Consoles-Fan
15/08/2018

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Blood +
Apr
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A l’annonce d’une adaptation de Blood the last Vampire en une s

Blood the Last vampire fut un moyen métrage qui marqua son époque. Premier anime réalisé entièrement en numérique, il attira l’attention d’un public très vaste et séduisit même de très grands du cinéma américain comme James Cameron, tant et si bien que l’on entendit longtemps parler d’une adaptation live...

Ce moyen métrage très orienté action ne nous donnait que très peu d’informations sur les tenants des enjeux mis en scène. Saya est, à ce que l’on comprend, la seule descendante vivante d’une lignée de vampire qui met, on ne sait pourquoi, sa vie aux services des hommes, pour lutter contre un ennemi assez mal identifié nommé chiroptère. Ces derniers sont des sortes de démons qui possèdent des êtres humains et se révèlent être de véritables monstres surpuissants et sanguinaires.

Le moyen métrage ce contentait de nous conter la lutte de Saya contre quelques un d’entre eux. Nous sommes dans les années 60, l’armée américaine est empêtrée dans cette histoire, et nous n’en savons guère plus. L’annonce d’un anime pouvant donc nous détailler une histoire au demeurant séduisante ne pouvait qu’attiser notre soif de connaissance sur la destinée de Saya.

Après la fin et dans le futur, ou avant, enfin peut-être...

La série débute dans les années 2000, à Okinawa, au Japon. Saya est une lycéenne modèle qui s’épanouit en faisant de l’athlétisme. Elle vit dans une famille mono parentale avec son père George (non ce n’est pas une traduction AB Production !), qui tient un restaurant, un frère du même âge et une petite soeur. Elle n’a aucunement conscience de ses pouvoirs et mène une vie on ne peut plus normale, tant et si bien que la chronologie des événements semblent difficile à éclairer. Un premier flash-back nous montre Saya durant la guerre du Vietnam en train de tuer chiroptères, militaires et innocents dans un véritable bain de sang...

S’agit-il du moment de son éveil suivit d’un sommeil immédiat ? Sommes nous dans la même chronologie que le moyen métrage ? L’époque où se déroule la série est postérieure aux événements de Blood the last Vampire mais on a l’impression que Saya est dans un stade antérieur... Enfin de quoi avoir de violents maux de têtes pour qui aimerait démêler ce sac de noeuds temporel en n’ayant vue qu’une poignée d’épisodes. Pour ma part j’opterai pour une chronologie différente mettant en scène une problématique équivalente, une sorte d’épisode "Gaiden" si l’on veut, mais peut-être que la suite des événements me fera mentir.

L’éveil partiel

On se doute bien, dès les premières minutes, que l’histoire ne va pas se concentrer sur les exploits sportifs de notre belle héroïne. Aussi, et ce pour notre plus grand bonheur, tout s’accélère très vite. Des premiers indices sont d’abord savamment distillés, un avion cargo de l’armée américaine survole le lycée de Saya sans passer inaperçu, une rencontre troublante avec un violoncelliste de fortune égayant les passants, semble augurer d’un futur développement... Saya bercée par l’archer du musicien à la main bandée, se met à rêver, dans un très joli passage, d’un couloir de pierre, perdu dans un château délaissé où couleurs chaudes et verdures se mélangent avec un certain bonheur, Saya panique à l’idée d’ouvrir une lourde porte cadenassée, elle se réveille... L’intrigue commence donc à prendre place. Puis vient le moment où Saya ayant oublié ses chaussures de sport retourne en début de soirée à son lycée. Là le violoncelliste, au design sublime d’aristocrate taciturne à la Darcia (Wolf’s Rain), intervient et lui propose de boire du sang de sa main bandée apparemment infectée par le syndrome "chiroptèrique"... Saya prend peur et s’enfuit. S’en suit une première rencontre avec un véritable chiroptère dans les bâtiments du lycée, le violoncelliste arrive enfin à faire boire son sang à Saya dans une très belle scène de baiser. Elle se "réveille" prend l’épée que lui tend son compagnon et tranche le chiroptère en deux... Elle reprend ensuite très vite ses esprits, mais les dès sont jetés et elle prend conscience que plus rien ne sera comme avant... Qu’en est-il de sa famille ? De ses rapports avec le mystérieux violoncelliste dénommé Hagi ? Quel est son passé et qu’est-il arrivé au Viet nam ? Qui/que sont ces chiroptères ? Quelle est l’implication de l’armée américaine omniprésente ? Qui est-elle en réalité ? Autant de questions qui nous brûlent les lèvres aux vues de ces premiers épisodes. La problématique est très bien mise en scène, on assiste à l’éveil progressif de Saya qui maîtrise de mieux en mieux ses pouvoirs et accepte d’assumer une destinée qui la dépasse...

Une réalisation moins racée

Le sujet promet un développement scénaristique ambitieux puisque le découpage en épisode semble ne couper qu’un très long métrage en 52 parties artificielles... Aussi pour appuyer cette intrigue l’oeuvre bénéficie d’une très bonne réalisation située dans une moyenne haute des productions actuelles. Quelques effets 3D sont utilisés pour animer des voitures et quelques éléments de décors mais on reste très loin du cachet de son auguste aîné. L’ambiance très sérieuse et le design très mature du moyen métrage laisse d’ailleurs place à un ton plus léger. Le design est un peu moins racé, moins mature. Mais cela n’est pas pour autant de moindre qualité. Certes les couleurs sont un peu plus pastelles, le design des personnages un peu plus fluide, cela perd un peu d’originalité dans son traitement graphique mais cela gagne en accessibilité et en lisibilité. Le travaille de Chizu Hashii est de très grande qualité et je reste infiniment séduit par la grâce de Hagi ou même par les traits de Saya. Et puis pour ceux qui râlent en voyant leur Saya autiste et solitaire s’encombrer d’une famille et de bons sentiments le seul rappel de la scène d’introduction peut nous laisser augurer d’une dramatisation des enjeux et d’une maturation de la personnalité de notre vampire au féminin... J’en fini en précisant que le générique d’intro ( Aozora no Namida), très péchu et mélodique, est vraiment plaisant à écouter, interprété par Takahashi Hitomi (Gundam Seed Destiny) il reste en tête et lance parfaitement l’anime. Tandis que les musiques assurées par un certain Hans Zimmer (Le Roi Lion, La ligne rouge, Gladiator !) paraissent être à la hauteur de la renommée de son auteur, les quelques notes de violoncelles jouées par Hagi me font encore frissonner. Un début que je considère donc comme des plus encourageant en attendant d’en savoir plus...

Aalok



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