Consoles-Fan
18/02/2018

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Astal
Tiens, un jeu 2D ?
Non une peinture int

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Le scénario d’Astal, même s’il n’a rien d’extraordinaire, a au moins le mérite de créer un contexte plausible pour un jeu de plate-forme à l’univers restreint. C’est un tour de force assez agréable que d’évoluer dans un monde et une histoire qui tient à peu près la route pour un jeu 2D qui ne met en scène que quelques personnages et quelques lieux ...

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Nous sommes en fait devant une histoire mythologique, sorte de génèse d’un autre monde. La déesse Antowas, dans sa grande bontée et oeuvrant à la construction de l’univers, créa la planète Quartalia. Très fatiguée par cet effort démiurgique, elle délégua son pouvoir aux deux premiers habitants de cette petite sphère. Ces derniers ont été créés par ses soins à partir de deux joyaux. Du joyau vert fut enfanté Leda, qui se vit confier le pouvoir de créer toute chose. Elle commença à peupler ce petit monde en donnant vie à une faune et une flore très variées et animées. À ses côtés, le cristal rouge donna naissance au héros de notre histoire : Astal. Guerrier émérite, notre personnage à la longue chevelure rouge est chargé par la déesee de veiller sur Leda afin qu’elle puisse mener à terme son entreprise génésique.

Nos deux Adam et Eve des temps vidéoludiques, bien que forts différents, s’entendent à merveille. Leda crée de jolis oiseaux et Astal s’amuse à les effrayer : un vrai bonheur simple. Mais, dans l’ombre, le démon Jerado, avide de pouvoir et animé par une méchanceté naturelle, projette de s’emparer de la nouvelle planète. N’ayant pas la force nécessaire pour combattre la déesse, Jerado entreprend de créer son propre émissaire maléfique en la personne de Geist, sorte d’anti-Astal tant dans ses desseins que dans sa morphologie.

Il l’envoie derechef kidnapper Leda alors qu’Astal vaquait à d’autres occupations... Constatant l’enlèvement, Astal rentre dans une colère noire. Il se met alors à remuer littéralement ciel et terre pour la retrouver. Il finit par la délivrer du cristal où elle était enfermée au fond d’un océan. Mais sa recherche fut menée avec tant de fureur qu’il en a sorti la déesse de sa torpeur. Reprenant ses esprits, Antowas ne pu que constater l’étendu des dégâts causés par Astal. Fort contrariée par le dérangement causé et courroucée par l’absence d’Astal au moment du rapt, elle décide, entre nous de manière assez sévère, de le punir et de l’envoyer, enchaîné sur une lune, en orbite autour de la planète. Le coeur brisé par cette punition, Leda confie son Cristal vert à Astal au moment de la séparation. Antowas utilisa alors le reste de son pouvoir pour vaincre Jerado, mais, ignorant l’existence de Geist, elle retombe dans un profond sommeil. C’est ainsi que se termine la première introduction du jeu.

Vous arrivez alors sur l’écran titre. Surtout, laissez tourner le jeu : vous aurez droit à une nouvelle introduction, cette fois-ci sous la forme d’un anime d’une grande qualité transcendé par un excellent générique.

On assiste à nouveau à l’enlèvement de Leda par l’infâme Geist... Astal arrive à se défaire de ses chaînes lunaires pour lui porter secours. Mais, arrivé sur la petite planète, la boîte de Pandore ayant été ouverte, toute la faune mignonette créée par Leda a été remplacée par de vils ennemis bien décidés à jouer mille tours pendables à notre héros. Seul un oiseau semble avoir échappé à ces changements et épaulera Astal dans sa quête.

Une démo technique parfaite.

Dès le début, le ton est donné. Les sprites sont immenses. Les décors extrêmement détaillés sont d’une beauté inouïe et agrémentés de nombreux effets visuels. Les couleurs sont chatoyantes. Rotations et zooms sont légions. Les plans de jeux changent selon la situation, nous faisant évoluer dans un cadre très proche de l’action pour affronter des ennemis, ou au contraire de manière éloignée pour des phases de plate-formes très bien construites.

Astal peut sauter, taper sur le sol pour immobiliser ses ennemis, sauter en assenant un double coup de poing massue vers le bas (mon préféré) ou plus simplement attraper l’ennemi et le balancer en arrière avec un brin de nonchalence. Il peut aussi gonfler son torse et lancer un souffle destructeur qui pourra déstabiliser les ennemis, éteindre les flammes... Le gameplay est donc un minimum original et renouvelle un peu le sempiternel jeu de plate-forme où il suffit de sauter sur la tête d’un champignon...

