Consoles-Fan
18/10/2018

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Spikeout Battle Street
Atomis
Spikeout le m

Spikeout Battle Street est un jeu charg


Tout commence plutôt bien. La cinématique d’intro sans être révolutionnaire tient tout à fait la route et nous met dans l’ambiance. On apprend qu’une organisation mafieuse dénommée Inferno dirigée par un certain Michael a jeté son dévolu sur l’île de Diesel Town avec la ferme intention d’en devenir la seule dirigeante. Dès lors, dans la peau de Spike Jr. nous voila sur les traces de votre père qui en son temps avait déjà combattu les velléités malveillantes de ce Michael. Rien de bien particulier à signaler concernant les options si ce n’est la présence d’un training mode assez bien pensé, qui permet de se familiariser avec les commandes. Plusieurs modes de jeu se présentent alors à nous. Le mode Story, le mode Arcade et le mode Xbox live. Le premier permet de suivre les événements de l’histoire via des cinématiques introductives à chaque tableau. Ce mode est particulièrement dur car une mort signifie le retour au début du tableau joué. Sachant qu’un tableau est découpé en plusieurs sous-niveaux (8 rien que pour le 7° tableau !), cela peut facilement agacer, d’autant plus que l’on est à chaque fois obligé de se taper les susdites cinématiques...rageant ! Aussi, pour les plus impatients du stick, le mode "combat de rue" permet, soit d’enchaîner les crédits en recommençant là où l’on a perdu (un mode infini en somme, mais les tableaux accessibles doivent être au préalable débloqués en les ayant parcourus dans le mode histoire), soit de lancer le mode arcade qui est une version plus dure encore que le mode histoire puisque vient s’ajouter la contrainte du temps à l’absence de continue. Il est d’ailleurs assez dommage de ne pas avoir trouvé de juste milieu entre ces deux extrêmes. L’un et l’autre pouvant avoir des effets négatifs sur la durée vie du jeu.

Le Beat’em all n’est pas mort !

Pas petit joueur lançons le mode Story. Une cinématique du pauvre met en scène Spike Jr. et Min Hua menant une conversation assez obscure avec des dialogues signés Brigitte Nadesan (Salut Brigitte !!). Elle veut aller au manège, il veut taper les méchants... Que d’enjeux ^^ La qualité technique est vraiment limite et fait penser aux rares cinématiques Dreamcast qui donnaient plus l’impression de voir une scène en 3D avec fort effets de blurs pour faire style...passons. Le jeu commence aux alentours d’un port. Deux trois ennemis nous attaquent, c’est l’occasion de balancer quelques coups de poings en appuyant frénétiquement sur le bouton X... Aahhhh putain ça fait du bien... "Moi Taper !". Des sensation vieilles de 15 ans me reviennent dans les doigts. Tout de suite je repense à Double Dragon II, Street Of Rage ou à Final Fight. Ce genre qui a vécu ses dernières heures sur 32 bits avec des titres mythiques tels que Guardian Heroes ou Three Dirty Dwarves reprend vie sous mes yeux.

Au delà du tripe "revival"

Passer les quelques émois liés à la redécouverte d’un genre adulé en des temps quasi-immémoriaux, quel jugement objectif peut-on émettre sur ce Spikeout ? Tout d’abord d’un point de vue technique. On a pu lire à droite à gauche que le jeu était laid. Alors franchement je ne vois pas. Qu’il ne soit pas à la pointe de la technologie je le concède volontiers. Reprenant sûrement le moteur du jeu programmé pour la version Dreamcast, il s’inscrit dans une moyenne basse des sorties actuelles. Pas très détaillé, mais très propre le jeu est assez agréable à voir, seul le choix des couleurs parfois un peu ternes pourra chagriner les fans de la version arcade. Autre élément un peu décevant l’interactivité avec les décors est à son strict minimum. Pas de cabine téléphonique à casser ou de poubelles à balancer, juste quelques chaises à renverser et le portail de fin de niveau à défoncer, rien de très défoulant. Il est à noter que chaque élément est interactif dans le sens où il peut être utilisé comme une arme, mais on aurait aimé pouvoir casser un peu tout ça (bah ouais on est des rebelles oui ou non ?!) ! Concernant les musiques j’ai plutôt été agréablement surpris. Très typées, elles m’ont fait un peu penser aux compositions de Yuzo KOSHIRO sur Street of Rage. Quelques passages jazzy sont un petit ton en dessous, mais sinon des morceaux très hardcore tech, agressifs et dynamiques collent très bien à l’action et contribuent même à son intensification (j’aime beaucoup le thème de choix des persos ou celui de la fin du 3° tableau, ça ressemble presque à du Atari Teenage Riot !). Les voix digit’ collent aussi parfaitement au délire...L’ambiance combat de rue à l’ancienne bat donc son plein sans concession.

Le chara-design n’est pas en reste et propose une jolie galerie de personnages. Les héros jouables du mode histoire sont imposés et ne mettent en scène dans les premiers tableaux que Spike Jr et Jackal, mais dés le 4° niveau l’arrivée de Void apporte un gros plus. Le jeu devient alors absolument jouissif, charismatique au possible, ultra puissant, ce perso à la palette de coups variées et sans lacune infuse une nouvelle dimension à Spikeout. Le jeu prend une toute autre ampleur avec son arrivée... un vrai régal. Les méchants sont assez variés et proposent des Boss parfois impressionnants et bien durs à battre.

