Consoles-Fan
14/08/2018

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Rozen Maiden Duellwalzer
Desu desu desu desu desu
desu desu desu desu desu desuuu

Au risque de casser le suspens de cet article d


Le jeu en bon produit pour fans retrace les grandes lignes de la première saison de Rozen Maiden, le joueur qui prend le rôle d’un spectateur extérieur à l’action, observe les tribulations de Jun Sakurada un jeune hikikomori en révolte qui vide le compte en banque de ses parents sur des sites de vente en ligne. Un jour, il découvre une mystérieuse annonce à laquelle il a le malheur de répondre. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire une insupportable "tea addict" aux airs d’aristocrate nommée Shinku débarque et décide de faire de Jun son nouveau serviteur. Shinku est une poupée vivante, une Rozen Maiden, créée par un mystérieux personnage. Elle possède des pouvoirs de médium lui permettant d’utiliser la puissance d’un humain pour faire des choses incroyables comme réparer un carreau brisé ! Elle fait partie d’une série de 7 poupées qui s’affrontent dans Alice Game une sorte de chasse à l’homme version pinocchio dans lequel la gagnante obtient la source de vie de la perdante (la Rosa Mystica). Selon la légende il ne doit en rester qu’une, qui, forte des pouvoirs combinés des 6 autres poupées pourra rencontrer son créateur mystérieux.

Ceux qui ne connaissent pas la version TV, en écartant le fait que le scénario est une repompe de Highlander, pourraient presque trouver le jeu intéressant. Malheureusement, Taito nous sert un pur produit pour fans, totalement insipide, voir même extrêmement irritant. L’esthétique générale souffre d’un manque évident de finition avec un panel de dessins désespérément restreint. En retirant les CG, chaque personnage doit disposer de 3 attitudes différentes qui alternent en total décalage avec les dialogues. Visiblement, ça n’a posé aucun problème aux développeurs de coller le visage impassible de Jun alors que sa voix et les dialogues le montrent extrêmement énervé. A la pauvreté graphique s’ajoute la pauvreté d’animation qui atteint des sommets, puisqu’il n’y en a pas. Vous vous contenterez simplement d’un misérable fondu enchaîné appliqué sur les silhouettes des personnages, qui signalera un changement de point de vue et si vous n’êtes pas satisfaits c’est la même chose...

D’habitude, la pauvreté visuelle des digital comics (même des plus mauvais) est rattrapée par le jeu des seiyuu en général de bonne facture. Bizarrement, dans Rozen Maiden Duellwalzer on trouve un décalage entre les voix de l’anime et celles du jeu, bien que j’ai l’impression que ce sont bien les interprètes officiels qui apparaissent.
Jun est un personnage clairement antipathique, un petit con tête à claque qui en veut au monde entier certainement parceque des mecs du club de foot l’ont enfermé un jour dans les toilettes. Son interprète lui rend tout à fait hommage avec une intonation de voix et une attitude qui donne envie de coups de bouliser son poste de télévison. Shinku est la plus sobre du lot, la voix est plutôt en accord avec l’attitude hautaine du personnage et le fait qu’elle prenne Jun pour son chien la rend tout de suite forcément très sympathique. Malheureusement arrive Hinaichigo, une poupée en bas âge à la voix stridente et pleurnicharde que Shinku à eu l’inconscience d’épargner. Suiseiseki, la star du public qui débarque au 3ème chapitre dispose elle aussi d’une voix criarde qui est tout juste compensée par son impayable kuchiguse "desuuu" qu’elle place quasiment à la fin de chaque phrase. Il y a bien sur d’autres intervenants que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-mêmes. En clair, rien de neuf puisque ceux qui connaissent l’anime savent déjà tout ca. Le vrai problème réside en fait dans l’enchainement des différentes interventions. Quand on écoute les protagonistes on sent un insupportable blanc entre chaque prise de parole. Comme si chaque ligne de texte avait été enregistrée séparement puis collée à la va vite, laissant une impression d’artificialité permanente dans les dialogues.

Les dialogues qui constituent le noyau dur de ce genre de jeux occupent forcément une place prépondérante dans Rozen Maiden Duellwalzer. Mais, malheureusement ces derniers sont à 95% des échanges verbaux absolument sans intérêt. Si vous ne comprenez pas le japonais, et que vous essayez le jeu il vous suffit de retenir que Jun n’aime pas voir des gens dans sa chambre et qu’il ne cesse de le radoter. Shinku aime le thé mais n’aime pas le préparer elle-même, quand elle prend la parole le dialogue consistera en une déclinaison de Ocha wo Iretechoudai (Sers moi du thé) avec un Mattaku judicieusement placé pour appuyer son argumentation... Nori la soeur de Jun est la bonne poire de service elle se fait traiter comme une moins que rien et en redemande. Suiseiseki n’aime pas Jun mais aime beaucoup employer desuuu même quand ça ne veut rien dire. Quant à Hinaichigo elle ne fait que pleurer et pousser des Iyaaaaa da !! ce qui finalement rend ses interventions très "import friendly".

Comme souvent dans les digital comics, vous aurez la possibilité d’orienter plus ou moins les dialogues et situations par des réponses à choisir en un temps limité. Chaque choix à une incidence plus ou moins marquée sur le dialogue suivant mais même en choisissant une "mauvaise" réponse l’attitude de votre interlocutrice ne s’ajuste pas en conséquence. Pour briser un peu la monotonie, Taito a introduit des phases de shoot em up pour matérialiser les affrontements entre les poupées. Ultra facile et sans réel intérêt au niveau du gameplay, ces phases déçoivent d’autant plus que Taito est un studio majeur quand il s’agit de shoot. Enfin, la qualité des séquences d’animation que Taito a inséré ça et là est consternante. Pour une adaptation d’anime on était en droit d’attendre un opening et un ending dignes de ce nom et des séquences de transition correctement compressées et de longueur raisonnable à défaut d’être inédites. Au final, seul l’anime Kunkun le détective que Shinku regarde durant le jeu mérite un coup d’oeil par son ton décalé.

Rozen Maiden Duellwalzer est l’archétype du jeu à licence fait à la va vite, certains passages de la série ont été tronqués, la réalisation est plus que douteuse et l’indigence des bonus qui se résument à quelques CG détournera même les fans les plus accros. Bref, circulez y’a rien à voir...


NOTE : 03/10