Consoles-Fan
17/10/2018

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Ikaruga
La perfection selon Treasure
...ou l’invention de la drogue vid

En voulant faire une suite

Développé pour le système Naomi GD-Rom, Ikaruga s’est ensuite vu adapté sur Dreamcast au Japon. C’est d’ailleurs grâce à la dernière console de SEGA qu’il a acquis sa réputation de shoot them up mythique et son indéniable succès auprès de la communauté shmupesque. Ceux qui ont raté le fameux Radiant Silvergun à l’époque de la Saturn n’ont bien évidement pas réitéré leur erreur. C’est sûrement cela qui a poussé Atari à éditer la version Gamecube en occident, là où ces fameux Radiant Silvergun importés s’arrachent à des prix exorbitants. Il existe plusieurs versions Gamecube d’Ikaruga. Tandis que la version japonaise reste fidèle à l’originale, les versions occidentalisées du titre se sont vues retirées purement et simplement leurs textes d’introductions des niveaux. À défaut de les traduire, Atari a donc mutilé un tantinet le jeu au passage. Ce qui est moins drôle, c’est que pour la version PAL, cela ne s’arrête pas là puisque Ikaruga est ici affligé de saccades et de diverses bugs suite à une conversion 50Hz optimisée. Il y a cependant un point positif à cette version puisque que les menus ont été intégralement traduis tout comme dans la version NTSC-US. Celle-ci s’est d’ailleurs vue dotée d’une nouvelle jaquette collant beaucoup mieux à l’univers artistique du jeu, ce qui lui confère un intérêt certain, surtout que bien entendu, la conversion 60Hz est ici parfaite. Précisons-le, c’est cette dernière et uniquement celle-ci qui est testée ici.

Point important, Ikaruga est un shmup vertical basé sur un écran d’arcade vertical. Cela implique le petit désagrément habituel, c’est-à-dire, une image centrée disposant de deux grosses bandes noires de part et d’autre. Il est donc fortement conseillé d’y jouer sur un écran assez grand pour bien distinguer l’action ou encore, pour les plus acharnés d’entre-nous, de tourner l’écran de télévision sur le côté gauche mais attention au tube cathodique dans ce cas. Il y a une troisième possibilité consistant à tourner l’image au lieu de l’ecran et de jouer horizontalement mais je déconseille fortement cette solution, le jeu ne se trouvant plus du tout dans les conditions originales.

Sans atteindre celui de son prédécesseur, le scénario d’Ikaruga est plutôt crédible dans le genre. Tout commence lorsque Tenro Horai trouve un objet divin, l’Ubusunagami Okinoka, lui attribuant une force divine. Cet homme malveillant, puissante personnalité du pays d’Horai, s’en sert afin de conquérir les pays voisins en se prétendant élu de Dieu. Ce n’est pas l’avis de la fédération Tenkaku, une armée s’étant spécialement formée pour le combattre. Hélas tous leurs efforts pour libérer le monde, maintenant complètement aux mains d’Horai, n’aboutissent qu’à leur perte. Ce n’est pas sans compter sur Shinra, le seul survivant des Tenkaku. Férocement décidé à venir à bout de l’emprise d’Horai, ce jeune homme se fait pourtant toucher lors de nouveaux affrontements et s’écrase à bord de son vaisseau Hitekkai dans un mystérieux village du nom d’Ikaruga. Heureusement, il y fait la connaissance de Kazamori, le chef de ce village d’exilés qui, accompagné des autres habitants, l’aide à reprendre des forces. Une fois Shinra remis de son périple, les villageois lui confient un vaisseau construit de leur propres mains et portant le nom du village afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec Tenro Horai. C’est ici que nous prenons les commandes, rendez-vous à la fin du jeu pour en savoir plus.

Le gameplay du jeu se base principalement sur trois éléments. Le premier est celui d’une dualité de la couleur noire et de la couleur blanche. En effet, tous les boss, les ennemis et les tirs ennemis rencontrés au cours du jeu sont soit noirs, soit blanc, soit des deux couleurs et Ikaruga, notre vaisseau, peu arborer l’une ou l’autre en faisant un simple tour sur lui-même. Lorsque celui-ci est noir, les projectiles noirs ne lui causent aucuns dommages. Il en va de même lorsqu’il est blanc face aux projectiles blancs. Ce n’est que lorsqu’un tir de la couleur opposé à la sienne atteint sa partie centrale qu’il explose. Quant à ses propres tirs, ils sont toujours de la même couleur que lui et ils infligent deux niveaux de dommages aux ennemis. Les noirs tuent les ennemis blancs beaucoup plus rapidement, il en va de même avec les blancs face aux ennemis noirs. Par ailleurs, lorsque des ennemis sont détruits à l’aide de projectiles de la même couleur qu’eux, ceux-ci lâchent, à quelques exceptions près, une dernière slave de tirs de couleur identique. En principe, celle-ci n’est pas là pour nous nuire puisqu’il est en effet possible d’absorber les projectiles de couleur identique au vaisseau afin de remplir sa précieuse jauge de missiles à têtes chercheuses. Ceux-ci foncent directement sur les ennemis lorsque nous les relâchons, ce qui permet d’élaborer des tactiques relatives au second élément.

Ce deuxième élément est un système de chaîne. Il est effectivement proposé de détruire les ennemis de la même couleur par vagues de trois. Que ce soit trois noirs ou trois blancs, cela donne une chaîne. Ce qui vient mettre un peu de piquant c’est qu’il faut réussir à les placer les unes après les autres et les deux couleurs d’ennemis arrivant de façon à les rompre ne facilitent pas la tâche. Il nous faut élaborer toutes sortes de techniques différentes allant parfois même jusqu’à "mal jouer" pour continuer les chaînes. La récompense étant tout simplement des points, c’est ici que commence la course au score, le troisième élément du gameplay.

