Consoles-Fan
20/05/2018

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L’Empire des Loups
Les Rivi
et sans les Yamakazis s’il vous plait...

L’Empire des Loups, troisi

L’image est souvent sombre, la pluie ne cesse de tomber. Les images chocs succèdent à des propos choquant. C’est parfois un peu facile, parfois un peu trash. La description de l’autopsie du premier cadavre navigue ainsi entre très mauvais goût et burlesque assumé...On pense bien sûr au premier volet des Rivières Pourpres, mais aussi au Doberman de Jan Kounen quand des coups de poing ne cessent de s’écraser sur un visage déjà tuméfié... Caméra embarquée dans une course poursuite sensation Space Mountain 2 assurée : préparer les sacs à vomi...

Jean Réno en flic pourri est égal à lui même alors que les autres protagonistes sont parfois inégaux. Le flicaillon joue trop bien son rôle de petit flic sans envergure. Un peu fade... Peut-être seul élément trop réaliste du film.

Mais on se laisse doucement embarquer. Ce Paris filmé paraît plus vrai que nature, la pluie incessante en plus. L’image est assez distanciée, assez travaillée pour ne pas avoir l’impression de mater ce petit film franchouillard style Strip Tease. On est dans une fiction. Et c’est ce qui je crois est le plus remarquable. Chris Nahon a réussi à représenter un Paris sublimé, décalé, fictif. En cela il s’inscrit dans la grande tradition américaine d’un cinéma qui n’est pas là pour filmer le réel, mais pour créer un univers. Ce Paris n’existe pas et pourtant il nous est si familier.

L’histoire commence bien. On sent un scénario particulièrement travaillé. La première heure est en ce sens hypnotisante. L’ambiance est très lourde, oppressante. Puis un peu comme son illustre aîné, L’Empire des Loups se met à patiner. Il ne reste plus qu’une heure de film et on devine qu’il reste des centaines de pages à mettre en scène. Le scénario s’emballe, on perd un peu pied. On comprend que plusieurs intrigues se chevauchent, que des fausses pistes encombrent la trame principale. Je me dis alors que le livre doit être passionant... Et que Chris Nahon n’arrive pas à tout condenser comme il le devrait. Cependant le rythme très bien maîtrisé ne frustre pas le spectateur un peu perdu, les musiques accompagnent parfaitement l’action. Le tout reste donc agréable à regarder... Puis la fin tombe. Un tout petit peu moins grand-guignolesque que celle des Rivières Pourpres, elle laisse un goût étrange. Celle d’un film d’action et de suspens qui remplit très bien sa mission de divertissement grand public, mais qui se retrouve entaché par un scénario trop ambitieux et mal digéré... Un grand dommage, pour un bon moment passé...

Aalok.