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Void en action !

Je finirai ce tour d’horizon technique avec ce qui fâche un peu à savoir quelques animations un peu baclées. La démarche du personnage est risible au possible, enfin du moins quand il ne court pas. Les coups de pieds souvent assénés par des filles manquent de puissance et paraissent un peu hachés. Dommage parce que le reste tient vraiment bien la route.

Spikeout ça se joue avec les doigts

Le gameplay assez particulier reprend le maniement de la borne originelle. Le bouton "X" permet de lacher un coup de poing (ou du moins le coup leger du perso) en le tapotant plusieurs fois on lance un combot assez sympathique. Le bouton "B" permet de sauter, jusque là rien de très nouveau, on peut alors lancer un coup de pied sauté (avec "Y") style Sarah dans VF2 (entendez un coup assez raide avec une amplitude un peu étrange) ou un coup de coude sauté style "Ong-Bak dans ta tête" du meilleur effet (avec "X") !. Le bouton "A" est assigné d’office à l’esquive. Il permet en fait de strafer avec son personnage (c’est à dire de se déplacer de côté sans pivoter) pour pouvoir reculer ou eviter des coups tout en restant face à l’action. Pour ma part je conseillerai de virer cette configuration qui n’est adaptée que si l’on joue avec un arcade stick. Je me suis mis l’esquive sur la gachette de gauche et c’est beaucoup plus instinctif de la sorte. On peut donc lancer deux séries de coups avec X et Y et combiner les deux. Puis en couplant ces deux boutons on obtient un nouveau coup qui permet un balayage enchainé avec un uppercut. Ce qui donne donc trois combinaisons de coup possibles. À vous de tester les meilleurs enchainements selon le combattant utilisé pour lancer le combot le plus devastateur. Viennent ensuite les coups au corps à corps. Il n’y a pas moins de sept combinaisons possibles. Ce qui permet de varier les plaisirs à loisir, projection avant, arrière, enchainement de coups dans le ventre ponctué par un bon coup de boule, fracassage de colonne vertebrale sur le genou, projection sautée, la liste est longue et les animations changent selon les personnages joués. J’ai une petite préférence pour la projection qui n’est faisable qu’en attrapant l’adversaire de côté en straffant, notamment celle de Spike Jr qui se solde par une prise au cou et un coup de poing très violent sur le sommet du crane... Reste le cas du bouton "Y", non content de lancer un coup normal si on le solicite brièvement, il permet de lancer trois autres coups à l’importance capitale. Une jauge est en effet affiliée à l’utilisation de ce bouton. En restant appuyé la jauge se remplit et donne accés à de nouveaux coups. Le premier, bien connu des fans de Street Fighter fait immanquablement penser au "Dragon punch" de Ryu/Ken. Très pratique, il permet de soulever l’ennemi pour l’enchainer en l’air. La deuxième étape permet de lancer un coup dans le bas ventre qui assome l’adversaire, permettant ainsi de lui assèner toutes sortes de prises au corps à corps (indispensable à maitriser contre les boss !). Et finalement vient le coup ultime du jeu qui se présente sous la forme d’un coup surpuissant qui balaye tous les ennemis vous faisant face, dans une détonation assourdissante qui fera exploser le caisson basse de votre installation 5.1. Derniers coups et non des moindres la pression simultanée de B, X et Y lance une attaque tourbillonante sorte de coup spécial à la Final Fight qui permet de se sortir d’une situation délicate et qui peut être utilisé au corps à corps pour jouer à la toupie... Finalement le coup dit "sauté" ne peut être joué qu’en pressant Y et B simultanément, il est pratiquement impossible à sortir de la sorte, d’où la nécéssité de l’assigner en raccourci manette (ce coup peut d’ailleurs être doublé pour certains personnages ce qui donne pour Lynda un double coup de pied sauté détonant). Une pression sur le stick analogique permet de faire courir le personnage, et c’est d’ailleurs bien ainsi car l’animation normale de ce dernier est vraiment ratée... pour tout dire on dirait qu’il a un peu abusé de scéances de sauna réservé aux garçons...

Spikeout un jeu pour jouer

Vous l’aurez compris, si la réalisation technique n’est pas au top, elle n’est pas non plus rédhibitoire. Dès lors affublé d’une ambiance qui reprend tous les canons du genre, d’un gameplay très riche qui n’a rien à envier au meilleur création 2D beat’em allesque de la grande époque, qui plus est doté d’un mode multijoueur décliné sous toutes ses formes (écran splité, xbox live, link), Spikeout se présente vraiment comme le jeu qui réconcilera les fans de Beat’em all avec le genre. Seul un mode de difficulté vraiment mal pensé pourra rebuter les moins acharnés d’entre vous, j’avoue pour ma part avoir à peine atteind le 4° tableau du mode histoire en 4h00 de jeu. Mais avec ses 58 persos jouables, son mode xbox live performant, ses nombreux tableaux de record mis en ligne, il y a vraiment de quoi faire ! Dès lors, si vous êtes un adepte des challenges relevés et de la baston de rue vidéoludique vous ne pouvez pas passer à côté de ce cette création pensée pour les fans d’arcade pure.

Aalok

Note : À l’heure où ce test va être publié, j’ai atteint le 7° et avant dernier tableau du mode histoire en une dizaine d’heures de jeu...Que du bonheur...



 Editeur : Sega Europe
 D
NOTE : 07/10