Consoles-Fan
19/08/2018

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Yoshinoya
Pas cher, rapide
Venez faire un tour

Ce n’est pas la premi

La PlayStation 2 proposait déjà de se prendre pour un étudiant sans le sous exerçant un job ingrat. The Conbini 3 sorti en 2003 et réédité en version budget en début d’année 2005 proposait aux joueurs de bosser dans un Convenience Store. The Conbini 3 était un jeu de gestion plutôt complet mais également très inaccessible pour un public occidental en raison de ses nombreux menus et de son interface relativement complexe. A la différence de Hamster Interactive, Success a décidé d’emprunter une toute autre voie pour le plus grand bonheur des amateurs d’ovni japonais. Si les premiers screens laissaient entrevoir un jeu où la gestion avait la part belle, on se rend compte manette en main que le soft s’appuie sur un concept surtout porté sur l’action. Lorsqu’on lance Yoshinoya pour la première fois on est surpris par la qualité visuelle et sonore du jeu. En général, ce genre de production dispose d’une interface austère, de graphismes hors d’âge et d’une introduction soviétique (cf. les jeux Simple Series). Très certainement décidée à marquer le coup, l’enseigne a dû allouer une somme coquette à Success, qui s’est empressé d’en faire usage dans la vidéo d’introduction et surtout l’écran titre. Très dynamique, cette petite séquence nous met déjà dans le bain avec en super star le gyuudon maison. Quant à l’écran titre, il nous présente un restaurant sexy dans lequel s’agitent clients et serveur. Le principe du jeu est extrêmement simple mais diablement efficace. Vous vous retrouvez dans la peau d’un employé de Yoshinoya et vous devrez servir des hordes de clients affamés en un temps imparti. Le but du jeu étant d’en contenter un maximum en un minimum de temps. Pour cela il va falloir déplacer votre petit personnage tout le long du comptoir tout en appuyant sur le bouton correspondant au client. En fait la manoeuvre s’apparente un peu à ce que l’on trouve dans les rythm’n games, il faudra rester concentrer pour appuyer de facon efficace sur les bons boutons. D’autre part, le jeu emprunte au puzzle games la possibilité d’effectuer des combos. Vous remarquerez bien vite que les clients se ressemblent et qu’à chacun d’entres eux correspond une touche particulière. Lorsque plusieurs clients identiques sont assis côte à côte vous pouvez réaliser un combo en les servant tous en même temps. La maîtrise des combos deviendra vite indispensable pour passer les niveaux supérieurs car vous devrez servir beaucoup plus de clients que le chronomètre ne vous l’autorise, en effectuant des combos on peut ainsi grappiller quelques précieuses secondes supplémentaires. Un principe de "chain" est également de la partie, le jeu jugera votre capacité à enchaîner un maximum de clients à la suite sans vous tromper et vous récompensera par des points supplémentaires. Une fois que vous aurez rempli les 3 plages horaires de la journée, un boss se présentera à vous... Les clients de votre restaurant sont particulièrement caractériels. Si vous ne les servez pas dans les trois secondes qui suivent leur commande ils commencent à fulminer et si quelques secondes plus tard ils n’ont toujours rien à se mettre sous la dent ou que vous vous êtes trompé dans la commande, ils quittent carrément leur siège et claquent la porte du restaurant. Néanmoins, une fois que vous aurez fait connaissance avec les boss vous trouverez vos clients réguliers particulièrement charmants. Le boss de fin de niveau est un client exigeant qui va tester votre maîtrise de la restauration rapide. Après une entrée fracassante et une petite introduction via une fiche, le gourmet qu’il est vous lancera un défi que vous devrez relever haut la main. Le premier boss vous demandera de réaliser un simple gyuudon, mais plus vous avancerez dans les niveaux et plus les commandes deviendront compliquées. Pour pimenter le tout il faudra parfois réaliser plusieurs fois la même commande, tout ça bien sur