Consoles-Fan
20/01/2018

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Ico
Une belle t
Ce jeu pr

Talk-in’ ’bout, hey now ! hey now ! ico, ico, un-day Jock-a-mo fee-no aI na-ne. -jock-a-mo fee na-ne.-

Look at my king all dressed in red.- Ico, ico, un-day, I bet-cha five dol-lars He’ll kill you dead.— Jock-a-mo fee na-ne



Iconoclaste

L’ambiance scénaristique est plutôt glauque puisque vous incarnez un garçonnet qui se prénomme Ico et qui possède des cornes (tiens ça me fait penser, quelqu’un a croisé Shiryu aujourd’hui ?). Il vit dans un village où les sacrifices de garçons cornus est chose fréquente, pas de bol, vous commencez donc mal votre aventure mais vous vous échappez fort heureusement, sinon le jeu serait déjà terminé ^_^.

Ico est une force de la nature, un caractère très marqué, et pourtant, Ico est aussi un jeu très calme, basé sur un mélange d’adresse et de réflexion, Ico a comme des allures d’un Prince Of Persia en 3D.

L’ambiance d’Ico est particulière et interrogative, un monde complètement artificiel et original s’offre à vous, le dépaysement est total. Cependant Ico possède des couleurs assez fades et palotes, qui accentuent encore l’irréalité de l’environnement. Ce monde semble être bercé dans une ambiance crème, sans vie, peu accueillante et pourtant si reposante.

Il est très agréable de gambader et de pouvoir vous déplacer où bon vous semble, un peu à la manière d’un singe et sans jamais vous faire mal, même en sautant de haut. Ce sentiment de liberté est réellement agréable. Le jeu est basé également sur un système de jeu proche de Castel Of Illusion sur Megadrive, à cause du système de coopération, sauf qu’en Megadrive, le jeu était jouable à deux, ici, vous devez aider une princesse à accomplir son destin et s’échapper...

Outre son ambiance particulière et le système de coopération, le déroulement du jeu reste assez classique : actionner des leviers pour ouvrir des portes, mais les lieux que vous visitez forment un véritable dédale qui reprend un principe de jeu vieux comme le monde puisqu’on vous montre la plupart des éléments sans vous en laisser l’accès. Aussi, à la découverte de certains éléments, on raisonne quelque peu et on a déjà son plan d’action en tête avec tout ce qu’il faut faire.

Au niveau des énigmes, le jeu est très bien pensé et très efficace. Par exemple il est impossible de progresser seul ou de sauvegarder le jeu seul. Aussi, il faudra temporairement se séparer de la demoiselle qui vous accompagne, histoire de trouver une solution afin de continuer l’histoire à deux. Un bloc de pierre à pousser, un levier à déclencher ou une plate-forme en hauteur à atteindre et le tour est joué. Si vous vous trouvez déjà à l’endroit à atteindre vous pourrez tendre la main à votre compagne. Elle acceptera même de se lancer dans le vide pour vous à condition que vous la rattrapiez. Poooooour, l’amour du risque, Johnatan et Jennifer, des justiciers milliardaires, enfin pas là !

Par contre, un côté broute le mou : les ennemis apparaissent généralement au dernier moment, lorsque vous avez réussi à accomplir toute une série d’actions. Vous êtes presque au bout, mais il faut tout abandonner, battre les ennemis (des ombres nuageuses) car s’ils emmènent votre dulcinée vous serez game over, puis recommencer à zéro ce à quoi vous étiez affairés. C’est de bonne guerre : ça rajoute de la durée de vie virtuellement, il est donc aussi de bonne guerre que je dénonce cette pratique frustrante

En général, des indices visuels ou sonores (franchement l’ambiance sonore est non seulement géniale mais elle est utile : chapeau) vous mettent sur la voix. Je ne veux pas vous révéler ce dont il s’agit, vous le découvrirez bien par vous même quand vous y jouerez !

Ico naît la musique

La musique de Ico est assez en retrait et c’est ce qui fait étonemment sa force. C’est inexplicable, mais cette espèce d’absence, ce doux tapis musical de bruitages donnent une pointe de poésie très marquée à Ico.

