Consoles-Fan
19/08/2018

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Metal Slug 3
Tiens prends
Et puis

Dans la vie je dirais qu’il y a deux cat

Ignition a fait un beau pari. Celui d’éditer en Europe des adaptations de jeux Neo Geo pour les consoles de salons "next-gen" que sont la Xbox et la PS2. Tous les vieux joueurs ne pourront que les remercier de cette initiative qui parait bien plus animée par une réelle passion ludique que par l’appât du gain. Chapeau bas messieurs. C’est assez remarquable pour être souligné et ce d’autant plus qu’Ignition ne nous a pas fait des conversions avec les pieds ! Pour preuve ce fabuleux Metal slug 3.

Un peu d’histoire...

Alors en fait des méchants sont venus sur terre, ils ont enlevé la princesse en menaçant de détruire l’univers et ? "ronfll"... "quoi ça ne vous intéresse pas !!?" Bon ok alors consacrons nous à une autre histoire.

Metal slug 3 : la genèse.

Metal slug est avec la série des King of Figther une œuvre qui aura su traverser les époques et les styles. Résistant toujours et encore à l’envahisseur polygoné, elle est pour ainsi dire l’étendard de toute une génération. Un game play ultra basique qui se résume à "taper/tirer/sauter", une réalisation quasi obsolète selon les canons actuels et pourtant le charme opère toujours autant.

Cependant bien peu de joueurs, même parmi les plus invétérés d’entre eux, connaissent l’histoire de sa création. Tout commença en réalité, il y a fort longtemps au pays merveilleux de l’arcade. Une société dénommée Irem ( R-Rype...) écumait alors les salles obscures et enfumées de notre enfance.

Et c’est ainsi que par l’an de grâce 1991 apparut de manière assez anodine sur nos écrans verticaux le jeu Gunforce. A savoir, tout simplement, le véritable géniteur de la série des Metal Slug. Ce dernier se présente comme un clone du Contra de chez Konami en moins inspiré.

Suis Gunforce 2 en 1994, là les bases sont bien plus solides. La réalisation est exceptionnelle, des sprites immenses et très détaillés inondent l’écran. Le bestiaire mécanique fait de machines toutes plus improbables les unes que les autres annonce déjà la personnalité de la future série de la Néo Géo.

Finalement le divin enfant arrive en 1996. C’est le premier épisode destiné à la Neo Geo et il est cette fois concocté par Nasca une nouvelle société composée de nombreux transfuges de chez Irem. Et là, la claque. La réalisation fourmille de détails, la 2D vie son jour de gloire au moment même où le combat avec la 3D bat son paroxysme. L’identité de la saga est créé via l’arrivée de Marco et de son acolyte Tarma tous deux Rambo du dimanche tout droit sorti d’une "Z" bien naze. Le ton aussi est donné, on abandonne le côté martial pour adopter un style définitivement burlesque et ce pour notre plus grand plaisir.

Alors et le 3 !!!

Bon ok j’y viens. Passons sur le 2 et l’épisode X (remake du 2) qui bonifient le premier opus pour nous concentrer sur l’œuvre qui nous intéresse directement. Ce troisième opus est considéré par nombre de fans comme le meilleur de la série et ce à bien des égards. C’est donc avec beaucoup de bonheur que nous accueillons cette version Xbox.

Première chose : Les menus ont été entièrement re-dessinés. Leur agencement est des plus maniable et le tout est servi par une certaine touche esthétique. A noter, une démo du futur KOF en 3D, par curiosité on regarde et il faut bien avouer que même si l’on est plus près de la réalisation de Project Justice (rival schools 2) que de VF4 evolution le tout bouge bien et le gameplay a l’air de respecter l’œuvre originale... A voir.

Les options classiques sont à disposition : difficulté, nombre de vie, un select stage garde en mémoire votre progression et vous permettra de reprendre de là où vous avez chuté, ou encore de vous perfectionner dans un tableau. On devine la présence de niveaux bonus à débloquer... N’oubliez pas de mettre en marche le mode vibration et lancez vous !!

GO ! Go ! GO !!!!!!!

Le principe de jeu, une sorte de shoot’em up pédestre de folie, est celui qui domine 90 % du jeu composé de 5 niveaux. Mais certaines originalités sont à noter. Tout d’abord il est très sympa de remarquer que la plupart des tableaux sont composés de plusieurs embranchements (un peu à la Panzer dragoon zwei et orta), ce qui permet de varier les plaisirs et par là même de rallonger la duré de vie.

