Consoles-Fan
19/01/2018

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Psychonauts
Touche pas
C’est priv

Il y a les bons jeux, les tr

Véritable visionnaire, Tim Schafer a su reconstituer un monde d’une cohérence ahurissante tout en offrant au joueur des univers dont chaque stage semble avoir été confié à une équipe de développement différente tant ils sont tous dépaysants. Là où les jeux de plate-forme classique nous servent inlassablement le décor de la forêt, du désert, de la neige ou de la lave, Psychaunauts puise dans le jamais vu. Les visuels sont absolument géniaux et se font concurrence entre eux du point de vue créatif : du stage fluo aux mondes étranges allant à l’encontre des lois de la plysique élémentaire, en passant par les idées les plus farfelues qui soient.

Les graphismes sont accidentés, à la Tim Burton, incroyablement esthétiques même si sur la forme, on ne peut pas dire que la puissance de la console soit fort sollicitée. Le framerate est même d’ailleurs juste correct. Par contre, l’animation des personnages qui ont presque tous des visages très bizarres est absolument géniale.

Il fallait encore que le gameplay soit excellent pour faire de Psychonauts un jeu réellement intéressant, et sur ce point, c’est mission accomplie. Malgré un gameplay très sophistiqué bourré d’options, le maniement de Razputin surnommé Raz se fait avec brio. Il faut dire que la caméra que vous êtes libre de manipuler à tout moment fait des merveilles. En mode automatique, elle suit l’action très efficacement.

Je ne suis que le gardien, c’est le laitier qui a la clé !

Psychonauts m’a fait éclater de rire plus d’une fois. Il faut dire que les dialogues riches, drôles et abondants ont été écrits avec un grand talent et que le jeu de très nombreux acteurs donnent vie à l’intégralité des personnages du jeu. Ceux-ci ont toujours quelquechose à dire, le plus souvent, des choses inutiles et donc complètement indispensables, d’une drôlerie qui sort hors du commun et qui flirte avec l’humour absurde sans s’en cacher. Rajoutez aux dialogues une bande-son exceptionnelle digne des plus grands dessins animés, symphoniques mais à chaque fois très typée pour bien concorder avec l’ambiance du stage.

Je dois vous avouer que j’ai vraiment eu un coup de foudre pour ce titre dont la richesse est difficilement mesurable. Ne fut-ce que si vous vous promenez dans les décors, les personnages que vous croisez vous adressent la parole. Vous pouvez aussi aller leur parler de votre propre chef. Mais ce qui est vraiment très fort, c’est que vous n’avez pas l’impression que ce sont des routines et autres lignes de programmation qui déclenchent toute cette activité. Je suis d’ailleurs certain qu’en ayant terminé le jeu, j’ai du rater une quantité affolante de détails.

Les mondes que vous visitez s’ouvriront peu à peu à vous mais offriront moultes raccourcis physiques ou psychiques pour vous rendre d’un point à l’autre du jeu. Les décors sont riches en items à collecter qui jouent tous des rôles différents mais qui ont tous pour but de faire évoluer votre personnage et de lui faire acquérir différents pouvoirs.

Par exempe, il vous sera possible de brûler des éléments ou des ennemis à distance, de déplacer des objets rien que par la pensée, de devenir invisible, de léviter, de voir ce que les autres voient grâce à la clairvoyance, d’utiliser un bouclier ou un tir psychique ou encore de semer la confusion. Mêler tout cela et vous comprendrez aisément comment un jeu de plate-forme de base peut proposer également des énigmes intéressantes et la plupart du temps marrantes. Car à côté de cela, Raz peut frapper ou sauter. Il existe d’ailleurs un double saut et grâce à la fonction de lévitation, la gestion des sauts est plus qu’aisée. Par contre il ne peut pas nager. Il n’aime pas l’eau car sa famille a été maudite. Chacun d’eux périront dans l’eau. Il vaut donc mieux l’éviter.

L’univers de Psychonauts est complexe. Aussi n’hésitez pas à brandir un morceau de bacon pour obtenir de l’aide. Ben ouais, c’est comme ça ! L’aide reste cependant assez vague, elle vous rappelle ce que vous devez faire mais n’en dit pas trop sur la manière d’y arriver et c’est tant mieux, on ne va tout de même pas vous mâcher tout le boulot.

Les censeurs viennent de perdre un frère !

