Consoles-Fan
15/08/2018

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Silent Hill
Po
se dessinent dans le brouillard...

Christophe Gans se veut le porte parole de toute une g

La petite Sharon est somnanbule. Dans ses rêves éveillés elle parle d’un lieu inconnu : "Silent Hill". En proie à des crises de panique, elle semble en fait atteinte d’une sorte de schizophrénie. Tour à tour, sans même s’en rendre compte, elle fait de jolis dessins puis, les griffonant, les transforme en abjectes peintures. Elle se fait peur elle-même, ne comprend pas ce qui lui arrive, et inquiète enormement ses parents.

A bout de nerf, et voulant aider sa fille, Rose décide donc un jour de l’emmener à Silent Hill... Le voyage n’est pas de tout repos, la ville n’est indiquée sur aucune carte. Mais à peine arrivé sur les lieux, sortant du brouillard déjà très dense, une petite fille se jette sous les roues du 4x4 qui s’encastre dans la montagne. Rose perd connaissance : "Welcome to Silent Hill".

S’en suit une fuite en avant sans fin. Sharon a disparu, Rose la recherche donc désespérément. Elle explore alors l’épais nuage de cendre qui repose sur la ville fantôme, rencontre mille et une créatures de la nuit. Le premier contact avec le mal est plus que dérangeant. Une ambiance angoissante flotte entre les murs gris des bâtiments. Puis les ténébres tombent, on suffoque, l’obscurité est opaque, les monstres décharnés aux membres déformés, se meuvent comme des non-humains... Ils se rapprochent sans cesse de notre mère courage, mettant la tension du spectateur à rude épreuve. Les mécanismes scénaristiques pourront faire sourire le profane. Les pistes sont autant d’indices gros comme les câbles d’amarrages d’un paquebot de trois étages... Mais cela fait parti du charme. Silent Hill est un jeu vidéo, les clins d’oeil à l’oeuvre originale sont donc les bienvenus pour qui sait de quoi l’on parle. Mais plus encore, cela peut montrer au grand public que, reposant sur des principes d’enquêtes dignes d’un jeu de piste, le jeu vidéo arrive tout de même à créer des ambiances, des histoires qui peuvent toucher le spectateur. Vaste projet de réhabilitation dans lequel s’est engagé Christophe Gans, avec, il faut bien l’avouer, un certain brillot.

Les décors sont magnifiques, les effets spéciaux servent le film avec panache... Tant et si bien que l’on a parfois l’impression de regarder un clip gothico-mansonien du plus bel effet. Le jeu d’acteur tient la route, avec une mention spéciale pour Jodelle Ferland qui, malgré son jeune âge, joue parfaitement deux rôles différents... Alors certains se plaindront d’une baisse de rythme au milieu du film, du manque d’action (une seule baston en tout et pour tout ! Gans a vraiment du ronger son frein ^^). Les plus blasés se vanteront de ne pas avoir eu peur. [1] Mais l’enjeu n’est pas là... C’est oublier que le film repose avant tout sur l’expression d’une ambiance, à mi chemin entre le malaise purulant que nous inspire les ténèbres, et une certaine poésie dessinée par les flocons de cendres dansant sur de jolies notes de musiques...

Gans réussi donc son pari. Il sublime l’oeuvre originale, arrive à satisfaire le fan tout en interessant le profane, jetant les bases, n’en deplaise au Télérama, d’une reconnaissance de notre contre-culture comme genre à part entière. Merci.



 Date de sortie : 26 Avril 2006
 R

[1] Alors qu’objectivement le film n’est pas à mettre sous tous les regards. L’interdiction au moins de 12 ans est tout à fait justifiée et certaines scènes pourront choquer le plus averti des spectateurs.