Consoles-Fan
27/05/2018

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Shadow of the Colossus
Sonic ne doit pas
Arr

Un oiseau volant dans un ciel d’encre, une plong

C’est sur cette introduction grandiose et bien mystérieuse que commence Shadow of the Colossus, la suite spirituelle d’Ico. Si le scénario est différent, l’héritage d’Ico est bien présent, des premières notes de musiques aux premières images, on retrouve tout de suite cette ambiance si particulière qui a fait de Ico un titre culte pour de nombreux joueurs. Si l’orientation du jeu est très différente, la thématique principale est quelque peu similaire. On retrouve d’abord cette narration minimaliste qui suggère plus qu’elle ne montre. Le héros, cavalier anonyme qui semble fuir un destin funeste sur lequel aucune information ne nous est donnée, cette jeune fille défunte sur laquelle il veille et dont on ne connait rien. Il en va de même, pour l’univers dans lequel ils évoluent, un lieu au bout du monde autrefois habité par les hommes au sein duquel le temps semble figé.

Le plus important tour de force que Shadow of the Colossus réussit c’est de captiver le joueur pendant plus d’une dizaine d’heures, dans un univers désertique, sans ennemi à combattre en dehors des seize colosses et sans l’aide d’une trame scénaristique complexe ou de suspens subtilement distillé. Votre inventaire n’évoluera pas durant tout le jeu et se résume à un arc et une épée. Pour vous garder devant votre écran, Shadow of the Colossus utilise un truc vieux comme le monde, il joue simplement sur l’ego du joueur et fait de lui un héros mythologique. Une fois, le premier colosse abattu, il est déjà trop tard. Une simple demi-heure de jeu a peine et le cavalier anonyme et fatigué du début est devenu un dieu qui fait s’effondrer des montagnes de sa simple épée. Le joueur jubile et du même coup découvre la seule récompense que le jeu lui offrira : l’auto-satisfaction.

Les combats contre les colosses sont très difficiles à décrire puisqu’ils changent à chaque fois. Rentrer dans les détails, reviendrait à vous gâcher la surprise et ce ne serait pas très fair-play de ma part. Je me contenterai donc d’une description très générale, que beaucoup connaissent déjà via les différentes vidéos diffusées sur le net. Pour battre le colosse, vous devrez atteindre différents points vitaux disposés sur son corps. Pour se faire, il faudra d’abord que vous parveniez à vous accrocher à sa fourrure qui se trouve bien souvent à plusieurs mètres de vous. Les premiers colosses sont relativement faciles à battre, il suffira de trouver un bout de fourrure sur lequel vous accrocher puis vous rendre jusqu’à son point vital pour l’occire. Après quelques affrontement les choses se corseront un peu, et vous devrez d’abord trouver un moyen de monter sur la créature avant même de penser à la tuer. La partie puzzle et plateforme prend alors une nouvelle dimension en faisant appel à la fois à la dextérité du joueur mais également à sa capacité de réflexion et d’observation. Si certains "puzzles" sont relativement simples d’autres se révéleront plus tordus et la chance jouera parfois un rôle dans votre victoire.

Le principe de Shadow of the Colossus semble très répétitif vu de l’extérieur, puisqu’il se résume finalement à un jeu d’action où il n’y aurait que des boss à battre. Cependant, la mise en scène est telle que chaque rencontre est un spectacle en soi. Le fait de monter sur le dos du colosse et d’observer l’environnement sur lequel vous marchiez quelques instants plus tôt vous ferait presque regretter d’avoir à tuer la bête. Techniquement, les programmeurs ont vraiment fait un travail impressionant. Si on peut reprocher un certain aliasing sur le personnage principal, les décors et les colosses sont tout bonnement splendides. Du poil qui bouge, au sable et à la poussière qui volent jusqu’à la caméra dynamique qui vous suit tandis que vous escaladez, tout est parfaitement ajusté. La dimension cinématographique est ici poussée à l’extrême offrant au joueur plus qu’un simple jeu vidéo. Parfois, on se demandera si les programmeurs n’en ont pas justement fait un peu trop en choisissant des angles de caméras dramatisant l’action mais rendant le gameplay moins naturel. Heureusement, le stick droit est là pour réajuster la caméra si nécessaire et un système de lock permet de ne jamais perdre de vue votre objectif.

D’un point de vue purement esthétique et si l’on se limite aux capacités de la PlayStation 2, Shadow of the Colossus est donc un véritable aboutissement graphique. Il faut admettre que le framerate n’est pas optimum mais en aucun cas il ne sera un obstacle au jeu. Que ce soit un désert, une plaine verdoyante ou bien un marécage brumeux, les environnements extérieurs semblent posséder une âme. Les personnages vivants bien que peut nombreux sont eux aussi tout bonnement splendides. Agro votre fidèle cheval dispose d’une animation à couper le souffle. Intelligent, il vous suivra et répondra quand vous l’appelez. Capables de modifier leur environnement d’un simple battement d’aile ou d’un revers de main, les colosses, véritables montagnes vivantes assurent bien entendu le spectacle. Pour appuyer l’ambiance visuelle, Shadow of the Colossus est épaulé par une bande son fort agréable qui n’est pas sans rappeler Ico et dont les thèmes s’accordent parfaitement aux situations rencontrées.

On apprécie également, la difficulté du jeu parfaitement dosée ne rendant jamais les affrontements frustrants. Bien souvent la solution au problème nécessite simplement un peu d’anticipation et d’observation. L’ordre dans lequel apparaissent les colosses ne reflète pas vraiment la difficulté, puisque le personnage évolue lui aussi au fur et à mesure que les colosses tombent. Du coup, il arrivera qu’un colosse rencontré au debut soit plus diffcile à battre qu’un autre venant plus tard. Pour une première partie, le jeu se boucle en une dizaine d’heures, tout ceci étant bien entendu fonction de votre sens de l’orientation et de votre envie d’explorer le jeu au dela de ce que la trame principale propose. Une fois l’aventure bouclée, un mode Hard offrant un peu plus de challenge se débloque ainsi qu’un mode Time Attack très serré qui permettra d’accéder à des objets bonus. Refaire une partie dépendra de la volonté de chacun, le Time Attack offre un bon défouloir pour les fanatiques de la performance tandis que le mode Hard propose un challenge un peu plus intéressant à ceux qui trouvaient le mode Normal trop facile.

Avec son traitement très original de l’action, Shadow of the Colossus, tout comme Ico en son temps, ne laisse pas indifférent. Malgré son esthétisme et son ambiance, Ico n’offrait pas la liberté que l’on peut trouver dans Shadow of the Colossus. La faute est donc corrigée et vous pourrez enfin errer sans but dans ce formidable univers en vous émerveillant bêtement à la découverte d’une plage secrète ou bien d’une grotte dissimulée dans la ride d’une falaise. Shadow of the Colossus est donc l’indispensable de cette fin d’année et toute la hype qui a précédé sa sortie était parfaitement justifiée.


Editeur : Sony Computer Entertainment

Concepteur : Sony Computer Entertainment

Genre : Epoustouflant

Origine : Japon

Nombre de Joueurs : 1

Sortie : 18 Octobre 2005 (US) 27 Octobre 2005 (Japon) F

NOTE : 09/10