Les différents Slugs, à savoir les véhicules que vous pouvez utiliser sur votre chemin, sont toujours aussi tarés, en vrac vous trouverez chameau, hélicoptère, avion, tank, mécha, sous marin, fusée... Leurs présences rafraîchissent le game play mais rajoutent incontestablement une puissance de feu inouïe. Il ne faut donc surtout pas les négliger et essayer de les épargner le plus possible.

Viennent ensuite des éléments ultra burlesques absolument délicieux. Le deuxième tableau prend place dans une sorte de base militaire désaffectée avec moult cadavres d’avions en arrière plan. Le comité d’accueil est alors composé de zombies qui peuvent eux même vous transformer en l’un des leurs (via un magnifique jet gerbico-visqueux de glaire avariée ^^). Notre protagoniste devient très difficile à manier, très lent, avec une détente sèche de 4,3 cm, mais il a l’avantage de résister aux balles et d’avoir une super attaque dévastatrice !!! Le zombie crache un geyser de sang sur tout l’écran et détruit tout sur son passage : M-O-N-S-T R-U-E-U-X !!!!! Etre un figurant de Thriller n’est donc pas forcément un handicap...

Il peut aussi vous arriver de combattre des big foot, ou abominables hommes des neiges, il faudra alors sauter dans tous les sens, tirer à n’en plus pouvoir, éviter les boules de neige et se retrouver transformé en bonhomme de neige !! Fou rire assuré la première fois, un de mes passages cultes, suivis d’une charge à l’elephant-slug... que du bonheur !!

Les stages ont ensuite tous leur petit truc qui les rend irrésistibles. Les passages aquatiques succèdent à des tableaux plus classiques ou aériens. Ces derniers ont d’ailleurs ma préférence. En ce sens le 5° tableau est assez orgiaque, puisqu’il enchaîne un passage aérien horizontal dans la plus pure tradition de Super Probotector, et un passage vertical qui rappelle furieusement dans ses premières secondes Space Invaders pour se transformer ensuite en un pur shoot magistral qui n’aurait rien à envier à une production Pc Engine ! Moi je vous le dis : du grand art !

Quelques petits cadeaux.

Pour les plus persévérant, deux petits bonus sont débloquables. L’un se présente sous la forme d’un tableau unique où le but du jeu est de s’empiffrer au maximum des bonus lâchés par les ennemis. Son agencement rappelle les vieux jeux Atari 2600 , ou même le premier Mario Bros, il s’avère très sympa à jouer, surtout à deux !

Le deuxième tableau bonus nous met à la tête d’un escadron de soldats qui essayent de prendre le vaisseau ennemi (passage du 5 ° tableau) cela rénove un peu le gameplay, mais il faut savoir que le challenge à relever est des plus ardus !

Deux mots pour dire qu’il y a aussi un classement Xbox live en ligne, voilà c’est fait.

C’est dans les vieux pots...

Le tout est servi par une réalisation exceptionnelle. La 2D fourmille de détails, les animations sont d’une très grande fluidité, les boss rivalisent de grandiloquence, le gameplay instinctif rappelle avec bonheur des sensations naguère éprouvées face à des productions canoniques telles que Double Dragon 2 ou Super Probotector.

On pourrait presque dire qu’on est là au "stade oral" du jeu vidéo tant le tout parait primitif, mais tout en étant à des années lumières d’un Ninja Gaiden à la 3D monstrueuse, ce jeu a au moins pour lui un atout : on s’amuse !! et c’est là, il me semble d’un point de vu simplement étymologique, l’intérêt principal d’un jeu vidéo... Alors à toutes les nouvelles générations pour qui évoquer Super Mario Bros 1 est aussi chiant que parler de la Guerre de cent ans, ayez au moins la curiosité de tester ce jeu de papi à la 2D moisie, peut-être vous surprendrez vous quelques heures après, le regard hagard, les pouces en feu toujours en train de jouer à Metal slug 3.

Une œuvre qui pour moi rentre directement au Panthéon des jeux Xbox entre Panzer Dragoon Orta et Shenmue 2...


NOTE : 09/10