Consoles-Fan
19/04/2018

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Eternal Darkness : Sanity’s Requiem
Sombrez
dans l’

Orchestr

Les ténèbres arrivent

Pour faire un bon jeu, il faut avant tout une bonne idée. Et dans Eternal Darkness, il n’y en a pas qu’une. Le scénario est passionnant, l’intrigue vraiment bien menée. Si tous les films pouvaient déjà être comme ça ! Alex Roivas est une jeune femme dont le grand-père vient de décéder dans des circonstances étranges. Elle découvre dans la maison de son grand-père un livre étrange : le livre des ténèbres éternelles. Toute l’histoire va s’articuler autour de ce livre, un peu à la manière du film « la neuvième porte » . Alex va donc lire le livre chapitre après chapitre. Chaque chapitre correspond à un bout d’histoire. Vous allez donc faire connaissance avec des personnages provenant à peu près de toutes les époques, héros du chapitre un peu malgré eux. Chaque personnage possède des caractéristiques qui lui sont propres. Certains sont plus à l’aise au combat que d’autres, certains sont plus rapides ou encore ont une endurance plus grande. Car vous pouvez courir dans ce jeu, mais certains s’essoufflent plus vite.

Seulement voilà, au début de l’histoire, seul le premier chapitre est disponible. C’est en lisant chaque chapitre que vous allez jouer que des indices apparaîtront pour récupérer de nouveaux chapitres dans la maison du grand-père et ainsi continuer l’histoire. A vous d’être attentif pour pouvoir continuer votre enquête. Lorsqu’un personnage du livre récupère un objet, vous le récupérez par la même occasion : ce livre est un lien entre passé, présent et futur : l’idée est farfelue mais le résultat est grandiose. Lorsque vous démarrez un chapitre, le personnage que vous incarnez n’est pas en possession du livre. Ils seront à un moment projetés dans un monde parallèle inquiétant qui leur permettra de récupérer toute une série de pouvoir qui s’accumuleront chapitre après chapitre. Et là aussi, Silicon Knight a frappé fort.

Les programmeurs ont mis au point un système de runes qui disposées sur des tablettes vont mettre en œuvre de nombreux sorts. C’est vous même qui allez créer les sorts en disposant les runes. Puis vous devrez faire les invocations, à divers degré de puissance, et en unissant le sort à différentes couleurs. Les possibilités sont vraiment très nombreuses : invoquer un zombie, révéler l’invisible, restaurer ses jauges, mettre une barrière de protection ou briser celle d’un ennemi... Vous ne pouvez même pas invoquer un sort n’importe quand puisqu’il va falloir rester immobile quelques instants. Si des ennemis viennent vous enquiquiner, l’invocation sera donc brisée. Vous êtes également limité par une jauge bleu de magie. Autant vous dire que tout cela est hautement stratégique.

J’pète les plombs !

Il existe deux autres jauges : une rouge qui représente votre vie et une verte qui symbolise votre santé psychique. Lorsque celle-ci diminue, votre personnage commence à délirer et vous aussi par la même occasion. Cela se traduit par une gestion des caméras délirantes. Tout semble être filmé de travers. Mais cela ne s’arrête pas là (je vous conseille de passer au paragraphe suivant si vous ne voulez pas être spoilé) : votre personnage peut avoir la tête coupée sans raison et mourir. Vous pensez alors avoir perdu mais en reprenant vos esprits vous vous rendez compte qu’il s’agit juste d’un songe délirant. Dans le même style, vous marcherez au plafond et serez incapable de checker quoi que ce soit dans une pièce pendant une dizaine de seconde. Encore plus fort, j’ai eu droit en milieux de jeu au générique de fin du jeu. On a vraiment l’impression que le jeu se termine en eau de boudin et qu’il va certainement falloir acheter une suite prochainement pour connaître la fin de l’histoire, mais ici encore, c’était juste votre imagination qui vous poussait des tours. Les programmeurs ont été jusqu’à pousser le vice de simuler une fausse manipulation dans le menu des sauvegardes : tout s’efface contre votre volonté, mais là encore, c’était juste une blague. Pensez à restaurer donc votre jauge verte si vous ne voulez pas vivre ce genre de plaisanterie stressante qui semblent se déclencher en random puisqu’elles se déclenchent en fonction de votre santé psychique.

