Consoles-Fan
18/06/2018

Auteur
  

2958 articles en ligne

 
Atomik Circus (Le Retour de James Bataille).
Bombe atomique
ou cirque total ?

Les fr

Chaque année, la ville de Skotlett organise la fête de la tarte à la vache (ça ne s’invente pas) et pas aux Poiraud ! Bosco interprété par Jean-Pierre Marielle est le tenancier du café du village (à l’origine, le rôle était tenu par le regretté Jean Yanne), il est aussi l’organisateur de la fête qui ne l’intéresse que pour son aspect pécuniaire. Il tente tant que possible de ramasser un maximum d’argent en en investissant le moins possible. Le résultat est d’ailleurs complètement ringard mais dans la région, Madonna est quand même rarement de passage, alors tout le monde se console avec sa fille Concia, interprétée par Vanessa Paradis, qui joue ici le rôle d’une jeune chanteuse sans grand talent de composition ou d’interprétation mais presque prête à tout pour faire décoller sa carrière. Son physique avantageux va intéresser un impresario qui débarque dans ce village par accident : Allan Chiasse... dont le rôle est tenu par Benoït Poelvoorde. Ce dernier n’est pas le seul belge de l’équipe. Il y a aussi l’excellent Bouli Lanners qu’on a pu découvrir dans les Snuls (Jimmy Zomerville c’était lui !) et plus récemment dans le film Madame Edouard. Celui-ci joue le rôle d’un flic au QI pas très avantageux. Est-ce cette forte concentration de belges qui a conféré à ce film son côté surréaliste bourré de personnages décalés et de situations grotesques ? On se croirait en effet dans un gigantesque mélange de genre parodié à la puissance Z. Mais il faut encore pouvoir s’arrêter. Il y a une frontière où l’on dépasse les limites de l’art ou de l’essais, une limite où il devient difficile de défendre un film même avec beaucoup de volonté. En faisant n’importe quoi, on finit par l’obtenir.

Allan Chiasse va en tous cas déballer son talent de baratineur pour piéger Concia dans les filets. Son homme vient à peine de s’évader de prison. J’aurais fait pareil parce que condamnée à 133 ans de prison pour une cascade qui a mal fini c’est quand même un peu lourd. C’est alors que des extra-terrestres arrivent et créent un bordel monstre. Mêlez à cela le caractère explosif des protagonistes et vous obtenez un bon gros film pétage de plomb ! L’humour est ultralourd tant dans le visuel que dans les dialogues. Rien que le nom de l’impresario devrait vous suffire pour comprendre ce que j’entends par là... Benoît Poelvoorde se retrouve avec des répliques qui se veulent truculentes, qui collent parfaitement avec l’acteur, mais qui ne sont en fait pas du tout drôles. J’ai eu même l’impression pendant tout le film que le réalisateur attendait que Benoît Poelvoorde lui serve son show habituel.

Finalement, j’ai été assez déçu par l’absence de scénario. J’aurais aimé me faire piéger par le délire du réalisateur mais justement c’est ce dernier qui tombe à son propre piège et qui ne sait même plus comment terminer son histoire, du moins c’est comme ça que je l’ai ressenti, les dernières 30 minutes du film sont comblées par des chansons de Vanessa Paradis, de la violence tout avec du sang un peu partout et enfin la fin du film parce qu’il faut bien dire un jour au spectateur, c’est bon les gars, on va mettre le générique de fin et vous pouvez quitter la salle. En bref, il vaut mieux l ’attendre à la télé, comme ça si ça ne vous plait pas, vous aurez toujours la possibilité de zapper. Mais de mon point de vue, le nom de l’impresario résume bien ce que je pense de ce film.


- R