Ico se joue à l’analogique gauche pour déplacer le personnage, mais l’analogique droit n’a pas été oublié, il est même fort utile puisqu’il vous permet de modifier l’angle de vue de la caméra comme bon vous semble ! Cette option est vraiment très intéressante car elle vous permet d’analyser clairement la situation et observer le nouvel environnement, et donc de réfléchir au moyen d’accéder à l’étape suivante du jeu sans déplacer votre personnage dans toute l’aire du jeu. L’utilisation de cette caméra rend le jeu bien plus dynamique qu’il n’aurait du l’être normalement.

Au niveau de la réalisation Ico est assez joli mais comme je l’ai déjà dit, les couleurs sont vraiment très pâles et il va falloir vous y faire. Si vous aimez le flashy, passez votre chemin. Pour aimer Ico, il faut aimer le vert, le brun et le gris, essentiellement ! Triste programme. Enfin... chacun ses goûts... Par contre, les effets d’eau sont très réussis et la représentation des arbres est très convaincante : non seulement les branches bougent indépendemment les unes des autres, mais en plus les feuilles sont intégralement dessinées, avec du reflet, et l’ombre de l’arbre est gérée également. De l’excellent travail de ce point de vue. Ah oui, encore une chose, la gestion de la lumière est très chaleureuse voir éblouissante par moment, heureusement car pour le reste, les décors sont très inorganiques et froids.

Ico ze pas beaucoup

Par contre, Ico souffre de problèmes de Z Buffer assez grossiers. Même s’il est vrai que l’animation des personnages est assez aboutie et tend à être comparée aux mouvements de Aladdin en Megadrive, lorsque vous grimpez sur une chaîne, par exemple, l’animation est superbe, mais vos pieds traversent lamentablement la chaîne sans broncher. Les effets d’eau sont magnifiques, mais il faut noter que les effets spéciaux restent eux très discrets, tant mieux, ça nous change des productions un peu tape à l’oeil et sans véritable fond.

Ico est réellement attachant et le taux d’emphatie envers les personnages est vraiment très élevé. Vous entendrez même jusqu’à leur respiration, une intimité rarement atteinte dans le monde sacré des jeux vidéo. En plus, les nombreuses cinématiques filmées ou en temps réel accrochent encore plus le joueur !

Ico ne plaira pas à tout le monde, seulement aux curieux toujours à la recherche de nouvelles sensations ludiques. Personnellement j’ai bien accroché au jeu qui apporte beaucoup de fraîcheur au niveau de son ambiance mais qui se révèle dans le fond très classique même si les énigmes sont vraiment très très agréables. Je ne dirais pas que Ico nécessite l’achat d’une PS2, mais presque.

En résumé

Graphismes : 81%
L’ambiance est toute particulière mais en fin de compte assez répétitive et les textures qui sont très riches sont malheureusement trop souvent répétées. De la brique, des cailloux, de l’herbe...

Animation : 90%
La motion capture de Ico est très réussie, pour le reste le jeu ne souffre d’aucun problème de ralentissements. L’animation des ennemis en suite ou nuages d’ombre est vraiment intéressante..

Jouabilité : 77%
Ico est très jouable mais il arrive de temps en temps qu’on s’emmêle les pinceaux ou qu’on ait du mal à se situer par rapport au décor à cause de quelques erreurs de perspective. On croit pouvoir passer mais on ne peut pas ou on se plante même parfois. Il arrive aussi que l’analogique s’adapte en temps réel aux emplacements de la caméra, ce qui est particulièrement gênant lorsque la caméra change d’angle de vue justement.

Bande Son : 96%
Deluxe, la bande son apparaît par moment dans le jeu mais le jeu baigne intégralement dans des bruitages excellents.

Intérêt : 92%
Ico est un jeu intelligent doté d’une excellente ambiance mais il reste trop court, comme tous les bons jeux d’ailleurs.

Note Globale : 90%

Ico est un excellent choix qui risque en plus d’être boudé par le grand public tant ce jeu passe inaperçu dans les plannings de Sony, un choix regrettable. Sortez des chantiers battus : achetez Ico !


NOTE : 09/10