Même Skeletor a les chocottes

Eternal Darkness tire son effroi essentiellement de là. Lorsque vous êtes mal, vous entendrez des voix bizarres. On frappe à la porte ? Mais il n’y a personne. En tous cas ça peut parfois surprendre ! Cette jauge psychique diminue automatiquement à chaque fois que vous croisez un ennemi démoniaque. Normal, ça rassure pas. Lorsque vous éliminez votre ennemi et surtout lorsque vous l’achevez au sol avant qu’il ne disparaisse de lui-même, vous récupérez un peu d’énergie psychique.

Pour le reste, le système de jeu est assez classique, des objets que vous découvrez vous serviront à progresser dans l’histoire. Des ennemis viendront vous chatouiller, à vous de les éliminer. C’est sans doute d’ailleurs le seul point faible du jeu, le gameplay est parfois imprécis même si les programmeurs ont voulu aussi se la jouer très original puisqu’il est possible avec un bouton gâchette de locker différentes parties du corps de votre adversaire. Un bon truc est d’éliminer la tête, votre ennemi ne sera pas tué en un coup mais il ne pourra plus vous voir s’il perd la tête, depuis qu’il a vu Suzette, il perd la raison chaque fois qu’il voit Suzon. Il est intéressant de noter que tout comme dans Berserk, il ne sera pas facile de donner des coups amples dans des couloirs étriqués.

La motion capture des personnages est assez moyenne mais les décors et la fluidité de l’action (en 60 images/seconde) rattrapent vraiment bien l’affaite. Silicon Knights a utilisé une astuce efficace : placer la caméra sur un rail un peu comme dans les jeux d’Electronic Arts de la gamme « le Seigneur des Anneaux ». Le jeu ne doit donc pas gérer de mouvement de caméra « surprise » et le moteur du jeu peut donc être supérieur, et c’est le cas ! Eternal Darkness est vraiment très beau, surtout vu le degré de fluidité qu’il propose. Les décors sont d’autant plus agréables qu’ils sont très variés puisque l’histoire se déroule à des époques très différentes. Dommage que pour économiser des bouts de chandelle, les programmeurs ont réutilisé des décors à différents moments de l’histoire, mais après tout, dans quel survival horror ne vous trimbale-t-on pas plusieurs fois dans les mêmes endroits ?

Musicalement, et dans l’ensemble au niveau des sonorités, Eternal Darkness place la barre très haut. On est vraiment dedans, jusqu’au cou, surtout avec une installation Dolby Surround !

Avec sa créativité évidente, Eternal Darkness se révèle nettement plus prenant qu’un Bio Hazard. Il est d’ailleurs impossible de tout raconter dans un test tant le jeu est inventif. D’ailleurs ce jeu n’est pas à lire, il faut y jouer pour vivre une expérience de jeu vidéo unique avec un scénario qui capture le joueur.

Graphismes : 92%
La réalisation est superbe, par contre, le design des personnage à un peu vieilli.

Animation : 85%
La fluidité est à toute épreuve, par contre, la motion capture laisse à désirer.

Jouabilité : 75%
Le temps de réaction des personnages a tendance à exaspérer.

Bande Son : 88%
Une très jolie bande-son symphonique "Disney - boîte à musique".

Intérêt : 94%
Avec Illbleed, Blue Stinger et Clock Tower 3, un des survival horror les plus originaux auxquels j’ai pu jouer. La durée de vie est excellente.

Note Globale : 90%
Un des meilleurs jeux de la Gamecube : s’en passer est une lourde erreur tant ce survival horror est riche.


NOTE : 09/10