêmes soins et l’on ne compte plus les ralentissements, enchevêtrements de polygones, clippings et autre plaies qui font de ce titre une calamité à la hauteur du second épisode (un comble sur un hardware tel que la Xbox).

Votre personnage semble d’ailleurs souffrir d’un objet contondant enfoncé dans l’arrière train qui l’handicape sérieusement dans ses déplacements. Tant qu’à être dans les compliments évoquons l’IA de vos adversaires proche du néant puisqu’ils seront systématiquement placés aux mêmes endroits pour effectuer les mêmes mouvements et vous comprendrez ainsi que la clef de la progression se résumera à une bonne mémoire. Mais si le coté obscur semble doté du QI d’une huître, les forces de polices elles seront à la limite de la clairvoyance, donc n’espérez pas les berner par quelques manœuvres audacieuses lors de vos poursuites car leurs réactions seront instantanés. On a après ce triste bilan le sentiment que les développeurs ont voulu copier la concurrence mais ils n’en ont pris que le plus mauvais. Le gameplay découle de ce que j’évoquais précédemment et si la difficulté est malgré tout présente, la mémoire demeurera votre meilleur atout. Vous comprendrez aussi la frustration ressentie lorsque lors des poursuites vous échouerez à cause d’un simple lampadaire vous stoppant dans votre course et vous faisant ainsi perdre au chrono. Voire même lors de vos poursuites et que le simple contact avec un trottoir provoquera l’envol de votre voiture au poids proche de celui d’une plume. Il en va de même pour les phases piétonnes qui bien que proposant des actions variées, comme la nage, ne seront que rarement trépidantes.

Les divers véhicules que vous pourrez piloter ne bénéficient pas eux non plus des mêmes facilités d’appréhensions et si basculer d’une voiture à une autre se fera sans trop de heurt il n’en sera pas de même avec les bateaux à la rigidité de contrôle évidente. Le système de sauvegarde compliquant encore l’ensemble puisque vous ne pourrez sauvegarder qu’en conclusion de chapitre. Les lignes défilent et la conclusion de ce test doit vous sembler plus qu’évidente et ce serait mentir qu’affirmer qu’il en sera tout autre et pourtant le côté sonore tire un peu mieux son épingle du jeu que tous les autres aspects techniques.

Tout d’abord grâce à ses musiques qui sont chacune complètement dans le ton du lieu dans lequel vous vous trouverez, savant mixe de thèmes intimement liés à la culture du pays d’accueil, ainsi que par le doublage (en français SVP !) qui pour une fois est de très bonne qualité.

Pour être complètement honnête Driver 3 partait plutôt mal dans mes mains tant je déteste tous les titres du genre. Ce ne sont ni mes expériences avec les deux premiers ni celle avec ses concurrents qui auraient dû me convaincre de me pencher sur le nouveau bébé de Reflection. Mais comme le dit le proverbe « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » et fort de cela autant laisser sa chance au titre. Mais le constat ne risque pas de me faire changer d’avis sur les jeux du genre et la réflexion sera de mise à la sortie des prochaines productions du même type.

Néanmoins en ne jugeant le jeu que sur ses aspects techniques et donc sans mettre mes goûts en jeu, le titre demeure bien en deçà de ce que tout le monde en attendait. Une réalisation globale des plus faibles avec des graphismes et des animations particulièrement moyens et dont seules les cinématiques et l’ambiance sonore relèvent le niveau. Reste malgré tout le petit coté fun et la liberté qui si vous faite abstraction des trop nombreuses faiblesses techniques vous permettront de rester derrières votre machine durant pas mal d’heures.

Au final voici un titre qui ne viendra sûrement pas contester l’hégémonie de GTA !

Graphismes :65%

Les graphismes ne font pas honneurs au support et la Xbox nous a habitué à beaucoup mieux.

Animation :52%

Enchevêtrement, ralentissement, saccade, clipping...je continue ?

Jouabilité :67%

Les voitures (si l’on excepte les mises sur orbite) sont relativement maniables en comparaison des autres véhicules ou phases piétonnes.

Son :85%

De très bonne qualité, les musiques sont épaulées par de très bons doublages.

Intérêt :62%

Passé les trop nombreux défauts techniques, Driver conserve son scénario et sa mise en scène de qualité, reste à savoir si ces éléments vous suffiront ?

Shenrone


NOTE : 06/10