Dans Psychonauts, vous devrez visiter le cerceau des gens que vous croiserez afin de les sauver de leurs torpeurs. Chaque cerveau est un univers qui colle vraiment bien à la peau de chaque personnage. Par exemple, un scientifique cartésien vous proposera un stage froid et ordonné alors qu’un fou qui se prend pour Napoléon vous propulsera sur un plateau de wargame. Mais si vous visitez le cerveau de quelqu’un d’autre, il va de soi qu’un rejet naturel va s’opérer de la part de votre hôte. Ainsi, des censeurs (à moins qu’il ne faille écrire senseurs vu le titre du jeu) apparaissent et tentent de vous tamponner à qui mieux mieux. Si ces messieurs de la censure n’est pas épargnée dans le jeu, les critiques ne le sont guère mieux. Pourtant lorsqu’on offre aux joueurs un titre d’une telle qualité, on ne risque pas grand chose de ces derniers.

Afin de pénétrer dans le cerveau de quelqu’un, il faut placer une porte psychique sur son front. Un stage apparaît alors. Sur la prof de lévitation, fêtarde notoire, vous aurez l’impression d’être dans une gigantesque boîte de nuit alors que dans la tête d’une cantatrice, vous vous retrouverez sur des scènes de théâtre, avec une troupe complètement déjantée qui récite et surjoue tous les scénarii qu’on leur propose.

Il faut verser de l’eau sur les plantes parce qu’elles n’ont pas de main !

Dans Psychonauts, l’humour est omniprésent. Comme il est question dans cette histoire d’un vol de cerveau, on peut noter que les premier mot prononcé béatement par des personnes fraîchement décérébrées est : « TV ». Décidemment, tout le monde ne prend pour son grade !

Les mises en abîme sont nombreuses, une des plus cultes du jeu est sans doute lorsque vous pénétrez dans le cerveau d’un monstre et que vous vous retrouvez dans une ville bourré de petits monstres, tranquille, jusqu’à ce que vous arriviez, tel un Godzilla, et que vous saccagiez toute la ville. Les rôles sont inversées car ce sont les monstres qui fuient en hurlant. Un flash d’information de la TV local nous tient d’ailleurs au courant de l’évolution des évènements tout en informant la population que l’armée déploie toutes ces armes secrètes afin de vous éliminer. Mais quand l’arme, cette bande d’incapable, ne peut plus rien, il n’y a plus qu’un super-héros pour vous affronter et sauver le monde de vos griffes et de vos grosses lunettes. Ils ne vous ont pas baptisé Lunettor pour rien ! Le combat peut commencer. Le super-héros tente d’effectuer des attaques spéciales aux titres peu exotiques mais au moins explicites comme « enchaînement trèèèèèèès compliqué ! »

Il faut dire que Psychonauts regorge déjà de phrases cultes que je me suis permis d’utiliser hors-contexte en titrage dans mon test. Chez Majesco, le calembour est roi et il le font savoir. D’ailleurs, ces derniers confirment après Bloodryane et Nanostray tout le bien de ce que je pense d’eux. Véritable chef d’œuvre à prix modéré, Psychonauts doit absolument rejoindre votre collection. Pour ma part, ce jeu est un des meilleurs titres auquel j’ai joué dans ma vie, une expérience uniques à essayer sans hésiter.

Graphismes : 80%
Pas vraiment impressionnants techniquement mais de toute beauté, d’une créativité remarquable et d’une originalité sans nom !

Animation : 78%
J’aurais quand même aimé à ce niveau de réalisation du 60 images/seconde. Tant pis, on se contentera de 30.

Jouabilité : 96%
Quel plaisir, quelle légèreté, quelle finesse !

Bande Son : 99%
Remarquable, terrifique. La bande originale est superbe et les dialogues qui l’accompagnent sentent encore la sueur tant du travail a été abattu, ça fait vraiment plaisir et ça va surtout maintenant être très très dur à égaler.

Intérêt : 97%
Psychonauts est un titre remarquable offrant une durée de vie excellente et que l’on a encore envie de creuser après l’avoir terminé. Le scénario est bourré de rebondissements. Génial !

Note Globale : 96%
Psychonauts est une grosse claque de laquelle je ne me suis pas encore relevé, un des titres les plus aboutis auquel j’ai pu jouer et qui mérite donc votre plus grande considération.


NOTE : 09/10