Consoles-Fan
26/02/2018

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Curry House CoCo Ichibanya
Tu aimes le curry ?
Alors mange ta coco !

Apr


Coco-ichi c’est un peu le McDonald’s japonais. Une dose de riz, un aliment pané, une bonne grosse louche de sauce curry et voila un super repas pas cher à manger en deux temps trois mouvements. Votre boulot dans Curry House CoCo Ichibanya, sera justement de preparer ces repas gastronomiques pour une ribambelle de clients pressés. La bonne nouvelle c’est que vous allez pouvoir le faire bien calé dans votre canapé sans avoir à supporter l’haleine fétide d’un manager agressif et sous-payé qui vous rappelle penché au dessus de votre épaule vos impératifs de productivité. En bref, Dorart vous propose de transformer un boulot d’ordinaire totalement merdique en partie de plaisir. Eh oui ! c’est ca la magie du jeu video.

Le but du jeu est simple, à chaque niveau le jeu vous demande de servir des clients de la meilleur facon possible en un temps limité. A ce niveau le jeu se rapproche très fortement de Yoshinoya, cependant Curry House est un tantinent plus interessant puisqu’il ne se contente pas de vous faire servir des hordes de clients affamés. A chaque fois qu’un client rentre il faudra l’accueillir d’un tonitruant "Irasshaimase", prendre sa commande, cuisiner, servir, debarasser et le remercier de sa visite de maniere tout aussi bruyante qu’au moment de son entrée dans le restaurant. Le gros morceau du jeu réside dans l’élaboration du repas qui nécessite un petit temps d’adaptation et une certaine dexterité. La particularité des restaurants CoCo-ichi est la "customisation" du repas, le client en plus de sa viande doit choisir le poids de riz à poser dans son assiette, ainsi que le degré d’épices à mettre dans sa sauce curry. Par conséquent le cusinier devra respecter les désidératas de son client. Si vous dépassez ne serait-ce que d’une dizaine de grammes la dose indiquée vous êtes bon pour recommencer. Autant dire que dans les derniers niveaux le stress monte assez rapidement.

Pour doser le riz, il faudra tourner "guriguri" le stick analogique jusqu’à obtenir la bonne dose de riz qui sera indiquée à l’écran par un cercle gradué. L’ajout de sauce curry ainsi que le dosage du piquant se fait par une pression du stick vers l’avant. Si le client a commandé un assaisonnement supplémentaire, il faudra le selectionner en faisant defiler tous ceux disponibles un par un. La manipulation n’est pas spécialement complexe mais on se trouve assez souvent pris en faute dans le feu de l’action car les icônes se ressemblent tous plus ou moins. En fait, là où le jeu se corse vraiment c’est au moment de l’ajout de la viande. Chaque aliment requiert un temps de cuisson spécifique, du coup il est souvent préférable de commencer par la viande avant de faire ses manipulations avec le riz et la sauce afin de gagner du temps. En revanche, si vous n’avez pas encore suffisament confiance en vous pour le dosage du riz et que vous optez pour cette technique vous risquez fort de bruler vos croquettes ou vos légumes et de faire fuir votre clientèle. Choisir chaque aliment de manière efficace, puis calculer le temps de cuisson adequat pour perdre le mimum de temps est certainement la partie la plus difficile qui demandera perséverance et entrainement.

Une fois la tambouille preparée, vous devez encore vous rendre à la table du client pour le servir. Fort heureusement, le jeu vous offre un assistant qui pourra de temps à autre vous filer un coup de main afin de relacher la pression. Cependant, ne vous reposez pas trop sur lui car sa motivation n’est pas sans faille et il lui arrivera fréquement d’ignorer royalement certains clients. En général, l’assistant est plutot pratique au debut du jeu mais se révèle vite être un boulet dans les derniers niveaux du jeu. Si vous en avez assez de l’ordinateur vous pourrez toujours demander à quelqu’un de votre entourage de venir jouer avec vous. Le mode deux joueurs qui faisait défaut à Yoshinoya est ici inclus, le premier joueur fait office de serveur tandis que le second s’occupe de la cuisine. Enfin, pour briser un peu la monotonie, des mini games aléatoires feront leur apparition à chaque niveau.

Si on passe outre la difficulté du jeu, le gameplay se révèle plutot bien pensé et relativement agréable. Toutefois, Curry House manque d’originalité dans ses challenges et une certaine monotonie finit par s’installer. Comme dans Yoshinoya, il est un peu dommage de s’être limité à l’aspect service de la restauration rapide et de ne pas avoir poussé le gameplay un peu plus loin en implantant par exemple un mode management ou un éditeur pour créer son propre établissement. En contrepartie plusieurs mini-games sont disponibles ainsi qu’un quizz visant à tester votre degré de "Curry Mania".

Côté technique le jeu est loin d’être impressionant, les programmeurs ont opté pour de la SD afin de coller au design de la mascotte de l’enseigne. Le resultat est relativement fidèle, mais on ne peut s’empecher de regretter le faible nombre de polygones composant les personnages ainsi que la grossiereté des décors. Alors que Yoshinoya offrait des graphismes très propres et se payait meme le luxe d’afficher des effets spéciaux à certains moments, Curry House, quant à lui, a vraiment des allures de jeu à petit budget avec un aliasing très marqué et des couleurs sans grand relief. Du cote de l’animation aucun problème particulier à signaler, le mouvement des personnages est loin d’être exceptionnel mais finalement on s’en moque ; Curry House n’est pas un Devil May Cry. Les éclats de voix et les bruitages très arcade collent plutôt bien à l’ensemble tandis que la musique se fait bien vite oublier.

Curry House CoCo Ichibanya est un puzzle game plutot agréable à jouer si on arrive à passer outre son graphisme un peu vieillot. J’ai personellement une petit préference pour Yoshinoya, que je trouve beaucoup plus intuitif et facile à prendre en main. Cependant Curry House possède lui aussi quelques atouts avec son mode deux joueurs et son gameplay plus riche. Une curiosité intéressante à découvrir pour les amateurs de jeux originaux.


NOTE : 06/10