en un temps limité. Bien entendu, les boss ne vous laisseront pas mitonner dans la joie et la bonne humeur leur commande, il va falloir être rapide et efficace. Si vous tardez trop, un écran de confrontation apparaît En appuyant très rapidement sur le bouton rond vous devrez calmer les ardeurs de votre hôte si vous ne voulez pas qu’il vous mange tout cru. A partir du deuxième boss (en photo juste au dessus), il faudra réaliser un plateau repas complet. La confection du plateau est en fait une succession de mini-games alliant précision et rapidité. Il vous faudra trouver le juste équilibre entre viande et oignons en bougeant le stick directionnel et en appuyant sur le bouton rond au bon moment. Un kanji apparaîtra alors sur le dessus du plat pour vous indiquer si l’opération est réussie. De la même manière, vous devrez appuyer au bon moment sur un bouton pour remplir leur verre de thé ou bien pour sélectionner l’accompagnement adéquat. A chaque nouveau niveau le sympathique manager vous félicite en vous attribuant un poste dans un Yoshinoya de plus grande envergure avec encore plus de clients flippés à servir. Si le début du jeu est relativement facile, la difficulté générale du soft monte rapidement et il va falloir être particulièrement concentré pour passer les derniers niveaux. Heureusement, la possibilité de sauvegarder entre chaque plage horaire évite la frustration à certains moments critiques. Cette difficulté relative n’est finalement pas si mal puisque le jeu se révèle plutôt court. Une fois le mode mission terminé, on pourra toujours faire un tour du côté du Free mode pour améliorer ses scores, mais l’absence d’un mode deux joueurs rend cette option un peu superflue. On peut se demander pourquoi Success n’a pas pensé à inclure un mode deux joueurs en coopération comme c’est le cas pour Curry House CoCo Ichibanya. Ce genre de petit plus rallonge quand même fortement la durée de vie d’un jeu. A la place du mode deux joueurs Success a inclus un Quizz portant sur les restaurants Yoshinoya ainsi qu’un historique de la chaîne depuis sa création en 1899 dans le quartier de Nihonbashi à Tokyo. Si la belle histoire de Yoshinoya D&C s’inscrit directement dans un objectif de promotion, le quizz lui relève plutôt du fan-service. Les réponses peuvent être trouvées par le néophyte après quelques recherches mais on sent bien que le quizz s’adresse d’abord aux accros de gyuudon qui font plus que déjeuner régulièrement chez Yoshinoya. Par conséquent, on peut s’étonner de l’absence d’un mode Omake si cher aux otaku collectionneurs. Il faut bien se rendre à l’évidence, en terme de replay value et de récompenses Yoshinoya est plutot avare. Aucun niveau secret et seulement deux personnages bonus sont à débloquer. Inclure une galerie de photo des différentes enseignes à travers le monde, des fiches recettes ou encore des modèles 3D des plats servis dans les différents restaurants Yoshinoya aurait constitué un bonus sympathique et peu coûteux. Ne boudons pas notre plaisir, dans le genre jeu à concept, Yoshinoya se place très facilement dans le haut du panier. Les graphismes en cel-shading comme le design des personnages allient originalité et couleurs. La bande son et les voix digitalisées des clients réclamant leur pitance sont de très bonne facture. L’animation est fluide et les développeurs ne sachant visiblement que faire de leurs sous ont même ajouté un blur du plus bel effet durant les séquences de rush. Techniquement Yoshinoya est un jeu sans défaut particulier, cependant son côté très arcade peut devenir lassant à la longue. Certes, les objectifs de missions varient un petit peu mais au final le concept reste le même : servir pleins de clients très rapidement. Si vous lisez le japonais vous aurez un sursis d’une petite heure via le quizz, dans le cas contraire il ne restera plus grand chose à faire une fois le mode mission terminé. Un mode deux joueurs en coopération ou défi n’aurait pas été de trop pour s’occuper un peu plus longtemps qu’un après midi.

NOTE : 07/10