Consoles-Fan
17/10/2018

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Ikaruga
Shoot your life.
Shoot your dream.

Il y a de cela quelques ann

Alien Soldier, Gunstar Heroes, Sparkster, Guardian Heroes, Silhouette Mirage, Radiant Silvergun. Des titres particulièrement attractifs qui n’ont pas pris une ride, des softs sortis du studio TREASURE, un éditeur tiers qui fait figure de trublion dans le monde vidéo ludique. Le concept est simple, reprendre le côté attractif des anciens jeux d’arcade et y apporter des idées . Faire du neuf avec du vieux. Tel était le parti pris pour ce jeu présenté dans ces lignes. Ikaruga est un Shoot où l’on manie 1 ou 2 petits vaisseaux et où l’on blaste à tire la rigot tous les méchants adversaires sur l’écran. En 2001, pendant que tout le monde s’évertue à acheter une PS2 et que toute la presse s’extasie devant l’Emotion Engine et bien SEGA lâche une bombe qui fera date. La Dreamcast est désertée des développeurs et SEGA a mis la clé sous la porte en tant que constructeur, ce qui n’empêche pas Treasure de faire un portage d’ Ikaruga, jeu d’arcade fonctionnant sur carte NAOMI, une carte de SEGA il en va de soit.

Ce qui choque la première fois que l’on tâte du Ikaruga c’est la beauté de son environnement 3D, la finesse de ses décors, sa mise en scène nerveuse et son design artwork particulièrement alléchant. Un scénario dans un shoot cela semble impossible nan ? Et pourtant c’est ce qui fait le charme de ce jeu pas comme les autres. Si le vague synopsis est surtout un moyen de rentrer dans le vif du sujet, il n’en demeure pas moins qu’Ikaruga permet à l’univers d’avoir une substance palpable à l’écran. Mieux encore , le system de combat est particulièrement mis en corrélation avec l’histoire. Basé sur le principe du Ying et du Yang, votre vaisseau se retourne à volonté. D’un côté il affiche une jolie couleur blanche, de l’autre un noir profond. Le but étant de shooter les adversaires de la même couleur et de foncer dans les tirs pour augmenter votre jauge de bombe. Un projectile adverse noir sur le vaisseau noir vous rend invincible, à contrario un projectile adverse blanc sur votre vaisseau noir aura pour effet la destruction de votre joli bolide. Il est ainsi possible de terminer l’aventure sans tirer un seul projectile et de passer son temps à switcher de couleur, cela semble peu banal dans un jeu de cet acabit. Le vaisseau d’Ikaruga est donc le catalyseur qui retournera la puissance des envahisseurs contre l’ennemi lui-même. L’attaque n’étant pas un argument pour mener son combat à bien, il faudra surtout se baser sur la défense ou plutôt le procédé de mimétisme pour frapper l’ennemi au bon moment.

Pour chaque niveau on a le droit à une mini introduction du paysage, sorte de prologue visuel et sonore introduisant le artwork du level ; plus tard votre vaisseau subit un très bel effet de caméra avec split-screen et scénario écrit vers le bas de l’écran. Amateur de comics ou manga, ce genre de procédé vous fera un joli clin d’œil (SEGA l’avait déjà bien compris dès SONIC). L’effet est saisissant et le contexte de l’aventure est mis en avant. Il y a donc un bel effet de mise en scène avec des plans de caméras en plongés, le souci d’efficacité est alors poussé à son maximum. Quant à l’architecture des niveaux cela reste probant. De l’intérieur de votre base, ou bien longer les grandes structures ou le paysage pour enfin retomber dans un complexe secret , rien ne vous sera donc épargner. Le second niveau vous verra ainsi vous battre au dessus d’une ville futuriste pour plus tard voir votre vaisseau s’immiscer dans les tréfonds de la ville souterraine avec son design usine de retraitement. Mieux encore, la mise en scène est impeccablement réaliste dans le 4ème niveau où l’on s’approche inexorablement d’une forteresse volante. Le leitmotiv visuel (voir le cliché) qui laisse le joueur finir son périple dans une base est pour une fois mis en valeur par le côté dépressif et schizoïde de l’œuvre.

La difficulté du soft est élevée mais il est possible de récupérer un crédit supplémentaire à chaque heure de jeu, jusqu’à obtenir le mode Free Play. Seulement 45 minutes pour terminer ce jeu, c’est peu. Il est clair qu’il manque un ou deux niveaux pour rendre l’aventure définitive. Mais l’intérêt d’Ikaruga se retrouve autre part, non pas grâce à la durée mais à la volonté du gamer d’obtenir le score parfait. La recherche du sain Graal technique et la course pour obtenir les meilleurs Chains (détruire les ennemis noirs ou blancs en chaîne vous font entrer dans le High Score) est un excellent moyen d’augmenter la durée de vie de ce jeu passionnant. Je tiens à signaler l’excellente musique qui accompagne ce shoot. Beaucoup moins lyrique que son petit frère Radiant Silvergun, le jeu Ikaruga se paye le luxe d’une partition plus viscérale et rétro dans ses sonorités. Une BO martiale qui prend vie grâce à son univers borderline et à la volonté de faire ressortir les sons et les bruitages des shoots de notre enfance. Idéal quand on pense à la noirceur et au spleen qu’apporte le synopsis du shoot, le soundtrack est particulièrement efficace dans le genre rétro-electro. Ikaruga, à travers son statut de shoot néo-classique, traite avant tout de la vengeance aveugle d’un homme. Se dégage alors une sorte de poésie de la destruction qui atteindra son paroxysme lors d’un final jusqu’au-boutiste où notre héros, Shinra, se suicide face à l’artefact meurtrier. La vengeance est alors un plat qui se mange froid et ce n’est pas les réalisateurs respectifs de Old Boy et Kill Bill qui vous diront le contraire. Moderne et efficace c’est un fait.

Quand un simple shoot arrive à donner un brin d’émotion c’est qu’il dépasse son statut quo d’excellent jeu pour obtenir le rang d’œuvre culte.

a-lex


NOTE : 09/10