Mais Astal n’est pas seul : dès la fin du premier parcours, un oiseau le rejoint. Ce dernier pourra par la suite lui rendre de fiers services et se révèle être un familier d’une grande importance. Les trois boutons annexes de la manette sont alors parfaitement utilisés. En ayant au préalable tué des ennemis particuliers et rempli une jauge, la commande X ordonne au volatile d’aller chercher un item de vie, tandis qu’Y et Z permettent l’exécution d’une attaque simple, qui peut aussi bloquer le mouvement d’une plate-forme, ou celle d’une attaque groupée qui balayera tout l’écran. Comble de bonheur, cet oiseau peut aussi être joué par un 2° joueur, mais attention, la jauge de vie est alors partagée entre les deux protagonistes, le tout devenant paradoxalement beaucoup plus difficile. Mais l’expérience d’un jeu de plate-forme se jouant à deux (comme Mickey world of illusion ou Chaotix) est assez rare pour que cela soit souligné !

Sans compter que le tout flatte vraiment la rétine. Le premier tableau rivalise de couleurs pastels. Les ennemis attaquent de tous les plans, occasionant des zooms du plus bel effet. Les scrollings paralaxes et autres déformations créent un environnement visuel d’une grande richesse. Les tableaux enchaînent les thématiques classiques (glace, volcan, marais, grotte) mais la mise en scène magnifie ces poncifs du genre. La glace fait glisser notre petit Astal et ses reflets nous feraient presque oublier de jouer. Le ciel rouge/violet tournoyant d’un passage 100% plate-forme, paré de milles étoiles en mouvement, crée un ballet graphique d’une beauté rarement atteinte, si ce n’est jamais, dans une création vidéoludique. Le brouillard accompagnant nos tribulations à dos de ver géant nous plonge aussi dans une ambiance des plus féerique. Les musiques y sont aussi pour beaucoup et contribuent à entretenir cette atmosphère enchanteresque.

Mais cela ne s’arrête pas là. Les combats contre les boss occasionnent de nouvelles prouesses graphiques incluant même des effets 3D parfaitement intégrés. Ainsi, le combat contre une sorte sorte de chimère cornue voit le décor 3D englobant tout l’environnement défiler à la manière du stage de Soulcalibur où l’on descend un rapide sur un radeau. Tout simplement fabuleux. C’est bien simple : à ce jour, Astal reste l’un des plus beaux jeux 2D au monde, seul la résolution de la Saturn, un ton en dessous des normes actuelles pourra chagriner l’oeil le plus exigent, mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi.

Un léger goût d’inachevé

La réalisation est donc tout simplement parfaite. Tant et si bien que ce seul critère peut à lui seul vous charmer. Mais quelques défauts subsistent et empêchent cet Astal d’obtenir le statut de chef d’oeuvre. La faute tout simplement à une durée de vie vraiment trop juste. Le jeu se finit lors d’une première partie, en laissant tourner toutes les séquences narratives, en un peu plus de deux heures (en comptant quelques vies perdues et la répétition de certains passages ardus). La re-jouabilité est donc assez anecdotique, même si l’on peut y revenir ne serait-ce que pour le plaisir des yeux. Les quelques pièges du level design assimilés, le tout se parcourt en une heure montre en main.

Cette durée de vie éphémère, en soi déjà frustrante, implique d’autres lacunes. Le bestiaire est limité avec une dizaine d’ennemi récurrent. Le level design, même s’il inclu de bonnes idées (colonnes qui s’écroulent, monstre aux milles pattes dont il faut apprendre la démarche pour éviter d’être écrasé) manque de richesse et l’on aurait aimé parfois un peu plus de répétition des concepts. On se surprend à retomber beaucoup trop vite sur de nouveaux boss après seulement une ou deux séquences de jeu. Les deux boss ultimes sont d’ailleurs un brin décevant. En droit de s’attendre à des confrontations épiques contre Geist et Jerado, le jeu nous propose seulement des systèmes de combat similaires à ceux usités contre des boss intermédiaires. Ultime déception : aucun dessin animé ne viendra ponctuer votre effort, le générique de fin se limitant à sa plus simple expression (bon on a quand même droit à une jolie chanson).

Astal reste néanmoins une expérience unique. Il nous montre les prémices d’un genre de jeu qui aurait pu tendre vers le dessin animé intéractif. Malheureusement, les modes en ont décidé autrement, et la 3D a définitivement terrassée toutes velléités de création astalienne... L’on ne peut que le regretter tant ce jeu fourmille de bonnes idées et procure un plaisir ludique indéniable.

Aalok



 Editeur : Sega
 Nombre de joueurs : 1 ou 2 en simultan
NOTE : 07/10