Consoles-Fan
19/01/2018

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Der Untergang
La chute ou
L’agonie du IIIe Reich

Parler d’une guerre qui a tu

Tout d’abord, sur le fond, ce film allemand est vraiment excellent car on ressent vraiment avec un réalisme poignant la débandade de l’arméeallemande qui perd peu à peu tous ses moyens.

Têtu, Adolf Hitler y croira pourtant jusqu’au bout, du moins, il laissera le croire aux autres pas toujours très dupes. Mais une chose est sûre, il restera fidèle à ses convictions nazies jusqu’à la mort, en hésitant pas à sacrifier son propre peuple qui mérite finalement de mourir puisqu’il est battu. Et selon Darwin, les moins forts n’ont finalement qu’à disparaître. Avoir pitié des faibles est donc contraire à la nature. Sans doute avait-il oublié de dire qu’une fois que les plus faibles avaient disparu, il y aurait toujours des plus faibles parmi les forts. Soit, ne philosophons pas trop.

Adolf Hitler est montré au début du film comme quelqu’un de plutôt sympathique, jovial. Mais il faut dire qu’au début du film, l’Allemagne est en position dominante et Adolf Hitler a sans doute tout pour être heureux. Il engage une jeune secrétaire : un des rôles principaux du film.

Le film coupe court au triomphalisme allemand et laisse place au commencement de la fin. On découvre alors des officiers allemands de tous bords, quelques sceptiques, beaucoup de fidèles et quelques-uns jusqu’à l’extrême. On perçoit très bien que pour certains SS, Adolf Hitler était devenu un idéal. Beaucoup lui resteront fidèles même après la mort malgré la crainte perceptible qu’Hitler inspirait même au sein de ses rangs.

L’étau se resserre

Adolf Hitler vit ainsi une chute à la fois militaire et psychologique. Il se croit trahi par les siens qui, affaiblis, ne peuvent rien face à l’adversité russe. Ceux-ci pénètrent peu à peu dans Berlin.

Sans être niée, la Shoah n’a pas vraiment sa place dans le film, on cite un chifre de 6 millions de morts, Hitler souligne que dans la défaite, sa satisfaction est tout de même d’avoir épuré le peuple allemande d’un maximum de juifs... Peu de passage donc, mais des mots très lourds qui compensent ce manque et soulignent la haine d’Hitler. On ne peut en tous cas pas traiter ce film de négationiste car finalement, ce n’était pas le sujet abordé (même si certains regretteront que cela ne soit pas le cas). Je pense malheureusement que ce manque de développement a été un choix délibéré pour créer un scandale (sans pour autant trop choquer les esprits en passant complètement à côté de cette page ignoble de l’histoire) et faire ainsi de la publicité au film . C’est peut-être finalement encore plus scandaleux, mais laissons le bénéfice du doute au réalisateur. De notre côté, ne tombons pas dans ce piège grossier.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut bouder ce film audacieux, très intéressant, historiquement cohérent mais très limité dans le temps, il est donc nécessaire de replacer tout cela dans son contexte. Une bonne connaissance du sujet est donc vivement conseillée !


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