Comme tout bon jeu d’arcade qui se respecte ce troisième élément propose de nous améliorer sans cesse à la différence qu’ici tout est poussé à l’extrême ! En effet, le scroring est tout simplement le moteur d’Ikaruga, l’élément qui fait que nous n’arrêtons plus d’y jouer. La marge de progression est ici énorme. Tout est fait pour ne plus lâcher le jeu à partir du moment où nous en prenons conscience. Du moindre projectile absorbé à la dernière seconde grappillée au time attack d’un boss, une fois lancés dans cette course au score, nous en voulons toujours plus. Cela nous ramène à un point très impressionnant du jeu, la synchronisation parfaite. Tout, absolument tout y est minutieusement calculé au dixième de seconde près. Il y a toujours une technique à adopter quelle que soit la situation. Que ce soit pour remplir sa jauge de missiles le plus rapidement possible ou pour faire des dizaines de chaînes à la suite, tout a été pensé et repensé dans les moindres détails. Quant nous nous rendons compte que cela va jusqu’à la bande-son qui colle parfaitement à l’action et c’est peu de le dire, nous réalisons à quel point le degré de finition du jeu est poussé à l’extrême.

Hélas, cela ne laisse que très peu de place à l’improvisation puisqu’il faut apprendre par cœur la moindre parcelle du jeu pour scorer quand ce n’est pas pour survivre, tout simplement. Même si ce détail peut en décourager quelques-uns, s’investir pleinement dans la maîtrise d’Ikaruga se fait avec un certain plaisir, d’autant plus que les résultats sont immédiats. En effet, la progression s’effectue assez facilement surtout qu’il nous est proposé de réviser chaque scène d’un chapitre au ralentit ou non dans un mode de jeu dédié, le mode Conquest. Ce mode propose également des vidéos de démonstrations qui, même si elles ne sont pas toujours parfaites, restent très intéressantes à étudier à la vue des divers types d’approches proposées.

Imaginons maintenant que tout ce côté très technique -presque puzzlesque- du jeu soit multiplié par deux. C’est ce que nous obtenons en faisant rentrer le second joueur. Ici, jamais la coopération n’aura été aussi poussée dans un shmup. En effet, il n’est pas juste proposé de jouer en même temps que son voisin, ce serait du déjà vu. Non, Il est tout bonnement question de fusionner avec sa technique de jeu. C’est à cet instant qu’Ikaruga devient on ne peut plus démentiel. Élaborer conjointement toutes sortes de techniques à l’aide des deux vaisseaux est une expérience incroyablement jouissive. Exemple parmi tant d’autres, lors de l’affrontement du dernier boss, il est possible d’attirer les missiles à tête chercheuse avec le premier vaisseau afin de laisser le champ libre au second pour qu’il puisse librement se concentrer sur les points faibles du boss. Cela marche aussi dans l’autre sens. Entendons par-là, tout faire pour nuire au deuxième joueur. Celui-ci fait trop de chaînes ? Pas de problème puisqu’il est possible d’aller lui rompre toutes celles à venir ! Il meurt moins souvent ? Eh bien rien de tel que d’aller le pousser dans une salve de tir de sa couleur opposée ! Bref, que ce soit l’un avec l’autre ou l’un contre l’autre, jouer à deux à Ikaruga, c’est vraiment quelque chose !

Ikaruga a beau être un jeu développé sur système Naomi en 2001, sa qualité visuelle incroyable pour l’époque est encore aujourd’hui très correcte. Certes, toutes les capacités de la Gamecube sont loin d’être exploitées au maximum dans cette fidèle adaptation mais il n’en demeure pas moins que le titre de Treasure reste encore très agréable à l’œil. La mise en scène et les mouvements de caméra sont saisissants. Il en va de même pour les explosions et les effets de lumière qui sont aussi très réussis. L’animation, quant à elle, ne faillit jamais et ce, même lorsqu’une centaine de projectile assaillit l’écran. Oh, il y a bien les constants ralentissements lors des explosions finales des boss mais nous remarquons bien qu’il ne s’agit là que de la signature habituelle de Treasure consistant à les rendre plus marquantes qu’elles ne le sont déjà.

Classer Ikaruga comme un simple jeu serait plutôt réducteur. Le travail artistique fournit ici est d’une qualité remarquable. L’univers mis en place par le scénario est en harmonie totale avec un level design recherché et de somptueuses compositions musicales qui retranscrivent parfaitement chacune des émotions ressenties par le personnage donnant au jeu une ambiance unique et parfaitement adéquate. De plus, tout ceci est illustré à merveille par de sublimes artworks qu’il nous est proposé de gagner à la sueur de notre front et qui laisse au joueur le plaisir d’imaginer le scénario. Bref, Ikaruga a un caractère artistique indéniable qui lui apporte enormement.

Avec sa durée de vie hors du commun, son gameplay terriblement accrocheur, sa réalisation hors pair et sa jouabilité parfaite, Ikaruga frôle de très très près la perfection. Avoir une Gamecube et passer à côté de ce shmup de luxe serait manquer un jeu à l’ambiance unique, une expérience videoludique intensément riche et un nombre incalculable d’heures de plaisir. Que nous y jouons seul ou à deux, Ikaruga est donc un titre complétement indispenssable, d’autant plus que sur Gamecube, ce genre de jeu ne fait pas légion.

Coryoon


M
NOTE : 10/10